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Hubert OTELE ESSOMBA: « Et maintenant, le Gouvernement au travail : 3 500 milliards FCFA à trouver ! »

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Hubert OTELE ESSOMBA, Expert Financier Diplômé

Après sa prestation de serment le 6 novembre 2025 à l’assemblée nationale, le Président de la République doit engager un chantier économique et financier colossal avec le nouveau gouvernement : mobiliser plus de 3 500 milliards de FCFA pour concrétiser ses promesses électorales formulées à Maroua le 07/10/2025. Le défi n’est absolument pas politique, il est essentiellement économique et financier et il a commencé dès le lendemain de sa prestation de serment.

 LE POIDS DU RÊVE : FCFA 3 500 MILLIARDS POUR UN NOUVEAU DÉPART ÉCONOMIQUE

 À Maroua, le Président de la république avait dessiné un plan de développement particulièrement ambitieux que j’ai analysé en confrontant les coûts inhérents à la réalité du terrain et aux projets semblables déjà réalisés ici ou ailleurs. Il en ressort qu’il faudrait mobiliser les sommes suivantes :

  • 1 200 milliards pour les infrastructures (routes, ports, énergie) ;
  • 800 milliards pour l’agriculture et la sécurité alimentaire ;
  • 600 milliards pour l’emploi et la formation des jeunes ;
  • 500 milliards pour la santé et l’éducation ;
  • 400 milliards pour l’industrialisation régionale et la transition énergétique.

Ces montants, s’ils sont concrétisés par des levées de fonds, représentent près de 18 % du PIB national et plus du double du budget d’investissement public annuel actuel, évalué à FCFA 1 600 milliards en 2025. Autrement dit, le Cameroun devra mobiliser l’équivalent de deux budgets d’investissement supplémentaires en cinq ans pour tenir le cap fixé à Maroua. Cela est-il possible ? De mon point de vue, c’est facile sans véritablement alourdir la dette ni faire un dérapage budgétaire.

LA MARGE DE MANŒUVRE BUDGÉTAIRE EST ÉTROITE

Au 30 septembre 2025, la dette publique du Cameroun s’élevait à environ 14 591 milliards de FCFA, soit environ 43,9 % du PIB. Cette dette est majoritairement détenue par l’administration centrale (93,3 %), mais elle inclut aussi des entreprises publiques et des collectivités territoriales. Les restes à payer, bien qu’en réduction, restent un problème à gérer. Le service de la dette a absorbé à lui seul FCFA 1 450 milliards cette année 2025, pendant que la masse salariale frôle FCFA 1 800 milliards, soit près de 60 % des recettes internes. Dans ces conditions, recourir massivement à l’emprunt reviendrait à hypothéquer la stabilité macroéconomique, même si nous sommes loin de la norme communautaire qui n’a aucun caractère scientifique de 70% de la dette/PIB. Le gouvernement doit donc innover financièrement, sans aggraver l’endettement et sans compromettre les engagements pris vis-à-vis du FMI et de la BM. Plusieurs techniques relevant de l’ingénierie financière existent à cet effet et doivent être utilisées.

TROIS LEVIERS RÉALISTES POUR FINANCER SANS S’ENDETTER

a) Mobiliser l’épargne nationale : Le Cameroun dispose d’une épargne financière estimée à plus de FCFA 8 000 milliards logée dans les banques et les institutions de microfinance. Une politique de titres publics ciblés (emprunts thématiques, bons du Trésor verts, obligations pour infrastructures régionales) pourrait canaliser FCFA 300 à 500 milliards par an vers des projets spécifiques.

 b) Dynamiser les Partenariats Public-Privé (PPP): Sur la période 2021-2024, moins de 10 % des projets inscrits en PPP ont été exécutés. Un cadre plus crédible et des garanties de paiement plus solides pourraient attirer entre FCFA 600 et 800 milliards d’investissements privés dans les infrastructures, les zones industrielles et l’énergie.

 c) Valoriser le patrimoine public : Les actifs dormants de l’État (foncier, participations dans des entreprises publiques, concessions minières) représentent potentiellement FCFA 1 000 milliards de valeur économique. Une bonne stratégie de monétisation et de cession partielle d’actifs permettrait de transformer ce capital en ressources liquides sans alourdir la dette.

 LE DÉFI DE LA CRÉDIBILITÉ FINANCIÈRE

Mais aucun modèle de financement ne tiendra sans crédibilité budgétaire. L’étude sur la perception des investisseurs, conduite par le ministère des Finances dont le patron est l’un des dirigeants les plus diligents et affûtés du pays, doit servir de boussole : le risque Cameroun reste perçu comme « moyen à élevé », du fait des retards de paiement et de la lenteur des procédures. Chaque point de confiance gagné à nouveau peut réduire de 50 à 100 points de base le coût de financement des emprunts souverains. Il nous faut donc de la transparence financière.

UNE ÉCONOMIE À RECONSTRUIRE DE L’INTÉRIEUR

La clé du succès de notre pays réside aussi dans la capacité à créer de la richesse sur le plan domestique, ce qui doit impliquer :

  • Une fiscalité intelligente ciblant la valeur ajoutée réelle et non la simple importation ;
  • Une économie locale de substitution réduisant la dépendance aux importations (estimées à FCFA 6 500 milliards par an) ;
  • Une lutte sans relâche contre les surfacturations, la corruption et les détournements qui engloutissent entre FCFA 200 et 300 milliards chaque année selon les rapports officiels.

Ces montants, bien gérés, représentent déjà un quart du financement des promesses de Maroua. Trouver FCFA 3 500 milliards, ce n’est donc pas seulement une question de chiffres, c’est aussi et surtout une question de discipline, de transparence, d’ingénierie financière et de leadership. Chaque projet devra désormais être adossé à une source claire de financement et à un mécanisme de suivi public. Le temps des annonces est révolu ; celui de la concrétisation et des réalisations commence.

Le Président a prêté serment devant la Nation ; désormais, c’est à l’économie de prêter serment devant les chiffres. La réussite du mandat tiendra à la capacité du Cameroun à prouver qu’il peut se financer lui-même, par la rigueur, l’innovation et la confiance. L’histoire retiendra moins les discours de Maroua que la manière dont le pays aura trouvé et bien utilisé FCFA 3 500 milliards de promesses.

Par Hubert OTELE ESSOMBA, Expert Financier Diplômé

Cameroun-Afrique du Sud: duel à facettes multiples

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Alors que les Bafana Bafana dominent en termes de victoires, les Lions indomptables jadis entraînés par le technicien adverse, entendent renverser la vapeur.
Le Cameroun et l’Afrique du Sud s’affrontent ce 4 décembre 2025 pour le compte des 8èmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2025. Un duel entre deux nations qui se connaissent s’être déjà affrontées avoir déjà huit fois, avec quatre victoires sud-africaines, contre une seule pour le Cameroun, et trois nuls. Les Bafana Bafana partent donc avec les faveurs des pronostics. Mais le Cameroun qui est allé au Maroc avec une côte de confiance faible, s’est jusqu’ici bien comporté. Au point de susciter de l’admiration pour Hugo Bross,le sélectionneur de l’Afrique du Sud. Lui qui a offert au Cameroun son dernier trophée. C’était en 2017, avant d’être chassé sans autre forme de procès.
« C’est pas parce que j’ai parlé en bien du Cameroun que je ne veux pas gagner le match de demain. je peux vous dire qu’il n’y aura pas de pitié demain. Aucune pitié; moi je veux gagner le match« , assène l’ancien sélectionneur des Lions indomptables. Le talent de cet homme jadis incompris au Cameroun est reconnu par son vis-à-vis camerounais: « Je pense que Hugo Broos c’est un très grand entraîneur, il a remporté la CAN avec le Cameroun en 2017… Je me rappelle de ce séminaire quand nous étions en stage Fifa, il est venu exposer son plan d’action, j’étais le premier à dire que ce monsieur va faire un bon parcours à la Can, même si la majorité des Camerounais n’y croyaient pas. Mais vu sa méthode, sa conviction et le plan d’action qu’il nous a présenté j’ai cru en lui« , salue David Pagou. Pour autant, « nous sommes dans notre bulle donc, aucune pression. Nous avançons tout doucement  », souligne-t-il.


Face à une attaque sud-africaine expérimentée et très dynamique, le Cameroun a une défense qui présente quelques lacunes, notamment dans le marquage et la relance. Mais
​« on est satisfait de notre défense, je crois qu’on est sur la bonne voie. Si on défend bien, on est bien dans un match et le reste peut venir un peu plus tard», croit David Pagou le sélectionneur du Cameroun, conscient de ses imperfections dans ce compartiment. Et l’un des fantassins de ce compartiment l’a également bien compris et sait ce qu’il y a lieu de faire :  »On va juste appliquer ce que le coach va nous demander de faire« , assure Samuel Kotto.

Ce sont donc des retrouvailles aux allures de revanche qui s’annoncent entre Lions indomptables et Bafana Bafana; mieux, entre Hugo Bross et David Pagou et Alexandre Belinga (qui était l’adjoint de Bross en 2016-2017): « Vous savez que c’est un match spécial pour moi, que je vais donner tout ce que j’ai demain. Pas de pitié demain. Vous pouvez être sûrs. Pas de pitié demain. Je dois gagner ce match. C’est tout ce qui compte demain. Donc pas de sentiments, pas d’émotions, rien. Je suis l’entraîneur de l’Afrique du Sud et je veux gagner le match », promet le revanchard champion d’Afrique 2017. Réponse simple de Pagou:  »On est gonflés à bloc pour gagner cette merveilleuse équipe  ». Place au jeu sur le terrain.

Carlos Baleba : l’étoile des Lions indomptables

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La Confédération africaine de football (Caf) a rendu publique l’équipe type du premier tour de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2025. Dans ce onze sélectionné sous la forme du 2-5-3, figure un seul camerounais : Carlos Baleba. Le milieu défensif camerounais aura été donc aux yeux des experts de la Caf le meilleur des 24 équipes en course depuis le 21 décembre dernier, l’un des trois meilleurs milieux défensifs. Le meilleur à positionner comme dans l’axe. Aux côtés du Tunisien Ali Abdi et du Marocain Mazraoui. Le Maroc est le seul pays à aligner dans ce onze deux joueurs : outre Mazraoui, il y a le milieu offensif Brahim. Le Nigérian Lookman est l’autre milieu offensif. L’attaque est une affaire du Sénégal (avec Sadio Mané), de la Côte d’ivoire (avec Amad en pointe) et de l’Algérie avec Ryad Mahrez. En défense, on retrouve le duo Tapsoba (Burkina Faso) et Tuanzebe (Rdc) ; pendant que l’Egyptien El Shenawy garde les buts.

Alors que des poids lourds du football continental comme Mohammed Salah manquent dans la liste, le jeune Camerounais y a forcé une place. Il était l’un des plus attendus parmi les 28 Lions indomptables qui défendent les couleurs du Cameroun à la 35ème Can qui se joue actuellement au Maroc. Pas parce que Carlos Baléba est un foudre de guerre à la réputation établie, lais parce que le milieu de terrain des Lions indomptables fait partie des rares à avoir déjà u vécu avec la sélection depuis deux ans. Et s’il a péché lors des dernières rencontres des Lions indomptables qu’il a jouées, il a tout de même montré des qualités saluées par nombre d’experts. Doté de qualités techniques avérées, marquées par une aptitude à porter le ballon dans des espaces réduits, à réussir les dribbles, à une lecture de jeu affinée. A ses qualités défensives de par son positionnement, l’homme sait allier des aptitudes offensives qui font de lui un milieu de terrain complet dans son registre. Avec son arrivée l’entrejeu camerounais avait retrouvé sa dynamique de saine concurrence, poussant entre autres Zambo Anguissa, Kunde Mallong, à se surpasser et sortir de leurs zones de confort.

Le regard de la Caf

Une fois jeté à l’eau comme le patron de ce milieu de terrain, Carlos Baleba a su jusqu’ici porter le maillot à lui confié. L’homme a joué les trois matchs du Cameroun. S’il n’a pas marqué, le métronome des Lions indomptables a enregistré un carton jaune. Signe d’une bonne discipline d’un joueur de ce calibre, à un poste aussi délicat et aussi dynamique. « Révélation physique et tactique de cette phase de groupes, Baleba a impressionné par sa maturité. Puissant, infatigable, précieux à la récupération comme à la projection, il a donné du relief au milieu camerounais. Sa capacité à couvrir de larges zones et à imposer un impact constant a marqué les esprits », a écrit la Caf sur son site.

La suite de la Can est une opportunité donnée au sociétaire de Brighton de confirmer tout le bien qu’on pensait de lui. Il reste quatre matchs possibles à chaque pays encore en course pour la succession de la Côte d’ivoire. Des matchs à qualification directe. Tout est possible avec ce garçon né à Douala le 3 janvier 2004. «Nous sommes ici pour gagner la Can», avait-il déjà placé la barre haut, au moment où beaucoup ne vendaient pas chère la peau du Cameroun.

Discours : Paul Biya en déphasage avec les réalités de son pays

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Paul Biya ce 31 décembre 2025

Comme il est presque de tradition, Paul Biya dans son discours de fin d’année à la nation, a vanté les avancées réalisées par le pays, en relevant l’environnement international qui ne facilite pas toujours la réalisation des objectifs internes : « il est incontestable que des progrès remarquables ont été réalisés dans différents domaines cette année, en dépit de nombreuses contraintes internes et externes», a-t-il déclaré. Mais Paul Biya a prononcé un discours parfois éloigné des réalités de son pays. Et l’un des premiers aspects cités par le chef de l’Etat, est la politique qui a animé une bonne partie de l’année 2025, avec la présidentielle et les régionales. Pour Paul Biya, « l’organisation réussie de l’élection présidentielle, comme celle des régionales, confirme que la démocratie s’est véritablement enracinée dans notre pays ». En soulignant « les soubresauts qui ont suivi l’élection présidentielle », Paul Biya les met au compte « de certains leaders politiques irresponsables », sans les citer. Pour un processus électoral qui aura été émaillé de nombreuses entorses au droit et à l’éthique. Comme l’exclusion de Maurice Kamto et Hilaire Dzipan de la course présidentielle, le jeu trouble du conseil constitutionnel et d’Elecam lors des contentieux électoraux.

L’opposition vilipendée

Se refusant comme à son habitude de reconnaître les défaillances de l’appareil institutionnel, et surtout les multiples cas de violation des droits de l’homme, y compris des morts d’homme dans des situations engageant la responsabilité de l’Etat comme la mort en détention d’Anicet Ekane, les émeutes de Meiganga,… Paul Biya estime qu’« ensemble, nous avons su préserver ce que nous avons de plus précieux : l’unité nationale, la paix et la stabilité ». Au moment même où cette unité nationale et la paix sont troublées par de multiples événements déclenchées parfois par les démembrements de l’Etat. D’ailleurs, aucune compassion pour ses concitoyens morts du fait des services de l’Etat.

L’homme aux coups de gueule n’a pas loupé l’occasion de tancer ses opposants qu’il qualifie de « marchands d’illusions» dont « certains ont soutenu que rien, absolument rien, n’a été fait par le gouvernement en place. Ils vous ont parallèlement promis monts et merveilles et ont prétendu résoudre d’un coup de baguette magique, tous les problèmes auxquels vous êtes confrontés». Avant de s’accrocher sur des facteurs externes pour justifier son échec à pouvoir le faire, lui qui est en poste depuis 1982. « Pour ma part, depuis mon accession à la magistrature suprême, j’ai fait le choix de vous dire la vérité. Je n’ai jamais essayé e dissimuler les difficultés auxquelles nous sommes confrontés du fait principalement d’un contexte international de plus en plus complexe», a-t-il martelé. Affirmant que « ces difficultés entravent la mise en œuvre des projets dédiés à l’amélioration de votre bien-être».     

Les jeunes et les femmes

Un des secteurs où Paul Biya se montre en déphasage avec la réalité, c’est le secteur énergétique, notamment celui de l’électricité. Ici, le chef de l’Etat, sans en donner les chiffres, déclare que « l’offre en énergie électrique a continué de s’accroitre, avec l’entrée en service du barrage de Nachtigal et de nombreuses centrales solaires, principalement dans les régions septentrionales», tout en oubliant le barrage de Bini à arak dont le projet semble définitivement mort, en ignorant le retour en force des délestages. En vantant « la reprise de la société Eneo ce qui constitue une étape décisive dans la restauration de notre souveraineté énergétique et la maitrise de la réforme d’un secteur névralgique, qui nécessite d’importants investissements », Biya ignore le fait que le Cameroun a racheté plus cher l’entreprise chez Actis, alors même que le concessionnaire britannique n’a pas rempli  son cahier de charges, notamment en termes d’investissements.

A l’occasion, l’homme qui vient d’être réélu à la tête de l’Etat, renouvelle sa promesse de campagne électorale, d’accorder plus de place désormais, aux jeunes et aux femmes. Sauf que, quelques semaines après sa prestation de serment, Paul Biya n’a pas donné des suites lors des élections des conseillers régionaux. Le Rdpc, son parti, a raflé les dix conseils régionaux, et n’a concédé aucun poste de président de conseil régional à ces catégories sociales jusqu’ici lésées dans la gestion des affaires publiques. Et d’ailleurs, au sein de son propre parti, des rebellions sont nées du fait de la volonté du comité central de dicter les choix à la base. Ainsi, les conseillers ont parfois dit non au sommet du parti, pour élire leurs candidats.

Pour une rare fois, le président n’a pas insisté sur le secteur névralgique des travaux publics, en ce qui concerne les routes qui ont fait jaser l’année dernière. Se contentant d’indiquer que cette question « est au centre de mes préoccupations, comme les vôtres».  

Paul Biya : Le cap sur 2026, entre renforcement de la souveraineté et promotion de la jeunesse

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MESSAGE DU CHEF DE L’ETAT A LA NATION

À l’occasion de la fin d’année 2025 et du Nouvel An 2026

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Lors de ma récente prestation de serment, je me suis engagé à continuer d’œuvrer, avec vous, à l’avènement d’un Cameroun uni, stable et prospère. L’atteinte de cet objectif est à mes yeux une mission sacrée. C’est une mission à laquelle j’entends, comme par le passé, continuer à consacrer tout mon temps et toute mon énergie. J’y suis tenu en raison de la confiance que vous n’avez cessé de me témoigner, depuis mon accession à la magistrature suprême. Vous venez d’ailleurs de me renouveler cette confiance, de manière éclatante, lors du scrutin du 12 octobre dernier. Je voudrais y voir, un témoignage de satisfaction pour ce que nous avons accompli ensemble jusqu’alors et un engagement à poursuivre, avec encore plus de détermination, nos efforts communs pour faire avancer notre pays.

Mes chers compatriotes,

Au cours de l’année qui s’achève, comme du septennat qui vient de s’écouler, nous avons ensemble, avec succès, relevé de nombreux défis. D’autres défis, encore plus aigus, nous attendent pendant l’année qui commence et le septennat que nous entamons. Je ne doute cependant pas de notre capacité commune à les relever, victorieusement. Si nous restons unis, rien ne nous sera impossible. Nous ne manquons, en effet, ni de courage, ni d’ingéniosité, ni de détermination.

Il est incontestable que des progrès remarquables ont été réalisés dans différents domaines cette année, en dépit de nombreuses contraintes internes et externes.

Au plan politique, notre système démocratique a, une fois de plus, démontré sa vitalité. L’organisation réussie de l’élection présidentielle, comme celle des régionales, confirme que la démocratie s’est véritablement enracinée dans notre pays. Malgré les soubresauts qui ont suivi l’élection présidentielle, du fait de certains leaders politiques irresponsables, l’immense majorité de nos compatriotes a fait preuve d’une grande maturité. Ensemble, nous avons su préserver ce que nous avons de plus précieux : l’unité nationale, la paix et la stabilité.

Au plan sécuritaire, nos forces de défense et de sécurité, dont je ne cesserai de louer le professionnalisme, ont continué à combattre vaillamment les terroristes et autres criminels qui menacent la sécurité de nos populations et de leurs biens.

Au plan économique et financier, les réformes structurelles que nous avons mises en œuvre, avec l’appui de nos partenaires internationaux, ont permis d’améliorer le profil de nos finances publiques et de préserver les grands équilibres macro-économiques. Les ressources allouées au budget d’investissement ont connu une augmentation significative. Malgré les aléas de la conjoncture internationale, les mesures nécessaires ont été prises pour maîtriser l’inflation et accroître la production locale. L’exécution de multiples projets s’est poursuivie ou a été lancée dans différents domaines, afin de répondre aux préoccupations des populations et d’améliorer leur bien-être.

Ainsi, l’offre en énergie électrique a continué de s’accroitre, avec l’entrée en service du barrage de Nachtigal et de nombreuses centrales solaires, principalement dans les régions septentrionales. La construction de nouvelles lignes de transport de l’électricité et la réhabilitation du réseau existant progressent. L’achèvement de ces chantiers permettra de mieux desservir les industries et les ménages en énergie électrique. J’ai par ailleurs instruit la reprise de la société ENEO, ce qui constitue une étape décisive dans la restauration de notre souveraineté énergétique et la maitrise de la réforme d’un secteur névralgique, qui nécessite d’importants investissements.

Des avancées significatives ont également été enregistrées dans l’approvisionnement en eau potable de nos populations, tant dans les centres urbains qu’en milieu rural. Les travaux de réhabilitation et d’extension des réseaux de distribution d’eau potable que nous avons engagés à cet égard vont s’intensifier, afin de répondre aux besoins en la matière.

La question de l’amélioration de la situation de nos infrastructures routières est, je puis vous l’assurer, au centre de mes préoccupations, comme des vôtres. Ainsi que je l’ai récemment annoncé, un programme spécial de réhabilitation des axes routiers dégradés et de construction de nouvelles routes sera lancé au courant de l’année qui commence. Il permettra notamment d’améliorer la mobilité urbaine et interurbaine, ainsi que l’accès aux bassins de production.

Dans la même lancée, nous poursuivrons avec plus d’intensité encore, les efforts visant à accroitre les performances des systèmes éducatif et de santé publique. Nous accorderons parallèlement une attention encore plus soutenue au développement du numérique, au renforcement de notre tissu industriel, à la transformation agro-alimentaire et à l’assainissement du climat des affaires.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Ainsi que vous l’aurez constaté, grâce au travail acharné du Gouvernement, avec la précieuse contribution de nos vaillantes populations, le Cameroun a poursuivi, d’un pas ferme, sa marche résolue vers le progrès. Cette réalité est visible, palpable, observable par tous. Bien évidemment, en période électorale, comme celle que nous venons de vivre et que nous vivrons encore dans les mois à venir, il est habituel que les candidats qui aspirent à bénéficier de la confiance des populations, se livrent à des déclarations qui n’ont rien à voir avec la réalité. Certains ont ainsi soutenu que rien, absolument rien, n’a été fait par le Gouvernement en place. Ils vous ont parallèlement promis monts et merveilles et ont prétendu résoudre, d’un coup de baguette magique, tous les problèmes auxquels vous êtes confrontés. Rien n’est plus faux. Je n’ai cessé et ne cesserai de vous mettre en garde contre ces marchands d’illusions.

Pour ma part, depuis mon accession à la magistrature suprême, j’ai fait le choix de vous dire la vérité. Je n’ai jamais essayé de vous dissimuler les difficultés auxquelles nous sommes confrontés, du fait principalement d’un contexte international de plus en plus complexe. Ces difficultés qui retardent ou entravent la mise en œuvre des projets dédiés à l’amélioration de votre bien-être, ne sont cependant pas insurmontables. Nous l’avons prouvé hier. Nous le prouvons aujourd’hui et nous le prouverons encore demain, ensemble.

Fidèle à ce devoir de vérité que je viens d’évoquer, je n’ai pas de peine à reconnaitre, qu’en dépit du bilan appréciable que je viens de vous présenter, des efforts soutenus doivent encore être engagés sans délai, pour améliorer, de manière significative, vos conditions de vie. C’est ce à quoi s’attèlera en priorité, le Gouvernement que je mettrai en place dans les prochains jours.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Lors de la campagne électorale et dans mon discours de prestation de serment, j’ai eu l’occasion de vous présenter le programme que j’entends mettre en œuvre pour répondre à vos préoccupations, à vos aspirations et à vos demandes. Je voudrais vous redire, que l’amélioration de la situation des femmes et des jeunes sera au centre de mes priorités, tel que je m’y suis engagé. Le Gouvernement, sous mon autorité, veillera à la mise en œuvre effective du Plan spécial de promotion de l’emploi des jeunes, dont les lignes directrices ont été présentées lors de ma prestation de serment. D’ores et déjà, une provision de 50 milliards de Francs CFA a été constituée dans le budget de l’Etat pour l’exercice 2026. Elle est dédiée au financement des premières tranches des projets initiés par les jeunes.

Je veillerai également à l’application des mesures visant à améliorer la promotion des femmes et à garantir une plus grande participation des jeunes dans la gestion des affaires publiques. Je voudrais toutefois rappeler, qu’il n’est pas question de stigmatiser les autres tranches d’âge ou catégories de notre société. Au-delà du critère de l’âge et du genre, ce qui continuera à être privilégié dans l’accès ou le maintien aux postes de responsabilité, de même que dans les promotions, ce sont les qualifications, les compétences, la probité et l’engagement au service de l’intérêt général. Nous veillerons cependant à concilier, mieux que par le passé, jeunesse et expérience et, surtout, à combattre vigoureusement les injustices procédant de l’appartenance à tel ou tel groupe ethnique ou culturel, genre, religion, ou tranche d’âge. C’est ainsi que nous pourrons mieux promouvoir l’égalité des chances et permettre à des compétences trop souvent oubliées, à l’intérieur, comme dans la diaspora, de participer à la grande œuvre de construction nationale.

Mes chers compatriotes,

Conformément à l’appel que j’ai lancé lors de ma prestation de serment, je voudrais insister sur la nécessité d’intensifier nos efforts collectifs, pour promouvoir le vivre ensemble et consolider l’unité nationale, face au repli identitaire et aux discours de haine qui inondent l’espace médiatique et menacent les fondements mêmes de notre cher et beau pays, le Cameroun. Nous sommes un peuple réputé pour sa diversité. Nous sommes une mosaïque d’ethnies, de langues, de cultures et de religions, que beaucoup envient. Cette particularité est un atout indéniable et un motif de fierté. Nous nous devons de la capitaliser. C’est en effet notre plus grande richesse. Nous nous devons d’en faire le creuset de notre indispensable unité. Une unité qui sera d’autant plus forte, parce que forgée par cette volonté de vivre ensemble, qui nous caractérise également.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Je vous exhorte à tout mettre en œuvre pour préserver la paix et la stabilité de notre pays. Elles ont été mises à rude épreuve ces dernières années, notamment dans les Régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Elles l’ont également été à l’occasion des troubles qui ont émaillé la période post-électorale. Elles le sont au quotidien, à la faveur des atteintes à l’autorité de l’Etat qui se multiplient, du non-respect de la règle de droit qui se répand, du recours à la violence dans les paroles et les comportements qui a tendance à se généraliser, tout ceci adossé sur un sentiment rampant d’impunité. Ce n’est pas acceptable.

L’œuvre de construction nationale dans laquelle nous sommes résolument engagés ne saurait s’accommoder du désordre, de l’indiscipline et de l’impunité. Une reprise en main vigoureuse des secteurs concernés est indispensable. Nous allons nous y atteler sans délai. Nous allons poursuivre, avec une détermination accrue, nos efforts pour que le retour progressif à la normale que nous observons dans les régions sus évoquées, se consolide. Je fonde de réels espoirs dans les vertus du dialogue communautaire que j’ai récemment encouragé. J’invite les autorités administratives, les chefs traditionnels et les forces vives des régions concernées à s’y engager résolument.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Je voudrais vous réitérer mon appel au rassemblement dans l’intérêt supérieur de notre cher et beau pays. Je sais pouvoir compter, à cet égard, sur votre soutien indéfectible. Je vous réitère ma détermination à rester digne de la confiance que vous avez placée en moi. Je voudrais vous redire ce soir, ma confiance en l’avenir de notre pays. Je puis vous assurer que le meilleur reste à venir.

A toutes et à tous, je souhaite une bonne et heureuse année 2026.

Vive la République !

Vive le Cameroun !

David Pagou : du risque au héroïsme?

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Le Cameroun  »nouveau » qui joue la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 n’était pas des plus attendus à la table de la gloire. Et pourtant, les Lions indomptables qui affrontent les Mambas ce soir, sont déjà qualifiés pour le second tour. Grâce à leurs quatre points obtenus sur la victoire contre le Gabon (1-0) et au nul (1-1) face à la Côte d’Ivoire. Et c’est tout à la gloire de David Pagou qui conduit cette sélection jeune. Pour une première à la tête d’une sélection A, et à un si si haut niveau de compétition. Lui qui est arrivé comme un cheveu dans la soupe.

Nommé sélectionneur principal, David Pagou découvre le très haut niveau international une fois en compétition. Du moins en tant que patron. Et de fait, dans son parcours, l’homme n’a jamais conduit une équipe nationale senior à une compétition majeure. L’homme a fait ses classes en club et dans diverses sélections nationales inférieures. Et lorsqu’il est injecté chez les Lions indomptables A, c’est dans un contexte de guerre ouverte entre la fédération et le ministère en charge des sports, pour le contrôle de cette sélection, après la non reconduction du contrat de Rigobert Song Bahanag. L’homme qui devait faire office d’adjoint, avait ainsi été nommé par le président de la fédération. En réaction, le ministre de l’enseignement supérieur (Minesup) qui est son patron, l’affecte illico presto à Salapoumbé, au fin fonds de la région de l’Est. Alors que David Pagou entraîne l’équipe de l’université de Yaoundé, en pleins Jeux universitaires. Réconforté par le puissant président de la Fecafoot, l’homme ne bougera pas. Et plus rien d’autre ne lui arrivera.

Après une longue période de brouille entre les deux patrons de la sélection, une équipe mixte sera mise sur pied, comprenant les choix des deux factions en confit. David Pagou en sera l’adjoint numéro 2, derrière le Congolais Joachim Mununga (assistant de Marc Brys qui était aux affaires depuis deux ans), et Martin Ndtoungou Mpile, choisi par le patron de la fédération. François Omam Biyik désigné par le ministre arrivera après lui. La cohabitation sera une dure épreuve: le technicien belge préférera son assistant et les autres adjoints venus des petits papiers du gouvernement, à ses collaborateurs choisis par la fédération. En réaction, la Fecafoot qui contrôle le volet administratif et communicationnel de la sélection, gommera à chaque fois le nom de Mununga et les adjoints désignés par l’État, sur la feuille de match. Pour positionner les siens. Ce sont donc presque des spectateurs que la Fecafoot aura placés au sein de ce staff unifié.

Et pourtant c’est sur ce fils Moundang de l’Extrême-Nord que Samuel Eto’o le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) a jeté son dévolu. A un moment délicat : le 1er décembre 2025. A trois semaines de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025. Avec, dit-on, pour instruction, d’écarter tous les cadres acquis à la cause de Marc Brys: André Onana le gardien titulaire, Michael Ngadeu un des défenseurs centraux, André Franck Zambo Anguissa le milieu de terrain le plus capé de l’heure. Ils ont en commun d’avoir été en première ligne de la lettre des joueurs adressée au président de la fédération pour soutenir la présence de Joachim Mununga sur le banc de touche. Samuel Eto’o qui avait déjà menacé de faire avec des jeunes sans expérience, plutôt qu’avec des cadres qui  »ne mouillent pas le maillot  », a saisi l’opportunité de la CA, au moment l’adversaire s’y attendait le moins,pour frapper par lâcheté. Et a préféré des no name et autres talents à confirmer comme Christian Kofane, Édouard Sombaing, Gerzino Nyamsi, Eric Junior Ebimbé, Arnold Kamdem.

Meilleur entraîneur de la saison

Et c’est à David Pagou de relever le defi. Samuel Eto’o a justifié le choix porté sur l’entraineur de PWD de Bamenda par son sacre de meilleur entraîneur du Cameroun en 2025. Techniquement, l’homme a la prééminence, mais pour des raisons évidentes certainement, Martin Ndtoungou Mpile est le leader du groupe, en sa qualité de coordonnateur sélectionneur. L’éternel adjoint profitera simplement, et Pagou fera le boulot, assisté d’Alexandre Belinga. Les premiers résultats semblent donner raison à Samuel Eto’o. Tout à l’honneur de celui que les combats avaient relégué au statut de spectateur dans la tanière. Si la tendance se confirme, David Pagou passerait du statut de choix à risque à celui de héros de la renaissance des Lions indomptables.

Présidentielle 2025 : L’influence de la démission de Bello Bouba et Issa Tchiroma

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Les démissions de Bello Bouba et Issa Tchiroma ont affecté le score de Biya (Ph Jeune Afrique)

Alors que depuis 2004 Paul Biya bénéficie du soutien de Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma lors des élections présidentielles auxquelles ces deux anciens opposants ne se présentaient pas, cette fois-ci, non seulement ces deux hommes ont quitté le navire gouvernemental, mais surtout, se sont présentés contre leur ancien allié. Et même si le report des voix est un exercice jamais mathématiquement fiable, il reste que pour la première fois depuis une trentaine d’années, Paul Biya a affronté un électorat divisé dans les trois régions du Grand-Nord. Avec un penchant sociologique pour les natifs du coin.

L’Undp de Bello Bouba Maïgari est jusqu’ici la 2ème force politique du pays depuis le double scrutin législatif et municipal de 2020. Forte de 7 députés et un sénateur (nommé), le parti compte également 17 communes sur les 360 que compte le pays (le Rdpc en a 320). L’Undp peut se targuer d’être le seul parti en dehors du parti au pouvoir, à diriger une mairie de ville sur les 14 (Ngaoundéré), et un conseil régional, celui de l’Adamaoua. L’ancrage du parti dans la région de l’Adamaoua en fait une force incontournable qui impose le respect du parti sur la scène nationale.

Le Fsnc d’Issa Tchiroma pour sa part, dispose de trois députés, d’un sénateur (nommé) et contrôle quatre communes, notamment dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord. Et la longue présence du leader du parti au sein du gouvernement, à des postes clés, notamment le ministère de la Communication, ont fini par conforter la puissance de cet homme et de son parti, sur la scène politique nationale. Et ces derniers mois, l’homme a su défier les chiffres pour gagner en sympathie populaire dans cette partie du pays. On le voit avec le meeting que l’homme a tenu à Garoua le 22 février 2025. A Maroua, le député Salmana Amadou Ali avait mobilisé autant au cours du même mois, à son installation comme président du Mouvement des jeunes du Fsnc, pour le compte de son président, dont le parti avait réussi à phagocyter une parcelle du pouvoir du Rdpc dans la ville de Maroua. « Tchiroma a réalisé beaucoup d’œuvres dans le Grand-Nord, sans faire beaucoup de publicité ; cela lui vaut d’être digne de confiance aujourd’hui», assurait encore Jeanne Nsoga, l’ancienne secrétaire générale du Fsnc, avant sa démission.

Le MRC et Kamto

La démission des deux hommes semblait ne pas véritablement pouvoir affecter le parti au pouvoir doté de la majorité obèse dans les institutions et même en termes de quadrillage territoriale ; mais il s’avère que malgré quelques défections enregistrées au sein de ces deux formations et surtout la montée en puissance de nouvelles forces politiques comme le Pcrn de Cabral Libii et le MRC de Maurice Kamto (aujourd’hui Mamadou Mota, la longévité aux affaires des deux poids lourds de l’alliance gouvernementale, et surtout, la qualité des ministères qu’ils ont dirigés, leur ont conféré une stature non négligeable. Et même si Bello Bouba semblait tanguer dans son propre fief, notamment dans la région du Nord dont il est originaire, le Mayo-Rey, l’un des départements les plus vastes du pays, était la chasse-gardée d’un de ses éléments, Célestin Yandal. Ce jeune maire de Touboro depuis 2013, a réussi à se maintenir aux côtés du puissant lamido de Rey-Bouba, vice-président du sénat et pilier du système Biya dans tout le Grand-Nord. Si la brouille entre le populaire maire de Touboro et son leader et candidat, n’a pas permis à Bello Bouba de remporter le vote du Mayo-Rey, le Nord a basculé pour la vague jaune de Tchiroma (avec 43,51% contre 38,78% des 399 519 suffrages valablement exprimés et 8,62% pour Bello Bouba), autant que l’Adamaoua (50,33% contre 34,61% des 229 000 suffrages). Paul Biya s’est contenté de l’Extrême-Nord, mais avec une faible marge (45,93% contre 42,34% des 717 293 suffrages valablement exprimés). Bello Bouba a eu 4,01%.

En plus, dans la partie méridionale du pays, la vague jaune a eu son effet. Dans le Littoral et l’Ouest, régions traditionnellement « hostiles » au parti au pouvoir, Paul Biya n’a pas bénéficié de l’absence de Maurice Kamto, jusqu’ici leader au sortir de la présidentielle de 2018. Bello Bouba y est restée aphone, alors qu’Issa Tchiroma menait le flambeau face à Paul Biya. Dans le Littoral par exemple, Issa Tchiroma a récolté 64,59% contre 20,99% pour Paul Biya, contre 1,09% pour Bello Bouba. A l’Ouest, l’opposant a pris le dessus sur le candidat sortant, par 46,76% contre 38,61% et 1,41% pour Bello Bouba.

Ainsi, l’effet de la démission de ces deux membres du gouvernement, a bénéficié à celui qui avait en plus obtenu les faveurs des « déçus » du MRC.

NB : Série « Pourquoi Biya a perdu le Nord

Can 2025: le Cameroun et la Côte d’Ivoire se neutralisent

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Un but partout est le score qui a sanctionné le duel Cameroun-Côte d’ivoire. Preuve que les deux fauves se sont neutralisés dans cette deuxième journée dans le groupe F. Et ce sont les champions d’Afrique qui donnent le ton en ouvrant le score à la 51ème minute. D’une frappe enroulée, le mancunien Amad Diallo trouve le chemin des filets gardés par Devy Epassy. Les gradins tremblent. Les Éléphants semblent avoir conquis le public de Marrakech.

Mais c’est une joie de courte durée car cinq minutes seulement plus tard, Junior Tchamadeu rétablit l’équilibre en poussant Ghislain Konan à marquer contre son camp. Les Lions indomptables multiplient les offensives, mais butent sur des Éléphants déterminés à ne plus faillir.

Le fruit a tenu la promesse des fleurs. Les deux poids lourds du groupe se neutralisent (1-1) et se partagent les points du match. Maintenant ainsi le contrôle du groupe F avec quatre points chacun. De son côté, le Gabon tombe devant le Mozambique (3-2). Un second faux pas après celui face au Cameroun, signe d’élimination. Les Mambas, eux, ont encore toutes leurs chances de qualification, et peuvent même toujours terminer premiers du groupe. Eux qui signaient leur première victoire en Can, auront à cœur d’offrir à leurs compatriotes une autre moment de bonheur dans la cour des grands. Ce sera contre le Cameroun . Et donc une chaude bataille en perspective. Si le Gabon est déjà éliminé, tout est encore jouable pour chacune des trois autres équipes, de poursuivre la compétition.

Trois pays sont déjà qualifiés pour le second tour : le Nigeria, l’Égypte et l’Algérie. Les Fennecs, champions d’Afrique 2019, atteignent encore le second tour pour la première fois depuis leur sacré.

Régionales: l’élection annulée dans le Mayo-Kani

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Le tribunal administratif de l’Extrême-Nord a annulé partiellement les élections régionales dans le département du Mayo-Kani, par une décision rendue ce 23 décembre 2025. Donnant ainsi raison au Mouvement démocratique pour la défense de la République qui l’avait saisi pour contester son éviction de l’élection ténue le 30 novembre dernier. Me Paulin Djorwe le président de ce parti de la majorité présidentielle a saisi la justice au motif du retrait des listes de son parti des bureaux de vote le jour même de l’élection, alors que son parti avait régulièrement battu campagne dans ce seul département où il était en course.

Dans les colonnes du quotidien L’œil du Sahel, Joseph Manaoda le délégué régional d’Elections Cameroon (Elecam), avait indiqué que des instruments avaient été données depuis Yaoundé de retirer les bulletins du MDR. L’organe technique en charge de l’organisation des élections se fondait sur un arrêt de la Cour suprême annulant une décision du tribunal administratif de l’Extrême-Nord, au sujet du MDR, mais relatif à un autre recours déposé par Tigana Tassi le fils de Dakole Daïssala, fondateur du parti.

C’est qu’initialement les deux factions qui se disputent la présidence du parti, avaient investi des candidats dans le Mayo-Kani. Elecam avait rejeté les deux listes pour double investiture. Les deux parties ont attaqué la décision du conseil électoral. Par deux décisions séparées rendues le 10 octobre 2025, la liste investie par Tigana a été rejeté, lui deniant la légitimité, tandis que celle investie par Me Paulin Djorwe, était réhabilitée et la justice. Le conseil électoral d’Elecam s’était exécuté en adoptant une résolution le 15 octobre 2025 à cet effet. Le mandataire de Tigana fera appel devant la Cour suprême, de la décision rejetant son recours. Décision qui en même temps reconnaissait comme seule liste valable. Le 27 novembre, soit trois jours avant l’élection, la Cour suprême rendra son arrêt annulant la décision ayant rejeté ladite liste. Et c’est en considérant la reconnaissance de la liste Djorwe qu’Elecam a retiré de la course le MDR.

Cela survient alors que la session de plein droit tenue le 16 décembre dernier avait déjà permis d’élire le bureau du conseil régional de l’Extrême-Nord, avec deux élus du Mayo-Kani. C’est dire que si aucune des parties n’attaque la décision du tribunal administratif de Maroua, l’élection sera purement et simplement reprise.

Pour mieux comprendre :

Élection régionale: rifi autour de la liste MDR

Jean-Marie Louis Badga, DG APME : « Nous avons accompagné plus de 1 500 entreprises »

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Jean-Marie Louis Badga, Directeur Général de l'APME

Monsieur le directeur général de l’Agence de Promotion de Petites et Moyennes Entreprises (APME), on s’achemine vers la fin du programme Transfagri, quels sont ls acquis et quelles sont les perspectives ?

Pendant les 5 années de ce projet, nous avons accompagné plus de 1 500 entreprises et nous avons offert des services de l’ordre de 3 500 services soit au moins quatre services par entreprise. Nous avons pendant ce temps apporté une contribution significative au développement ce ces entreprises agroalimentaires et les effets sont palpables.

Nous allons continuer avec les coaches qui accompagnent ces entreprises à faire en sorte que les acquis soient pérennisés. A travers ces résultats, nous pouvons dire que nos PME produisent en quantité et en qualité et progressivement, leurs produits se retrouvent dans la grande distribution parce qu’ils sont certifiés. Il y a là un apport substantiel de ce programme dans le développement économique de notre pays.

Vous avez mis un accent sur le prêt d’honneur qui est également mis en œuvre dans le cadre de ce programme…

Oui. Le prêt d’honneur est une particularité de ce projet, c’est un financement particulier qui est à taux zéro, sans garantie et donné par une communauté à l’instar de Obala (région du Centre  et Bafoussam (Région de l’Ouest). C’est un comité qui est constitué de toutes les forces vives de cette localité. Nous avons des banquiers, les communes et je crois les grandes entreprises. C’est cette communauté qui identifie les porteurs de projets au sein de la communauté et c’est l’appartenance à cette communauté qui fait la première garantie. Aujourd’hui nous somme à 52 projets. C’est une initiative qui est à ses débuts mais qui fait des résultats très importants et ce qui est important à noter c’est que au sein de ces comités, nous avons des institutions de financement qui progressivement accompagnent et complètent le prêt d’honneur par ces crédits bancaires. Avec l’éducation financière qui est donnée à nos PME, elles commencent à s’habituer à la finance moderne.

Un an avant la clôture du projet, quelles sont les projections ?

Nous avons des activités que nous menons sur le terrain. Nous avons 200 entreprises qui vont continuer à être coachées par l’Agence de promotion des PME par des programmes de pérennisation de ce processus. Nous avons déjà des catalogues de services et nous allons continuer dans le cadre de l’Agence de promotion des PME à accompagne les entreprises agroalimentaires sur toute l’étendue du territoire national.

Nous avons un nouveau programme de sécurité alimentaire qui sera mis en œuvre dans au moins 6 régions. Le programme Transfagri va être pérennisé et les acquis sont là, les consultants sont accrédités les services vont continuer à être octroyés aux PME agroalimentaires.

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