samedi, avril 4, 2026
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Investissements : le fonds émirati SGC Investment Group souhaite investir 44 473,5 milliards de FCFA au Cameroun

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Ce sont des investissements colossaux qu’annonce le fonds émirati d’investissement financier, SGC Investment Group au Cameroun. 79,5 milliards de dollars, soit environ  44 473,5 milliards de FCFA à investir au Cameroun au cours des 10 prochaines années. Surtout, avec la particularité que ces financements répondent aux normes de la finance islamique, donc, pas d’intérêt et pas de garantie. Ce qui de l’avis du Pr Kelly Mua Kinsley, le vice-président Afrique SGC Investment Group, « c’est une structure de financement qui est vraiment adaptée à nos besoins et très compétitive dans la mesure où, il n’y a pas de taux d’intérêt. Vous savez ce que ça veut dire par rapport aux termes et conditions que nous connaissons dans le marché financier mondial pour mobiliser de la ressource ». Ce compatriote qui est par ailleurs un haut responsable au ministère des Finances, a fait une présentation sur les perspectives et le déploiement de l’agenda de la mission de SGC Investment Group au Cameroun, lors de leur conférence de presse du 5 janvier 2026 à Yaoundé.

Revenant sur le montant jugé quelque peu colossal des investissements à réaliser au Cameroun, le Pr Kelly Mua Kinsley a précisé que « La capacité de financer n’est pas un problème, c’est pas du jour au lendemain, j’ai entendu parler du budget, ce n’est pas les ressources qu’on va mobiliser en un jour pour financer les projets en un an, mais c’est un plan qui va être dévoilé et exécuté au fur et à mesure pour les 10 prochains années et dans divers secteurs ». Et déjà, a-t-il indiqué, « Depuis un an, on travaille avec la liste des projets priorités qui ont été pré identifiés par le ministère de l’économie. C’est sur la base de ces projets bancables qu’ils ont pu faire un choix éventuellement pour les projets qu’ils vont financer ». Et ce sont « des projets qui ont déjà atteint un certain niveau de maturité ».

Aussi, indiquera le Pr Kelly Mua Kinsley, « le choix des projets n’est pas décidé au hasard. C’est un fruit de la maturation des projets. C’est pour cela qu’ils ont tablés uniquement sur des projets bancables. Aujourd’hui, ils ont manifesté l’intérêt d’aller au-delà des projets avec les souverains pour travailler avec les entités publiques et aussi des entités privées. C’est pour cela que les grands investisseurs du secteur privé seront aussi présents, et ont souhaité rencontrer, d’où la demande du roadshow qui aura lieu mercredi à l’hôtel Hilton ».

Après l’audience que leur a accordée le Premier ministre, Chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute,  suivi d’une séance de travail avec le Minepat, le 6 janvier 2026, l’agenda de la mission de SGC Investment Group au Cameroun prévoit le mercredi 7 janvier 2026, un road show à Yaoundé, tout comme d’autres audiences avec d’autres membres du gouvernement et la signature d’un mémorandum d’entente (MOU). Lors de sa séance de travail avec le Minepat, la mission que conduit Imran Saeed, Ceo de SGC Investment Group, a présenté les différentes options de financement qu’offre ce groupe. Pour sa part, Alamine Ousmane Mey a insisté sur les besoins de financement du secteur privé camerounais, tout en recommandant au groupe émirati d’entrer en discussions avec les banques commerciales dans l’optique d’aboutir à l’ouverture à des lignes de crédit, pour financer le secteur privé.

 Egalement, le Minepat a invité le groupe émirati à accompagner le gouvernement, à travers des partenariats public-privé, dans la mise en œuvre de son plan de développement du secteur de l’électricité. Notamment à travers la construction des barrages hydroélectriques, mais également, l’énergie solaire. Pour Alamine Ousmane Mey, le secteur de l’énergie électrique est un des secteurs prioritaires de la Stratégie nationale de développement du Cameroun à l’horizon 2030. L’énergie électrique étant un secteur stratégique dans la marche du pays vers l’industrialisation. Un exemplaire de ce document de planification a d’ailleurs été remis au groupe émirati par le Minepat

Cette mission économique, rappelle-t-on, est structurée autour de quatre piliers clés : la mobilisation de capitaux privés et institutionnels internationaux ; le financement d’infrastructures prioritaires : transport, énergie, eau, santé, éducation, urbanisme, agro-industrie, numérique, logistique, industrie, habitat ; la structuration de projets selon les standards internationaux (bancabilité, risk allocation, ESG, conformité) ; la gouvernance et transparence alignées sur les standards internationaux.

Patnuc: 28,33 milliards FCFA pour une transformation numérique réussie

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Au cours des 5ème et 6ème sessions du comité de pilotage de Projet d’accélération de la transformation numérique au Cameroun (Patnuc) tenues les 22 et 23 décembre 2025 à Yaoundé, les membres ont adopté de nouvelles stratégies en vue d’accélérer la transformation numérique au Cameroun en 2026. C’est l’année décisive pour mieux mener ce projet avant sa boucle en 2027.

Les reformes sur la transformation numérique devraient être un levier majeur pour un nouveau positionnement dans l’amélioration des conditions de vie des Camerounais. La présence du Patnuc devrait se faire sentir partout avec une communication de ses activités. Une forte présence sur le terrain qui va rassurer le public et les partenaires du gouvernement dans ce projet de transformation numérique. En filigrane, le comité de pilotage présidé par Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et télécommunications (Minpostel) accorde le dos large au Dr  Winfred Mfuh Fuaye Kenji et son équipe. Ils devront sans relâche créer des activités afin de parvenir à un réel maillage sur le terrain de leurs actions.

Budget et ambitions

Au titre du budget de l’exercice 2026,le Patnuc dispose d’une enveloppe globale de 28 milliards 333 millions 770 mille 365 Fcfa pour être la colonne vertébrale d’une accélération numérique du Cameroun. La connectivité devrait être effective dans les secteurs stratégiques de notre pays. « L’année 2026 est une année importante pour l’atteinte de nos objectifs. La transformation numérique devrait être accélérée ; car nous allons toucher des points qui permettront cette accélération (…). Nous souhaitons mettre à la disposition du public un accès gratuit à internet au sein des aéroports internationaux et nationaux du Cameroun, conformément aux standards et bonnes pratiques internationales », indique la Minpostel. Elle met donc en pratique ce qu’avait déjà demandé le gouvernement lors de la mise en œuvre de ce projet. Ce vaste déploiement devrait également toucher les écoles, les collectivités territoriales décentralisées, les hôpitaux, les populations de tous bords. Ces lieux annoncés sont censés « reconnecter » les citoyens, surtout les jeunes et les femmes, les personnes en situation de handicap afin qu’ils bénéficient de plusieurs services de l’Etat et d’être économiquement productifs et rentables. Sur la touche de la stratégie du rendement et de la multiplication des valeurs, on prévoit investir sur des formations destinées à environ 75.000 agents de l’Etat sur la transformation numérique, la signature de près de 50 accords de partenariats des organisations des producteurs professionnels et les agritech pour l’utilisation des solutions numériques agricoles. Ce plan de déploiement sera aussi marqué par le coup de pouce à au moins 20 000 producteurs de la part du gouvernement des bons d’achats électroniques des intrants agricoles. Pour honorer des engagements déjà pris par l’Etat et pour investir dans de nouveaux réservoirs de l’amplification de la connectivité, la colonne vertébrale de ce budget est constituée également de la formation des agences gouvernementales, sur la cybersécurité ou encore les réseaux informatiques, l’octroi à  la formation en cyber sécurité, des activités dédiées à la sécurité des réseaux, la formation sur la sécurité informatique des agences gouvernementales, la signature d’au moins 50 partenariats productifs entre les organisations des producteurs professionnels et les agritech pour l’utilisation des solutions numériques agricoles et l’octroi des intrants agricoles par bons d’achats électroniques à au moins 20.000 producteurs.

Une connectivité nationale

Crée en 2021 et lancé officiellement en 2023 sous la tutelle du Minpostel, le Patnuc est un projet financé par la Banque mondiale pour cinq ans, avec un budget de lancement de 55 milliards de Fcfa, afin de « renforcer l’inclusion numérique et l’utilisation des solutions agricoles numériques par certains acteurs des chaines de valeur agricole » pour rattraper le retard numérique de notre tissu économique.

Dans sa réponse à l’efficacité de l’équipe du Patnuc, Minette Libom Li Likeng se dit confiante à un bon retour en force de ce projet qui travaille, mais ses actions sont peu connues. Des dispositions sont prises pour renforcer les ressources diverses dont a besoin le projet.

La thérapie proposée par le Gecam pour amortir les impacts de la crise post-électorale

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La crise post-électorale survenue au Cameroun au lendemain de l’élection présidentielle d’octobre 2025 a donc eu des impacts certains sur les entreprises au Cameroun. Des impacts évalués par le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), dans son  rapport  d’évaluation et de plaidoyer publié au mois de décembre 2025.

De cette évaluation, il ressort globalement que cette crise post-électorale a entraîné « une contraction moyenne du chiffre d’affaires de 33,5 % des entreprises installées au Cameroun, correspondant à une perte directe estimée à 202,2 milliards de FCFA (soit environ 0,6 % du PIB 2025), dont 160,5 milliards imputables à la seule ville de Douala. Les finances publiques ont également été affectées, avec un manque à gagner fiscal immédiat évalué à 43,3 milliards de FCFA, principalement au titre de la TVA et de l’Impôt sur les Sociétés », peut-on lire dans ce rapport.

Face à cette situation de crise, le Gecam dans son plaidoyer envers les pouvoirs publics, a identifié un certain nombre de mesures de relance pour assurer la viabilité des entreprises affectées par cette crise post-électorale. Et prioritairement, les chefs d’entreprises souhaitent voir mises en place des mesures fiscales d’urgence. Notamment, des allègements ciblés, un moratoire sur les contrôles et un report des échéances afin de soulager la trésorerie des entreprises. Cette demande, précise-t-on, unanime signifie que pour l’immense majorité des entreprises, la menace vient du risque de contentieux avec l’administration fiscale.

Egalement, un soutien financier est nécessaire, à travers la mobilisation de mécanismes de financement, incluant subventions et lignes de crédit, avec une attention particulière portée aux Très petites entreprises (TPE). Car, explique le Gecam, près de 95 % des entreprises n’ont bénéficié d’aucun soutien extérieur, la résilience observée à ce stade repose essentiellement sur la mobilisation des ressources propres, une situation difficilement soutenable à moyen terme en l’absence de mesures d’appui supplémentaires.

 Dans le domaine des infrastructures et de la sécurité, le patronat souhaite la réhabilitation des outils de production endommagés et le renforcement de la sécurisation des zones économiques. Et comme mesure d’apaisement logistique, le Gecam propose la suspension temporaire des contrôles routiers sur les principaux corridors afin de rétablir la fluidité des échanges.

Pour le Gecam, face à cette crise d’une sévérité exceptionnelle pour le secteur privé, avec près d’un tiers du tissu productif formel en situation de vulnérabilité critique, une réponse rapide, concertée et cohérente apparaît indispensable afin de contenir les effets de la crise et de transformer cette période de fragilité en une opportunité de réformes structurelles au service de la compétitivité et de la stabilité durable de l’économie camerounaise.

Crise post-électorale : plus de 300 milliards FCFA de pertes pour les entreprises et le Trésor public

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Le Gecam vient de rendre public son rapport d’évaluation et de plaidoyer sur les conséquences économiques de la crise post-électorale. Selon cette étude conduite entre le 6 novembre et le 2 décembre 2025 auprès 289 entreprises, représentant un poids économique significatif avec un chiffre d’affaires cumulé de 4 825 milliards de FCFA, la crise a provoqué une contraction moyenne de 33,5 % du chiffre d’affaires. En valeur absolue, les pertes commerciales sont estimées à 202,2 milliards de FCFA, soit environ 0,6 % du PIB projeté pour 2025. À elle seule, la ville de Douala concentre près de 160,5 milliards de FCFA de manque à gagner

À ces pertes d’exploitation s’ajoutent des destructions matérielles massives. D’après le Gecam, 24 entreprises interrogées ont subi des dommages directs – vols, incendies ou vandalisme – pour un montant estimé à 91,5 milliards de FCFA (sur 15 entreprises ayant fourni les informations lors de l’enquête quantitative), principalement dans le commerce et la distribution. En intégrant ces destructions et le manque à gagner fiscal immédiat évalué à 43,3 milliards de FCFA, notamment sur la TVA et l’impôt sur les sociétés, l’addition pour l’économie atteint 337 milliards FCFA milliards de FCFA.

L’impact sectoriel est particulièrement marqué dans les activités dépendantes de la mobilité et de la demande intérieure. L’hôtellerie et la restauration ont vu leur chiffre d’affaires chuter de 53,4%, tandis que la construction, l’industrie et l’énergie enregistrent des reculs compris entre 40 % et 45 %. Le rapport souligne que ces contre-performances se sont propagées à l’ensemble de la chaîne productive via des ruptures logistiques majeures, notamment dans l’agriculture (86%) et l’industrie (74%).

Le patronat pointe également une flambée généralisée des coûts. Les entreprises déclarent une inflation moyenne de 20 % sur leurs intrants durant la période de crise, un taux qui dépasse 30 % dans l’agriculture, sous l’effet combiné des pénuries, des ralentissements du transport et des contrôles routiers. Trois entreprises sur quatre affirment avoir connu un arrêt total de leurs activités à un moment donné entre le 26 octobre et le 5 novembre 2025, période correspondant à l’intensification des troubles après la proclamation des résultats électoraux.

Cette paralysie a rapidement débouché sur une crise de trésorerie. 44% des entreprises interrogées indiquent ne plus être en mesure d’honorer leurs obligations fiscales, 44% leurs charges sociales, et 40 % déclarent des difficultés à rembourser leurs échéances bancaires. Le Gecam alerte sur le fait qu’environ 30% du tissu productif formel se trouve désormais dans une situation de vulnérabilité critique, avec un risque réel de faillites en chaîne si aucun soutien rapide n’est mis en place.

Sur le plan social, les premières conséquences sont déjà visibles. Environ 17 % des entreprises ont procédé à des réductions d’effectifs dans les semaines ayant suivi la crise. Au-delà des suppressions d’emplois, « 56 % des structures signalent une dégradation notable du climat social et du fonctionnement interne. La perception du climat des affaires demeure largement préoccupante : 81 % des entreprises qualifient la situation de fragile, critique ou très préoccupante. Dans ce contexte, le moral des dirigeants apparaît fortement affecté, avec 39 % exprimant un sentiment de pessimisme ou de détresse, proportion atteignant 50 % dans le secteur de l’hôtellerie-restauration », peut-on lire dans le rapport.

Musique: quand les  instruments traditionnels se rencontrent

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Il y a une sorte de frémissement dans la voix de Sita Ngoumou. 30 ans après, elle ressuscite les œuvres de son défunt père, Pie Claude Ngumu, ethnomusicologue, ancien prélat et spécialiste des instruments de musique traditionnels au Cameroun et en Afrique. Il y avait consacré plusieurs décennies  de sa vie de chercheur et universitaire. Depuis la mise en place de l’espace A(fro)Topos à Yaoundé, un centre culturel et social dédié à la promotion et la recherche sur les cultures et le dialogue entre peuples, elle a lancé en septembre dernier le concept Echantillons diatoniques, une exposition des extraits des  travaux  de recherche documentés de Pie Claude

sur les instruments et leur organologie (étude des instruments et cartographie, Ndlr); en marge de celle-ci est né le projet de mise en dialogue des instruments des plusieurs aires culturelles camerounaises a vu le jour: Traditifusion. Il a fait  quatre mois jusqu’en décembre 2025.

Culturalité

Ce nouveau projet prolonge un sentiment d’équilibre retrouvé et une sorte de contribution au dialogue des cultures au Cameroun. Le projet Tradifusion a réuni des  musiciens François Alima, Ali Kaka et Shei Nfor à même de lui apporter l’harmonie. La conduite et les arrangements ont été confiés  à Aimé Mama, musicien au jeu fin  connu pour ses explorations pratiques sur la fusion des sons et des instruments. Cette formule à quatre donne une virtuosité imparable. Des sons qui se tissent pour une sorte de vibration symphonique sur la scène. Rien ne les prédestinait à cette rencontre. Sauf les instruments de musique traditionnelle. Ils les ont pour chacun en passion. François Alima, Ali Kaka et Shei Nfor mis en résidence de création avec leurs instruments, ne cherchent pas simplement la bonne note et l’échelle des notes. Ils font un brassage des univers culturels. Ils confrontent la Garaya, le Tshali soudano-sahélien au Mvet de la grande forêt équatoriale Fang-Béti et à la Sanza, à la flûte royale des Grassfields. Nous sommes purement dans le tressage des nœuds des aires culturelles du Cameroun. C’est l’esprit du projet Tradifusion. Une rencontre des instruments reflétant la diversité sonore et culturelle camerounaise ainsi que les prémices d’un dialogue culturel.

Spectaculaire

En décembre dernier lors de la soirée concert de restitution à l’espace A(fro)Topos, face à un public conquis par les sonorités, Sita Ngoumou indique que les errances du titre réfèrent « à une sorte d’exploration du dialogue des instruments et du rapprochement des cultures.» Cette fusion des musiques est aussi une démonstration des génies. Ils ont fait du collage du bon ménage de leurs sonorités. Le Goni, la flûte et le Mvet qui canalisent le rythme ou encore la sanza et le pied de la voix de Shei Nfor. Le public se lève tout conquis et exulte ce mélange. Au rouler du Mvet et la fine histoire de François Alima, la transposition vers un autre ailleurs se vit. Pendant près d’une heure, on ne vit pas des chansons mais un spectacle nourri par une belle mise en scène. Nous sommes dans une sorte de retour au pays des ancêtres. A chaque moment, l’instrument cherche sa bonne gamme pour entrer en synchro avec l’autre culture. Ce spectacle est conçu par Aimé Mama qui l’achève par une invite endiablée au son du public. Aussi vers une mise en feu sous les arbres du tempo de fin. C’est là que l’appel de l’équipe de A(fro)Topos se fait. La suite du projet? « L’année 2026 est consacrée à la promotion et à la diffusion de ce spectacle», rassure Aimé Mama. Les professionnels invités à cette restitution tels Chembifon Muna, diffuseur et exploitant des spectacles, ont fait des retours en vue d’une tournée du projet.

Pie Claude Ngumu

L’espace A(fro)Topos reprend les ingrédients des travaux du Dr Pie Claude Ngumu (1931-1993). Précurseur de l’introduction des instruments de musique traditionnelle dans la célébration de la liturgie catholique au Cameroun, en tant que prélat, il a créé sa chorale «la maîtrise des chanteurs à la croix d’ébène» qui accompagnait le culte du Mendzang Beti. Ses cultes à la célèbre paroisse St Paul de Ndzong Melen dans les années 60-70. On parle d’un répertoire riche de plus de 100 chansons composées et qui nourrissent la liturgie catholique au Cameroun. Après sa vie de prêtre, il entre activement dans la fonction publique camerounaise où il fit près de 30 ans de  carrière en occupant entre autres des postes de directeur de la culture, conseiller technique au ministère de l’Information et de la culture et co-directeur artistique du concept ‘’les fleurs musicales du Cameroun’’ en 1983 aux côtés du célèbre Manu Dibango. Décédé en 1993 des suites de maladie à Yaoundé, il restera dans les oubliettes 30 ans après son décès en 2023, sa famille et ses amis ont mis sur pied un Lab culturel pour perpétrer son œuvre.

Avec Eyangi Boka

Grands projets d’infrastructures : 150 milliards FCFA de dettes à payer dès 2026 pour des projets déjà livrés

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Électricité : 75 milliards FCFA à trouver pour payer les factures de NHPC

Selon une annexe à la loi de finances 2026 consacrée au suivi des grands projets d’investissement, l’État doit réunir environ 75 milliards FCFA afin de régler des factures d’électricité émises par Nachtigal Hydro Power Company (NHPC), l’exploitant du barrage hydroélectrique de Nachtigal. Ce besoin de trésorerie concerne essentiellement les factures d’août à décembre 2025, restées impayées par Eneo, le concessionnaire en charge de la production et de la distribution de l’électricité au Cameroun.

Depuis l’entrée en exploitation commerciale du barrage, le 18 mars 2025, l’État s’est engagé contractuellement à garantir le paiement de l’énergie produite, dans le cadre d’un partenariat public-privé de type concessif. Dans les documents budgétaires, le ministère des Finances rappelle clairement la nature de cet engagement :« En vue de réaliser le projet selon une approche PPP de type concessif, l’État s’est formellement engagé auprès de NHPC à se substituer au concessionnaire ENEO en cas d’incapacité de ce dernier à acheter l’énergie produite par le barrage de Nachtigal. » Cet engagement repose sur le mécanisme dit du « Take or Pay », qui oblige l’acheteur à régler l’électricité mise à disposition, qu’elle soit effectivement consommée ou non.

Le texte précise que ce risque commercial est supporté par l’État à travers « un engagement financier mensuel initial de FCFA 10 milliards (réhaussé à FCFA 15 milliards) dans l’hypothèse où ENEO serait dans l’incapacité d’honorer le paiement des factures de son fournisseur NHPC ». À ce jour, NHPC a déjà adressé à Eneo des factures cumulées estimées à 64 milliards FCFA. Sur ce montant, l’opérateur n’a réglé que 12,5 milliards FCFA, laissant un arriéré de 51,5 milliards FCFA. Ce gap a temporairement été comblé par l’État grâce à une lettre de crédit ouverte auprès de Société Générale Paris.

Mais cette ligne de garantie est désormais totalement consommée. Résultat, les factures couvrant les mois d’août à décembre 2025 n’ont toujours pas été honorées, ce qui explique le besoin immédiat de 75 milliards FCFA mis en avant dans les documents budgétaires. Pour éviter une accumulation d’arriérés et des tensions récurrentes sur le budget, le ministère des Finances indique avoir engagé des discussions avec Société Générale Cameroun et plusieurs établissements bancaires locaux, en vue de mettre en place un mécanisme de garantie financière plus durable.

UN PROJET STRATÉGIQUE, MAIS DES CONTRAINTES STRUCTURELLES

Cette pression financière survient alors que le barrage de Nachtigal est présenté comme une pièce maîtresse de la politique énergétique nationale. D’une capacité installée de 420 MW, l’infrastructure est censée couvrir près de 30 % de la demande électrique du pays. Le projet, porté par NHPC — une coentreprise associant EDF, la Société financière internationale (SFI) et l’État camerounais — a nécessité un investissement global de 786 milliards FCFA. Dans la pratique, cependant, l’évacuation de toute l’énergie produite reste limitée. Si la ligne de transport de 225 kV reliant Nachtigal à Yaoundé est opérationnelle, celle destinée à Douala, principal pôle industriel du pays, n’est pas encore achevée.

 Une situation qui accentue le déséquilibre entre production disponible et consommation effective. Ces risques avaient été clairement identifiés par les partenaires techniques et financiers. Dans son rapport de la septième revue du programme économique et financier, publié en juin 2025, le Fonds monétaire international soulignait déjà que le dispositif contractuel de Nachtigal faisait peser des risques budgétaires non négligeables sur l’État camerounais. Le FMI rappelait notamment que « les charges liées à l’exploitation de la centrale exerceront des pressions supplémentaires sur les finances publiques, l’État étant juridiquement tenu de se substituer à Eneo en cas de défaillance »

Barrage de Memve’ele : l’État camerounais doit encore 16 milliards FCFA à Sinohydro

Trois ans après sa mise en service officielle, le barrage hydroélectrique de Memve’ele, n’a pas encore fini de révéler ses zones d’ombre. Outre des performances techniques inférieures aux attentes, le projet traîne un contentieux financier avec son principal constructeur, l’entreprise chinoise Sinohydro. D’après une annexe à la loi de finances 2026 consacrée au suivi des grands projets d’investissement publics, l’État camerounais reste redevable de 16 milliards de FCFA à Sinohydro.

Cette somme correspond au solde non réglé des travaux de bitumage de la route d’accès au barrage, réalisés en préfinancement par l’entreprise chinoise pour un coût total évalué à 27 milliards de FCFA. Le document, élaboré par le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), précise que cette composante n’était pas intégrée dans la convention de financement initiale du projet Memve’ele. À ce jour, seuls 11 milliards de FCFA ont été effectivement versés, laissant subsister un arriéré conséquent.

 Plus préoccupant encore, lors de l’élaboration du budget 2026 du ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), cette dette n’a été budgétisée qu’à hauteur de 1,3 milliard de FCFA. Une dotation jugée largement insuffisante, qui rend improbable un règlement intégral de la créance à court terme et prolonge l’exposition de l’État à des engagements hors bilan. Ces tensions financières viennent s’ajouter aux contre-performances opérationnelles du barrage. D’une puissance installée théorique de 211 MW, Memve’ele n’injecte en moyenne qu’environ 150 MW dans le Réseau interconnecté Sud (RIS), bien en deçà des projections initiales.

 Avec un investissement global estimé à près de 450 milliards de FCFA, l’ouvrage n’a jamais fonctionné à plein régime depuis son entrée en exploitation. Les autorités expliquent cette situation par le faible débit du fleuve Ntem, aggravé par des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, qui limitent la capacité de production de la centrale. Dès 2022, les premières alertes avaient été lancées. En période d’étiage, notamment entre janvier et février, la production de Memve’ele chutait drastiquement, atteignant à peine 30 MW aux heures de pointe du soir, avant de tomber à zéro le reste de la journée, selon les données alors communiquées par les acteurs du secteur électrique.

Autoroute Kribi-Lolabé : 33 milliards FCFA d’arriérés à régler à CHEC

L’exploitation de l’autoroute Kribi-Lolabé pourrait peser davantage sur les finances publiques dès 2026. Selon une annexe au projet de loi de finances de l’exercice 2026 consacrée à « l’évolution des grands projets d’investissement », l’État camerounais devra mobiliser une enveloppe globale de 33 milliards de FCFA afin de s’acquitter des loyers dus à China Harbour Engineering Company (CHEC), partenaire privé du projet.

 Ce montant cumule à la fois des arriérés accumulés depuis la mise en service de l’infrastructure et les loyers contractuels à verser au titre de l’année budgétaire 2026. D’après le document officiel consulté dans le cadre de la préparation budgétaire, le contrat de PPP prévoit le paiement de loyers pour un montant total de 270 milliards de FCFA sur une durée de 30 ans. Or, depuis le démarrage de l’exploitation, l’État n’a versé que 2 milliards de FCFA, alors que près de 20 milliards étaient déjà exigibles. Il en résulte un passif de 18 milliards de FCFA, « ne disposant d’aucune couverture budgétaire sur l’exercice 2025 », précise la même source. À ces impayés s’ajoutent les loyers dus pour 2026, évalués à 15 milliards de FCFA.

En agrégeant les deux composantes, le besoin de financement lié à l’autoroute atteint donc 33 milliards de FCFA dès l’an prochain. L’annexe budgétaire indique par ailleurs que le ministère des Travaux publics (MINTP) « s’est engagé à prendre en charge une partie de ce besoin dans le cadre de la préparation de son budget ». Une récente concertation entre les parties prenantes a permis de passer en revue les facteurs à l’origine de l’écart persistant entre les recettes de péage et les charges d’exploitation.

Selon l’analyse officielle, le trafic demeure inférieur aux prévisions initiales, en raison notamment de « la lente occupation de la zone industrielle du Port autonome de Kribi », du retard accusé par la phase 2 du port, de « l’absence des entreprises minières attendues », d’une connectivité encore limitée, du non-démarrage de certains axes structurants et surtout de « la faible production d’électricité », identifiée comme un frein majeur à l’industrialisation de la zone.

 Face à cette situation, le MINTP a recommandé la transmission formelle du montant à prévoir pour couvrir les charges d’exploitation, qualifiées de « point critique du montage financier ». Le ministère évoque également la possibilité de faire évoluer le cadre contractuel, y compris par une transformation du PPP en contrat de marché public, afin de mieux encadrer les engagements financiers de l’État.

Pour rappel, le contrat de partenariat public-privé de l’autoroute KribiLolabé a été signé le 30 décembre 2020 entre le gouvernement camerounais, représenté par les ministres des Finances et des Travaux publics, et l’entreprise chinoise China Harbour Engineering Company. Il porte sur le financement partiel, la conception, l’exploitation et la maintenance d’un linéaire de 38,5 km, complété par 4,94 km de voies de raccordement, sur une période de 30 ans. Dans ce schéma, CHEC, également en charge de la construction via un contrat EPC, est rémunérée sous forme de loyers calculés à partir des recettes de péage collectées pour le compte de l’État, ce dernier conservant la fixation des tarifs. Le financement des travaux repose sur un prêt de 226,95 milliards de FCFA, complété par un préfinancement privé de 66,61 milliards de FCFA, charges financières comprises.

Autoroute Yaoundé-Douala : 22,5 milliards FCFA encore dus sur la phase 1

Au moment où le gouvernement affine le montage financier de la deuxième phase de l’autoroute Yaoundé-Douala, un contentieux budgétaire hérité de la première étape continue de faire surface. D’après une annexe à la loi de finances 2026 consacrée à l’évolution des grands projets d’investissement, l’État doit encore régler un reliquat global de 22,5 milliards de FCFA pour des travaux exécutés en dehors du cadre contractuel de départ. Mise en service en 2021, la première phase de 60 km devait initialement être exploitée et entretenue via un partenariat public-privé (PPP).

Dans cette optique, une procédure de contractualisation avait été engagée avec China First Highway Engineering Company (CFHEC) pour une durée de 30 ans. Avant même la finalisation de ce contrat, l’entreprise chinoise avait toutefois « préfinancé et réalisé des travaux complémentaires jugés nécessaires à la fonctionnalité de l’infrastructure », selon le document budgétaire. La suspension ultérieure du processus de PPP a placé ces investissements dans une zone grise, les rendant « sans fondement juridique formel ». Pour régulariser la situation, un protocole spécifique a été élaboré afin d’organiser le remboursement de ces travaux préfinancés, pour un montant arrêté à 10,5 milliards de FCFA. Faute de mobilisation des ressources en 2025, cette charge a été reportée et doit être intégrée au budget 2026 du ministère des Travaux publics (Mintp), suivant un mécanisme de règlement défini par l’administration.

À cette première ardoise s’ajoute un second ensemble de créances liées à l’exécution même du chantier. Le Mintp fait état de travaux supplémentaires engagés pour achever la section courante de l’autoroute, évalués à 60 milliards de FCFA, ainsi que de travaux de raccordement indispensables à la fonctionnalité globale de l’ouvrage, estimés à 45 milliards de FCFA. Ces prestations n’étaient prévues ni dans le marché initial, ni dans le financement contracté auprès de l’Eximbank of China. Pour encadrer leur prise en charge, un protocole d’accord a été signé le 19 avril 2022 entre le ministère des Travaux publics, le ministère de l’Économie et la CFHEC. Il prévoyait que l’entreprise exécute les travaux, avec un remboursement progressif par l’État via un système de « décomptes différés ».

À la date de référence retenue par l’annexe à la loi de finances 2026, la CFHEC avait transmis des décomptes totalisant 90 milliards de FCFA. Sur ce montant, 78 milliards ont déjà été payés, laissant un solde d’environ 12 milliards de FCFA, également inscrit dans la programmation budgétaire 2026 du Mintp. En additionnant les 10,5 milliards liés aux travaux préfinancés du PPP avorté et les 12 milliards de décomptes différés non soldés, la dette résiduelle de l’État sur la phase 1 atteint bien 22,5 milliards de FCFA.

Ce passif intervient alors que la préparation de la phase 2 s’accélère. Lors d’une revue des projets routiers tenue le 14 avril 2025, le ministère des Travaux publics a présenté un document intitulé « Construction de l’autoroute Yaoundé-Douala », qui chiffre le coût prévisionnel de cette nouvelle étape à 1 072 milliards de FCFA TTC (environ 899,3 milliards hors taxes). Le tracé projeté porte sur 141 km d’axe principal et près de 40 km de bretelles d’interconnexion.

Port de Douala : transatlantic D S.A lance les activités de scanning des marchandises

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Dans le cadre d’une concession avec le Port Autonome de Douala, l’entreprise a démarré les opérations dont les principaux enjeux sont la centralisation des données mais aussi l’alignement aux normes internationales en matière de sécurité et de sûreté portuaire.

Comme annoncé depuis plusieurs semaines, Transatlantic D SA a repris le 2 janvier 2026, les activités de scanning au port de Douala assurées depuis 2015 par la Société générale de surveillance (SGS), dans le cadre d’un contrat de partenariat public-privé avec l’État du Cameroun. Contrairement à son prédécesseur qui se limitait aux conteneurs, Transatlantic D effectuera des opérations d’inspection 100% scanning. En d’autres termes, toutes les marchandises passant par le port sont inspectées. Ceci, tant à l’importation qu’à l’exportation et quel que soit leur mode de conditionnement.  C’est ce que prévoit le contrat de concession qui lie Transatlantic D S.A au Port Autonome de Douala (PAD).

 La durée de la concession avec rétrocession des actifs est de 25 ans. Le concessionnaire doit acquérir les équipements et aménager les autres ouvrages nécessaires. Il s’agit notamment de 08 scanners, répartis à hauteur de 02 pour les conteneurs à l’import ; 02 pour les conteneurs à l’Export ; 01 pour les cargaisons RoRo ; 01pour les cargaisons de bois en conventionnel et 02 scanners de backup. L’investissement total est estimé à 192,9 milliards FCFA. Le Port de Douala percevra une redevance fixe annuelle forfaitaire de 150 millions de FCFA à raison de 50% au terme du premier semestre et 50% au terme du second semestre. Une redevance variable moyenne de 7% du Chiffre d’affaires annuel sur toute la durée de la concession est aussi prévue. Elle est structurée à hauteur de 3.3% du chiffre d’affaires annuel du concessionnaire Hors Taxe de la 1ere à la 10 année d’exploitation. Ce montant sera égal à 9.3% du Chiffre d’affaires annuel Hors taxe de la société Concessionnaire à partir de la onzième année d’exploitation jusqu’au terme de la Concession.

A travers les opérations d’inspection non intrusive des cargaisons , le PAD  compte s’aligner sur les meilleures normes internationales en matière de sécurité et de sûreté portuaire. Il est question de doter le port de Douala d’équipements de scanning des marchandises de dernière génération, afin d’implémenter un système de contrôle de tout le trafic import/export, en cohérence avec la politique générale de l’Etat en matière de sécurisation des frontières et du territoire national.

Déjà présent au port de Kribi, Transatlantic D annonce que ses opérations de scanning au port de Douala seront « exceptionnellement et temporairement » effectuées à titre gratuit pendant cette phase de mise en service.

Réactions

Cyrille AYINDA, directeur adjt de l’exploitation RTC

 « Le nouveau système permet un gain de temps »

« Vous voyez que le scanner maintenant est à côté des opérations. On n’a plus à faire le rallye dans le terminal pour aller passer de l’autre côté pour  le scan. Dès que le conteneur est déchargé, immédiatement il subit le scan et il va dans le stack. Vous pouvez imaginer  les gains. Un gain de temps, un gain en termes de tout ce qu’on a comme usure, le sol, les engins qui vont de l’autre côté. Et puis les informations sont disponibles en temps réel, que ce soit dans le système pour avoir un traitement des autres partenaires ou alors pour tous ceux qui agissent dans la chaîne, afin que chacun puisse faire son travail en temps réel. Ici, il n’y a pas un risque de pouvoir perdre un conteneur, il n’y a pas un risque de pouvoir rater un conteneur. Et à la fin  des opérations sur un navire donné, immédiatement, nous faisons avec tous les partenaires un maching pour voir s’il y a eu un loupé ou pas. Et vous voyez maintenant que c’est le scan qui vient vers le conteneur. Dans aucun port au monde, ce n’est pas le conteneur qui va vers le scan. Là, ça montre que nous voulons être attractifs. Vous avez été avec moi ici pendant 30 à 45 minutes, vous voyez bien que ça tourne. Il n’y a pas de ralentissement. On décharge, on scanne et on stack. »

Emmanuel TAGNE, informaticien Translantic

«  Il y a une rapidité dans la transmission de l’information »

« Aujourd’hui Transatlantic, expert dans les opérations de scanning, s’est déployé pour sa première journée de travail au terminal à conteneurs RTC de Douala. On a mis sur pied un dispositif assez impressionnant en un scanner mobile de dernière génération qui est là. Les instructions sont claires, un véhicule est censé rouler à 5 km heure et le scan va nous produire une image exploitable. On a un scanner de réserve à côté, on a des opérateurs extrêmement  formés, on a des analystes d’images très bien formés qui peuvent détecter ou non des suspicions. On a un processus bien clair, bien établi et on a même misé sur la sécurité parce qu’hormis le  scanner, il faut aussi penser au rayonnement. On a mis une glissière de plus de 2 mètres avec  une épaisseur de plus de 50 cm de béton armé qui permettra justement d’absorber le rayonnement et un trait qui sera déversé par le scanner. Le  chargement d’images, l’application d’images est instantanée, les valeurs de scan sont instantanées. Une fois que le conteneur est passé et que le scan est validé, tous les acteurs reçoivent directement l’information. Donc on a aussi misé sur la disponibilité de l’information et la  rapidité de transmission de l’information. Depuis ce matin, on a plusieurs opérations déjà effectuées et les informations sont disponibles chez le partenaire RTC. Les exportations peuvent  être faites en temps réel et en temps opportun. On voit le gain de temps. On a au passage d’un camion, une minute de chrono de scan. Dès que le camion arrive, il est scanné en une minute. Donc on gagne un temps énorme et on fait du 100% scanning. Vous voyez que tout est dégagé, le cahier est dégagé, les stations sont dégagées. Donc le scanner prend extrêmement moins de temps que par le passé et on continue dans l’amélioration. »

François BAMBOU : «l’impunité est un facteur d’aggravation du tribalisme et des discours de haine»

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FRANÇOIS BAMBOU, Président de ONE NATION, association pour l'élimination du tribalisme et la promotion du vivre-ensemble

Défis Actuels : Monsieur le Président, le Chef de l’État a dénoncé avec une fermeté inédite la prolifération des discours de haine dans l’espace public. Comment analysez-vous cette prise de position ?

François BAMBOU : Nous assistons effectivement à un moment charnière. Pour la première fois avec une telle clarté, le tribalisme est nommé pour ce qu’il est réellement : non pas une simple dérive verbale ou un excès de langage, mais un dispositif méthodiquement mis en œuvre pour fracturer la société et pour affaiblir l’unité nationale.

 Ces derniers temps, One Nation observe sur le terrain une montée constante des discours tribalistes, qu’ils se manifestent dans certains médias, sur les réseaux sociaux ou dans l’espace politique. Ces appels à la haine ne sont pas anodins : ils visent à dresser les Camerounais les uns contre les autres et à créer des lignes de fracture artificielles entre communautés. Les conséquences de cette propagation sont déjà tangibles : tensions au sein de la société, repli identitaire, méfiance accrue entre citoyens, et une augmentation des conflits locaux parfois mineurs mais révélateurs d’une fragilisation du lien social.

Si elle n’est pas endiguée, cette dynamique peut mener à des crises sociales plus graves et à la remise en cause du pacte républicain lui-même. Lorsque le Chef de l’État évoque les discours tribalistes et de haine comme une menace contre « les fondements mêmes de notre pays », il acte une réalité que beaucoup feignaient d’ignorer. Ces discours ne relèvent pas de la liberté d’opinion ; ils constituent une atteinte directe au vivre-ensemble et à la cohésion nationale. En ce sens, le Président de la République opère un changement de paradigme : la lutte contre la haine tribale devient une priorité nationale, et la tolérance est terminée pour les entrepreneurs de la division.

Défis Actuels : Le Chef de l’État établit un lien direct entre le désordre social et un sentiment d’impunité. En quoi cette impunité nourrit-elle spécifiquement le tribalisme au Cameroun ?

François BAMBOU : L’impunité est le carburant du tribalisme. Elle libère la parole toxique et banalise l’appel à la haine sur des bases ethniques ou régionales. Lorsqu’un individu peut insulter ou stigmatiser une communauté entière, ou même appeler à la violence, voire au meurtre sans jamais être inquiété par la justice, c’est l’autorité même de l’État qui est fragilisée. Ce laisser-faire a installé l’idée dangereuse que tout est permis ou, plus grave, que certains seraient au-dessus de la loi en raison de leur statut, de leurs lieux de résidence ou de leurs réseaux.

Les victimes, qui se recrutent dans toutes les communautés, ne se sentant plus protégées, se replient alors sur des solidarités identitaires, alimentant un cercle vicieux de méfiance, de radicalisation et de surenchère haineuse. Exactement l’effet recherché par les instigateurs des discours de haine. En annonçant une reprise en main vigoureuse et la fin de l’impunité, le Chef de l’État s’attaque à la racine du mal. Car, sans sanctions judiciaires systématiques, visibles, rapides et proportionnées contre les incitations à la haine, le vivre-ensemble demeure une incantation morale sans effet réel sur les comportements.

Les appels à la retenue et à la tolérance, aussi légitimes soient-ils, deviennent inopérants lorsqu’ils ne sont pas adossés à la force de dissuasion de la loi et de la jurisprudence. Dans ce contexte, l’absence de réponse judiciaire est interprétée comme une permission tacite, ce qui encourage la récidive. À l’inverse, la sanction exemplaire rappelle que la liberté d’expression trouve sa limite dans le respect de l’autre et la protection du vivre-ensemble. En sanctionnant les discours tribalistes, la République ne réprime pas une opinion ; elle protège l’ordre public et la paix civile.

Défis Actuels : Le Cameroun est souvent présenté comme une mosaïque culturelle exceptionnelle. Pourtant, cette diversité devient parfois source de tensions. Où se situe, selon vous, la véritable faille ?

François BAMBOU : Il faut d’abord partir d’un fait trop souvent occulté dans le débat public : au quotidien, les Camerounais vivent ensemble sans heurts majeurs. Dans les quartiers, les villages, les lieux de travail et à travers les mariages intercommunautaires, la coexistence pacifique est une réalité concrète et profondément enracinée. C’est ce que veut protéger le Chef de l’État en sonnant la fin de l’impunité, et c’est cette harmonie que veulent détruire les propagateurs de discours haineux.

La faille n’est donc ni culturelle ni naturelle, elle est creusée méthodiquement par des compatriotes qui espèrent en tirer quelques avantages, sans mesurer les risques auxquels ils exposent la nation. La diversité camerounaise ne produit pas spontanément la division ; elle est cyniquement exploitée par des acteurs de tous bords qui ont fait du repli identitaire un outil de conquête ou de conservation du pouvoir. Certains politiciens cherchent à se constituer des fiefs à bon marché en enfermant les citoyens dans des appartenances ethniques transformées en camps politiques. À cette instrumentalisation s’ajoutent les marchands de la haine qui prospèrent en abreuvant des compatriotes de discours xénophobes et en désignant des ennemis intérieurs.

Les réseaux sociaux ont enfin offert un terrain idéal à des activistes qui, à l’abri de l’anonymat numérique, s’emploient à attiser les tensions. One Nation le dit clairement : la diversité n’est pas le problème. Le problème, ce sont ceux qui la manipulent délibérément pour fracturer une société qui a déjà prouvé sa capacité à vivre unie.

 Défis Actuels : Quelles mesures concrètes attendez-vous du gouvernement pour traduire cette lutte contre l’impunité en actions tangibles ?

François BAMBOU : Nous attendons une tolérance zéro réelle, structurée. L’arsenal juridique existe, notamment à travers le Code pénal et les lois relatives à la cybersécurité et à la cybercriminalité. Le véritable défi réside désormais dans l’effectivité de la réponse judiciaire. La justice doit être le pivot central : sans décision judiciaire ferme, aucune action répressive ne peut produire d’effet durable.

Concrètement, cela implique une implication résolue des parquets. Les procureurs de la République doivent s’autosaisir systématiquement des faits de discours tribalistes, sans attendre de plainte formelle, et sans considération de statut ou d’influence des auteurs. Les décisions de justice doivent être rapides et rendues publiques afin de produire un effet dissuasif réel. C’est dans ce cadre que la Police et la Gendarmerie nationales doivent être pleinement mobilisées comme premières lignes de détection et d’enquête, qu’il s’agisse de faits commis dans l’espace public ou sur les plateformes numériques.

L’ANTIC a, pour sa part, un rôle stratégique à jouer dans la veille numérique et la traçabilité des contenus haineux. La haine tribale en ligne ne doit plus être considérée comme un simple débordement, mais comme une infraction susceptible de troubler gravement l’ordre public. Enfin, la création d’un Observatoire national de lutte contre le tribalisme permettrait de structurer durablement cette action et d’en évaluer l’efficacité.

Défis Actuels : Le Chef de l’État annonce clairement la fin de la complaisance. Que doit changer concrètement cette nouvelle fermeté dans les comportements et dans l’espace public ?

François BAMBOU : Elle doit provoquer un choc salutaire. Chacun doit comprendre qu’en 2026, le discours tribaliste ou de haine n’est plus une opinion tolérée mais une infraction sanctionnée. Les auteurs de discours de haine doivent intégrer une réalité simple : leurs propos auront désormais des conséquences judiciaires.

Cette fermeté doit assécher l’écosystème de l’impunité. Les plateaux de télévision, les tribunes politiques et surtout les réseaux sociaux ne peuvent plus être des zones de non-droit où l’on insulte ou menace des communautés entières sans réponse de l’État. La loi doit s’appliquer avec la même rigueur à tous. Pour One Nation, la véritable pédagogie commence avec la sanction. Lorsque les discours tribalistes cesseront d’être rentables politiquement, médiatiquement ou symboliquement, ils reculeront. C’est à ce prix que l’espace public redeviendra un lieu de débat républicain, et non un champ de bataille identitaire.

Assainissement du fichier solde: le Minfi pourrait suspendre 20 000 fonctionnaires de solde dès ce mois de janvier

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Motaze www.newsducamer.com
Louis Paul MOTAZE www.newsducamer.com

C’est un séisme administratif qui secoue actuellement les couloirs feutrés de la fonction publique camerounaise. Entre effervescence bureaucratique et vent de panique, le ministère des Enseignements secondaires (Minesec) et plusieurs autres départements ministériels sont en état d’alerte maximale. En cause : une opération « mains propres » sur le fichier solde, pilotée par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, qui menace de suspendre la rémunération de près de 20 000 agents publics dès ce mois de janvier 2026.

L’ONDE DE CHOC AU MINESEC : 5 000 ENSEIGNANTS SUR LA SELLETTE

 Au ministère des Enseignements secondaires, l’ambiance est électrique. La ministre Nalova Lyonga ne cache plus son inquiétude face à l’urgence signalée par le ministère des Finances (Minfi). Selon nos informations, environ 5 000 enseignants, sur un contingent global de 20 000 absentéistes ciblés à l’échelle nationale, sont soupçonnés d’avoir déserté les salles de classe tout en continuant de percevoir indûment leurs émoluments. Pour la patronne du Minesec, le problème est double.

 Au-delà du préjudice financier, c’est un véritable « casse-tête » pédagogique : des milliers de postes demeurent vacants, privant les élèves d’encadrement. Face à cette hémorragie, notamment vers le Canada qui reste la destination privilégiée de ces « expatriés clandestins » de la fonction publique, Nalova Lyonga envisage de saisir le Premier ministre pour solliciter un recrutement massif afin de remplacer numériquement ces déserteurs.

 L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE : LE CROISEMENT DES FICHIERS FRONTALIERS

 Si cette opération est qualifiée de « phase 2 » du Comptage Physique des Personnels de l’État (Coppe), elle se distingue par une méthode de traque totalement inédite et redoutablement efficace : le croisement des données du fichier solde avec les registres des mouvements aux frontières. Jusqu’ici, les « fonctionnaires fantômes » profitaient du manque de communication entre les administrations.

Désormais, le Minfi exploite les données migratoires collectées dans les aéroports et postes frontaliers. En clair : si un agent est enregistré à la sortie du territoire sans ordre de mission ou mise en disponibilité officielle, et qu’aucun mouvement d’entrée n’est enregistré dans les mois qui suivent, l’alerte est automatiquement donnée. Ce « tournant technologique » permet de débusquer ceux qui mènent une double vie à l’étranger — souvent en Europe ou en Amérique du Nord — tout en conservant leur salaire camerounais comme une « rente de secours ».

UNE HÉMORRAGIE FINANCIÈRE DE 46 MILLIARDS DE FCFA

 Les chiffres consolidés par les services de Louis Paul Motaze donnent le tournis. Une liste provisoire de 12 000 agents a déjà été formellement identifiée, représentant une perte sèche annuelle de 46 milliards de FCFA pour le Trésor public. Pour l’ensemble des 20 000 cas suspectés, l’incidence financière pourrait frôler les 50 milliards de FCFA. La répartition par ministère montre l’ampleur systémique du phénomène.

 En tête de course, le ministère des Enseignements secondaires enregistrerait 5 000 cas de désertion (le plus gros contingent); Santé Publique : 2 500 déserteurs (médecins et infirmiers partis monnayer leurs compétences à l’extérieur); Enseignement Supérieur : 1 500 salariés fantômes; Éducation de Base : 500 cas; Sûreté Nationale (DGSN) : 400 cas; Relations Extérieures, Sports, Justice, Primature et Présidence : environ 1 400 cas cumulés.

LE COUPERET DE JANVIER 2026 : LA PROCÉDURE CONTRADICTOIRE

 Le ministère des Finances n’a cependant pas choisi la voie de la suspension arbitraire. Une procédure contradictoire a été instaurée. Les administrations concernées disposent d’un délai de 45 jours pour justifier la présence effective de leurs agents. Passé ce délai, et faute de preuves irréfutables (certificats de présence au poste, rapports de performance visés), la suspension de solde sera automatique et irréversible dès le mois de janvier 2026.

Dans les délégations régionales et les lycées, c’est la course contre la montre. Les chefs d’établissements sont sommés de produire des listes précises, sous peine d’être considérés comme complices de cette fraude massive. Vers une intégrité restaurée ? Cette offensive « coup de poing » marque une rupture politique décisive.

En utilisant les données migratoires comme outil de contrôle, le gouvernement affiche sa détermination à éradiquer la fraude salariale. Il ne s’agit plus seulement de traquer les doublons ou les décédés non signalés, mais de s’attaquer au cœur d’un système de corruption qui gangrène l’efficacité de l’État. Pour les observateurs, si le Minfi va au bout de cette logique, l’année 2026 pourrait s’ouvrir sur une fonction publique dégraissée de ses éléments les plus opportunistes, libérant ainsi des marges budgétaires essentielles pour la jeunesse camerounaise en quête d’emplois réels et de postes effectivement occupés.

CAN Maroc 2025 : L’État débloque plus de 504 millions FCFA pour les Lions indomptables qualifiés en quarts

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TOPSHOT - Cameroon's forward #26 Christian Kofane celebrates scoring his team's second goal during the Africa Cup of Nations (CAN) round of 16 football match between South Africa and Cameroon at Al Medina Stadium in Rabat on January 4, 2026. (Photo by Paul ELLIS / AFP)

Le gouvernement camerounais a ordonné le paiement intégral des primes de qualification et de victoire dues aux Lions indomptables, à la suite de leur succès face à l’Afrique du Sud et de leur accession aux quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations TotalEnergies Maroc 2025. L’annonce a été faite ce lundi 5 janvier 2026 à Rabat par le ministre des Sports et de l’Éducation physique, Narcisse Mouelle Kombi, s’exprimant au nom de l’État camerounais, sur sa page Meta.

Selon les termes officiels, chaque joueur percevra un montant cumulé de 18 180 000 francs CFA, correspondant aux primes de qualification et aux primes liées aux victoires enregistrées depuis le début de la compétition. Rapporté à l’effectif mobilisé, l’enveloppe globale atteint environ 504 millions de francs CFA, soit près de 770 000 euros, au taux de change en vigueur.

Les primes de qualification rémunèrent le franchissement d’un palier sportif (phase de groupes, huitièmes, quarts de finale), tandis que les primes de victoire sont liées à chaque match remporté. Leur paiement anticipé, en cours de tournoi, reste un signal politique et financier fort, visant à limiter les tensions récurrentes observées par le passé entre joueurs, encadrement et autorités publiques.

Une victoire sportive aux effets économiques immédiats

Sur le plan sportif, le Cameroun s’est imposé 2-1 face à l’Afrique du Sud, ce dimanche 4 janvier à Rabat, lors des huitièmes de finale. Junior Tchamadeu a ouvert le score à la 34ᵉ minute, avant que Christian Kofane ne double la mise dès la reprise, à la 47ᵉ minute.
Source : feuille de match officielle CAF, CAN TotalEnergies Maroc 2025.

Cette victoire qualifie les Lions indomptables pour les quarts de finale, où ils affronteront le Maroc, pays hôte et principal favori du tournoi. La rencontre est programmée dans la même ville de Rabat, selon le calendrier officiel de la Confédération africaine de football (CAF).

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