“Faux, il n y aura pas de dévaluation du Franc CFA”. C’est en substance ce qui ressort d’une publication officielle faite ce 16 janvier 2026 par le Gouverneur de la Beac (Banque des États de l’Afrique Centrale), Yvon SANA BANGUI. Le spectre d’une dévaluation du Franc CFA en zone CEMAC vient donc d’être vigoureusement balayé, par la plus haute autorité monétaire de la sous region Cemac, la voix la plus autorisée, le gouverneur de la Banque Centrale. Dans une sortie médiatique officielle, le Gouverneur de la BEAC a donc tenu à couper court aux spéculations qui agitaient l’opinion publique ces derniers jours suite à des rumeurs propagées sur les réseaux sociaux. Pour le patron de la Banque Centrale des six pays de la CEMAC, la stabilité de la monnaie commune n’est ni menacée, ni négociable et, surtout, elle est soutenue par des réalités économiques rassurantes et prometteuses.
Un démenti catégorique fondé sur la stabilité
Face à ces rumeurs et ragots, qui ont suscité inquiétudes, angoisse et panique, le Gouverneur Yvon Sana Bangui a choisi la voie de la transparence pour rassurer les marchés et les citoyens, en montant personnellement en première pour donner la bonne information et faire taire la rumeur. Dans sa déclaration de ce 16 janvier 2026, il rejette fermement l’idée d’un changement de parité, d’une dévaluation : « Contrairement à certaines rumeurs infondées circulant sur les réseaux sociaux, la BEAC tient à réaffirmer avec la plus grande fermeté qu’aucune dévaluation du franc CFA n’est à l’ordre du jour. Notre monnaie, garantie par la coopération avec la France et soutenue par des réserves de change confortables, reste stable et convertible. Les fondamentaux économiques de la CEMAC, bien que marqués par des défis, ne justifient en rien une telle mesure. »
Cette mise au point s’accompagne d’un rappel des missions régaliennes de la Banque Centrale, laquelle se dit pleinement engagée dans le maintien de la stabilité des prix et la supervision d’un système financier qu’elle juge « sain et résilient ».
Des indicateurs rassurants malgré un contexte de crise
Si les rumeurs ont pu trouver un écho, c’est en raison d’un ralentissement passager de la croissance, projetée à 2,4 % en 2025 et d’un léger recul des réserves de change. Toutefois, l’analyse des perspectives économiques 2025-2026 publiées par la BEAC montre une résilience notable. L’inflation, premier baromètre de la santé monétaire, reste parfaitement maîtrisée.
Selon un rapport de la Banque Centrale, « L’inflation reste maîtrisée à 2,2 % en 2025, en deçà du seuil communautaire de 3 %. Elle devrait s’établir à 2,7 % en 2026, reflétant une stabilité des prix préservée. »
Par ailleurs, bien que les réserves de change connaissent une légère contraction, elles couvrent encore 4,2 mois d’importations à la fin 2025 (contre 4,9% un an olus tôt. Ce niveau est jugé sécurisant par les autorités monétaires pour garantir la convertibilité de la monnaie sans recours à une dévaluation.
Une stratégie de riposte monétaire proactive
Loin de rester passive, la BEAC a déjà anticipé les tensions extérieures. Le Comité de Politique Monétaire (CPM) a relevé ses taux directeurs de 25 points de base en décembre dernier pour protéger la monnaie. La Banque Centrale mise également sur un contrôle plus strict des flux : « La Banque Centrale veille également au strict respect de la réglementation des changes et à la centralisation des recettes d’exportation, afin de renforcer la gestion des liquidités extérieures et d’améliorer la transparence des flux financiers. »
Un appel à la responsabilité des États
Si la monnaie est stable, la BEAC prévient toutefois que la politique monétaire ne peut pas tout faire seule. Pour pérenniser cette stabilité, l’institution appelle les États membres (Cameroun, Gabon, Congo, Tchad, RCA, Guinée Équatoriale) à plus de rigueur budgétaire.
La Banque souligne notamment l’importance cruciale de la coopération internationale : « La Banque Centrale rappelle également l’importance de finaliser les accords avec le FMI pour plusieurs pays de la CEMAC, dont la République centrafricaine et le Tchad, dont les programmes sont actuellement en attente de décaissement, en raison de l’absence d’accord sur les assurances régionales. »
Avec une croissance robuste de 4,6 % attendue pour 2026, le Gouverneur Yvon Sana Bangui exhorte les populations au calme et à la vigilance face aux « fake news ». Le message est clair : le Franc CFA de la zone CEMAC demeure solide et n’est pas exposé à une dévaluation.
Zone CEMAC : Le Gouverneur de la BEAC dément formellement toute dévaluation du Franc CFA
L’Institut français du Cameroun mise sur la co-construction culturelle en 2026
« Cette saison 2026 se déploie comme une invitation à explorer les liens entre l’Afrique, les Caraïbes et l’Europe, entre histoires partagées, mémoires entremêlées et futurs à imaginer ensemble », a declaré Muriel Piquet Viaux, directrice de l’IFC Cameroun. Ce choix n’est pas symbolique. Il traduit une volonté institutionnelle de repositionner l’action culturelle française au Cameroun dans un contexte international marqué par la remise en question des modèles classiques de diplomatie culturelle, longtemps fondés sur la diffusion verticale des œuvres et des normes.
Le « Tout-monde », dans la pensée de Glissant, désigne un monde structuré par les relations entre cultures, par les circulations et les interdépendances, plutôt que par l’isolement ou la hiérarchisation. Appliqué à une saison culturelle, ce cadre théorique sert ici de grille de lecture pour interroger les liens entre l’Afrique, les Caraïbes et l’Europe, ainsi que les héritages historiques et les imaginaires contemporains qui les relient.
Vers la co-construction
La saison 2026 se distingue par une inflexion stratégique claire : la diplomatie culturelle n’est plus présentée comme un outil de rayonnement unilatéral, mais comme un espace de co-construction avec les acteurs locaux. La programmation est conçue comme pluridisciplinaire et participative, associant arts visuels, musique, danse, théâtre, cinéma, littérature, sciences humaines, pratiques numériques, architecture, urbanisme ou encore gastronomie. Cette diversité disciplinaire répond à une logique : croiser les savoirs et les formes artistiques pour rendre accessibles des concepts souvent perçus comme abstraits, tels que la créolisation, l’identité-relation ou l’archipel, notions centrales chez Glissant.
Dans cette perspective, la culture est envisagée comme un levier de dialogue et de médiation. Elle devient un outil de compréhension mutuelle entre sociétés, mais aussi un espace où se discutent des enjeux globaux : diversité culturelle et linguistique, rôle de la jeunesse, liens entre création artistique, savoirs endogènes et écologie.
Une programmation territorialisée
La saison 2026 est structurée autour de trois grandes périodes : janvier-avril, mai-août et septembre-décembre. Les activités se déploient à la fois dans les murs des Instituts français de Yaoundé et de Douala et hors les murs, en partenariat avec quatre acteurs culturels camerounais.
Tout au long de l’année, des expositions sont prévues dans les deux villes, notamment dans le cadre du Cabinet de curiosités. En avril, une exposition consacrée à l’Ensemble national du Cameroun, photographié par Adama Sylla, est annoncée à Douala, tandis que Yaoundé accueillera l’exposition Ville cruelle. Entre juillet et août, l’IFC de Douala présentera Arc-en-ciel monochrome, accompagnée de projections de la collection cinématographique Regards des Outre-mer à Douala et Yaoundé. La même période sera marquée par l’Urbain Arts Festival dans les deux métropoles. D’autres activités sont programmées sur le reste de l’année, dans une logique de continuité plutôt que d’événementialisation ponctuelle.
Jeunesse, participation et espaces publics
Un axe central de la saison concerne la jeunesse camerounaise, considérée non comme simple public, mais comme actrice des dispositifs proposés. Plusieurs projets mettent l’accent sur la participation active et l’appropriation des contenus.
Le projet L’archipel des quartiers, porté par Louise Abomba, transforme les quartiers en espaces de récits partagés à travers des parcours artistiques, balades poétiques, performances interactives et installations éphémères. L’espace public devient ainsi un lieu de création et de dialogue, où les mémoires locales sont mobilisées comme matière culturelle.
Le programme Paroles et identités du Tout-monde, développé par The Okwelians, vise à rendre la pensée glissantienne accessible à un large public jeune. Ateliers philosophiques, concours d’éloquence, universités populaires et séminaires en forêts communautaires traduisent des concepts théoriques en outils de réflexion collective. Déployé dans les dix régions du Cameroun, le projet doit aboutir à un Manifeste du Tout-monde camerounais, élaboré autour des questions de cohésion sociale et de transition écologique.
Résidences, transmission et circulation des savoirs
La saison accueille également plusieurs résidences de recherche et de création. Parmi elles, une résidence confiée à Ruben pour une réinterprétation contemporaine du conte musical Pierre et le Loup de Sergueï Prokofiev, présentée à Douala et Yaoundé.
Ces résidences s’inscrivent dans une logique d’hybridation culturelle : il ne s’agit pas seulement de produire des œuvres, mais de créer des espaces de transmission, de dialogue et d’adaptation des formes artistiques à des contextes locaux.
Le projet La parole nomade, porté par Kouam Tawa, illustre cette démarche. Lectures itinérantes, arbres à poèmes, ateliers d’écriture, performances et enregistrements radiophoniques font circuler la parole de Glissant sous des formes accessibles et mobiles, en dehors des cadres institutionnels traditionnels.
Culture, écologie et savoirs endogènes
Avec le Conseil International de Dialogue et de Partenariat (CIDP), la saison 2026 articule culture, écologie et savoirs traditionnels. Quatre actions sont prévues de Maroua à Limbé, de Yaoundé à Garoua : jardins communautaires inspirés de la philosophie de la Relation, ateliers de permaculture et de médecine endogène, débats inter-lycées et dispositifs numériques de médiation culturelle. Cette orientation élargit le champ de la diplomatie culturelle vers des enjeux environnementaux et sociaux, en lien direct avec les réalités locales.
La saison culturelle 2026 de l’Institut français du Cameroun se présente ainsi comme un dispositif de soft power renouvelé. Elle ne repose plus sur la seule diffusion d’œuvres ou de références culturelles françaises, mais sur la mise en relation de territoires, de mémoires et de pratiques. Dans un contexte international marqué par des crispations identitaires et des urgences écologiques, cette programmation propose une diplomatie culturelle fondée sur la relation, la circulation et l’ancrage local. Elle redéfinit le rôle de l’Institut français non comme simple opérateur culturel, mais comme plateforme de co-production d’imaginaires et de débats, à l’intersection du Cameroun, de la France et d’un espace culturel global en recomposition.
Formation supérieure : le Minesup intègre l’expertise chinoise dans la formation dans les BTP
La cérémonie s’est tenue à l’hôtel Hilton, dans la capitale politique, en présence de membres du gouvernement, du représentant de l’ambassade de Chine au Cameroun, des recteurs et vice-chanceliers des universités d’État, des responsables des services centraux du ministère, de dirigeants d’établissements d’enseignement supérieur et d’étudiants. L’accord a été paraphé côté camerounais par le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, et côté chinois par Zhao Zongzhi, directeur général technique de la CFHEC, basé à Pékin.
Un dispositif centré sur l’employabilité Au cœur du partenariat entre le Minesup et l’entreprise chinoise, figure un programme de formation professionnelle destiné aux étudiants et jeunes diplômés des universités camerounaises. L’objectif opérationnel est l’amélioration de l’employabilité à travers la « capacitation » des apprenants, c’est-à-dire le renforcement de leurs compétences pratiques, et leur certification dans les métiers liés aux infrastructures routières et de transport. Le dispositif introduit un mécanisme de « double qualification ».
Concrètement, l’étudiant conserve le diplôme académique délivré par son université, tout en obtenant une certification professionnelle délivrée par la CFHEC. Cette certification, reconnue à l’international, atteste des compétences techniques acquises sur le terrain et vise à faciliter l’insertion professionnelle immédiate après la formation.
LE MODÈLE PÉDAGOGIQUE 70/20/10
Le programme MINESUP-CFHEC repose sur un schéma d’apprentissage dit « 70/20/10 », largement utilisé dans la formation professionnelle. Il prévoit que 70 % du temps de formation soit consacré à la pratique réelle, notamment sur les chantiers et dans les bureaux d’études, 20 % au mentorat assuré par des ingénieurs et techniciens expérimentés de la CFHEC, et 10 % à des enseignements théoriques ciblés.
Cette approche vise à réduire l’écart souvent constaté entre la formation universitaire classique et les exigences concrètes des entreprises du secteur du BTP. Les bénéficiaires sont ainsi formés directement dans des conditions proches de celles de l’emploi.
UNE PROGRESSION PAR GRADES PROFESSIONNELS
Le parcours de formation est structuré autour de cinq grades professionnels, allant de l’ouvrier certifié à l’ingénieur certifié. Chaque niveau correspond à un ensemble de compétences validées, permettant une progression graduelle et mesurable. L’intérêt économique de ce système réside dans la standardisation des compétences, facilitant leur reconnaissance par les entreprises locales et étrangères.
Pour les universités, le partenariat implique une adaptation des curricula et un lien plus direct avec l’entreprise, sans remettre en cause le cadre académique existant. Pour les étudiants, il s’agit d’un accès à une formation pratique rarement disponible à grande échelle dans l’enseignement supérieur public.
ENJEUX NATIONAUX ET BESOINS EN MAIN-D’ŒUVRE
La CFHEC est un acteur majeur des infrastructures de transport. L’entreprise compte plus de 25 000 employés, opère dans une vingtaine de pays. Elle est spécialisée dans la construction d’autoroutes, de voies ferrées et de projets de transport urbain.
Au Cameroun, elle a réalisé les phases 1 et 2 de l’autoroute Yaoundé-Douala et intervient également sur l’axe Yaoundé-Nsimalen. Dans ce contexte, le partenariat répond à un besoin structurel : disposer d’une main-d’œuvre nationale qualifiée pour accompagner la multiplication des grands projets d’infrastructures, conformément aux orientations de développement à long terme du pays, notamment la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).
Du point de vue économique, l’accord s’inscrit dans une logique de substitution progressive de compétences locales aux expertises importées, avec des effets attendus sur l’emploi, les revenus des ménages qualifiés et la durabilité des investissements publics et privés dans les infrastructures.
Cameroun: ces risques qui pourraient freiner la croissance de l’économie en 2026
Selon les prévisions du ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), la bonne tenue de l’économie camerounaise devrait se poursuivre avec une croissance de 4,2% en moyenne sur la période 2026-2027. Néanmoins, relève le Minepat dans son Programme d’investissement prioritaire (PIP), lequel présente les projets majeurs que le gouvernement souhaite mettre en œuvre sur les trois prochaines années, malgré les perspectives favorables de l’économie camerounaise en 2026, ces projections demeurent dépendantes de plusieurs facteurs susceptibles de perturber le cadre macroéconomique et écarter sensiblement les principaux indicateurs des objectifs recherchés. Parmi les principaux risques identifiés par le Minepat, il y a la baisse de la demande extérieure.
Comme le relève le Minepat, les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) pour l’année 2025 annoncent une difficile reprise de l’économie mondiale. En effet, la croissance devrait stagner dans les pays avancés (1,9% en 2025 contre 1,7% en 2024) comme dans les économies émergentes et en développement (4,2% sur les deux années). Les tensions géopolitiques mondiales, notamment au Moyen-Orient, ainsi que la guerre commerciale en cours, pourraient s’aggraver et/ou perdurer, perturbant davantage les chaînes d’approvisionnement, notamment en Asie et en Europe, des zones qui représentent 80 % des exportations du Cameroun.
INFLATION ÉLEVÉE, CHANGEMENTS CLIMATIQUES…
Un niveau encore élevé d’inflation représente un autre risque sur la bonne santé de l’économie camerounaise en 2026. En 2025, l’économie camerounaise devrait continuer à faire face à des niveaux encore élevés des prix à la consommation, prévient le Minepat. En effet, les prévisions tablent sur une inflation à 4%, toujours supérieure au critère de convergence de la CEMAC. Toutefois, cette évolution est en baisse sensible par rapport aux niveaux des années antérieures, induisant des effets minorés sur le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises. Il y a également, la dégradation des conditions climatiques.
Lesquelles se dégradent avec la récurrence des phénomènes météorologiques extrêmes (sécheresses, inondations) perturbant l’agriculture, l’élevage et les infrastructures, et aggravant la situation sanitaire dans certaines régions du pays. Selon le Minepat, les prévisions annoncent une pluviométrie normale à excédentaire le long de la côte et dans une partie Sud du pays, et des hausses de températures dans plusieurs localités, en particulier pendant la nuit. Ainsi, l’on devrait s’attendre cette année encore à subir les conséquences des changements climatiques.
Entre autres risque, le Minepat annonce la restriction des transactions financières internationales à court terme. Après la dernière évaluation du GAFI en février 2025, le Cameroun est resté sur « liste grise » malgré les avancées enregistrées. Afin d’éviter une dégradation de la situation, le pays doit poursuivre la mise en œuvre du plan d’actions arrêté avec le GAFI. En effet, le non-respect de ces engagements pourrait exposer le pays à être considéré à haut risque, et se voir inscrire sur la « liste noire ».
Cette situation, prévient le Minepat, serait de nature à conduire les banques étrangères à réduire, voire à suspendre les transactions avec leurs correspondants au Cameroun et freiner, ipso facto, l’entrée Investissements directs étrangers (IDE). L’accroissement de la dette publique représente également un risque. Selon le Minepat, le volume des intérêts de la dette n’a cessé de croître pour atteindre un niveau de 8% des recettes totales sur l’année 2024, l’un des ratios les plus élevés de la dernière décennie. Cette situation s’explique par des échéances de remboursement de plus en plus volumineuses, en raison de la maturité de plusieurs engagements ; une augmentation du coût de l’endettement.
En effet, les taux d’intérêts sur les bons du Trésor du Cameroun ont plus que doublé entre 2020 et 2024, passant de 2,67% en 2020 à 6,33% en 2024, soit une augmentation de plus de 100%, constate le Minepat. En outre le Taux de la facilité marginale de prêt (TFMP) et le Taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) sont restés relativement élevés. Parallèlement, les besoins de financement identifiés pour le triennat 25-27 se situent à 5 167 milliards FCFA, un montant sensiblement élevé qui devrait soutenir la mise en œuvre de la SND30.
LES DÉFIS DU TRIENNAT 2026-2028
Au regard de ces risques, le Minepat indique comme principaux défis pour le triennat 2026-2028, la poursuivre la mise en œuvre des principaux projets de deuxième génération, qui couvrent plusieurs secteurs infrastructurels, à l’instar des projets d’aménagement hydroélectrique de Kikot, de Chollet dans le secteur énergétique. Toutefois, précise le Minepat, le durcissement des conditions financières mondiales consécutivement à l’inflation générée par la crise du Covid19 et la guerre en Ukraine contraignent fortement la mise en œuvre de ces projets. Il y a également, la promotion de l’Import-substitution, à travers l’accélération de la mise en œuvre du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH).
Selon le Minepat, un effort substantiel est fait pour fournir des dotations budgétaires conséquentes en faveur de la mise en œuvre efficace de chacune de cette initiative. Aussi, il faut accélérer l’opérationnalisation de la SNI. Dans ce cadre, poursuivre la mise en œuvre des plans de reconstruction du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et de l’Extrême Nord, qui mobilise déjà des ressources évaluées à 1200 milliards de FCFA. Des moyens qui restent cependant insuffisants pour couvrir l’ensemble des besoins. Tout comme il faut renforcer l’autonomie économique des Collectivités territoriales décentralisées (CTD) et consolider le processus de décentralisation, par une augmentation des ressources d’investissement transférées aux CTD.
A côté des ressources transférées qui ont augmenté de 10,1% en 2025 et qui représentent 17% du montant total des ressources internes ordinaires affectées à l’investissement public, les CTD bénéficient, avec la mise en œuvre de la nouvelle loi portant fiscalité locale, d’une augmentation importante des ressources fiscales, pour leur permettre de mieux exercer les compétences qui leur sont transférées au niveau local, pense le Minepat.
ACCÉLÉRER LES TRAVAUX EN COURS, OPTIMISER LA GESTION FONCIÈRE…
Entre autres défis qui interpellent le Cameroun pour le triennat 2026-2028, il y a la nécessité d’accélérer les travaux en cours pour lever tous les préalables nécessaires à la mobilisation des fonds verts, à l’effet d’améliorer la performance du Cameroun en la matière. Selon le Minepat, la Facilité pour la durabilité et la résilience a permis des avancées significatives avec la prise en compte des problématiques climat dans les instruments budgétaires. Egalement, il faut accélérer les investissements dans le secteur de l’énergie afin d’atteindre le plein potentiel. La capacité installée de production d’électricité au Cameroun est passée de 1 529 MW en 2020 à 2 219 MW en 2025.
Pour le Minepat, l’on est encore loin de la cible de la SND30 (5 000 MW). Enfin, il faut optimiser la gestion foncière. Les travaux engagés pour la formulation d’une politique foncière doivent prendre en compte l’urgente nécessité de la sécurisation foncière pour les opérateurs privés à l’effet d’améliorer le climat des affaires. L’accélération des acquisitions foncières pour les investissements d’envergure est également une priorité, précise le Minepat.
Lolodorf accueille les premières Journées Culturelles NLAR MBVUMBO du 26 au 28 février 2026
Placée sous le signe de la célébration, de la transmission et de la valorisation du patrimoine culturel, cette rencontre ambitionne de mettre en lumière l’identité MBVUMBO dans toute sa diversité. Au-delà de l’aspect festif, les JCNM 2026 se veulent un véritable cadre de cohésion communautaire, de rayonnement culturel et de mobilisation collective en faveur du développement local.
Selon les organisateurs, plus de 1 500 participants sont attendus à Lolodorf à l’occasion de cet événement inédit. Un afflux qui témoigne de l’intérêt croissant pour la préservation des cultures locales et du besoin de renforcer la mémoire historique ainsi que le sentiment d’appartenance au sein des communautés. Les Journées Culturelles NLAR MBVUMBO entendent ainsi contribuer à la consolidation de la solidarité intergénérationnelle et à une meilleure visibilité de la culture MBVUMBO, tant au niveau local que national et international.
Pour Jean Max Bind Timbi, président du Comité technique d’organisation, cette première édition marque « une étape décisive dans la structuration et la transmission du patrimoine culturel MBVUMBO ». Il souligne que « les JCNM constituent un espace d’expression, de dialogue et de partage, où les traditions rencontrent les enjeux contemporains du développement ».
Le programme annoncé est particulièrement riche et diversifié. Les festivités s’ouvriront par un culte œcuménique, symbole de rassemblement et de communion, suivi d’un grand carnaval marqué par le défilé des villages, des antennes et des associations. L’un des temps forts sera la Tribune des Chefs, dédiée à l’histoire des villages et à la transmission des récits fondateurs, afin de perpétuer la mémoire collective et les valeurs ancestrales.
Le public pourra également découvrir des expositions culturelles et artisanales, savourer la gastronomie locale à travers des stands et des concours culinaires, et assister à une soirée culturelle d’ouverture agrémentée de concours de langue MBVUMBO. Des danses traditionnelles, des contes et du théâtre populaire viendront enrichir cette immersion au cœur des traditions.
Les Journées Culturelles NLAR MBVUMBO feront aussi une large place à la réflexion et à la production intellectuelle. Un colloque scientifique est prévu autour du thème : « Origine et avenir du peuple MBVUMBO ». Cette rencontre académique réunira chercheurs, universitaires et acteurs culturels, avec pour objectif d’analyser les racines historiques du peuple MBVUMBO et de réfléchir aux perspectives de son développement dans un monde en mutation.
À cela s’ajoutent une foire agricole et artisanale, des jeux traditionnels, une élection Miss & Master NLAR MBVUMBO, une soirée de trophées et de distinctions honorifiques, un match de gala, une marche sportive, des visites historiques et une soirée de gala de clôture. Autant d’activités qui traduisent la volonté des organisateurs de faire des JCNM un événement fédérateur, inclusif et durable.
À travers cette initiative, les promoteurs des Journées Culturelles NLAR MBVUMBO entendent inscrire la culture au cœur du développement local, en la considérant comme un levier de cohésion sociale, de transmission des savoirs et de dynamisation économique. Lolodorf se positionne ainsi, le temps de trois jours, comme une vitrine vivante du patrimoine MBVUMBO et un carrefour d’échanges culturels ouvert sur l’avenir.
Nord-Ouest : 14 civils massacrés à Ndu par des séparatistes
C’est aux environs de 5 heures du matin, alors que les populations étaient encore plongées dans le sommeil, que des hommes armés — présumés être des miliciens ambazoniens — ont pris d’assaut la localité de Gidado-Mbandfun. Cette incursion est d’ores et déjà considérée comme la plus meurtrière enregistrée dans l’arrondissement de Ndu depuis le basculement de la crise anglophone en conflit armé.
Outre le lourd bilan humain, les assaillants ont laissé derrière eux un paysage de désolation : habitations et véhicules incendiés, bétail abattu et biens matériels pillés.
Le spectre des représailles
Si les mobiles officiels de cette barbarie restent à déterminer, plusieurs sources locales évoquent une opération de représailles. Les combattants séparatistes accusaient la communauté Mbororo de « collaboration » avec les forces de défense et de sécurité.
Cette attaque survient en effet quelques jours après une opération militaire d’envergure menée le 6 janvier dernier. Celle-ci s’était soldée par la neutralisation de 12 séparatistes, dont le redouté « General Bansaah », chef de guerre mystique opérant dans les secteurs de Ndu et de la Bui. Ce groupe armé était soupçonné d’avoir orchestré l’enlèvement et l’assassinat de l’honorable Abe Michael Ndra, député de la circonscription de la Donga Mantung Ouest.
La réaction ferme des autorités
Le gouverneur de la région du Nord-Ouest, Adolphe Lele L’Afrique, a fermement condamné cet acte lors d’une intervention sur les ondes de la CRTV. Il a confirmé le bilan de 14 victimes, précisant le profil des défunts : un homme, six femmes et sept enfants âgés de 2 à 11 ans. Quatorze autres blessés sont actuellement pris en charge dans les structures sanitaires de Ndu et Nkambe.
> « Le Chef de l’État a prescrit des mesures urgentes pour restaurer la sécurité afin de garantir la protection de tous, et particulièrement celle des communautés Mbororos », a déclaré le Gouverneur, tout en appelant à une collaboration accrue entre les populations et les forces de l’ordre pour « traquer et traduire en justice les auteurs de cet acte terroriste ».
« Ndu est fatigué de ces tueries incessantes »
Le maire de la commune de Ndu, Abdou Kanfon Borno, a exprimé son indignation face à ce qu’il qualifie de « génocide contre les Peuls ». Dans un communiqué poignant, l’édile a révélé que l’attaque a quasiment décimé la famille d’un certain Alhadji Tadibo (décédé il y a deux mois des suites d’une précédente attaque), emportant sa mère, ses deux épouses et ses cinq enfants.
« Il est décourageant de voir impuissamment notre population civile périr dans des circonstances aussi troublantes », a déploré le magistrat municipal, exhortant les élites et les forces vives à s’interroger sur l’avenir de la communauté.
Liste des victimes identifiées
Parmi les victimes recensées au moment de mettre sous presse, figurent de nombreux mineurs :
* Enfants : Raihana Tadi (2 ans), Mohamadou Aminou Dairou (2 ans), Nana Khadija Amadou Tadi (6 ans), Asmau Amadou Tadi (9 ans), Basirou Jubairou (10 ans), Mohamadou Gaddafi Ali (11 ans).
* Adultes : Aboubacar Amadou Tadi (17 ans), Jamilatou Amadou Tadi (21 ans), Ladifatou Tura (29 ans), Bibba Alhadji Tadi (39 ans), Hajara Alhadji (48 ans), Adama Suli (50 ans), Alhadji Juli (60 ans) et Adama Alhadji (70 ans).
Ce massacre s’ajoute à la longue liste des tueries de masse ayant endeuillé les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2017, rappelant les tragédies d’Egbekor, Kumba ou encore Akwaya.
Manassé Jr. Ndongo
Commentaire
Ndu : Quand la barbarie se drape dans la cause séparatiste
Le massacre de Gidado-Mbandfun n’est pas seulement une tragédie humaine de plus dans la crise anglophone ; il illustre la mutation profonde d’un conflit politique vers une confrontation communautaire aux conséquences imprévisibles.
Le piège de la « collaboration »
Depuis le début de la crise en 2017, la communauté Mbororo (éleveurs nomades et semi-nomades) se retrouve prise entre deux feux. Traditionnellement perçue comme proche de l’administration centrale par son mode de vie et ses structures sociales, elle est devenue, aux yeux des groupes séparatistes, une « cinquième colonne ». En accusant les Mbororos de renseigner les forces de défense, les milices armées justifient l’injustifiable : le ciblage délibéré de civils, incluant des nourrissons et des personnes âgées.
La tactique de la terre brûlée
L’élimination du « General Bansaah » et de son gangrène en partie décimé par l’armée le 6 janvier dernier a manifestement laissé un vide que ses lieutenants tentent de combler par la terreur. Dans la rhétorique séparatiste, l’échec militaire doit être compensé par une démonstration de force contre les « maillons faibles » du tissu social. En frappant la Donga Mantung, un département qui a souvent montré une résistance certaine aux mots d’ordre de désobéissance civile, les assaillants cherchent à briser la résilience locale par un traumatisme collectif.
Un défi sécuritaire et social
La réponse ne peut être uniquement militaire. Si le déploiement de mesures spéciales annoncé par le Gouverneur Adolphe Lele L’Afrique est une nécessité immédiate, le défi à moyen terme reste la cohésion sociale. Comme l’a souligné avec amertume le maire Abdou Kanfon Borno, la communauté doit « s’interroger sur là où elle a échoué ».
Le risque majeur est désormais celui d’une spirale de vendettas intercommunautaires. Si les populations civiles commencent à se faire justice elles-mêmes ou si une communauté entière se sent condamnée à l’extermination, le conflit pourrait échapper à tout contrôle politique. À Ndu, comme ailleurs dans les régions en crise, l’urgence est à la protection des minorités et à la restauration d’une confiance rompue entre voisins.
L’histoire retiendra que le 14 janvier 2026, à Gidado-Mbandfun, ce n’est pas une idéologie qui a triomphé, mais la barbarie la plus crue, celle qui s’en prend à des enfants de deux ans au nom d’une « cause » qui semble avoir perdu tout sens de l’humanité.
Bornes fontaines publiques : Camwater opte pour une solution de proximité d’accès à l’eau potable
Rapprocher l’eau potable des populations, notamment les couches les plus vulnérables. C’est ambition que nourrit la Cameroon Water Utilities (Camwater), à travers le projet de construction de 200 bornes fontaines publiques sur toute l’étendue du territoire national. La phase pilote de ce projet est prévue démarrer au second trimestre de cette année 2026. Pour la Camwater, il s’agit de la première phase d’un vaste programme d’implémentation des projets d’alimentation en eau potable à mettre en œuvre au cours des prochaines années. Dans les détails, le projet devrait s’étendre à tout le pays avec 50 bornes pour Yaoundé ; 50 bornes dans la ville de Douala et 10 autres pour des localités dans chacune des 10 régions.
Comme l’explique Blaise Moussa, le directeur général de la Camwater, « La répartition nationale témoigne d’une volonté d’équité territoriale. Les critères d’attribution et d’implantation seront définis par la Camwater, en concertation avec les communes partenaires, afin de garantir une localisation stratégique, au plus près des zones à forte concentration humaine et à forte demande hydrique. Ce projet structurant et tourné principalement vers les populations vulnérables ». Cette initiative dont l’objectif est de réduire la distance entre les points de puisage et les ménages, en ciblant en priorité les zones à forte tension hydrique sera mise en œuvre en liaison avec les communes, en accompagnement des extensions des systèmes d’alimentation en eau potable et des nouveaux branchements en zones urbaines et périurbaines.
Une réponse adaptée aux besoins quotidiens des populations
Blaise Moussa ajoute que « Dans un contexte de croissance démographique soutenue, ces nouveaux ouvrages viendront soulager la pression exercée sur les infrastructures existantes et apporter une réponse adaptée aux besoins quotidiens des populations. Les diligences y afférentes font déjà l’objet d’un suivi personnel du Directeur général. Plus qu’un projet, une promesse tenue. Avec la construction des 200 bornes fontaines publiques et la mobilisation de projets structurants majeurs, la Camwater inscrit résolument l’accès à l’eau potable comme un pilier du développement humain, de la justice sociale et de la stabilité nationale ».
Sur la portée de ce projet, le DG de Camwater précise que « Des millions de ménages seront impactés grâce à ce projet de proximité pensé et exécuté en étroite collaboration avec les collectivités territoriales décentralisées. Il s’agira de rapprocher durablement l’eau potable des ménages, soulager les femmes et les enfants, et offrir un accès sécurisé à une eau de qualité aux couches défavorisées. Nous allons favoriser l’extension du réseau d’eau de la Camwater et les nouveaux branchements vers les zones pauvres en eau afin de satisfaire le maximum de personnes ».
À l’issue de cette phase pilote de six mois, l’opération sera progressivement étendue, en fonction des résultats obtenus, des besoins exprimés par les collectivités territoriales décentralisées et de la disponibilité des ressources, afin de couvrir un nombre accru de zones prioritaires à forte tension hydrique, précise-t-on à Camwater. Pour ce qui est de l’entretien de ces ouvrages hydrauliques, la structure en charge de la production et de la distribution de l’eau potable au Cameroun informe qu’il sera du ressort de l’opérateur de distribution de l’eau, avec la contribution des communes bénéficiaires qui devront participer également à la bonne gestion quotidienne des ouvrages afin de garantir leur pérennisation. « Nous disposons de meilleurs experts hydrauliques qui veilleront par un suivi particulier à l’entretien des bornes fontaines publiques pour le bien-être des populations », rassure-t-on à la Camwater.
Bornes fontaines publiques : une solution d’appoint
Dans les grandes agglomérations, la construction des bornes fontaines publiques reste une mesure palliative pour leur approvisionnement en eau potable, en attendant le démarrage effectif des différents projets d’envergure qui vont bientôt démarrer, rassure-t-on à Camwater. Parmi ces projets d’envergure cités par le DG de Camwater, il y la reconfiguration du système d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé. « En outre, deux autres projets majeurs qui viendront en soutien au projet d’alimentation en eau potable de ville de Yaoundé à travers le fleuve Sanaga (PAEPYS) et le projet d’urgence pour une meilleure intégration du volume d’eau potable du PAEPYS (PUMIP) déjà opérationnels et du Projet de réhabilitation et d’extension de la station de Japoma-Douala, qui vont renforcer significativement le taux de production actuelle », explique Blaise Moussa.
Avant d’ajouter que « Nous avons également une série de projets au profit des autres villes, notamment le Projet d’alimentation en eau potable 9 villes phase 2 (Maroua, Garoua, Garoua-Boulaï, Yabassi et Dschang), dont la livraison du chantier est prévue au cours de cette année. Bien d’autres projets sont dans le pipe afin d’améliorer substantiellement l’approvisionnement en eau potable pour tous, en respect du point 6 des Objectifs de développement durable ». Blaise Moussa de conclure « que le gouvernement, à travers son bras séculier qu’est la Camwater, a mis les bouchées doubles pour améliorer substantiellement l’accès à l’eau potable des populations camerounaises. Nous ne ménagerons ainsi aucun effort, toutes nos équipes sont mobilisées à l’effet de la conduite harmonieuse de toutes ces opérations, au bénéfice des ménages camerounais ».
La campagne de 200 000 nouveaux branchements en cours
Pour la Camwater, c’est une opération d’envergure qui vient compléter efficacement les bornes fontaines publiques, en offrant une solution pérenne aux foyers éligibles au raccordement individuel. La Camwater a en effet engagé une vaste campagne nationale de réalisation de 200 000 nouveaux branchements, destinée à rapprocher le réseau de distribution des ménages, à réduire les branchements frauduleux et à élargir durablement la base des abonnés.
Le projet de construction de 200 bornes fontaines publiques se veut donc pour la Camwater, une approche transitoire qui s’inscrit dans un dispositif cohérent et ambitieux, combinant réponses d’urgence et réformes structurelles, à travers plusieurs projets d’envergure. « Parmi ceux-ci figure le projet de sécurité de l’eau au Cameroun, mis en œuvre sur financement de la Banque mondiale. S’y ajoute le projet PforR (Program for Results), également soutenu par la Banque mondiale, qui introduit une approche innovante fondée sur les résultats, la performance et la bonne gouvernance. Ce mécanisme accélère les réformes du secteur, optimise les investissements et garantit un impact mesurable sur l’accès des populations à une eau potable de qualité », précise Blaise Moussa.
Budget 2026 : Cap sur une croissance inclusive et une discipline budgétaire accrue
L’année 2026 marque un tournant décisif pour les finances publiques camerounaises. Lors du lancement officiel du budget ce mardi 13 janvier 2026, les grandes orientations de l’État ont été dévoilées, mettant en lumière une stratégie qui tente de concilier relance économique et rigueur de gestion.
UN BUDGET EN FORTE EXPANSION MALGRÉ LES VENTS CONTRAIRES
Le montant global du budget de l’État pour 2026 s’élève à 8 816,4 milliards de FCFA, ce qui représente une augmentation significative de 14 % par rapport à la loi de finances rectificative de 2025, soit une hausse de 1 080,5 milliards de FCFA. Cette enveloppe se décline en un budget général de 8 683,9 milliards et des Comptes d’Affectation Spéciale (CAS) évalués à 132,5 milliards. L’objectif affiché par les autorités est ambitieux : « le renforcement de la dynamique de croissance économique inclusive, à travers notamment, la transformation industrielle du tissu productif et l’amélioration des conditions de vie des populations ». Pour y parvenir, le gouvernement mise sur la Stratégie Nationale de Développement à l’horizon 2030 (SND30), tout en veillant à maintenir « le niveau d’endettement sur une trajectoire viable, en cohérence avec les critères de convergence de la Sous-Région CEMAC ».
DES INNOVATIONS MAJEURES POUR PLUS DE TRANSPRENCE
La circulaire d’exécution, signée le 31 décembre 2025 par le Ministre des Finances, ne se contente pas de fixer des chiffres ; elle introduit des réformes structurelles profondes. Parmi les innovations les plus marquantes, on note l’application intégrale de la Nomenclature budgétaire de 2019, qui entraîne la suppression des anciens « chapitres communs » au profit de dotations spécifiques pour les dépenses accidentelles et imprévisibles.
Une attention particulière est désormais portée à l’équité sociale. Comme le souligne le document de présentation, « les crédits budgétaires alloués aux dépenses marquées comme sensibles au genre ne peuvent pas faire l’objet de virement pour l’exécution d’autres types de dépenses ». C’est une avancée majeure pour la sécurisation des ressources dédiées à l’autonomisation des femmes. De plus, pour soutenir directement la jeunesse et l’entrepreneuriat féminin, un Fonds Spécial de 50 milliards de FCFA a été créé pour l’autonomisation économique des femmes et la promotion de l’emploi jeune.
UNE DISCIPLINE DE FER FACE AUX RISQUES
L’exécution de ce budget ne sera pas sans embûches. Le gouvernement identifie plusieurs risques exogènes, notamment la « persistance de la crise russo-ukrainienne et des tensions au Moyen-Orient », ainsi que la « baisse durable des cours mondiaux des matières premières exportées par le Cameroun en particulier, le pétrole brut ». Au niveau interne, l’insécurité dans certaines régions et les aléas climatiques pèsent également sur les prévisions.
Pour pallier ces risques, la réduction du train de vie de l’État reste un leitmotiv. Les orientations sont fermes : « pour les dépenses de fonctionnement, les mesures budgétaires demeurent axées sur la réduction du train de vie de l’État ». En parallèle, le gouvernement prévoit une « mobilisation optimale des recettes internes non pétrolières, dans le respect de la soutenabilité de l’activité économique, tout en évitant des distorsions économiques préjudiciables au développement et à la compétitivité des entreprises ».
LA CLÉ DU SUCCÈS RÉSIDE DANS L’APPROPRIATION
En fin de compte, la réussite de cet exercice budgétaire dépendra de la rigueur de chaque acteur. Comme l’explique ce cadre du Minfi, « le budget 2026 est exécutoire et sa mise en œuvre interviendra dans un contexte difficile. La circulaire d’exécution du budget ainsi que son annexe […] doivent ainsi faire l’objet d’une bonne appropriation par l’ensemble des acteurs. C’est à cette seule condition que le budget de l’Etat et ceux des autres entités publiques pourront permettre de relever les nombreux défis qui leur sont attachés. ». Entre ambition industrielle et prudence fiscale, le Cameroun trace sa route pour 2026 avec l’espoir que cette injection massive de capitaux dans l’économie réelle produise les effets escomptés sur le quotidien des populations.
Marchés publics : comment l’État entend sécuriser la dépense publique en 2026
L’environnement réglementaire reste marqué par trois évolutions majeures : la poursuite de la vulgarisation des nouveaux textes, l’obligation de catégorisation des entreprises du bâtiment et des travaux publics (BTP), et la transition vers la passation des marchés par voie électronique à travers la plateforme Coleps (Cameroon Online E-Procurement System). Cette plateforme permet la soumission et le traitement en ligne des offres, avec pour objectif de réduire les délais, de limiter les interventions humaines et de renforcer la traçabilité des procédures.
Parmi les rappels jugés structurants figure l’obligation faite aux maîtres d’ouvrage et maîtres d’ouvrage délégués de mettre à jour, en lien avec le Minmap, leurs plans de passation des marchés et leurs journaux de programmation. Cette exigence s’applique notamment en cas d’inscription de nouveaux projets ou de modification de projets existants, afin d’éviter les ajustements tardifs qui perturbent l’exécution budgétaire en cours d’exercice.
La Cirex 2026 fixe également des échéances strictes. La signature des marchés devra intervenir au plus tard le 30 avril 2026. Le recours à l’exécution des travaux en régie, c’est-à-dire réalisés directement par l’administration sans entreprise privée, reste autorisé mais soumis à une autorisation préalable du ministre des Marchés publics. Les marchés passés par entente directe, communément appelés gré à gré, sont encadrés par une date butoir : les demandes d’autorisation devront être déposées avant le 15 octobre 2026. Les demandes d’actualisation des dossiers, elles, sont limitées au 15 août 2026.
L’APPROCHE HIMO AU CŒUR DE LA COMMANDE PUBLIQUE
Autre point mis en avant est l’intégration des approches à haute intensité de main-d’œuvre (HIMO). Inscrites dans la loi de finances 2026, ces méthodes privilégient le recours à la main-d’œuvre locale, en particulier les jeunes et les femmes, plutôt qu’aux équipements lourds. L’objectif est de favoriser l’emploi direct dans les communautés et de renforcer l’impact social des projets publics, tout en réduisant les coûts liés à la mécanisation excessive.
Conformément au décret de 2014, elles doivent être prises en compte dès la maturation des projets, au moment de la passation des marchés et durant l’exécution des travaux. Le Minmap a par ailleurs insisté sur les mesures de promotion des matériaux locaux et des petites et moyennes entreprises. Les marchés dits « réservés » sont désormais destinés aux artisans, aux PME nationales, aux organisations communautaires de base et aux organisations de la société civile. Les seuils sont clairement définis. Ils sont fixés à 15 millions de FCFA pour les très petites entreprises et artisans, 30 millions pour les organisations communautaires, et 50 millions pour les PME.
Les critères d’évaluation tiennent compte de la localisation du soumissionnaire et de ses références, avec une prise en considération de l’expérience du promoteur lorsque l’entreprise est récente.
LE RÉGIME DES CAUTIONS EST RENFORCÉ
Sur le volet de l’exécution, les consultations par anticipation sont autorisées sous conditions, notamment l’existence d’un plan de travail annuel ou d’un journal de projets. Toutefois, aucun visa budgétaire ne peut être accordé sans financement effectivement disponible. Le régime des cautions a été renforcé.
Les cautions de soumission, de bonne exécution et de retenue de garantie doivent désormais être consignées à 100 % auprès de la Caisse des dépôts et consignations (CDEC). Seules les avances de démarrage sont consignées à hauteur de 40 %. L’absence de récépissé entraîne l’élimination du soumissionnaire, et des mécanismes de vérification de l’authenticité des cautions sont mis en place, y compris pour les soumissions en ligne.
RECETTES NON FISCALES : CLARIFICATION DES FRAIS LIÉS AUX MARCHÉS PUBLICS
Enfin, le département en charge des Marchés publics a précisé le cadre des recettes non fiscales liées aux marchés publics. Il s’agit notamment des frais de catégorisation des entreprises, des frais d’acquisition des certificats électroniques nécessaires à l’utilisation de Coleps, des frais d’examen des recours et de ceux relatifs à la levée de suspension des acteurs de la commande publique. Ces frais sont désormais encadrés par des plafonds définis par la loi de finances.
À travers ces rappels et ajustements, l’administration des marchés publics entend resserrer les règles de gestion, réduire les marges d’interprétation et mieux sécuriser l’exécution du budget 2026, dans un contexte où la maîtrise des procédures conditionne directement l’efficacité de la dépense publique. Dans le cadre de sa mission régalienne visant à garantir le bon fonctionnement du système des marchés publics, le ministère des Marchés publics (Minmap) entend maintenir son accompagnement technique auprès des acteurs tout au long de l’exercice 2026. « Le MINMAP continuera, comme par le passé, à accompagner les acteurs afin que la passation et l’exécution des marchés publics soient optimales au cours de l’exercice 2026 à travers les cinq principaux piliers de performance », a déclaré Théophile Tsala Eloundou, conseiller technique n°2 du ministère, lors de sa présentation.
Ces piliers incluent la finalisation et la signature des textes d’application du Code des marchés publics, la poursuite de la professionnalisation des intervenants du secteur, l’appui à la dématérialisation des procédures via la plateforme Coleps, le renforcement des contrôles sur la passation et l’exécution des marchés, ainsi qu’un durcissement des sanctions à l’encontre des pratiques irrégulières et des acteurs reconnus coupables de manquements.
Lancement du budget 2026 : une hospitalité sous le signe de la reconnaissance à Ngaoundéré
C’est dans une atmosphère de solennité que Monsieur le Maire de la Ville de Ngaoundéré, Bobbo SALIHOU, s’est exprimé à l’ouverture des travaux de lancement du budget de l’État pour l’exercice 2026. Souhaitant la bienvenue au Ministre des Finances et à sa délégation, l’édile a exprimé sa profonde gratitude pour le choix porté sur le chef-lieu de l’Adamaoua pour abriter cet événement de portée nationale.
Au-delà des civilités d’usage, Bobbo SALIHOU a tenu à saluer la résilience du management financier du pays. Dans un contexte mondial marqué par des chocs économiques successifs, il a loué les efforts constants du Ministre pour maintenir le cap de la croissance et soutenir les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD). Pour le Maire, le message est clair : la décentralisation n’est plus un projet, mais une réalité « résolument et irréversiblement en marche ».
LES GRANDS DÉFIS DE L’ADAMAOUA
Si l’heure était à la célébration de la coopération État-communes, le Maire s’est fait le porte-voix des aspirations profondes des populations locales. Deux axes prioritaires ont été mis en exergue pour catalyser le développement régional :
- Le pôle énergétique et logistique : Avec une demande pressante pour la relance des chantiers des barrages hydroélectriques et le démarrage effectif du projet de port sec de Matari, infrastructure jugée cruciale pour le désenclavement et le dynamisme commercial de Ngaoundéré.
- Le pôle institutionnel : La nécessité de renforcer l’offre en services publics et de construire des résidences de fonction pour les autorités administratives, municipales et régionales.
INNOVER MALGRÉ LA RARETÉ DES RESSOURCES
Malgré un contexte budgétaire qu’il a qualifié de « s’amenuisant », Bobbo SALIHOU a présenté un bilan honorable des réalisations municipales visant à améliorer le cadre de vie des citoyens. Ce tour d’horizon des acquis a servi de base à l’énoncé de doléances spécifiques visant à renforcer les moyens d’action des élus locaux. En concluant son propos, le Maire a souhaité des travaux fructueux aux participants, rappelant que l’avenir économique de la « ville château d’eau » du Cameroun se joue aujourd’hui dans la rigueur et l’ambition de ce nouveau budget.















