samedi, avril 4, 2026
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Construction routière : Le projet d’usine de bitume bloqué par des contraintes énergétiques et financières

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Malgré son positionnement stratégique dans la zone industrialo-portuaire de Kribi et le soutien affiché de l’État camerounais, actionnaire à hauteur de 15 %, le projet de première usine locale de production de bitume peine encore à franchir le cap décisif de la construction. Le constat ressort du dernier rapport de la Direction générale du budget sur le suivi des recommandations parlementaires issues du débat d’orientation budgétaire 2025. Premier obstacle concret : la mise en état du site destiné à accueillir l’unité industrielle.

Les 60 hectares concédés par le Port autonome de Kribi sont loin d’être prêts pour accueillir des installations lourdes. Si le défrichage a été amorcé, les travaux structurants — décapage intégral, nivellement, remblais et rehaussement du terrain — restent à exécuter. Ces opérations, essentielles pour respecter les exigences techniques du projet, nécessitent un financement public dont la mobilisation tarde encore. Sans cette étape préalable, aucun démarrage effectif des travaux de génie civil n’est envisageable.

UN MONTAGE FINANCIER ENCORE EN RECOMPOSITION

Au-delà du foncier, la viabilité financière du projet demeure un chantier à part entière. Initialement évalué à un peu plus de 100 milliards de FCFA, l’investissement global est désormais réajusté à environ 161 milliards de FCFA, intégrant les coûts additionnels liés aux infrastructures annexes et aux contraintes logistiques. Depuis la fin de l’année 2024, la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) s’est vue confier un rôle d’arrangeur principal, avec pour mission de structurer le financement et de fédérer d’autres partenaires. En parallèle, des discussions avancées sont menées avec des établissements bancaires locaux, dont Afriland First Bank et Société Générale Cameroun.

Mais à ce stade, aucun closing financier définitif n’a encore été annoncé. Autre point sensible : l’accès sécurisé aux ressources énergétiques. Le modèle industriel d’All Bitumen Cameroon repose sur l’approvisionnement en gaz naturel local pour alimenter l’usine et la mini-raffinerie adossée au projet. Cela suppose non seulement la signature d’accords structurants avec la Société nationale des hydrocarbures (SNH), mais aussi la réalisation d’un pipeline dédié. À cela s’ajoute la question de l’accès garanti aux bruts camerounais, un engagement clé attendu de l’État dans le cadre du partenariat stratégique conclu avec l’entreprise. Sans visibilité sur ces intrants, l’équilibre opérationnel du projet reste fragile.

DES AVANCÉES CÔTÉ PORT, MAIS PAS ENCORE DÉCISIVES

Sur le plan logistique, des progrès ont toutefois été enregistrés. En décembre 2025, le Port autonome de Kribi et la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) ont officialisé un partenariat avec le consortium français Parlym-Negri pour la conception et la construction du futur terminal hydrocarbures. Bien que ce projet soit prioritairement destiné aux besoins de la SCDP, les infrastructures prévues — quai en eau profonde et installations de transfert — pourraient également bénéficier à All Bitumen Cameroon, en facilitant l’importation et l’exportation de produits pétroliers. Malgré ces lenteurs, le projet n’a pas perdu son importance stratégique.

Lancé à la suite du Conseil de Cabinet du 23 mai 2019, il s’inscrit pleinement dans la Stratégie nationale de développement à l’horizon 2030 (SND30). À terme, l’usine de Kribi devrait produire jusqu’à 250 000 tonnes de bitume par an, tout en couvrant environ un quart des besoins nationaux en produits pétroliers grâce à une mini-raffinerie de 10 000 barils par jour. Les études de faisabilité, validées dès janvier 2022, ont confirmé la solidité technique et économique du projet et permis d’obtenir l’ensemble des autorisations environnementales et administratives requises.

Le Prolog et l’INS s’associent pour évaluer les services offerts par les communes

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Le gouvernement affine son dispositif de gestion des finances publiques locales en conditionnant une partie substantielle des transferts aux collectivités territoriales décentralisées (CTD) à des critères mesurables de performance. Cette orientation est formalisée par un protocole d’entente signé le 6 janvier 2026 à Yaoundé entre le Projet de gouvernance locale et communautés résilientes (Prolog) et l’Institut national de la Statistique (INS), selon des informations communiquées par les deux institutions.

Doté d’un financement global de 189 milliards de FCFA, le Prolog est une initiative du gouvernement camerounais mise en œuvre avec l’appui financier de la Banque mondiale. Le programme cible 187 communes réparties dans six régions — Adamaoua, Est, Extrême-Nord, Nord, Nord-Ouest et Sud-Ouest — et vise à renforcer l’accès des populations à des infrastructures dites résilientes aux effets du changement climatique, tout en améliorant la gestion locale des ressources publiques.

Dans un contexte de pression budgétaire et de surveillance accrue des bailleurs internationaux, ce programme introduit une logique de sélectivité budgétaire : les financements ne sont plus attribués uniquement sur une base administrative, mais en fonction des résultats observables des collectivités bénéficiaires.

La « subvention basée sur la performance », un instrument budgétaire incitatif

L’accès aux ressources du Prolog est conditionné à un mécanisme conçu par le ministère de la Décentralisation et du Développement local (Minddevel), dénommé « subvention basée sur la performance ». Concrètement, il s’agit d’un système dans lequel les communes et régions sont évaluées sur la qualité des services publics rendus aux populations — gestion des infrastructures, capacité administrative, utilisation des ressources — avant l’octroi des allocations financières.

Ce type d’outil, déjà utilisé dans plusieurs programmes soutenus par la Banque mondiale, vise à améliorer l’efficacité de la dépense publique locale et à limiter les risques de mauvaise allocation des fonds.

Le rôle central de l’INS dans l’évaluation indépendante

Le protocole signé confie à l’INS la mission technique d’évaluer la performance des CTD. Selon son directeur général, Joseph Tedou, l’Institut devra « identifier les indicateurs de mesure de la performance, collecter les informations qui vont permettre de les élaborer, puis les confronter et les partager avec les différents acteurs sur le terrain », a-t-il déclaré lors de la signature, le 6 janvier 2026.

L’INS précise que l’évaluation reposera sur une approche participative, associant les acteurs locaux, afin de garantir la transparence et l’acceptabilité des résultats. Les données seront collectées directement sur le terrain par les équipes de l’Institut, qui agiront de manière « indépendante et neutre », sur la base d’éléments vérifiables.

Discipline budgétaire et allocation plus fine des ressources locales

Pour le coordonnateur du Prolog, Hervé Jackson Ngwa Edielle, l’enjeu est de s’assurer que « les règles strictes de la statistique soient appliquées de façon à ce que la mesure soit acceptée par les CTD évaluées et que les rapports soient les plus transparents et fiables possibles ». Il précise que ce dispositif doit permettre au Minddevel d’accorder les subventions « en fonction de la capacité réelle des collectivités à absorber les ressources et à fournir des services de qualité aux populations ».

À travers ce mécanisme, l’État camerounais et la Banque mondiale cherchent à renforcer la discipline budgétaire locale et à orienter les ressources publiques vers les collectivités les plus performantes, dans une logique de rendement économique et social mesurable des investissements publics.

Remaniement ministériel : le piège de l’illusion

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La mise en place du nouveau gouvernement, annoncée par le Président Paul Biya le 31 décembre dernier, suffira-t-elle à régler tous les problèmes des Camerounais ? Tout porte à croire que nos compatriotes en sont convaincus, ou du moins qu’ils en nourrissent l’espoir, si l’on en juge par l’engouement de l’opinion pour cet événement qui se fait désirer. La radio nationale, canal traditionnel de publication des remaniements ministériels, bat désormais des records d’audience — des écoutes vaines pour l’instant. Fébrilité, angoisse, excitations : les citoyens traversent toutes sortes d’émotions. C’est la preuve qu’ils attendent énormément de ce mouvement ministériel qu’ils espèrent, en réalité, depuis sept ans. C’est surtout la preuve qu’ils attendent sans doute trop de ce simple changement d’hommes, comme si ce jeu de chaises musicales suffisait à guérir la nation de ses nombreux maux ou à soulager les Camerounais de leurs misères, frustrations et déconvenues quotidiennes.

Au risque de doucher les espérances d’une opinion suspendue à l’attente d’un décret, il est loisible de constater que, jusqu’ici, les remaniements ministériels n’ont que peu changé le cours de notre histoire, d’autant plus que le choix des heureux élus obéit bien plus souvent à la logique politicienne qu’aux exigences de patriotisme et de compétence. Certes, le départ de quelques personnalités qui cristallisent l’acrimonie ou symbolisent l’échec peut apaiser la colère de certains ; de même, l’apparition de nouveaux visages peut créer un émerveillement passager et redonner de l’espoir. Mais il faut reconnaître que les maux profonds de notre pays datent de plusieurs décennies, et qu’aucun remaniement n’y a jusqu’ici rien changé. Il y a longtemps, par exemple, que le Chef de l’État dénonce l’inertie qui plombe la réalisation des projets de développement. Il y a longtemps qu’il pointe du doigt la corruption qui siphonne les maigres ressources publiques tout en enfonçant les classes populaires dans une précarité croissante. Il y a longtemps que le Président dénonce le tribalisme et le népotisme, qu’il prône la paix, ou qu’il fustige l’affairisme et la course à l’enrichissement illicite de l’élite administrative. Force est de reconnaître que des dizaines de remaniements n’ont rien inversé. Au contraire, certains soutiendraient que ces maux se sont aggravés.

 Ce n’est donc pas cet énième remaniement qui accomplira le miracle que plus personne de sensé n’attend. Le peu d’empressement du Chef de l’État à rendre public son « casting » depuis sa prestation de serment le 6 novembre 2025 en est d’ailleurs une preuve supplémentaire. De fait, s’il est utile pour donner un nouveau souffle à la vie nationale et alimenter la chronique, un nouveau gouvernement ne suffit pas à impulser l’élan de mieux-être social, de modernisation et de développement dont rêvent les Camerounais. On pourrait même, au grand regret de tous, se retrouver avec une nouvelle caste d’insatiables, plus occupés — comme nombre de leurs prédécesseurs — à se remplir les poches et à plastronner qu’à servir ce peuple qui crie désormais son ras-le-bol à la moindre occasion.

 Pour faire simple : en plus de changer quelques femmes et hommes, le Chef de l’État, s’il veut enfin donner corps à ses promesses, devra combattre le mal absolu qui freine toute action publique depuis des décennies : la bureaucratie. Cette bureaucratie broussailleuse qui bloque les projets, qui nourrit la corruption et s’en nourrit en retour. Sans une réforme fondamentale de l’État visant à réinstaller la culture du résultat et du service rendu, l’administration restera cet adversaire redouté du citoyen lambda, une administration qui s’est donnée pour mission sacrée de n’apporter que mépris, tracas et brimades à sa population. Et à moins de nommer des martiens, mille nouveaux gouvernements n’y changeront rien.

Assainissement urbain: Genelcam décroche un contrat pour la collecte des déchets à Douala

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Au terme d’un appel d’offres, Genelcam a obtenu un contrat de 954 millions de FCFA pour la gestion d’ordures ménagères dans la ville de Douala. L’information a été publiée par le maire de la ville, Roger Mbassa Ndine, lors de la session ordinaire de la Communauté urbaine de Douala (CUD) consacrée au vote du budget 2026.

 Ce contrat court à partir de janvier 2026. Le périmètre d’intervention affecté à Genelcam est le 4e arrondissement de Douala. Cette entreprise camerounaise spécialisée dans les services d’assainissement, va travailler aux côtés de Hygiène et salubrité du Cameroun (Hysacam), qui s’occupera des autres arrondissements.

 D’après les données de la Communauté Urbaine de Douala (CUD), la capitale économique produit 2 700 tonnes d’ordures ménagères par jour. Seulement environ 70 % de ce volume est collecté par la société Hysacam.  Les 30 % restants mettent toute la ville sous un tas d’immondices.

Pour maintenir l’assainissement, la mairie de la ville a décidé de mettre en place l’année dernière un plan d’urgence impliquant les autres collectivités. Le maire de la ville avait ainsi annoncé la mise à disposition d’une dotation financière pour renforcer les capacités de pré collecte des six communes d’arrondissements. « Les 200 millions sont une première enveloppe. Nous avons signé des ordres de virements au Trésor, et donc les représentants municipaux des mairies recevront cet argent dans les jours qui viennent. Ça fait partie de ces dispositifs d’urgence que nous mettons en place », avait indiqué Roger Mbassa Ndiné.

  Cette fois, le super maire annonce une dotation de 100 millions de FCFA aux communes d’arrondissement. Des fonds qui seront affectés aux associations ou PME pour l’achat du matériel et équipements de pré-collecte des ordures ménagères, jusqu’aux points de collecte.

Electricité : Eneo annonce une plateforme digitale dédiée aux clients en 2026

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Le distributeur d’énergie électrique au Cameroun compte renforcer la digitalisation de ses opérations en faveur de l’expérience client. Cette année, l’entreprise envisage de mettre en place une nouvelle plateforme d’inter action avec ses clients.  « Notre nouveau portail d’information et de services, repensé et orienté vers une amélioration de la relation de nos Clients avec Eneo. Il s’agit de www.eneo.cm dont le lancement sera l’un des moments clés du début de 2026 », indique son Directeur Général Amine Homann Ludiye dans son adresse de vœux  de nouvel an à son personnel.

www.eneo.cm contrairement à l’actuel portail Eneocameroon.cm, la nouvelle plateforme est présentée comme innovante.  A travers un assistant virtuel, elle va permettre de répondre à toutes les problématiques récurrentes rencontrées par les clients.  Qu’il s’agisse des questions liées à la facturation, la gestion des compteurs, les branchements, le fonctionnement de l’interface des compteurs prépayés etc. Ce portail aura la particularité d’apporter une solution personnalisée aux clients avec la possibilité pour ces derniers d’y créer leur espace et ainsi avoir plus d’autonomie et de disposer d’un historique pour plus de traçabilité dans le suivi de leurs dossiers.

 En attendant le lancement de cette plateforme, il faut souligner que plusieurs actions ont été menées ces dernières années par Eneo pour améliorer la qualité du service client. En 2022, l’entreprise a créé des unités dédiées pour s’occuper notamment des clients prepaid dans les différentes régions.  Un dispositif qui est venu s’ajouter aux équipes de l’agence en ligne disponibles pour la même cause. L’année dernière, Eneo a également mis jour la foire aux questions/réponses mise à disposition sur son site web. Ce guide formule des questions et des réponses sur les différentes incompréhensions soulevées par les utilisateurs des compteurs prépayés utilisés au Cameroun depuis 2019.

 En dehors du nouveau portail web attendu, en 2026, Eneo compte aussi renforcer son dispositif de cybersécurité pour prévenir d’éventuelles attaques, après des incidents survenus en 2024 sur son réseau informatique.

Cameroun : le secteur de l’électricité pourrait-il disjoncter ?

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EMMANUEL NOUBISSIE NGANKAM, Analyste Economique Ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale

Le 19 novembre 2025, l’État du Cameroun a procédé à ce qu’il est convenu d’appeler la renationalisation d’ENEO (Energy of Cameroon), en rachetant les 51 % jusque-là détenus par le fonds d’investissement britannique ACTIS. De par cette opération, l’État détient désormais 95 % du capital d’ENEO, qui, faut-il le rappeler, est l’opérateur de référence du secteur de l’électricité au Cameroun, ayant le monopole de la distribution et gérant des unités de production constituées de 44 centrales d’un mix énergétique comprenant l’hydroélectricité, le thermique et le solaire.

Cette renationalisation s’effectue dans un contexte marqué, entre autres, par une crise multidimensionnelle sévère à laquelle le secteur de l’électricité au Cameroun est confronté. Du coup, la question lancinante et de fond est de savoir ce que l’État du Cameroun peut ou va faire pour sauver un secteur névralgique pour la qualité de vie des populations et le développement économique du pays.

En reprenant ENEO, l’État a opéré une intégration verticale d’envergure, concentrant sous sa bannière, à travers quelques-uns de ses démembrements, la production (ENEO), le transport (SONATREL), la distribution (ENEO), la régulation (ARSEL), la gestion des eaux (EDC) et l’électrification rurale (AER). Cette intégration, en elle-même, est une additionnalité des problèmes, chaque entité ayant ses faiblesses longtemps décriées, dont la moindre n’est pas les tares endémiques de la gestion des entreprises publiques.

LE DÉSÉQUILIBRE FINANCIER STRUCTUREL DU SECTEUR, UN FACTEUR DE TENSIONS POUR LES FINANCES PUBLIQUES

Mais au-delà de cette intégration, le problème majeur est celui du déséquilibre financier structurel d’un secteur devenu un risque de pression effective mais aussi parfois caché pour les finances publiques. Si l’État va débourser 78 milliards de F CFA (environ 119 millions d’Euros) pour acquérir les parts d’ACTIS, cette opération s’accompagne de l’héritage de 800 milliards de F CFA (environ 1,220 milliard d’Euros) de dettes dues par ENEO à divers créanciers à la fin de 2024, dont des fournisseurs, des producteurs indépendants d’électricité, des banques, etc.

Le déséquilibre financier du secteur s’illustre notamment par la situation d’ENEO qui, d’après les chiffres du Ministère camerounais de l’énergie, réalise des revenus mensuels d’environ 30 milliards de F CFA (45,7 millions d’Euros) contre des engagements de près de 50 milliards de F CFA (76,2 millions d’Euros). Cette situation est exacerbée par une tarification gelée par le régulateur ARSEL depuis 2012, obligeant le distributeur à facturer le kWh d’électricité en dessous du prix de revient, la différence devant être compensée par l’État. Rien que pour 2025, cette compensation serait comprise entre 70 et 100 milliards de F CFA.

Cette situation financière est d’autant préoccupante que les défauts de paiement d’ENEO et de l’Etat vis-àvis de NHPC créent un risque important sur la capacité du secteur à attirer de futurs investissements. Plus préoccupant encore, la dégradation continue de la situation financière du secteur a conduit à l’utilisation quasi complète de la Lettre de Crédit garantie par la Banque mondiale dans le cadre du projet Nachtigal. Il est impérieux pour le gouvernement de reconstituer les montants tirés sur la Lettre de Crédit qui s’élèvent en novembre 2025 à plus de 85 millions d’euros (56 milliards de FCFA).

 Face à une telle situation, marquée, entre autres, par une crise de trésorerie de l’État et des finances publiques tendues, le régulateur ARSEL pourrait-il résister davantage à une hausse des tarifs ? Quelles en seraient les conséquences sur le plan social et sur la compétitivité des entreprises, alors même que l’épineux problème de la fourniture d’électricité, en quantité comme en qualité, reste prégnant ?

À titre d’illustration, dans son dernier tableau de bord de l’économie publié en novembre 2025, le GECAM (Groupement des Entreprises du Cameroun) révèle que 83,6 % des chefs d’entreprise considèrent l’insuffisance et les perturbations de la distribution de l’énergie électrique comme la principale faiblesse de l’environnement des affaires au Cameroun.

DES INADÉQUATIONS DANS LA PROGRAMMATION ET LA PLANIFICATION DES INVESTISSEMENTS

S’agissant justement de la fourniture d’énergie électrique, l’entrée en pleine activité en mars 2025 de la centrale hydroélectrique de Nachtigal, avec ses 420 MW, devait accroître la capacité installée d’environ 30 %, sonnant ainsi la fin durable des délestages et autres rationnements de la fourniture d’électricité. Si Nachtigal, dans sa conception et son montage en PPP (Partenariat Public-Privé), constitue l’un des meilleurs exemples de ce qui se fait en Afrique dans le secteur de l’énergie, c’est sans compter avec les réalités du contexte camerounais, caractérisé par des choix de programmation et de planification des investissements qui, avec le temps, se sont avérés inadéquats.

En aval de la production d’électricité, le maillon de transport, géré par une entreprise publique, la Société Nationale de Transport de l’Électricité (SONATREL), présente des défis et accumule un déficit d’investissement, ce qui en fait un point de blocage à surveiller. Le réseau n’est pas en mesure de supporter toute l’énergie produite, notamment celle du producteur indépendant NHPC (Nachtigal Hydro Power Company), opérateur du barrage de Nachtigal. Bien plus, le contrat d’achat d’électricité produite par Nachtigal est assorti d’une clause « Capacity Payment », dont le principe, proche de celui du « Take or Pay », consiste à payer le producteur NHPC en fonction de la puissance disponible de la centrale et non de l’énergie produite effectivement.

Cette clause diffère de « Energy payment », qui rémunère l’électricité produite. En d’autres termes, Nachtigal ayant une puissance disponible de 420 MW, cette énergie doit être intégralement payée, même si, en raison des défaillances du réseau de transport et de distribution, le dispatcheur SONATREL exprime des besoins parfois avoisinant 200 MW (seulement). Or, l’un des préalables cardinaux du « Capacity Payment » est la solidité du réseau de transport et de distribution, capable d’absorber toute la puissance installée aux heures de pointe.

Cette clause, qui avait un double objectif de garantir, d’une part, la disponibilité en continu de la puissance installée et, d’autre part, la viabilité financière du système, se trouve au centre d’une controverse que l’État, devenu client de NHPC (du fait de la reprise d’ENEO), devra régler au plus vite. Pour les spécialistes du secteur, sans le mécanisme de « Capacity payment », il aurait été impossible de mobiliser les 800 milliards de F CFA nécessaires au financement de Nachtigal.

Du fait de la reprise d’ENEO par l’État, devenu off-taker (acheteur d’énergie), ce qui aurait dû être une simple caution de garantie devient un engagement décisif et une dépense récurrente insoutenable à long terme, sans réforme en profondeur du secteur. Outre l’exécution des engagements contractuels, l’État devra investir massivement afin de corriger les défaillances du réseau de transport et de distribution, dans un contexte de contraintes budgétaires.

DES RISQUES SUR LE PROJET DE BARRAGE DE KIKOT ET LE COMPACT ÉNERGÉTIQUE DU CAMEROUN

L’exécution intégrale du contrat d’achat d’électricité (PPA – Power Purchase Agreement) est d’autant impérieuse qu’une défaillance aurait des implications sur les autres projets en cours de préparation notamment le barrage de Kikot de 500 MW dont le montage est calqué sur Nachtigal avec pratiquement les mêmes acteurs dont l’énergéticien EDF (Electricité de France) et les mêmes partenaires financiers notamment le Groupe de la Banque mondiale et la Banque Africaine de Développement entre autres.

Mais au-delà de Kikot, une défaillance sur Nachtigal mettrait en péril toute la stratégie du secteur de l’électricité du Cameroun, cristallisée dans le Pacte National pour l’Energie du Cameroun (Compact Energétique), qui comporte un ensemble de réformes visant à soutenir le développement du secteur de l’énergie dans les 5 prochaines années et à fournir un accès à l’électricité à environ 8 millions de camerounais d’ici 2030. Il ambitionne de mobiliser 12,5 milliards de dollars, dont 6,5 milliards provenant du secteur privé. Le Cameroun pourrait, en conséquence, ne pas être éligible aux opportunités de la Mission 300, programme lancé par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) visant à fournir de l’électricité à 300 millions d’africains d’ici 2030.

Autre défi et pas des moindres, comment redéfinir la contribution des centrales thermiques dont le prix du KWh est 3 fois supérieur à celui de l’hydro, dans le mix énergétique notamment la centrale thermique à gaz de Kribi (216 MW) et la centrale à fuel lourd de Douala/dibamba (88 MW) conçus pour produire en base alors que dans le contexte camerounais dominé par l’hydroélectricité, le thermique devrait être un appoint en période de pointe. Faut-il le rappeler, le britannique Globeleq, propriétaire des deux centrales thermiques, est porteur d’une créance de plus de 137 milliards de F CFA auprès d’ENEO et de l’État du Cameroun. Au regard de tous ces défis et bien d’autres, le secteur de l’électricité au Cameroun pourrait disjoncter, entraînant avec lui l’ensemble de l’économie, compte tenu de la place centrale de l’énergie électrique dans la réalisation des ambitions de développement du pays. L’État, redevenu acteur principal du système, est au pied du mur, la souveraineté énergétique n’étant pas un objectif en soi.

Par Emmanuel Noubissie Ngankam Analyste Economique Ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale enoubissie7897@gmail.com

Le Cameroun réduit la redevance forestière annuelle pour encourager l’exploitation durable

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L’annonce figure dans la circulaire relative à l’exécution du budget, signée le 31 décembre 2025 par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé. Le dispositif distingue deux catégories d’opérateurs. Les entreprises titulaires d’un titre d’exploitation bénéficient d’une réduction de 25 %, tandis que celles disposant d’une certification de gestion durable obtiennent un abattement porté à 35 %. Selon le ministère des Finances, l’objectif est d’encourager des pratiques forestières conformes aux standards environnementaux.

Un secteur marqué par des pertes structurelles de recettes

Cette mesure intervient dans un contexte de fortes fragilités fiscales. L’Agence nationale d’investigations financières (ANIF) rappelle, dans un rapport publié en 2021, que l’exploitation forestière et faunique illégale génère un manque à gagner annuel estimé à près de 33 milliards de FCFA pour l’État camerounais. Ce chiffre est mentionné dans une correspondance de mars 2019 du ministre de l’Administration territoriale appelant à des poursuites disciplinaires et pénales.

Cependant, selon plusieurs organisations non gouvernementales, l’exploitation clandestine ne constitue pas la principale source de pertes. Des pratiques opérées par des acteurs légalement installés pèseraient davantage sur les finances publiques, notamment la sous-déclaration des volumes de bois produits et exportés. En minorant les quantités, certains exploitants réduisent artificiellement leur chiffre d’affaires déclaré et, par ricochet, leurs obligations fiscales.

Le cas vietnamien, révélateur des failles

Un rapport conjoint publié en 2020 par l’Environmental Investigation Agency (EIA) et le Centre pour l’environnement et le développement (CED) documente ces mécanismes. Entre 2014 et 2017, les écarts de déclaration sur les exportations de bois camerounais vers le Vietnam auraient entraîné une perte de plus de 170 milliards de FCFA pour le Trésor public.
Le document établit un différentiel de 308 millions de dollars américains entre les montants déclarés par les exportateurs camerounais et ceux enregistrés par les importateurs vietnamiens sur la même période. Il décrit également des transactions financières souvent réalisées en espèces, reposant sur des déclarations erronées, et évoque des pratiques allant de l’évasion fiscale à la violation des règles d’exportation.

Incitation ou renoncement fiscal ?

Pour les analystes budgétaires, la question centrale demeure l’efficacité réelle de l’abattement sur la RFA. Dans un secteur où les pertes documentées dépassent largement 170 milliards de FCFA sur quelques années, la réduction d’un prélèvement direct pose la question d’un possible affaiblissement des recettes publiques. D’autant que les principaux gisements de fraude relèvent moins de l’exploitation « sauvage » que de stratégies de contournement opérées au sein même du secteur formel.

Télécommunications: l’ART renforce son contrôle de la qualité de service téléphonique

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Deux plateformes de contrôle de la qualité de service (Quality of Service – QoS) ont été rétrocédées à l’Agence de régulation des télécommunications (ART). Des dispositifs qui viennent renforcer la supervision des réseaux de communications électroniques au Cameroun.

La cérémonie s’est tenue le mardi 6 janvier 2026 à Yaoundé, sous la présidence de la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, en présence du coordonnateur national du Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun (PATNUC), du représentant de la Banque mondiale, des dirigeants de l’ART et de partenaires institutionnels.

Ces plateformes, financées dans le cadre du PATNUC avec l’appui de la Banque mondiale, ne constituent pas de simples équipements techniques. Elles introduisent une rupture dans le mode de régulation : le contrôle de la qualité des services ne repose plus sur les seules déclarations des opérateurs, mais sur des mesures indépendantes, continues et exploitables juridiquement.

Concrètement, une plateforme QoS est un dispositif qui permet de mesurer, sur le terrain, la performance réelle des réseaux mobiles et fixes. Elle évalue des indicateurs précis tels que la qualité des appels vocaux, la fiabilité de l’envoi des SMS et la stabilité de l’internet mobile, en 2G, 3G et 4G. Ces données sont collectées selon des protocoles standardisés, comparables aux pratiques des régulateurs européens ou asiatiques.

Lors de la cérémonie, le directeur général de l’ART, le Pr Philémon Zoo Zame, a indiqué que ces outils permettront à l’Agence de « mieux suivre la qualité des services offerts aux citoyens camerounais ». Pour les investisseurs et les observateurs internationaux, l’enjeu est clair : une régulation fondée sur des données mesurées réduit l’asymétrie d’information entre régulateur et opérateurs, et renforce la crédibilité des décisions administratives, notamment en matière de sanctions ou d’obligations d’investissement.

Qualité de réseau et compétitivité économique

S’exprimant après la présentation technique des équipements par le coordonnateur national du PATNUC, Dr Fuaye Kenji Winfred Mfuh, la ministre des Postes et Télécommunications a rappelé que la qualité des réseaux est à la fois un droit pour les usagers et un facteur de compétitivité nationale.  

Dans un pays où les télécommunications soutiennent la bancarisation mobile, le commerce électronique, les services publics numériques et les chaînes logistiques, la qualité de service devient une variable macroéconomique. Appels interrompus, connexions instables ou faibles débits ont un coût direct pour les entreprises et un impact indirect sur l’attractivité du territoire.

Une réponse à des dysfonctionnements persistants

Les désagréments signalés par les usagers, aussi bien dans les métropoles de Yaoundé et Douala que dans les régions septentrionales, ne sont pas nouveaux. Depuis 2022, l’ART a engagé une série d’actions structurantes : organisation d’un atelier national sur la qualité des services, obtention d’engagements d’investissement de plus de 150 milliards de FCFA auprès des opérateurs, concertations techniques régulières, inspections des installations de MTN, Orange, Camtel et IHS, et audit du réseau national de fibre optique.

Cependant, jusqu’à récemment, ces actions reposaient en grande partie sur des audits ponctuels et des rapports techniques. Les plateformes QoS introduisent une capacité de suivi continu, essentielle pour objectiver les écarts entre les obligations contractuelles et la réalité du terrain.

Entre avril et juin 2025, sous la supervision directe du directeur général de l’ART, des opérations de contrôle de couverture et de qualité de service ont été menées dans les régions du Centre, du Sud et du Littoral. Les performances voix, SMS et data ont été évaluées le long de plusieurs axes routiers et dans des centres urbains, selon des indicateurs contractuels précis.

Une régulation opposable aux opérateurs

L’apport majeur des plateformes QoS réside dans la capacité de l’ART à rendre ses constats opposables. Les données certifiées permettent d’identifier les zones de sous-performance, de déclencher des mesures correctrices ciblées et, le cas échéant, d’imposer des sanctions ou des obligations d’investissement supplémentaires.

L’ART distingue, dans son analyse, des facteurs endogènes – liés à la gestion interne des réseaux par les opérateurs – et des facteurs exogènes, tels que les coupures de fibre optique, les contraintes d’accès à l’énergie ou les brouillages radioélectriques. Cette approche permet d’attribuer les responsabilités de manière plus précise.

Opérationnel depuis mars 2023, le PATNUC vise à renforcer les infrastructures numériques, promouvoir l’inclusion, moderniser les services publics et stimuler un écosystème innovant. La rétrocession des plateformes QoS en est une traduction concrète. Elle envoie également un signal aux bailleurs et aux investisseurs : le Cameroun s’aligne progressivement sur des standards internationaux de régulation fondée sur la donnée.

Route Ebolowa–Akom II–Kribi : UK Export Finance donne son accord pour le déblocage d’un financement de 130 milliards FCFA

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Cette tranche, d’un montant de 198,82 millions d’euros, soit environ 130,4 milliards de FCFA, représente 95 % du coût total de la route. Elle s’inscrit dans le cadre de la finalisation de l’accord de prêt entre l’État du Cameroun, Standard Chartered Bank UK et UKEF. D’après le Mintp, l’approbation est assortie de conditions classiques liées à la réassurance et aux exigences environnementales et sociales, mais elle permet désormais d’envisager la signature formelle de l’accord et le démarrage des décaissements au premier trimestre 2026.

Les autorités camerounaises indiquent que les prochaines semaines seront consacrées à la finalisation du plan d’actions de réinstallation, au paiement des indemnisations liées aux emprises et à l’achèvement des études géotechniques complémentaires. Le partenaire technique, ICM Construction Ltd, adjudicataire du marché, a déjà lancé les procédures d’importation des principaux équipements, tout en assurant, selon le ministère, l’entretien de l’axe existant pour maintenir la circulation entre Ebolowa, Akom II et Kribi.

Cette nouvelle annonce s’inscrit dans une longue séquence de promesses. Le projet, évalué aujourd’hui à environ 138,2 milliards de FCFA, avait été évoqué dès 2011 lors du Comice agropastoral d’Ebolowa, lorsque le président Paul Biya s’était engagé devant les populations du Sud à faire construire cet axe stratégique reliant l’hinterland forestier au port en eau profonde de Kribi. Plus récemment, dans son discours de fin d’année du 31 décembre 2023, le chef de l’État affirmait que les discussions avec les bailleurs, longtemps bloquées sur les questions environnementales, étaient « en train d’aboutir », promettant un démarrage effectif des travaux.

Un mois plus tard, le 1er février 2024, une réunion à Yaoundé entre le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, et un responsable de Standard Chartered Bank UK confirmait que seuls 5 % du financement avaient alors été mobilisés, soit environ 6,9 milliards de FCFA, principalement destinés aux études environnementales complémentaires. Ces études conditionnaient l’accès au financement principal garanti par UKEF. Les parties s’étaient engagées à accélérer leur achèvement afin de débloquer le reste des fonds.

Rappelons que c’est le 4 août 2023 que le président Paul Biya a autorisé la signature d’un prêt d’environ 130,4 milliards de FCFA avec Standard Chartered Bank Londres pour la construction de la route. Le 22 août, une autorisation supplémentaire portait sur un crédit de 8 milliards de FCFA destiné au plan de gestion environnementale et sociale, portant le coût global du projet à plus de 138 milliards de FCFA.

RDPC: Eyebe Ayissi neutralise Nga Koumda dans sa dissidence

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Dans une correspondance datée du 05 Janvier 2026, Henri Eyebe Ayissi, chef de la délégation permanente départementale du Comité central du Rdpc pour la Lékié instruit Armand Ongolo, président de la section Rdpc Lékié Ouest 2(Evodoula), de saisir le sous-préfet d’Évoudoula, afin de solliciter l’interdiction d’un meeting annoncé par Jean Marie Nga Koumda, le 10 janvier prochain à Nkolassa.

Un meeting présenté comme une rencontre de remerciement aux militants. Une démarche qui suscite incompréhension et vives critiques au sein du parti au pouvoir dans ce département phare de la région du Centre, lesquels y voient une tentative manifeste d’instaurer l’indiscipline et le désordre dans une section réputée pour sa cohésion.

Le patron départemental du parti au pouvoir fonde sa décision sur deux motifs : le défaut de qualité de l’initiateur de la rencontre, qui ne saurait être considéré comme militant actif de la section Rdpc Lékié Ouest, n’y occupant aucune fonction statutaire et n’y étant pas électoralement inscrit ; et les risques avérés de « troubles à l’ordre public et de tensions sociales » que pourrait engendrer une telle réunion organisée en marge des structures « reconnues » du parti. C’est que, Jean Marie Nga Koumda milite désormais dans la section Rdpc de Yaoundé 2, où il occupe le poste de trésorier, précisément dans le comité de base d’Azegue 3. Et le nom de l’ex député de la Lékié figure à l’école catholique Sacré-Cœur de Mokolo où ses camarades du parti l’ont vu voter lors de la dernière élection présidentielle.

Pour Henri Eyebe Ayissi, cette initiative de meeting que projette l’ancien député, constitue une entorse grave à la discipline et au fonctionnement interne du parti, dans un contexte politique local où la préservation de la cohésion militante demeure « une priorité absolue ». L’intervention d’Eyebe Ayissi conforte Armand Ongolo qui a saisi la hiérarchie du parti, face à la détermination de Nga Koumda qui a toujours clamé sa proximité avec Marafa Hamidou Yaya, l’ancien secrétaire général de la présidence de la République, aujourd’hui en prison dans le cadre de l’affaire de l’avion présidentiel, de tenir un meeting dans son fief sociologique dont il s’est pourtant éloigné depuis peu.  Une action préventive visant à éviter toute dérive susceptible de fragiliser l’ordre public et l’unité du parti dans un bastion historiquement acquis au Rdpc.

Henri Eyebe Ayissi entend par ailleurs porter le dossier à un niveau supérieur en saisissant le préfet du département de la Lékié. Question de réaffirmer en interne la primauté de la discipline partisane face aux initiatives individuelles jugées déstabilisatrices. Eyebe Ayissi et Armand Ongolo n’entendent pas transiger avec l’ordre, la stabilité et la cohésion au sein du parti dans leur territoire de commandement.

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