mercredi, mai 20, 2026
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SOCADEL : 100 jours pour tout changer

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C ‘est sous les lambris d’une salle de conférence de Douala, en présence des administrateurs, des directeurs généraux des sociétés du secteur et du personnel de l’ex-ENEO, que s’est jouée, jeudi 8 mai 2026, une scène inédite dans l’histoire énergétique du Cameroun. Monsieur Oumarou Hamandjoda, nouveau Directeur Général, et Monsieur Ekobena Jean Basile, Directeur Général Adjoint de la toute nouvelle Société Camerounaise d’Électricité (SOCADEL), ont officiellement pris les rênes de la structure de distribution, en présence d’Antoine Ntsimi, Président du Conseil d’Administration. Leurs prédécesseurs de l’ex-ENEO, conduits par Amine Hommane Ludiye, leur cédaient symboliquement les clés d’une entreprise en état de tension avancée.

DE LA PRIVATISATION À LA RENATIONALISATION

Pour comprendre la portée de ce moment, il faut revenir en arrière. Depuis la privatisation du secteur de l’électricité au tournant des années 2000, la distribution de l’énergie électrique au Cameroun était assurée par AES Sonel, puis par ENEO — Energy of Cameroon — dont le capital était majoritairement détenu par le fonds d’investissement britannique Actis. Pendant plus d’une décennie, cette configuration a suscité des débats récurrents sur la qualité du service, les tarifs, et la capacité de l’opérateur à répondre aux attentes d’une clientèle croissante dans un pays en développement rapide.

Surtout dans un contexte où des fraudes massives sur les lignes électriques et d’énormes impayés, privaient l’entreprise de ressources pour investir, tout en aggravant son endettement aujourd’hui chiffré à quelques 800 milliards de FCFA. Dans ce contexte de criee, et alors qu’Actis manifestait son intention de partir, le tournant est venu avec une décision du président Paul Biya du rachat par l’État camerounais des actions autrefois détenues par Actis au sein d’ENEO.

La société a été transformée en structure à capitaux publics et a changé de dénomination pour devenir la Société Camerounaise d’Électricité — SOCADEL. C’est le décret du 4 mai 2026 qui a formellement acté cette transformation. Le 5 mai, les nouveaux dirigeants étaient installés dans leurs fonctions à Yaoundé. Le 8 mai, la passation de service sur le terrain, à Douala, marquait leur prise de service effective à la tête de l’entreprise. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, qui conduisait la cérémonie, n’a pas usé de circonlocutions pour décrire l’état du patient.

Dans son discours, il a brossé un tableau sans concession : « Le secteur de l’électricité fait face à un déséquilibre financier structurel, à des tensions de trésorerie persistantes, à une dégradation de la qualité du service et à une perte progressive de confiance des usagers. » Un constat brutal, qui dit à lui seul l’ampleur du travail qui attend les nouveaux dirigeants. Les chiffres et mécanismes évoqués permettent de mesurer concrètement les dégâts. L’accumulation des arriérés de paiement fragilise l’ensemble de la chaîne de valeur : producteurs, transporteurs, distributeurs. Elle réduit la capacité d’investissement, compromet la maintenance des infrastructures existantes et envoie, selon le ministre, un signal négatif aux investisseurs potentiels.

Autrement dit, le secteur souffre d’un cercle vicieux : moins de recettes collectées signifie moins d’entretien, moins d’entretien signifie un service dégradé, et un service dégradé alimente les résistances à payer les factures. À ce tableau financier s’ajoutent des défis techniques bien réels : réseaux vieillissants, transformateurs surchargés, compteurs obsolètes, fraude endémique sur les branchements, délais d’intervention jugés inacceptables par les abonnés. Le ministre a notamment pointé la nécessité de réduire les délais d’intervention pour le remplacement d’un transformateur en panne, qui ne devra plus excéder 72 heures en zone urbaine comme rurale dès la signalement de la panne.

100 JOURS POUR PROUVER

Face à ce diagnostic, le gouvernement a arrêté une feuille de route de restructuration. Les cent premiers jours de la SOCADEL constitueront une phase d’épreuve. Les axes prioritaires sont clairement définis : augmenter les revenus, réduire les charges, améliorer l’efficience. Pour y parvenir, plusieurs leviers ont été identifiés. Le premier est le recouvrement des factures. La position du gouvernement, rappelée avec fermeté par le ministre, est sans ambiguïté : tout le monde doit payer sa facture.

Cela implique un saut qualitatif dans les modalités de recouvrement, une traçabilité en temps réel des flux financiers collectés et une application stricte de la clé de répartition interne des ressources validée par l’État actionnaire. Le deuxième levier est la lutte contre la fraude. Un vaste programme de pose de compteurs intelligents dans les postes MT/BT est envisagé pour mieux gérer les flux et détecter les détournements. Des opérations coup de poing seront intensifiées dans tous les quartiers, de jour comme de nuit. Gaston Eloundou Essomba a même annoncé la mise en place d’une brigade nationale de lutte contre la fraude, dont la vocation sera de traquer les fraudeurs sur l’ensemble du territoire.

En outre, la migration des compteurs post-payés vers des compteurs prépayés sera accélérée, permettant à la SOCADEL de disposer de liquidités en avance et de réduire les impayés structurels. Le troisième axe porte sur la qualité du service : remplacement des supports bois par des supports béton, modernisation du réseau via le smart grid, élagage systématique des couloirs des réseaux, remplacement des transformateurs surchargés et amélioration du service client. S’y ajoute une ambition d’extension de l’accès à l’électricité, par le développement des extensions de réseaux, des mini-grids et de solutions d’énergie décentralisées.

 UN MESSAGE AUX AGENTS : INTÉGRITÉ OU SANCTIONS

 Le discours du ministre a également comporté un volet adressé directement aux quelque plusieurs milliers d’agents de la SOCADEL. Après avoir salué leurs compétences et leur expertise, Gaston Eloundou Essomba a tenu à rappeler les règles du jeu de la nouvelle ère. « On ne peut pas être au service de l’État et travailler contre les intérêts de l’État. Ceux qui, par appât du gain, aident les fraudeurs ou ferment les yeux sur des raccordements illicites trahissent non seulement leur contrat, mais aussi la mission de service public dont ils ont la charge. » Le ton était ferme. La menace, précise : tout agent dont la complicité dans des actes de fraude sera établie fera l’objet de sanctions disciplinaires exemplaires, pouvant aller jusqu’aux poursuites pénales devant les juridictions compétentes. Un message qui tranche avec la culture du laisser-faire qui prévalait, selon plusieurs observateurs, dans certains segments de l’ex-ENEO.

 Dans le même temps, le ministre a voulu rassurer le personnel sur le maintien de leurs acquis sociaux, notamment les salaires et les avantages acquis. Sur la question des 5 % d’actions détenues par le personnel à travers leur groupement d’intérêt commun (GIC), il a précisé qu’une Commission Mixte réunissant le MINEE, le MINFI, le MINTSS, la SOCADEL et le GIC du personnel sera mise en place d’ici juin 2026 pour discuter des modalités de traitement de ces parts — soit leur transfert dans le capital de la nouvelle structure, soit leur rachat par l’État.

En attendant, l’État s’est engagé à porter lui-même ces 5 % au capital de la SOCADEL durant la période transitoire. La cérémonie a aussi été l’occasion de rendre hommage à l’équipe dirigeante sortante d’ENEO. Le ministre a tenu à saluer particulièrement Amine Hommane, dont il a qualifié le passage de « mémorable » pour le secteur, le remerciant au nom du gouvernement pour ses bons et loyaux services rendus à la Nation camerounaise.

DES ATTENTES TRÈS FORTES

En clôturant son allocution, le ministre a livré ce qui ressemble à un programme autant qu’à une promesse : « Les populations, les opérateurs du secteur, les partenaires financiers nous regardent. Tous, attendent de savoir ce qui va se passer au lendemain de cette renationalisation. » Une manière de signifier que le monde entier — ou du moins ses créanciers et bailleurs — a les yeux rivés sur ce chantier. La SOCADEL hérite d’un secteur à reconstruire, d’une clientèle fatiguée de coupures intempestives et d’un personnel en attente de signaux clairs.

 Les cent premiers jours seront le premier verdict. Si les indicateurs se redressent, la renationalisation aura apporté la preuve que l’État peut faire mieux que le privé dans la gestion d’un service public stratégique. Dans le cas contraire, les questions sur la gouvernance et la viabilité financière du modèle reprendront de plus belle — et avec elles, le débat sur la capacité du Cameroun à garantir à ses citoyens une électricité fiable et accessible.

Ndollè City présente sa stratégie de développement à ses partenaires

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Le tourisme mondial se porte bien, et les promoteurs de Ndollè City entendent que le Cameroun en prenne sa part. Devant les partenaires réunis à Yaoundé, Junior Ngosso Abraham, Président Exécutif de World Dream Investment, a d’emblée posé le cadre chiffré. « En 2024, le tourisme et le voyage ont représenté 10 % du produit intérieur brut mondial, soit 11 000 milliards de dollars américains.

Dans ce secteur en progression de 7,5 % par rapport à 2019, avant la pandémie du Covid-19. Cette industrie soutient aujourd’hui plus de 348 millions d’emplois à travers le monde, soit 13,6 millions d’emplois de plus qu’en 2019 », a-t-il rapporté. Et d’ajouter une formule qui a visiblement marqué l’assistance : « 1 dollar sur 10 dépensés dans le monde en 2024 l’a été dans l’industrie touristique. Le tourisme n’est plus uniquement un loisir. Il est devenu une dépense essentielle pour les ménages. »

D’ici 2034, ce secteur devrait représenter 11,4 % du PIB mondial. C’est sur cette trajectoire que le projet Ndollè City prétend positionner le Cameroun.

Un projet adossé à la SND30

La Journée des partenaires, présidée par Mfouapon Alassa, Conseiller technique numéro 1 au ministère du Tourisme et des Loisirs, a réuni investisseurs internationaux, chefs d’entreprises, bailleurs de fonds et médias. La rencontre a permis aux promoteurs de rappeler l’ancrage institutionnel du projet. Ndollè City figure dans la SND30, et le Premier ministre a donné sa caution formelle à cette vision.

L’objectif assigné au ministère du Tourisme est d’atteindre 3,5 millions de touristes par an, avant de porter la destination Cameroun à 8 millions de visiteurs internationaux d’ici 2028. Les promoteurs s’appuient pour cela sur des accords noués depuis plus d’une décennie avec l’Organisation mondiale du tourisme et plusieurs tour-opérateurs, dont un accord de principe pour promouvoir 5 millions de touristes par an vers le Cameroun.

Quatre arguments pour justifier le pari

Pourquoi Ndollè City est-elle devenue stratégique ? Junior Ngosso Abraham a structuré sa réponse en quatre points. L’alignement macroéconomique, d’abord. « En misant sur le programme d’investissement World Dream, sur le projet Ndollè City et sur les projets intégrés, son excellence Monsieur Paul Biya et le chef du gouvernement ont anticipé cette vague de croissance. Ils ont ainsi positionné le Cameroun sur les rails d’un avenir prospère », a-t-il soutenu.

Le potentiel d’emplois, ensuite. Les infrastructures prévues à Sikoum Dibamba devraient générer 2 350 000 emplois directs et indirects. « C’est un héritage que nous laisserons à nos enfants et aux enfants de nos enfants », a affirmé Junior Abraham. L’accélération de la SND30, troisième argument, s’inspire du modèle indien, qui a entrepris de doubler la part du tourisme dans son PIB de 5,22 % à 10 % en dix ans. Enfin, l’impact financier. Le modèle économique du projet repose sur un droit de tirage privilégié estimé à 10,7 milliards de dollars par an, soit 6 500 milliards FCFA.

Un hub sectoriel, pas seulement touristique

Ndollè City se présente comme bien plus qu’une destination de vacances. Transports, agro-industrie, énergie, banque, assurance, télécommunications, formation et services numériques font partie des secteurs ciblés.

PME camerounaises, entreprises sous-régionales et multinationales sont toutes appelées à y trouver des contrats via des mécanismes de partenariat public-privé. « Ndollè City donne au Cameroun un actif intergénérationnel qui va générer des devises, des emplois et des compétences bien au-delà de 2035 », a conclu Junior Ngosso Abraham, avant de lancer à l’assistance : « L’histoire économique du Cameroun continue de s’écrire aujourd’hui et elle s’écrit avec moi. »

AFROKRÉMA FASHION LAB : une Afrique qui tresse son futur au présent

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Au carrefour de la tradition séculaire et de l’innovation moderne, le « Afrokréma Fashion Lab » redéfinit les codes de l’image de mode au Cameroun. Plus qu’un simple laboratoire esthétique, cette initiative transforme l’héritage capillaire en un levier d’auto-emploi pour une jeunesse créative en quête d’autonomie. Entre transmission culturelle et ambition panafricaine, récit d’une révolution qui s’apprête désormais à conquérir l’Afrique.

Loin d’être une simple affaire de coquetterie ou de mode éphémère, Afrokréma considère le cheveu crépu comme un véritable parchemin. Au Cameroun, chaque tresse, chaque volume, chaque ornement raconte une appartenance, un statut, une victoire. Le Lab ne se contente pas de former des techniciens ; il forge des gardiens de l’image. Ici, le patrimoine n’est pas un musée poussiéreux, c’est une matière vivante, une source d’innovation inépuisable.

« Il ne s’agit pas seulement de sublimer la beauté ; il s’agit de réclamer notre identité visuelle. Nous utilisons nos racines construire l’Afrique de demain. » au sens propre comme au figuré pour

L’Élan de l’Auto-emploi

L’originalité d’Afrokréma réside dans son approche globale. En brisant la fragmentation des métiers de l’image (coiffure, maquillage, stylisme, direction artistique), le projet offre aux jeunes créateurs une vision transversale. C’est un véritable incubateur de talents où l’on apprend à se prendre en charge.

Dans un contexte économique où l’innovation est une nécessité, Afrokréma insuffle un élan d’auto-emploi. Le Lab transforme la passion artistique en une expertise compétitive,permettant à une jeunesse audacieuse de ne plus attendre des opportunités, mais de les créer. C’est l’Afrique qui entreprend, qui s’assume et qui exporte son génie créatif.

Horizon Tchad

L’ambition d’Afrokréma ne connaît pas de frontières. Cette initiative salutaire s’apprête à traverser le Logone pour s’étendre au Tchad. L’objectif est clair créer des ponts culturels et entrepreneuriaux entre les jeunesses du bassin du lac Tchad, unissant les patrimoines pour une Afrique de l’innovation.

Une Jeunesse qui Sculpte son Destin

Le regard tourné vers l’avenir, Afrokréma Fashion Lab prouve que la tradition est le meilleur engrais de la modernité. En apprenant aux jeunes à maîtriser leur propre récit visuel, le Lab assure que l’héritage culturel camerounais et africain continuera de briller à travers les écrans, les magazines et les podiums du monde entier.

Ce n’est plus seulement de la mode. C’est une affirmation de soi. C’est la démonstration éclatante qu’une jeunesse formée, consciente de ses racines et outillée techniquement, est le moteur le plus puissant d’une Afrique souveraine et rayonnante.

L’Excellence Académique au Service de l’Émancipation Créative Africaine

L’Afrokréma Fashion Lab s’impose aujourd’hui comme le maillon essentiel entre l’héritage ancestral et les exigences du marché global, en se positionnant comme un partenaire stratégique des instituts de formation et des universités du Cameroun et d’Afrique. En intégrant les métiers de l’image (coiffure patrimoniale, direction artistique, stylisme) dans un cadre pédagogique rigoureux, le Lab transforme des savoir-faire souvent informels en une expertise académique et technique de haut niveau.

Pour l’étudiant camerounais ou tchadien, cette structure ne propose pas seulement un apprentissage technique, mais une véritable immersion dans l’économie de la culture où l’innovation devient un levier d’auto-emploi. En collaborant avec le milieu universitaire, Afrokréma crédibilise les industries créatives, prouvant à une jeunesse ambitieuse que la maîtrise de notre identité visuelle est un actif stratégique capable de générer de la richesse et de la souveraineté économique. C’est cette alliance entre rigueur académique et génie créatif qui fait du Lab le moteur d’une Afrique qui ne se contente plus de consommer la mode, mais qui l’enseigne, la structure et l’exporte.



Armée : le général Philippe Mpay est mort

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Le général Phillipe Mpay n’est plus. Agé de 87 ans, le Commandant des écoles et centres d’instructions interarmées (Comeciia) s’est éteint aux premières heures de ce 9 mai 2026, des suites de maladie, apprend-on. C’est donc un des hommes clés du système sécuritaire de l’Etat. Mais le nom de cet oficier supérieur de l’armée rime dabvanatge avec une réputation pour le moins triste, du fait de son passage à la tête du Commandement opérationnel (CO).

Le Commandement opérationnel avait été mis sur pied le 20 février 2000 par le président de la République, en vue de lutter contre le grand banditisme dans la région du Littoral en général, et la ville de Douala en particulier. Il avait la particularité de regrouper en son sein à la fois des gendarmes et des militaires. Alors que sa création suscitait de grands espoirs dans une ville en proie à une insécurité rampante, cette unité spéciale de sécurité a vite viré à des exécutions extrajudiciaires. Et moins d’un an après, ses exactions atteignent une côte alarmante.

Les 9 de Bépanda

En effet, en janvier 2001, le Commandement opérationnel dont les actions étaient déjà décriées tant par les organisations de défense des droits de l’homme telles qu’Amnesty international, que par l’opposition camerounaise, est secoué par la « disparition » de neuf jeunes gens au quartier Bepanda. Accusés de vol d’une bouteille de gaz par une voisine, ces jeunes de ce quartier populaire seront interpellés, pour ne plus jamais réapparaître. Des sources concordantes à l’époque des faits disent que ces neuf ont été exécutés pour nombre de personnes tombés dans les filets de cet organe. Les mêmes sources attribuaient à la dame à l’origine de leur arrestation, des relations avec un haut placé dans la gendarmerie.

Anicet Ekane

C’était le début de la fin du Commandement opérationnel. Face à la montée en puissance des critiques. Parmi les contestataires les plus virulents, Anicet Ekane. Alors que Me Jean de Dieu Momo assurait la défense de ces derniers devant les tribunaux de Douala, le président du Manidem organisera chaque mois de janvier une cérémonie en mémoire des martyrs du Commandement opérationnel, s’attaquant particulièrement au commandant du CO. L’homme aura très souvent maille à partir avec les forces de l’ordre dans son engagement en vue du rétablissement de la vérité sur ces neuf jeunes gens. Les enquêtes n’en livreront aucun secret officiel. Mais le CO finira par mourir sans avoir rempli sa mission, emporté par l’« affaire des 9 de Bépanda ».

Le hasard veut que l’ancien patron du tristement célèbre Commandement opérationnel décède le jour même de l’inhumation d’Anicet Ekane. Les deux se sont livrés à un combat de rude épreuve à distance, des années durant.

Obsèques d’Anicet Ekane : La désacralisation de l’image du martyr en marche

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Anicet George Ekane sera inhumé ce 09 mai 2026 dans son village Bomono, dans le département du Moungo. Lundi 4 mai dernier, Muna Ekane, le fils du défunt à qui la justice a confié l’organisation des obsèques, a entretenu la presse sur le sujet. Réitérant le lieu des obsèques. Dès mercredi soir, les condoléances sont reçues à la Salle des fêtes d’Akwa à Douala. Le lendemain, était prévu un hommage politique. Ce vendredi, une soirée culturelle est prévue à Bomono Gare. Demain samedi, est prévue la mise en bière à l’hôpital Laquintinie, suive d’une procession dans les rues de Douala. La boucle sera bouclée par l’inhumation à Bomono Gare.

Appel à la cohésion

A l’occasion de son échange avec la presse, le Dr Muna Ekane a exhorté les uns et les autres à dépasser les divergences pour honorer dignement la mémoire du disparu. Un message qui résonne comme une invitation à la cohésion, dans un contexte politique souvent marqué par les divisions. Un appel qui n’a pas trouvé d’écho favorable auprès de nombre de personnes physiques et morales initialement concernées par ce dernier hommage au président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem). Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), parti de Maurice Kamto, qui avait sollicité les services du Manidem pour s’engager dans la présidentielle 2025 (pour être recalé par Elecam et le Conseil constitutionnel, au motif que Dieudonné Yebga, ancien président du parti, s’était lui aussi déposé sa candidature pour le compte du même parti, Ndlr) avait d’ores et déjà annoncé qu’il ne participera pas à ces obsèques organisées par Muna Ekane. De son côté, Simone Marianne Ekane, la sœur cadette d’Anicet Ekane, a indiqué qu’une partie de la fratrie, ainsi que la dernière veuve de l’homme, ne seront pas de la partie. Le Manidem a lui aussi pris ses distances.

Dernières volontés

Autant qu’un bon nombre de personnes qui voient d’un mauvais œil le refus par Muna Ekane de respecter la dernière volonté de son père : celle d’être inhumé près d’Ernest Ouandié au cimetière protestant de Bafoussam dans la région de l’Ouest. Et que ses obsèques soient dirigées par le Manidem, notamment le trio « Dongmo, Jean Baptiste Ketchateng et la trésorière ».

Depuis, le débat enfle sur cette attitude des contestataires au choix de l’organisateur en chef des obsèques. Mais le chien aboie, la caravane passe. Arrêté le 24 octobre 2025 à Douala dans le cadre de la crise post-électorale, Anicet Georges Ekane et Djeukam Tchameni, ont été placés en détention dans des cellules du secrétariat d’Etat à la défense (la gendarmerie nationale) à Yaoundé. Privé de son assistant respiratoire, le président du Manidem décèdera le 1er décembre 2025 dans des circonstances troubles. Le corps d’abord confisqué par la justice, a finalement été remis à la famille qui l’a conservé à la morgue de l’hôpital Laquintinie de Douala. Puis s‘est déclenché la polémique sur le respect des dernières volontés de l’homme. L’Etat dont l’on avait déjà vu l’ombre d’un des acteurs clé à l’aéroport international de Douala à l’arrivée de la dépouille, notamment le ministre Grégoire Owona, secrétaire général adjoint du Rdpc, parti au pouvoir, a forcé une place dans l’affaire.

15 janvier 1971

Finalement la justice saisie au sujet de l’organisation des obsèques de celui qui aura été moulé dans l’esprit upéciste, depuis le 15 janvier 1971 lorsqu’élève, il a vécu en direct l’assassinat d’Ernest Ouandié à Bafoussam. L’homme en qui cet esprit combattant et libérateur a muri au gré des évolutions de l’histoire politique du Cameroun, en est devenu un des fervents chantres. Au risque de sa propre liberté. Lui qui, après avoir entretenu la flamme de l’Union des populations du Cameroun (Upc) dans la clandestinité avec beaucoup d’autres militants et partisans, est passé par la case prison. Et a finalement opté pour le Manidem dont les partisans considèrent comme la version authentique d’une Upc morcelée par des guerres intestines.

L’un des actes forts posés par Anicet Ekane au soir de sa vie, aura été d’investir Maurice Kamto dans une élection présidentielle où le président du Mrc était malmené par le pouvoir de Yaoundé. Une investiture « gratuite » selon des sources concordantes, au moment où nombre de partis détenteurs d’élus, monnayaient à coûts de dizains, voire des centaines de millions, ce « yango », pour accorder le privilège aux intéressés, d’être candidats. Et l’homme qui considérait cette élection comme l’ultime chance de renverser le régime quarantenaire de Yaoundé, au nom de l’Union pour le changement (Upc) qui avait porté avec succès la candidature de Ni John Fru Ndi en 1992, jettera son dévolu sur Issa Tchiroma une fois le dossier de Maurice Kamto rejeté. Avec la suite que l’on sait.

C’est dans cet esprit upéciste qu’Anicet Ekane n’a pas voulu restreindre ses obsèques à sa seule famille nucléaire ou biologique, mais que ses restes soient un héritage national. Mais cette dernière volonté s’est butée à une opposition interne dans sa propre famille à qui il avait concédé « un rôle secondaire » lors de ces obsèques. Nombre de ses camarades politiques et admirateurs refusent que les rôles changent, et surtout que l’homme ne soit pas inhumé près de son inspirateur politique. Muna Ekane tient le bon bout dans cette posture de défiance à la mémoire de son père.

Mémoire bafouée

Jean Baptiste Ketchateng, lui, n’a pas attendu ce moment avant de jeter l’éponge, mieux, de quitter le parti. L’homme a pris la tangente une fois que la justice a accordé à Muna Ekane la direction de cet événement, en écartant la veuve ; et que « l’heureux élu » avait opté pour un enterrement à Bomono plutôt qu’à Bafoussam. Muna Ekane n’aura à ses côtés que les partisans d’Issa Tchiroma. L’opposant en exil a appelé à une mobilisation à l’occasion de ces obsèques. Le même fils qui le 2 décembre dernier, faisait allégeance à la mémoire de son père : « après consultation de l’épouse de notre père, de ses ex compagnes, de ses compagnons de lutte et membres de sa famille politiques, nous sommes arrivés aux conclusions suivantes, sur les volontés de notre père concernant ses obsèques : notre père a souhaité qu’elles se fassent sous la direction du Manidem ; il a régulièrement émis le souhait d’être enterré à Bafoussam, près de Ernest Ouandié (Sic)», écrivait-il dans un courrier adressé au vice-président du Manidem, pour le compte de la fratrie dont il est l’aîné. Pour autant, « nous souhaitons que ces obsèques s’organisent en bonne intelligence avec la famille biologique». L’homme proposait alors la date du 15 janvier pour ce dernier hommage ; date qui coïncide avec l’assassinat de l’ancien président de l’UPC tombé sous les balles du régime de Yaoundé dans la ville de Bafoussam, sous les yeux d’Anicet Ekane. Ce qui provoquera un choc intérieur au jeune élève, et fera germer la graine de la lutte politique pour la libération totale de son pays.

Undp : Maïdadi Saïdou Yaya est mort

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L’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) est en deuil. Maïdadi Saïdou Yaya, son secrétaire à la communication, s’est éteint cette nuit du 7 mai 2026, des suites de maladie. C’est un poids lourd de la scène politique nationale qui s’en va. Outre l’Undp, l’homme a fait ses classes dans les rangs du Social democratic front (SDF) du temps de Ni John Fru Ndi, et de l’Alliance des forces progressistes (AFP) de Bernard Muna, parti né des divisions internes au SDF.

Malgré son vieil âge, Maïdadi Saïdou Yaya faisait partie des progressistes d’une Undp en perte de poids mais dont la jeune garde tenait à relever le défi d’une renaissance au lendemain de la dernière élection présidentielle qui a vu Bello Bouba Maïgari son président, mordre la poussière derrière Paul Biya et surtout Issa Tchiroma Bakary.

Depuis 2011, le parti bouillonne de l’intérieur, mais peine à changer de cap, affaibli par une alliance gouvernementale  »qui ne nous a rien rapporté, si ce n’est à Bello Bouba’‘, fulminait un cadre du parti, au lendemain de cette élection présidentielle qui, aux yeux de certains observateurs, était à la portée de Bello Bouba. Sauf que l’homme n’a pas pu satisfaire les attentes et espoirs d’un peuple qui a soif de changement. Dans ce contexte, Maïdadi Saïdou Yaya, en restant un proche et soutien de Bello Bouba, admettait que l’avenir est à reconstruire. Et se risquait à un exercice de proposition d’astuces pour le changement en interne. L’Undp fera sa mue sans ce vieux routier dont il avait besoin.

Loum: une pige de quelques heures en  »prison » pour le maire

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Guy Mesmin Wabo revient de loin. Le maire de la commune de Loum dans le département du Moungo, région de l’Ouest, a passé quelques heures dans une cellule du commissariat de sécurité publique de sa ville, suite à une interpellation instruite par le préfet du Moungo et exécutée par le commissaire de la sécurité publique locale. Rien ne filtre pour le moment sur les motifs de l’interpellation du premier magistrat municipal de cette ville réputée fidèle au Social democratic front (SDF) . Dans le communiqué commis par le , parti du maire Wabo, si cet aspect est également ignoré, il est indiqué que  »Monsieur Guy Mesmin Wabo… a été interpellé tel un bandit de grand chemin, aux environs de 16 Heures 30 minutes ce Jeudi 07 mai 2026, par le commissaire de Sécurité publique de la ville de Loum, assisté des éléments de son unité de police, agissant a-t-il déclaré, sur ordre de Monsieur le préfet du département du Moungo, après avoir été contraint de descendre de son véhicule personnel. » Soulignant que le maire a été  » transporté sur une moto (taxi) surchargé par un policier’‘.

Une situation qui a créé des tensions dans la ville. L’on apprend que le commissariat commençait à être assiégé par les populations et les militants du SDF qui entendaient obtenir la libération de son maire. Ce que le  »bourreau » du maire n’entendait pas exécuter.  »Après près de quatre (04) heures de séjour dans cette unité de police, à la sécurité renforcée pour la circonstance par les éléments de la Brigade de Gendarmerie de Loum, le maire Guy Mesmin Wabo sera remis en liberté sans aucune audition ni aucune information sur les mobiles de son interpellation’‘, rapporte le communiqué du SDF signé de Moïse Raymond Ngan, le ministre du Shadow cabinet du SDF, en charge de l’information et des médias.

Le parti de la Balance  »dénonce et condamne et avec force cette énième forfaiture et cette interpellation barbare d’un élu, maire dans sa commune, actes constitutifs de violation grave des droits de l’homme et d’atteinte aux libertés individuelles, d’abus de fonction et d’abus d’autorité ». Pour le SDF, cet acte  »porte gravement atteinte à l’Etat de droit que ne cessent de vanter les pouvoirs publics ».

L’on apprend que le commissaire n’a consenti à libérer sa victime que par contrainte de Yaoundé. Tant Paul Atanga Nji le ministre de l’Administration territoriale que Martin Mbarga Nguele le Délégué général à la sûreté nationale (Dgsn), ont dû s’y engager directement pour obtenir l’élargissement de Guy Mesmin Wabo. Le SDF  »réclame des sanctions exemplaires pour ces fonctionnaires coupables de traffic d’influence, fait constitutif de délit et réprimé par la loi ».

Le Centre international de l’artisanat de Yaoundé acte sa remise en ordre

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« Les gens viennent ici, ne paient pas les loyers, n’exercent pas les métiers qui leur sont attribués et ne veulent pas intégrer les différentes filières. Nous demandons donc à tous ces occupants de se mettre au pas, parce que nous n’allons plus tolérer des écarts de comportement qui nuisent au fonctionnement du centre. », a déclaré Naseri Paul Bea, gouverneur de la région du Centre. C’était à l’occasion de la 5e session du Comité de gestion du Centre international de l’artisanat de Yaoundé (CIAY), tenue le 6 mai 2026 dans la capitale. Le message est adressé aux artisans, locataires indisciplinés qui s’accumulent depuis plusieurs années dans ce site inauguré en avril 2016 et rattaché au ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat.

Un centre réhabilité à prix fort

Le CIAY n’est pas un site ordinaire. Créé par décret en janvier 2013, inauguré en 2016, il est conçu comme le centre pilote de l’artisanat camerounais. Sa localisation à Yaoundé, capitale politique et diplomatique du pays, lui vaut sa dénomination internationale. Ses missions couvrent l’encadrement des artisans, le développement de la production et de la transformation artisanale, la promotion de l’artisanat national et international, et la dynamisation économique et touristique du secteur.

Mais le site a traversé des épisodes difficiles. Un incendie, des occupations anarchiques, des loyers impayés qui s’accumulent. La réhabilitation du centre a mobilisé des fonds publics considérables. Le gouverneur n’a pas mâché ses mots sur ce point. « Depuis l’incendie et tous les désordres constatés, nous ne voulons plus revivre cela, parce que cela a coûté beaucoup d’argent aux contribuables camerounais. Cela a coûté énormément d’argent au Cameroun. »

Des mises en demeure déjà expirées

Les autorités ont déjà tenté la voie de l’avertissement. Des mises en demeure ont été adressées aux occupants défaillants, assorties d’un délai butoir fixé au 31 mai 2026. Ce délai est désormais dépassé. Naseri Paul Bea a été explicite sur les conséquences. « Ils ont reçu un délai. Des mises en demeure leur ont été adressées et ce délai a déjà expiré. Nous ne pouvons pas délivrer une nouvelle mise en demeure après une première déjà arrivée à échéance. »

Les exigences posées aux occupants sont précises. Ils doivent signer les conventions, occuper les espaces dédiés dans les filières qui leur sont assignées, libérer les espaces qu’ils ont aménagés sans affectation officielle, et intégrer notamment les filières que beaucoup rechignent à rejoindre.

65 millions FCFA d’objectif de recettes

Sur le plan financier, la coordonnatrice du CIAY, Denise Pascale Abinamba Oloko, a présenté les ambitions de l’établissement pour 2026. Le centre s’est fixé un objectif de recettes non fiscales de 65 millions de FCFA, en hausse par rapport à l’objectif de 50 millions recommandé par le ministère des Finances. La hausse repose sur plusieurs leviers concrets.

Le prix du mètre carré a été réévalué à 5 000 FCFA par mois, revenant au niveau d’avant la pandémie de Covid-19. « Le mètre carré était déjà à 5 000 FCFA. Avec la Covid, on a fait un rabais à 3 500 FCFA, mais comme il y a eu des embellies, nous sommes passés donc à 5 000 FCFA le mètre carré le mois », a expliqué la coordonnatrice. La maîtrise de la cartographie des espaces locatifs et du fichier des locataires constitue l’autre pilier de cette révision à la hausse.

Denise Pascale Abinamba Oloko a toutefois reconnu les limites de l’exercice. « On aurait pu faire mieux, c’est un objectif d’ailleurs pas très à la hauteur de ce que nous avons sur le terrain, mais nous restons mesurés et nous pensons qu’en faisant une pondération, même s’il y avait quelques personnes qui ne payaient pas le loyer, comme c’est le cas, nous arriverons à atteindre nos objectifs. »

Une culture du non-paiement bien ancrée

La coordonnatrice a également posé un diagnostic sans détour sur les habitudes qui freinent le recouvrement. « Les locataires, pour la plupart, au-delà des difficultés que certains peuvent rencontrer, ils sont habitués à ne pas payer le loyer. » Depuis deux ans, la stratégie repose d’abord sur la sensibilisation, la réorganisation des espaces et la constitution d’un fichier fiable. Mais la coordonnatrice admet que le volet coercitif tarde à suivre. « Le côté coercitif parfois ne suit pas. Nous sommes dans une nouvelle dynamique aujourd’hui, les recettes non fiscales comptent dans l’apport de cette préparation du budget. »

Un actif sous-exploité qui attire pourtant

Les chiffres de fréquentation du CIAY racontent une autre histoire, celle d’un site qui attire. Le centre a enregistré 57 325 visiteurs en 2024, puis 71 505 en 2025, soit une progression notable en un an. En rythme journalier, entre 180 et 220 visiteurs nationaux et entre 15 et 25 visiteurs étrangers franchissent les portes du centre. Le potentiel commercial est réel. Les gestionnaires le reconnaissent eux-mêmes en qualifiant le CIAY d’actif économique sous-exploité. C’est précisément ce décalage entre le potentiel affiché et la réalité du désordre intérieur que les autorités entendent désormais corriger, sans délai supplémentaire.

Le Cameroun emprunte plus de 53 milliards FCFA pour l’eau potable, les déchets hospitaliers, la pêche et l’élevage

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Plusieurs projets implémentés au Cameroun vont donc bientôt bénéficier des financements supplémentaires. Le président de la République a en effet habilité, le 4 mai dernier, le ministre l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire à signer avec différents partenaires, des accords de prêt d’un montant de plus de 53 milliards de FCFA pour financer divers projets à travers le territoire national.

Ainsi, le Minepat est habilité, avec faculté de délégation, à signer avec la Belfius Banque Belgique, un accord de prêt sous forme de crédit-acheteur, d’un montant de 13,23 millions d’euros, soit environ 8,678 milliards de FCFA, pour l’achèvement du Projet d’alimentation en eau potable du port de Kribi. Aussi, le Minepat devrait signer avec Unicredit Bank Austria AG, un accord de prêt d’un montant de 10 millions d’Euros, soit environ 6,559 milliards FCFA, avec la garantie d’Oesterreichische Kon trollbank (OeKB), pour le financement du projet de construction d’un Centre de formation aux métiers à Ntui, dans la région du Centre.

Egalement, un accord de prêt, sous forme de crédit acheteur, sera signer avec Unicredit Bank Austria, d’un montant de 6 millions d’euros, soit environ 3,935 milliards FCFA, pour le financement complémentaire du projet de gestion des déchets hospitaliers dangereux au Cameroun. D’autres décrets du président de la République habilitent le Minepat, à signer, avec la Deutsche Bank d’Espagne, une combinaison de prêts sous forme, respectivement, de crédit acheteur d’un montant de 9 497 524,02 euros, soit environ 6,2 milliards de francs CFA, et de crédit commercial d’un montant de 1 204 036,63 euros, soit environ 787,7 millions de francs CFA, pour la réalisation du Projet d’acquisition de deux bateaux de pêche et de réaménagement des installations du débarcadère de Youpwe à Douala, dans la région du Littoral.

 Toujours avec la Deutsche Bank d’Espagne, le Minepat est habilité à signer une combinaison de prêts sous forme, respectivement, de crédit acheteur d’un montant de 7 814 399,05 euros, soit environ 5,126 milliards de francs CFA, et de crédit commercial d’un montant de 845 373,91 euros, soit environ 554,565 millions de FCFA, pour la réalisation du Projet de construction, d’équipement et de mise en service de trois fermes porcines à Kouden, Bali et Kaélé.

PLUS DE 10,4 MILLIARDS FCFA POUR CONSTRUIRE UN ABATTOIR INDUSTRIEL À MAROUA

Parmi les décrets signés le 4 mai dernier, il y a aussi celui habilitant le Minepat à signer, avec la Deutsche Bank d’Espagne, une combinaison de prêts sous forme, respectivement, de crédit acheteur d’un montant de 15 398 434,96 euros, soit environ 10,101 milliards de FCFA, et de crédit commercial d’un montant de 569 498,93 euros, soit environ 373,567 millions de FCFA, pour la réalisation du Projet de construction d’un abattoir industriel à Maroua.

Toujours avec la Deutsche Bank d’Espagne, le Minepat va signer une combinaison de prêts sous forme, respectivement, de crédit acheteur d’un montant de 16 087 842,26 euros, soit environ 10,553 milliards FCFA, et de crédit commercial d’un montant de 624 743,23 euros, soit environ 409,805 millions FCFA, pour la réalisation du Projet de construction, d’équipement et de mise en service d’un Centre de production de semence bovine à Ngaoundéré, avec trois centres relais à Lougguéré, Dogba et Jakiri. Des accords de financement ratifiés Des décrets présidentiels signés le 4 mai dernier, certains ratifient des accords de financement.

 C’est qu’est ratifié l’accord de financement de vente à tempérament d’un montant de 18,4 millions d’Euros, soit environ 12,05 milliards FCFA, conclu le 09 novembre 2025 entre la République du Cameroun et la Banque islamique de Développement (BID), pour le financement du Projet d’Appui à l’Education de Base au Cameroun (PAEBC).

Tout comme est également ratifié l’accord de prêt Banque islamique de développement (BID)/Fonds de solidarité islamique pour le développement (FSID) d’un montant de 7,4 millions de Dinars islamiques, équivalant approximativement å 9,2 millions d’Euros pour les ressources de la BID, et 9,2 millions d’Euros pour les ressources du FSID, conclu le 09 novembre 2025 entre la République du Cameroun et la BID, pour le financement du Projet d’appui à l’éducation de base au Cameroun (PAEBC).

Y’ello Press Awards : un prix pour promouvoir le journalisme de qualité

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C’est dans la salle de conférence du ministère de la Communication que la cérémonie s’est tenue, en présence du ministre René Emmanuel Sadi, du directeur général de MTN Cameroon Wanda Matandela, du vice-président de la Fédération des Éditeurs de Presse du Cameroun (FEDIPRESSE) et d’un parterre de professionnels des médias.

 La date n’a rien d’anodin : lancés à quarante-huit heures du 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse, les Y’ello Press Awards s’inscrivent délibérément dans un calendrier symbolique fort.

DEUXIÈME VOLET D’UN PARTENARIAT STRUCTURÉ

Les Y’ello Press Awards ne surgissent pas de nulle part. Ils constituent le deuxième acte d’un partenariat formalisé il y a deux ans entre MTN Cameroon et la FEDIPRESSE, sous l’égide du ministère de la Communication. Le premier volet avait pris la forme du Y’ello Kiosk, plateforme numérique de vente de journaux en ligne lancée en juillet 2025 à l’hôtel Hilton de Yaoundé, qui permet aux éditeurs d’atteindre de nouveaux lectorats au Cameroun comme à l’étranger, à toute heure. Ce partenariat repose sur trois axes : la vente des journaux en ligne, le renforcement des capacités des journalistes, et la promotion de l’excellence dans la pratique du métier.

Les Y’ello Press Awards incarnent ce troisième pilier. Ils s’ajouteront prochainement à un troisième dispositif : le MTN Pan-African Media Innovation Programme, initiative du groupe MTN à l’échelle continentale, qui offrira chaque année des bourses de formation de douze semaines en Afrique du Sud à des journalistes sélectionnés. Cette année, cinq Camerounais rejoindront des confrères venus du Nigéria, du Ghana, de la Côte d’Ivoire et d’autres pays africains.

UN DIAGNOSTIC SÉVÈRE SUR L’ÉTAT DE LA PRESSE

Derrière la célébration, les discours prononcés lors de la cérémonie ont dressé un état des lieux sans complaisance. Jean Melvin Akam, General Manager Regulatory and Corporate Affairs de MTN Cameroon, a rappelé le rôle historique de la presse écrite camerounaise dans le processus de démocratisation du pays, depuis l’avènement du multipartisme au début des années 1990. « Du Patriote au Messager, en passant par Cameroon Tribune ou La Nouvelle Expression », la presse était alors, dit-il, « puissante et influente dans toute sa diversité ». Mais elle n’a pas su négocier le virage de la libéralisation du secteur audiovisuel, puis celui du tout-numérique, qui a déplacé les lecteurs « des kiosques où ils étaient hier, vers les réseaux sociaux où ils sont aujourd’hui ».

La critique des réseaux sociaux a traversé l’ensemble des allocutions. Pour le Secrétaire Executif de la FEDIPRESSE, Parfait Siki, « la qualité de la production journalistique est déterminante pour la presse face au challenge qu’imposent les lanceurs d’alerte et les internautes devenus, par la puissance du tweet ou du post, producteurs de l’information ». La reconquête du lectorat, a-t-il plaidé, « est assise sur une offre de qualité, le retour aux fondamentaux et la résistance au journalisme des réseaux sociaux qui publie sans recouper, annonce sans vérifier ».

UN CADRE RIGOUREUX, UNE REMISE DE PRIX EN DÉCEMBRE

Concrètement, les Y’ello Press Awards récompenseront des journalistes de la presse écrite sélectionnés selon des critères à la fois rigoureux et objectifs, arrêtés par un jury dont les membres ont été désignés par le ministère de la Communication. Ce jury évaluera la qualité des contenus sur le plan intellectuel, le respect des normes éthiques et déontologiques, la profondeur des investigations et la capacité d’innovation.

Le formulaire de participation a été mis en ligne le jour même du lancement. La période de soumission des candidatures est désormais ouverte, et la cérémonie de remise des distinctions est prévue en décembre 2026. MTN Cameroon a par ailleurs évoqué la possibilité d’élargir à terme le périmètre du prix aux médias audiovisuels — radio et télévision —, auquel cas les Y’ello Press Awards deviendraient les Y’ello Media Awards.

UN SIGNAL POLITIQUE AUTANT QU’ÉCONOMIQUE

Le lancement de ce prix intervient dans un contexte de fragilisation économique documentée de la presse écrite camerounaise, confrontée à l’effondrement de la publicité comme des ventes et à la concurrence des plateformes numériques. En s’engageant aux côtés des éditeurs, MTN Cameroon entend peser sur l’écosystème médiatique dans son ensemble. « Nous ne pouvons pas bâtir un avenir numérique inclusif sans confiance, et la confiance ne peut exister sans une presse forte, professionnelle et crédible », a souligné la CEO Wanda Matandela.

 Le gouvernement, pour sa part, a tenu à marquer son soutien. Le ministre Sadi a réaffirmé que « la liberté de la presse constitue l’un des piliers essentiels de la démocratie et de l’État de droit », tout en rappelant qu’elle implique pour le journaliste « une forte exigence de responsabilité ». Un équilibre entre liberté et rigueur qui résume, en définitive, l’ambition affichée de cette nouvelle distinction.

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