samedi, avril 4, 2026
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Café : la campagne 2025/2026 s’ouvre dans un contexte d’embellie

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Les signaux sont donc au vert pour le café. Son marché sur le plan international connait actuellement une embellie des cours sur les marchés internationaux, du fait notamment d’une demande en forte croissance, face à une offre en retrait, contrariée par les aléas du changement climatique. Egalement, au plan national, l’on note un relèvement significatif de la production commercialisée, qui est passée de 10 592 à 11 637 tonnes entre les campagnes 2023/2024 et 2024/2025, soit un rebond de 9,8%. Une tendance contraire au déclin connu ces dernières années de la production nationale du café.

À l’origine de cette réalité, selon les acteurs, se trouvent non seulement les effets néfastes des changements climatiques, mais aussi et surtout, le désintérêt des producteurs, qui sont refroidis par des prix d’achat jugés très bas. Cette conjonction de facteurs a pour conséquence de plomber la production nationale. Il faut rappeler que le Cameroun ciblait une production de 16 000 tonnes (+45%) au cours de la campagne 2024-2025, comme l’avait annoncé le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, lors de la 4e session du comité de pilotage du projet de relance de la filière café tenue le 20 mars 2025 à Yaoundé. Donc visiblement, cet objectif n’a pas été atteint pour ce qui est de la production commercialisée qui tourne encore autour de 12 000 tonnes.

S’agissant des prix au producteur, ils ont suivi la même tendance haussière. Ces prix ont progressé de 2 375 à 2 854 FCFA/kg, pour ce qui est de l’arabica et de 1 500 à 1 959 FCFA/kg, en ce qui concerne le robusta, représentant une hausse de 20,16 et 30,6%. Au-delà donc de la consolidation des acquis, il s’agit pour le gouvernement, au cours de cette nouvelle campagne, de mettre le curseur sur le renforcement de la transformation et de la consommation locales dans le droit fil de la SND30 et afin de tirer le meilleur parti des opportunités de marché offertes par la Zone de libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAF).

Le MINFI lance un budget axé sur la décentralisation et l’import-substitution

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Après Buea, c’est Ngaoundéré qui a servi de cadre, le 13 janvier 2025, à la traditionnelle cérémonie de lancement du budget de l’État. Autour du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, étaient réunis des représentants du ministère de l’Économie, du ministère des Marchés publics, ainsi que les autorités administratives, municipales et traditionnelles de la région de l’Adamaoua.

Ouvrant la cérémonie, le ministre des Finances a tenu à rappeler le sens politique et économique du choix de l’Adamaoua pour abriter le lancement du budget 2026. « Le choix de l’Adamaoua pour lancer le budget 2026 n’est ni anodin ni circonstanciel. Il traduit la volonté ferme et constante du Président de la République, Son Excellence Paul Biya, de promouvoir un développement équilibré du territoire national », a-t-il déclaré, soulignant la contribution spécifique de chaque région à l’édification du Cameroun émergent. Insistant sur le rôle stratégique de la région, Louis Paul Motaze a relevé que « l’Adamaoua constitue un véritable trait d’union entre le septentrion et les régions méridionales de notre pays », avant d’ajouter qu’elle est « à la fois un espace de brassage humain et culturel, un carrefour économique stratégique et un pilier majeur de la souveraineté alimentaire nationale », grâce à son potentiel agro-pastoral reconnu.

 Abordant les grandes orientations du budget 2026, le ministre a indiqué que celui-ci repose prioritairement sur « une mobilisation optimale des recettes internes non pétrolières dans le respect de la soutenabilité de l’activité économique », tout en veillant à préserver la compétitivité des entreprises. Le budget met également l’accent sur « l’accélération de la mise en œuvre du plan intégré d’import-substitution agro-pastoral », le renforcement de l’offre énergétique et la restauration de l’équilibre financier du secteur de l’électricité, notamment à travers le rachat des actions d’Actis.

 Sur le plan des infrastructures, il est prévu de « développer les infrastructures de transport et de désenclavement des bassins de production, y compris la réhabilitation des voiries urbaines », tout en poursuivant la reconstruction des régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord, sans négliger la lutte contre les changements climatiques.

Au plan social, Louis Paul Motaze a annoncé la poursuite des efforts en faveur de la formation technique et professionnelle, du relèvement du plateau technique des hôpitaux, du renforcement des infrastructures scolaires de proximité et de la protection du pouvoir d’achat des ménages vulnérables, à travers notamment l’intensification du projet des filets sociaux. « Une attention particulière est accordée à la promotion des jeunes et des femmes », avec la création d’un fonds spécial dédié à l’autonomisation économique des femmes et à la promotion de l’emploi jeune.

Enfin, en matière de gouvernance, le budget 2026 marque « une étape décisive dans la consolidation de la fiscalité locale », avec le transfert effectif de certaines recettes fiscales aux collectivités territoriales décentralisées, afin de renforcer leur autonomie financière et d’approfondir le processus de décentralisation.

Pour mémoire, le budget de l’État du Cameroun pour l’exercice 2026 s’élève à 8 816,4 milliards de FCFA, en hausse de 14% par rapport à l’exercice précédent. Les ressources internes attendues sont évaluées à 5 887,0 milliards de FCFA, tandis que les charges de l’État, hors remboursement du principal de la dette, sont projetées à 6 210,5 milliards de FCFA. Le déficit budgétaire ressortirait ainsi à 1,7 % du PIB, contre 0,8 % en 2025.

Louis Paul Motaze : « Renforcer l’investissement public productif et préserver les équilibres macroéconomiques »

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Mesdames et Messieurs, Je suis particulièrement honoré et profondément heureux de me retrouver ce jour à Ngaoundéré, capitale de la Région de l’Adamaoua, pour procéder au lancement solennel du budget de l’État et des autres entités publiques au titre de l’exercice 2026.

Le choix porté sur l’Adamaoua pour accueillir cette cérémonie nationale n’est ni anodin ni circonstanciel. Il traduit la volonté ferme et constante du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, de promouvoir un développement équilibré du territoire national. Région de transition et de convergence, l’Adamaoua constitue un véritable trait d’union entre le septentrion et les régions méridionales de notre pays. Elle est à la fois un espace de brassage humain et culturel, un carrefour économique stratégique et, surtout, un pilier majeur de la souveraineté alimentaire nationale. Son potentiel agro-pastoral en fait une région clé pour la stabilité économique, sociale et même sécuritaire du Cameroun.

Je voudrais adresser mes félicitations aux autorités locales pour la maturité dont elles ont fait preuve pour préserver cette stabilité dans le contexte sécuritaire post-électoral. Permettez-moi de vous exprimer également ma gratitude pour l’accueil chaleureux réservé à ma délégation. Je me réjouis de la présence massive des acteurs de la chaîne budgétaire, témoignant de l’intérêt porté à la gestion rigoureuse des finances publiques.

La cérémonie de ce jour s’inscrit dans le cadre de l’accompagnement technique assuré par le Ministère des Finances, en collaboration avec d’autres départements ministériels (Minepat, Minmap, Minddevel), pour une exécution optimale des lois de finances.

La loi de finances 2026 s’inscrit dans la continuité de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030. L’objectif est la consolidation des finances publiques tout en garantissant la mise en œuvre des priorités fixées par le Président de la République pour le prochain septennat. Il s’agit également d’une mobilisation optimale des recettes internes non pétrolières sans créer de distorsions préjudiciables aux entreprises.

Les axes prioritaires pour 2026 :

  •  Sécurité : Maintien de la veille aux frontières et dans les agglomérations en contexte post-électoral.
  •  Économie : Mise en œuvre du Programme d’Impulsion Initiale (P2I) et du Plan Intégré d’Import-Substitution (PIISAH). Renforcement de l’offre énergétique, rachat des actions d’ACTIS à ENEO, et développement des infrastructures de transport. Reconstruction des régions en crise et lutte contre le changement climatique.
  • Social : Intensification de la formation professionnelle, veille sanitaire, amélioration du plateau technique hospitalier et des infrastructures scolaires. Préservation du pouvoir d’achat, projet Filets Sociaux, promotion du HIMO et de la Politique Nationale Genre.
  • Gouvernance : Accélération de la décentralisation, apurement de la dette intérieure et réforme de la gestion des finances publiques. Une attention particulière est accordée à la promotion des jeunes et des femmes avec la création d’un Fonds spécial pour leur autonomisation économique. La loi de finances 2026 marque aussi une étape décisive pour la décentralisation avec le transfert effectif de certaines recettes fiscales au profit des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD).

Concernant le secteur agro-pastoral, pilier de l’Adamaoua, des dispenses fiscales importantes sont prévues, permettant de réduire le coût de l’investissement de près de 30%. Ces mesures incluent des exonérations de TVA sur les intrants et équipements, ainsi que des dispenses de taxe foncière et de patentes pour les premières années d’exploitation.

Chiffres clés et projets pour l’Adamaoua :

  •  L’enveloppe globale de la loi de finances 2026 s’élève à 8 816,4 milliards FCFA, soit une augmentation de 14,0% par rapport à 2025.
  • Le budget alloué à la Région de l’Adamaoua est de 41,2 milliards FCFA.
  •  Projets majeurs : Bitumage de la route Banyo-Mayo Darle-Bankim, Ngatt-Likok et Ngaoundéré-Paro ; désenclavement des zones de production ; construction de lycées, de forages pastoraux et acquisition de kits d’insémination artificielle.

L’exécution du budget s’appuiera sur de nouveaux manuels de procédures et circulaires spécifiques. Je félicite la région pour ses taux de réalisation physique élevés (jusqu’à 97% en 2023). Cependant, des efforts restent à faire sur les délais de contractualisation et le suivi des projets. J’invite tous les acteurs — ordonnateurs, opérateurs économiques, services déconcentrés et élus locaux — à faire preuve de responsabilité, de professionnalisme et de patriotisme économique pour la réussite de cet exercice.

Le lancement du budget n’est pas un simple rituel, mais le socle d’un dialogue de gestion permanent au service du bien-être de nos populations. C’est sur cette note d’espoir que je déclare officiellement ouverts les travaux relatifs au lancement du budget 2026.

Vive la Région de l’Adamaoua ! Vive le Cameroun !

Cameroun-Sénégal: lourdes sanctions de la CAF contre Samuel Eto’o

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Dans une procédure expresse, le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF) a infligé de lourdes sanctions contre Samuel Eto’o Fils le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot). Le patron du football camerounais est privé de stade lors des quatre prochains matchs du Cameroun. A cela, la Caf ajoute une amende de 20 000 dollars américains, soit un peu plus de 11 millions de francs CFA.

La sanction fait suite au comportement du président de la Fecafoot lors du match des 8ème de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 qui s’est joué entre le Cameroun et le Maroc (0-3). Si la CAF elle-même a ouvert une enquête sur les faits ayant marqué ce match, elle n’a pas attendu les conclusions de ladite enquête pour frapper durement Samuel Eto’o qui n’avait pas caché son désarroi face à des décisions pour le moins suspicieuses du corps arbitral, en défaveur du Cameroun. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux,l’on peut voir Samuel Eto’o s’en prendre tant à son homologue Faouzi Lekjaa de la fédération royale marocaine de football qu’au président même de la Caf. La Caf n’a pas cru devoir attendre la fin des enquêtes sur d’éventuels comportements soupçonnés d’être  »contraires à l’éthique sportive » dans la gestion de ce match, pour infliger des sanctions contre un des acteurs clés de ce match.

En prenant acte de la décision, la Fecafoot dénonce une décision « dépourvue de toute motivation ». En soulignant « en outre que la procédure expresse aboutissant à cette décision soulève de sérieuses réserves au regard des exigences fondamentales d’un procès équitable ». Et annonce un recours.

Ce n’est pas là première fois que Samuel Eto’o subit de sanctions pareilles. En septembre 2024, le président de la Fecafoot avait déjà été frappé par la FIFA, d’une sanction du genre, six mois de suspension des matchs de la sélection au sujet d’un match de la Coupe du monde junior en Colombie. Samuel Eto’o avait ouvertement contesté l’arbitrage qui au demeurant, défavorisait le Cameroun.

Industrie : Alain Blaise BATONGUE devient administrateur directeur général de MSMI AFRICA S.A.

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Un changement de gouvernance s’opère au sommet de Multi Services Maintenance Industrielle (MSMI AFRICA S.A.). Réunie en Assemblée générale extraordinaire le 19 novembre, la société a acté la nomination d’Alain Blaise Batongue en qualité d’Administrateur Directeur Général. La décision est entrée en vigueur le 5 janvier 2026, marquant l’ouverture d’une nouvelle phase dans la trajectoire de ce groupe industriel.

Un profil d’exception pour une ambition continentale

Le choix d’Alain Blaise Batongue à la tête de ce fleuron industriel n’est pas anodin. Figure bien connue du monde des affaires et des médias, le nouvel ADG apporte avec lui une expérience multisectorielle impressionnante. Ancien Directeur de publication du quotidien Mutations, ancien Secrétaire Exécutif du GICAM et, plus récemment, Directeur des Affaires Institutionnelles chez Orange Cameroun, M. Batongue est reconnu comme un stratège international chevronné.

Sa mission est claire : insuffler une nouvelle dynamique de croissance, renforcer la gouvernance et consolider le positionnement de MSMI AFRICA S.A. non seulement au Cameroun, mais également dans toute la sous-région CEMAC.

Un binôme de choc au sommet

Pour mener à bien cette transformation, Alain Blaise Batongue travaillera en étroite collaboration avec Madame Augustine Audrey NGO YETNA CHICOT, fondatrice de l’entreprise et désormais Présidente du Conseil d’Administration. Figure emblématique de l’industrie africaine, Mme Ngo Yetna Chicot a su imposer MSMI comme une référence pendant plus de deux décennies.

Ce tandem « expérience-vision » s’appuiera sur un mixage entre cadres expérimentés et jeunes talents issus des grandes écoles nationales et internationales.

MSMI : Le « SAMU » de l’industrie camerounaise

Fondée en 2003 et implantée au cœur de la zone industrielle de Douala-Bassa, MSMI AFRICA S.A. est bien plus qu’une simple entreprise de maintenance. Surnommée le « SAMU de l’industrie », elle intervient 24h/24 dans des secteurs critiques tels que :

 * L’industrie lourde et le pétrole

 * Le BTP et la construction navale

 * L’agro-industrie et les mines

 * L’aéronautique et la santé

Dotée d’ateliers de pointe et certifiée par le prix KAIZEN International 2020, l’entreprise se distingue par sa capacité à répondre à des exigences de production sérielle et complexe (tours, fraiseuses, mortaiseuses, etc.).

Vers une industrialisation durable

À travers cette restructuration, MSMI AFRICA S.A. réaffirme son engagement envers l’innovation et la transmission des savoirs. L’entreprise se positionne comme un partenaire stratégique de l’État, classée comme telle par le Ministère en charge de l’Industrie, avec pour objectif ultime de contribuer durablement à l’industrialisation du continent africain.

Finances publiques : quand le coût des prêts d’infrastructures étouffe le budget de l’État

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Les chiffres contenus dans l’annexe à la loi de finances 2026 consacrée à l’évolution des grands projets d’investissement, publiée par le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, montrent que 7 579 milliards de FCFA ont été mobilisés pour financer les grands projets d’infrastructures. Les transports concentrent la part la plus importante avec 3 580 milliards de FCFA, suivis de l’énergie à hauteur de 2 068 milliards. L’eau a absorbé 779 milliards, le développement urbain 399 milliards, l’habitat 272 milliards et les technologies de l’information et de la communication 480 milliards, selon ce document officiel.

Mais cette ambition a un revers budgétaire de plus en plus visible. Toujours d’après la même source gouvernementale, le service de la dette publique extérieure, qui s’établissait à 293 milliards de FCFA en 2020, a presque triplé pour atteindre 824 milliards de FCFA en 2024. Cette charge est aujourd’hui dominée par les dettes bilatérales hors Club de Paris qui représentent 40 %, devant les créanciers multilatéraux à 22 %, les bilatéraux du Club de Paris à 21 % et les créanciers commerciaux à 18 %.

Sur l’ensemble de la période récente, l’État camerounais a déboursé environ 2 600 milliards de FCFA en principal et intérêts pour honorer sa dette extérieure, selon l’annexe à la loi de finances 2026 du Minepat. Un effort financier considérable « qui a réduit les marges de manœuvre budgétaires et accentué les tensions sur les ratios de soutenabilité de la dette ».

 RENFORCEMENT DU COÛT DE LA DETTE

Les données officielles indiquent qu’entre 2010 et 2020, le taux d’intérêt moyen pondéré est passé de 1,03 pour cent à 3,58 pour cent. Une hausse qui, selon l’analyse du ministère de l’Économie, « alimente un écart défavorable entre le taux d’intérêt réel et la croissance économique, contribuant à une augmentation rapide du ratio dette sur produit intérieur brut et à une fragilisation de la soutenabilité à long terme ».

À ce renchérissement s’ajoute un risque de refinancement de plus en plus marqué. Toujours selon les chiffres du Minepat, l’échéance moyenne de remboursement est passée de 36 ans en 2010 à 19,5 ans en 2020. « Cette contraction des maturités complique la gestion de trésorerie de l’État et accroît le risque d’accumulation d’arriérés, voire de défaut de paiement vis-à-vis des créanciers », souligne le Minepat.

La vulnérabilité de la dette est également accentuée par l’exposition au risque de change. Le ministère de l’Économie relève que les variations défavorables du taux de change face au dollar ont entraîné une hausse de 420 milliards de FCFA de l’encours de la dette publique entre juin 2021 et juin 2022. Une dynamique qui renchérit mécaniquement le service de la dette libellée en devises étrangères.

Ces facteurs combinés ont pesé sur les indicateurs macroéconomiques. Selon l’annexe à la loi de finances 2026, le ratio dette extérieure sur PIB est passé de 21,8% en 2015 à 26 % en 2025, portant le ratio global dette sur PIB à environ 40 %. Dans le même temps, le risque de surendettement du Cameroun est passé de modéré à élevé depuis 2017, d’après l’évaluation officielle reprise dans le document budgétaire.

 DES CRÉANCIERS GOURMANDS

 Le financement des infrastructures a reposé sur 3 410 milliards de FCFA mobilisés auprès des bailleurs multilatéraux, 625 milliards auprès des pays du Club de Paris, 2 621 milliards auprès des créanciers bilatéraux hors Club de Paris et 864 milliards auprès des créanciers commerciaux, d’après l’annexe à la loi de finances 2026. Les financements multilatéraux, historiquement concessionnels, ont perdu en attractivité depuis que le Cameroun est passé en 2015 au statut de pays à financement mixte auprès de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement.

Le document du Minepat souligne que cette évolution a réduit l’accès aux ressources à faible coût des guichets IDA et FAD, au profit de prêts aux conditions plus onéreuses. Le recul progressif des créanciers du Club de Paris s’explique, selon l’analyse officielle, par la montée en puissance des bailleurs émergents et par la stratégie de diversification du portefeuille de dette. Dans ce contexte, les créanciers bilatéraux hors Club de Paris, au premier rang desquels la Chine, ont pris une place centrale.

L’État camerounais a contracté environ 2 523 milliards de FCFA auprès de l’EximBank of China entre 2010 et 2025, mêlant prêts semi concessionnels et financements commerciaux, faisant de Pékin le principal créancier extérieur du pays, selon les données du ministère. Enfin, le recours aux créanciers commerciaux s’est intensifié à partir de 2015 et surtout entre 2017 et 2024. Ces financements, caractérisés par des taux élevés et des maturités courtes, ont permis de boucler le financement des infrastructures mais au prix d’une pression accrue sur le service de la dette, comme le souligne l’annexe à la loi de finances 2026.

 Au fil des années, l’endettement a ainsi changé de visage. Plus coûteux, plus risqué et moins flexible, il pèse désormais lourdement sur les finances publiques camerounaises.

Crédit rural décentralisé : 1,2 milliard FCFA à mobiliser via les caisses coopératives pour financer l’agriculture

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C’est un nouveau levier de financement de l’agriculture rurale. Le PCRD.  Il repose sur un principe central, rapprochant le financement des lieux de production agricole. Concrètement, l’État camerounais choisit de s’adosser à un réseau de microfinance coopérative déjà implanté sur l’ensemble du territoire, plutôt que de s’appuyer exclusivement sur le système bancaire classique, peu présent en zone rurale et généralement peu adapté aux profils des petits exploitants.

Les documents de partenariat ont été signés par le ministre de l’Agriculture, Gabriel Mbairobe, et le directeur général de Camccul, Jonas Tieutchou le 8 janvier 2026 à Yaoundé. Sur le plan financier, les projections avancées par Camccul font état de plus de 1,2 milliard de francs CFA de crédits qui devraient être accordés aux bénéficiaires, ainsi que d’un peu plus de 1,5 milliard de francs CFA d’épargne mobilisée.

Pour le Ministre Mbairobe, « Cette convention s’inscrit parfaitement dans la Stratégie nationale de développement, qui encourage le renforcement des secteurs à fort impact socio-économique, essentiellement agricoles ». Le dispositif prévoit de travailler avec des établissements de microfinance légalement reconnus, afin de garantir la viabilité financière et institutionnelle du projet sur le moyen terme.

Selon le Minader, le projet a été conçu pour répondre à cinq contraintes majeures qui limitent la productivité agricole. Il s’agit de l’accès au crédit, du financement des intrants et de la diversification des cultures, du déficit d’infrastructures rurales. De faire également face à la faible culture de l’épargne et l’insuffisance de compétences techniques chez les producteurs et les opérateurs de microfinance.

Le dispositif combine crédit et épargne, deux instruments rarement articulés dans les politiques agricoles locales. L’épargne est ici pensée comme un mécanisme de résilience face aux chocs économiques — climatiques ou conjoncturels — mais aussi comme une source de financement interne des investissements agricoles. Cette approche vise à réduire la dépendance des producteurs aux financements extérieurs tout en sécurisant les opérations de crédit.

Pour Emmanuel Madiembe, coordonnateur du PCRD, l’enjeu est macroéconomique autant que social. L’agriculture demeure l’un des principaux piliers de l’économie camerounaise : elle emploie une part importante de la population active et contribue directement à la sécurité alimentaire et à la croissance. Les chiffres de la Banque mondiale en donnent la mesure : près de 20 % du produit intérieur brut provient de ce secteur, qui mobilise environ 60 % de la population active. Autrement dit, plus d’un Camerounais sur deux tire ses revenus de la terre, faisant de l’agriculture le premier employeur du pays.

Toutefois, l’accès limité à des financements adaptés reste un frein majeur, en particulier pour les petits producteurs et les communautés rurales, qui peinent à satisfaire les exigences des banques commerciales.

C’est dans ce contexte que le choix de Camccul prend une dimension stratégique. La faîtière fédère un réseau national d’institutions de microfinance coopératives, caractérisées par leur proximité avec les populations rurales et leur connaissance des réalités locales. Le partenariat vise à capitaliser sur cette expertise pour faciliter l’accès des agriculteurs et des acteurs du monde rural à des services financiers formels, tout en renforçant la synergie institutionnelle entre l’État et les structures financières coopératives.

Au-delà du financement direct, le PCRD prévoit un volet de renforcement des capacités. Il s’agit notamment de former les agriculteurs à la gestion financière et d’accompagner les opérateurs de microfinance afin d’améliorer l’évaluation des risques agricoles, souvent perçus comme élevés par les institutions financières. Le projet ambitionne également de soutenir la modernisation de l’agriculture par le financement des chaînes de valeur agricoles, depuis la production jusqu’à la commercialisation.

Une attention particulière est portée à l’inclusion financière des jeunes et des femmes en milieu rural, catégories largement sous-représentées dans l’accès au crédit formel. Cette orientation répond à un double enjeu : favoriser le renouvellement générationnel dans l’agriculture et renforcer l’autonomie économique des femmes, qui jouent un rôle central dans les systèmes de production vivrière.

À travers le PCRD, le Cameroun formalise ainsi un choix de politique publique : utiliser la microfinance coopérative comme vecteur d’inclusion financière rurale, dans un contexte où la transformation agricole passe autant par l’accès aux capitaux que par l’ancrage territorial des outils financiers.

Solde de l’Etat : plus de 1753,5 milliards de FCFA payés par le Minfi aux agents publics en 2025

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« Depuis le 1er janvier 2025, l’Application Informatique de Gestion Logique des Effectifs et de la Solde (AIGLES) est donc entrée en production effectiveDepuis cette date, l’ensemble des salaires des agents publics est calculé et versé de manière régulière, continue et sécurisée, sans aucune interruption ».Cette précision du ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), Joseph Le illustre des progrès enregistrés grâce à l’application AIGLES dans la gestion de la solde des agents publics au Cameroun. La masse salariale est donc maîtrisée, se vante le Minfopra. La preuve, de janvier à décembre 2025, le ministère des Finances  (Minfi) a versé à l’ensemble des personnels qui émargent au budget de l’Etat du Cameroun, la somme globale de 1753.585.976.559 FCFA. Et, plus de 503.000 agents publics, personnels à solde globale et pensionnés perçoivent désormais leur solde mensuelle dans des délais maîtrisés, avec une fiabilité accrue et une parfaite lisibilité. Selon Joseph Le, « La paie est aujourd’hui entièrement adossée aux données de carrière, garantissant la cohérence entre la situation administrative et la situation salariale, tout en assurant la traçabilité complète des opérations. Les primes et indemnités sont attribuées automatiquement, conformément à la réglementation en vigueur, contribuant ainsi à une meilleure maîtrise de la masse salariale ».

Autres avantages liés à la mise en œuvre de l’application AIGLES

D’un coût global du projet estimé à 5,8 milliards de FCFA, donc 4, 8 FCFA pour l’intégrateur SIMAC et 955 millions de FCFA pour AFREETECH, l’assistant à la maîtrise d’ouvrage, AIGLES, informe-t-on, a également introduit une innovation majeure : l’automatisation intégrale de plusieurs actes de carrière, notamment les avancements d’échelon, les avancements de classe et les titularisations, générés automatiquement, avec effet financier immédiat. Ainsi, depuis janvier 2025, aucun dossier physique n’est requis pour le traitement de ces actes automatisés. Cette avancée a permis de réduire à moins de 25 % le taux d’erreurs et de diminuer de 70 % le temps consacré à la gestion de la carrière et des anomalies liées aux effets financiers. Par ailleurs, plus de 15.000 actes de carrière hors avancement ont été traités, couvrant l’ensemble du cycle de vie des agents publics, du recrutement à la retraite, en passant par les promotions, la discipline et les récompenses, précise le Minfopra.

Entre autres résultats significatifs apportés par AIGLES, l’on notre, une stabilité éprouvée de cette application, exploitée sans interruption majeure depuis 12 mois consécutifs, confirmant sa robustesse technique, sa fiabilité opérationnelle et sa capacité à soutenir des charges critiques en continu ; la mise en production effective de 14 modules prévus. Ce qui représente 83,24 % de réalisation de l’ensemble du projet ; la formation des administrations utilisatrices, avec un taux de couverture avoisinant 80%. Les sessions relatives aux modules de biométrie et d’archivage électronique étant en phase finale de déploiement. Mais aussi,  le traitement intégral et continu de la solde de janvier à décembre 2025, couvrant l’ensemble des agents publics, des pensionnés et des personnels à solde globale, avec un niveau de précision, de régularité et de fiabilité jamais atteint jusqu’ici. Et,  à ce jour, l’effectif total des personnels actifs de l’Etat, hors mis les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) est de 271.129 agents publics.

L’on note également, la sécurisation avancée de la signature électronique des actes de carrière, grâce à l’intégration de l’Infrastructure à Clé Publique (PKI) de l’ANTIC, garantissant l’authenticité, l’intégrité et la valeur juridique des actes administratifs produits ; le traitement automatique de plus de 250.686 avancements d’échelon et de classe, générés sans intervention humaine et assortis systématiquement d’effets financiers appliqués le même mois, illustrant l’efficacité des règles de gestion et la performance du système ; plus de 6.417.351 connexions enregistrées sur le portail AIGLES (portailaigles.gov.cm), offrant aux agents publics un accès sécurisé, permanent et rapide à leurs informations professionnelles et salariales.

L’on n’oublie pas aussi la mise en paiement des décomptes des prestataires, désormais fondée sur la qualification et la recette de 14 modules fonctionnels, contre 9 en 2024, traduisant une amélioration notable de la qualité, de la complétude et de la conformité des livrables. Ainsi, les deux prestataires ont déjà reçu 3.217.767.363 FCFA. Le reste à payer est de 2.628.053.648 FCFA. Les prochains décomptes sont en cours de validité, au niveau de l’instance compétente ; la génération automatique de 2.801 dossiers de prépension, avec une prise en charge immédiate par le système, démontrant la réactivité de AIGLES dans l’anticipation et la gestion des fins de carrière. Et, à ce jour, l’on compte 157.245 pensionnés, et lors de ses 12 premiers mois de fonctionnement, l’application AIGLES a procédé au traitement de 3.243 actes de mise à la retraite et de 1.080 actes de régularisation, assurant une gestion rigoureuse, transparente et équitable des droits à pension des agents publics.

Mais également, le traitement de 872 actes de titularisation, contribuant à la sécurisation des parcours professionnels et à la consolidation des carrières au sein de l’administration publique, la signature de plus de 500 décrets d’intégration directement dans AIGLES, réduisant significativement les délais de traitement, etc.

Les perspectives pour l’année 2026

Pour le Minfopra, les priorités majeures pour cette année 2026, porteront sur finalisation et la pleine opérationnalisation des modules de biométrie et d’archivage électronique, dont les travaux sont déjà très avancés dans les trois sites pilotes retenus pour cette première phase, à savoir: le Minfopra, le Minfi et le Consupe. Leur mise en service effective dans ces administrations, précise-t-on, permet de renforcer la fiabilité des données, de sécuriser davantage les processus administratifs et de moderniser durablement la gestion des dossiers des agents publics.

Par ailleurs, le Minfopra dit avoir l’ambition d’étendre progressivement le dispositif biométrique à l’ensemble du territoire national, afin de disposer d’un outil de contrôle des présences objectif, moderne et efficace. Cette extension, vise notamment à lutter résolument contre l’absentéisme au poste, véritable fléau qui fragilise la performance de l’administration camerounaise, et porte atteinte à la qualité du service public. Ainsi, pour le Minfopra,  l’année 2026 s’annonce comme une étape déterminante de consolidation, d’optimisation et d’élargissement des acquis de AIGLES, pour une administration publique plus moderne, plus performante.

A Yaoundé, la « Kamerun Haus » expose les artefacts camerounais conservés en Allemagne

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Nichée derrière le collège technique Charles Atangana à Bastos, la Kamerun Haus a accueilli le 10 janvier dernier, diplomates, autorités culturelles, chercheurs et chefs traditionnels pour le vernissage de l’exposition « Les 11 musées et les trésors royaux du Cameroun ». La rencontre marque un moment significatif dans le long dossier de la restitution des biens culturels camerounais conservés en Allemagne, estimés à près de 40 000 objets selon les sources officielles.

L’exposition ne présente pas physiquement ces œuvres, absentes du territoire national depuis plusieurs décennies. Elle en reconstitue cependant la trajectoire à travers des archives, des photographies historiques et des récits documentés. Une manière de rendre visibles des objets dispersés, tout en inscrivant leur retour dans un cadre diplomatique désormais assumé.

Représentant le ministre des Arts et de la Culture, l’inspectrice générale Ngeh Rekia Nfunfu a rappelé l’enjeu éducatif de l’initiative. « Nous savons tous que l’éducation culturelle et artistique est essentielle pour les jeunes. Elle offre des opportunités inestimables de développement intellectuel, émotionnel et social », a-t-elle déclaré, soulignant le rôle des institutions culturelles dans la transmission de l’histoire et des valeurs.

Présent au vernissage, l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Cameroun, Christian Sedat, a réaffirmé l’engagement de son pays dans le processus de restitution. « Pour moi, ici à Yaoundé, l’une de ces priorités est d’assumer cette responsabilité historique au Cameroun et d’accompagner les démarches liées aux questions de restitution. Nous sommes un partenaire engagé sur ces sujets », a-t-il indiqué. Cette position s’inscrit dans l’évolution récente de la politique culturelle allemande, marquée par un travail approfondi sur la provenance des collections publiques, c’est-à-dire l’histoire précise de l’acquisition des objets.

Cartographier un patrimoine dispersé

Ouverte jusqu’au 28 mars, l’exposition propose une cartographie détaillée du patrimoine camerounais conservé dans onze musées allemands. Les collections présentées couvrent les quatre grandes aires culturelles du Cameroun : Fang-Béti, Sawa, Grassfields et Soudano-sahéliens. Textiles, masques rituels, instruments de musique, manuscrits, armes, outils, tabourets et trônes royaux composent entre autres cet ensemble.

Des documents d’archives et des photographies anciennes rappellent les voyages de chefs traditionnels camerounais en Allemagne durant la période coloniale. Ils replacent les objets dans leur contexte d’extraction, souvent marqué par la contrainte et la domination, sans recourir à une mise en scène spectaculaire.

Autorités traditionnelles et diplomatie culturelle

La cérémonie a réuni les chefs traditionnels des quatre aires culturelles, aux côtés de représentants des ambassades d’Allemagne et de Suisse. Leur présence a donné une dimension symbolique forte à l’événement. Les objets évoqués ne sont pas de simples pièces muséales, mais des éléments porteurs de mémoire et d’autorité sociale.

Dans son intervention, l’ambassadeur allemand a insisté sur la restitution comme un processus de coopération à long terme entre États, musées et chercheurs, et non comme un geste ponctuel.

De l’inventaire à la restitution

L’exposition de Yaoundé s’inscrit dans un travail institutionnel engagé par l’État camerounais. Le Comité interministériel chargé du dossier a conduit, en octobre 2023, une mission officielle à Berlin pour des échanges techniques avec les ministères allemands des Affaires étrangères et de la Culture. Ces discussions portent sur les modalités concrètes de restitution, attendues à partir de 2026, et sur l’équilibre entre les différentes aires culturelles dans les premières vagues de retour.

Les chiffres avancés s’appuient sur des travaux universitaires récents. Une étude menée par Bénédicte Savoy, professeure à l’Université technique de Berlin, et Albert Gouaffo, professeur à l’Université de Dschang, estime à environ 40 000 le nombre d’artefacts camerounais conservés en Allemagne. « Aucun de ces biens culturels n’a été conçu comme un objet d’exposition pour une vitrine », rappelle Bénédicte Savoy, soulignant leur fonction initiale au sein des sociétés d’origine.

Restituer le sens, pas seulement les objets

Au-delà des aspects juridiques, le débat porte sur la signification des biens. L’historien camerounais Richard Tsogang Fossi explique que de nombreux objets sacrés ont été « ethnographiés et diabolisés » durant la colonisation, perdant leur rôle social et spirituel. Leur retour pose donc la question de leur réintégration symbolique et de la transmission de leur sens aux générations actuelles.

C’est cette approche que défend la Kamerun Haus, qui consiste à restituer d’abord la connaissance, avant le retour physique des œuvres. À terme, les trônes, statues et regalia royaux devraient rejoindre des institutions nationales comme le Musée des rois Bamoun à Foumban.

Kamerun Haus, espace de médiation

Au centre de ce processus de restitution, se trouve le prince Bangoua Legrand Tchatchouang, promoteur de la Kamerun Haus. Membre du Comité interministériel chargé du rapatriement des biens culturels et conseiller du Cameroun auprès du Humboldt Forum de Berlin, il occupe une position d’interface entre institutions camerounaises et musées allemands. « Mon rôle est d’être un pont. Un pont entre les gouvernements et les musées, mais surtout entre ces objets, devenus silencieux dans leurs vitrines, et les communautés au Cameroun qui en ont été séparées », explique-t-il.

Créée en 2015, la Kamerun Haus s’est progressivement imposée comme un lieu de dialogue culturel. Avec l’ampleur prise par le débat sur la restitution, elle est devenue un partenaire de discussion reconnu par plusieurs musées européens. Elle entend également fonctionner comme centre d’éducation culturelle pour les jeunes et comme espace de travail pour les acteurs de la société civile impliqués dans le Comité interministériel.

Le promoteur de la structure a exprimé sa reconnaissance au gouvernement pour son accompagnement et pour l’intégration de la Kamerun Haus dans le dispositif officiel de restitution. « À sa création, la Kamerun Haus était un point de contact central pour représenter la culture du Cameroun. Mais son rôle a évolué avec la prise de conscience et le mûrissement du débat sur la restitution des œuvres d’art issues de contextes coloniaux en Allemagne. Cela nous a conduits à devenir, progressivement, un partenaire de discussion, puis de coopération, pour les chercheurs, les musées, les ministères, les chefferies traditionnelles et les responsables culturels allemands », expliquait le prince Bangoua Legrand Tchatchouang dans une interview accordée à Cameroon Tribune en juin 2022.

 Et de poursuivre : « cette collaboration a débouché sur un échange d’égal à égal, fondé sur la confiance, à travers diverses manifestations et colloques communs organisés en Allemagne et au Cameroun. Tous les participants s’y efforcent de comprendre et de présenter les œuvres d’art coloniales dans leur contexte d’origine et, à terme, de contribuer à éclairer ce chapitre sombre de l’histoire coloniale allemande ».

Les autorités traditionnelles, venues des quatre aires culturelles du Cameroun, ont à leur tour salué le travail engagé et procédé à une bénédiction symbolique des lieux. À Yaoundé, l’exposition de la Kamerun Haus se présente comme un lieu de mémoire et de diplomatie culturelle, mettant en lumière la recomposition des relations entre le Cameroun et l’Allemagne, autour de la reconnaissance du passé colonial et de la préparation progressive du retour du patrimoine national.

Match Cameroun-Maroc : la CAF ouvre une enquête suite au comportement des officiels

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« La Confédération Africaine de Football (CAF) a fermement condamné des comportements jugés inacceptables de la part de certains joueurs et officiels lors des quarts de finale de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025. Une enquête a été officiellement ouverte concernant les rencontres Cameroun–Maroc et Algérie–Nigeria.

La CAF indique avoir recueilli des rapports de match ainsi que des éléments vidéo faisant état de comportements potentiellement contraires aux règlements et à l’éthique sportive. L’ensemble du dossier a été transmis au Jury disciplinaire pour instruction, et des sanctions appropriées seront prises si les personnes mises en cause sont reconnues coupables.

L’instance continentale précise également qu’elle analyse des images relatives à un incident impliquant des membres des médias, qui se seraient comportés de manière inappropriée dans la zone mixte.

La CAF rappelle qu’elle condamne avec la plus grande fermeté tout comportement déplacé, en particulier lorsqu’il vise les arbitres ou les organisateurs des matches. Toute attitude contraire aux standards de professionnalisme exigés lors des compétitions de la CAF fera l’objet de mesures disciplinaires.

Pour toute information complémentaire :

communications@cafonline.com

CAF – Division de la Communication»

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