dimanche, avril 5, 2026
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Dettes fiscales : le Minfi accorde jusqu’à 80% de remise

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Le climat des affaires au Cameroun vient de recevoir un signal positif de la part du Ministre des Finances. Par un communiqué radio et presse daté du 26 janvier 2026, le Ministre des Finances (MINFI) a annoncé que les dispositions de la Loi de Finances 2026 reconduisent, en les améliorant, les facilités de paiement des dettes fiscales. Une décision qui s’inscrit dans la continuité des réformes entamées en 2024.

 La principale innovation de cette année est l’extension du champ d’application. Alors que les précédentes mesures étaient plus restrictives, la transaction spéciale s’étend désormais aux dettes fiscales émises jusqu’au 31 décembre 2023. Cette décision ne se limite pas à une simple prolongation calendaire. Le législateur a également procédé à une révision à la hausse des taux d’abattement, notamment pour les dossiers les plus complexes, montrant ainsi une volonté de l’État de solder définitivement les vieux contentieux qui encombrent les tiroirs de l’administration.

LE DÉTAIL DES MESURES : QUI GAGNE QUOI ?

Le dispositif est segmenté pour répondre à la diversité des situations critiques rencontrées par les opérateurs économiques et les entités publiques. Sur le front judiciaire, la priorité est au déblocage des situations pendantes. Ainsi, pour les contribuables dont les dossiers sont actuellement devant les Tribunaux Administratifs ou la Cour Suprême, l’État propose un abattement exceptionnel de 80 %. L’objectif est clair : désengorger les tribunaux et permettre aux entreprises de sortir de l’incertitude juridique en échange d’un paiement du reliquat (20 %) sur une période maximale de 6 mois.

Concernant le secteur public et parapublique c’est une véritable bouffée d’air frais qui est promise aux collectivités territoriales décentralisées et autres entités publiques concernées. Les mairies (CTD) et les entreprises d’État traînent souvent de lourds arriérés. Pour ces entités, un abattement de 60 % est accordé sur les arriérés non contestés, avec un étalement de paiement généreux sur 12 mois. Quant au secteur privé on peut considérer que la main tendue du ministre des Finances est un véritable soutien à la compétitivité. Pour leurs arriérés non contestés, elles bénéficient d’une réduction de 50 % de la dette, également étalable sur un an.

UNE STRATÉGIE DE « GAGNANT-GAGNANT »

Si cette mesure ressemble à un cadeau fiscal, elle est en réalité une stratégie de recouvrement pragmatique. Pour l’État, il vaut mieux recouvrer 20 % ou 50 % d’une créance rapidement que de maintenir 100 % d’une dette « pourrie » que l’entreprise ne pourra jamais payer. Pour les chefs d’entreprises, c’est l’occasion de nettoyer leurs bilans comptables, d’améliorer leur notation auprès des banques et de retrouver une capacité d’investissement. En période de pression inflationniste, cette réduction de la charge fiscale est un levier de compétitivité non négligeable.

 LA DIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTS EN PREMIÈRE LIGNE

 Le Ministre Louis Paul Motaze précise que ces avantages ne sont pas automatiques. Les contribuables doivent manifester leur intérêt en introduisant une demande formelle auprès du Directeur Général des Impôts (DGI). L’administration fiscale se dit prête à « accompagner de façon permanente » les usagers dans cette démarche. Le message est on ne peut plus clair : la main est tendue, mais il appartient aux redevables de la saisir avant que les procédures de recouvrement forcé ne reprennent leur cours normal.

Minsanté : 389 milliards FCFA pour une année 2026 placée sous le signe de la performance

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L’heure est à la rigueur au Ministère de la Santé Publique (Minsanté). Pour l’exercice 2026, l’administration centrale s’est dotée d’une feuille de route budgétaire claire : passer d’une consommation passive des crédits à une performance mesurable sur le terrain. La cérémonie de lancement, qui a réuni l’ensemble des acteurs de la chaîne budgétaire, a servi de cadre à une mise à niveau technique sur les nouvelles dispositions de la Loi de finances.

DES INNOVATIONS POUR UNE EXÉCUTION SÉCURISÉE

Le budget 2026, arrêté à la somme de 388 912 000 000 FCFA, intègre plusieurs réformes majeures. Des experts ont exposé les nouvelles règles en matière de fiscalité, de procédures douanières et de contractualisation publique. L’objectif est double : harmoniser les pratiques pour éviter les blocages administratifs et garantir une utilisation régulière et sécurisée des fonds publics.

UN ACCENT PARTICULIER A ÉTÉ MIS SUR LE BUDGET D’INVESTISSEMENT PUBLIC (BIP)

 Tirant les leçons de l’exercice 2025, le Minsanté entend optimiser la gestion de ses projets d’infrastructure en corrigeant les lenteurs et en exigeant le strict respect des délais contractuels.

 GOUVERNANCE : LA PRIME À LA PERFORMANCE

Dans son allocution, le Dr Malachie Manaouda a réaffirmé sa vision du budget comme un « levier stratégique de transformation ». Le Ministre a insisté sur la responsabilité des ordonnateurs et des responsables administratifs. Sa ligne de conduite est désormais tracée : un soutien sans faille aux équipes performantes, mais une tolérance zéro face aux dérives de gestion. « Je prône une collaboration franche entre les structures sanitaires et l’administration centrale pour que chaque franc investi se traduise par une amélioration de la santé de nos populations », a-t-il souligné.

CAP SUR LES RÉSULTATS TANGIBLES

Au-delà des chiffres, l’ambition affichée pour cette année 2026 est de produire des résultats visibles. Les responsables sectoriels se sont engagés à transformer ces ressources en actions de proximité. L’enjeu n’est plus seulement d’afficher un taux d’exécution comptable élevé, mais de garantir que les investissements publics génèrent un progrès sanitaire réel pour l’ensemble des citoyens camerounais.

Infrastructures : 660,4 milliards FCFA pour achever les grands projets de 1ère génération en 2026

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Dans son annexe sur la loi de finances 2026, relatif à l’évolution des grands projets d’investissement, le ministère des Finances donne des précisions sur les ressources budgétaires qui seront affectées à la mise en œuvre des grands projets au titre de l’exercice 2026. Ces dotations budgétaires d’une valeur d’environ 660,4 milliards de FCFA qui représentent un peu plus du tiers du budget d’investissement public et, permettront l’achèvement d’un bon nombre de grands projets et le démarrage de quelques grands projets annoncés par le Chef de l’Etat dans ses adresses à la Nation du 31 décembre 2022, 2023 et 2024.

Le ministère des Finances précise rappelle que cet effort de budgétisation s’effectue malgré le contexte marqué par l’impact des crises sécuritaires à l’Extrême-Nord, au Nord-Ouest et au Sud-Ouest, de la guerre en Ukraine et très prochainement du conflit israélo-palestinien sur les recettes de l’Etat.

Parmi ces grands projets à parachever, certains sont portés par le ministère de l’Eau et de l’Energie. C’est le cas avec le barrage de Memve’ele dont sur un montant total des arriérés estimés à 85 milliards de FCFA, une allocation d’environ 2,7 milliards de FCFA devrait être mise à disposition au cours de cet exercice budgétaire. Pour le cas de l’usine de l’usine de pied et des lignes d’évacuation du barrage de Lom Pangar, 5,5 milliards de FCFA sur un coût total de 73 milliards de FCFA devront être affectés à ce projet.

Parmi les autres projets portés le MINEE, l’on cite le Projet d’interconnexion des réseaux électrique du Cameroun et du Tchad (PIRECT) ; la construction de la ligne 400Kv Nachtigal-Bafoussam ainsi que les ouvrages connexes ; le projet de renforcement et stabilisation des réseaux de transport d’électricité de la ville de Yaoundé ; le projet de renforcement et stabilisation des réseaux de transport d’électricité de la ville de Douala ; les lignes 225Kv Ebolowa-Kribi et 90Kv Mbalmayo-Mékin phase I ; le projet d’électrification de 200 localités par système solaire photovoltaïque au Cameroun (tranche 2 de 62 localités) ; le projet d’électrification rurale et d’accès à l’énergie dans les zones sous-desservies (PERACE).

Mais également, le projet de sécurité de l’eau potable ; le projet d’alimentation en eau potable de 09 villes, le projet de reconfiguration du système d’alimentation en eau potable de la ville de Douala ; le projet de reconfiguration du système d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé ; la station d’adduction d’eau potable à Japoma ; le mégaprojet d’approvisionnement en eau potable de Douala ; le programme de réformes du secteur de l’électricité au Cameroun (PforR) et Programme d’appui au redressement du secteur de l’électricité au Cameroun (PARSEC).

5 MILLIARDS FCFA À INJECTER DANS L’AUTOROUTE YAOUNDÉ-DOUALA

Les travaux supplémentaires et de raccordement du projet de l’autoroute Yaoundé-Douala, phase I figurent en place parmi les grands projets portés par le ministère des Travaux publics et qui bénéficieront des allocations budgétaires au cours de cet exercice budgétaire 2026. Ainsi, selon l’annexe de la loi de finances 2026, relatif à l’évolution des grands projets d’investissement, le ministère des Finances prévoit une dotation de 5 milliards de FCFA à ce projet. 7,5 milliards de FCFA devront être mis à disposition pour la construction route Bachenga-Ntui Yoko-Lena-Sengbe-Tibati ; 2,9 milliards de FCFA pour la réhabilitation de la route Babadjou Bamenda.

Parmi d’autres portés par le MINTP, l’on cite l’autoroute YaoundéDouala (phase2) ; le bitumage de la route Ekondo-TiTTI Mudemaba ; l’aménagement de l’Entrée Est de Douala (phase II) ; le programme d’appui au secteur du transport phase 3 (Ring Road) ; la réhabilitation de la route Mora-Dabanga Kousseri ; la route Olounou-Oveng-Frotière Gabon ; la réhabilitation de la route Edéa-kribi ; la réhabilitation de la route Maroua Moutouroua-Magada-Guidiguis. Mais également, la route Ebolowa-AkomII-Kribi ; la construction de la voie expresse Lolabé (port de Kribi)-Campo et la réhabilitation de la route Ngaoundéré-Garoua.

LA SECTION URBAINE DE L’AUTOROUTE YAOUNDÉNSIMALEN À LANCER

Parmi les grands projets inscrits sur la feuille de route 2026 du ministère de l’Habitat et du développement urbain (MINHDU), il y a la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen. Et environ 16 milliards de FCFA issus du BIP devraient être affectés à ce projet au cours de cet exercice budgétaire. Il y a également, le projet de construction de la voie de contournement de la ville de Yaoundé qui devrait absorber environ 6 milliards de FCFA.

L’on n’oublie pas la conception/réalisation de 10 000 logements et leurs équipements socio-culturels à Yaoundé et ses environs (phase 1) ; la phase pilote de construction de 1675 logements sociaux et équipements collectifs connexes à Olembe / Yaoundé et Mbanga Bakoko / Douala et le projet de mobilité urbaine de Douala. Pour le compte du ministère des Transports, il y a la phase 2 du port en eau profonde de Kribi, qui devrait se voir alloué 3,4 milliards de FCFA du BIP au cours de cet exercice budgétaire.

L’on cite également, le projet régional pour l’amélioration de la performance du corridor rail/route Douala-N’Djaména ; le projet de renouvellement de ligne Bélabo-Ngaoundéré ; le projet de réhabilitation des aéroports de Bertoua, Kribi et Tiko, parmi les projets inscrits sur la feuille de route du MINT en 2026.

LOUIS PAUL MOTAZE, Minfi : « Le Cameroun fait partie des pays les moins endettés d’Afrique »

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« Je tiens à rappeler un fait : le Cameroun fait partie des pays les moins endettés d’Afrique. Ce n’est pas une affirmation gratuite. Allez voir les chiffres, comparez, interrogez-vous sur le niveau d’endettement des pays africains et regardez où se situe le Cameroun. Certains estiment peut-être que nous ne devrions plus nous endetter du tout. Franchement, moi aussi, j’aimerais que nous n’ayons plus besoin de nous endetter. Mais soyons cohérents : ce sont parfois les mêmes qui dénoncent l’endettement qui se plaignent de l’état des routes, qui disent qu’il est inadmissible de circuler sur des axes aussi dégradés. Or, ces infrastructures ont un coût. Tous les pays s’endettent pour investir. L’essentiel est de le faire de manière maîtrisée.

Et jusqu’ici, le Cameroun n’a jamais été en défaut de paiement. Cela veut dire que nous honorons nos engagements. Bien sûr, nous pouvons toujours être plus rigoureux, améliorer la gestion, faire mieux. Mais aujourd’hui, notre dette reste soutenable. C’est d’ailleurs pour cela que nous faisons mieux que le critère de convergence de la CEMAC, fixé à 70 % du PIB.

 Dans notre stratégie nationale de développement (SND30), nous avons même choisi de nous imposer une discipline plus stricte : ne pas viser 70 %, mais rester autour de 50 %. Et, en réalité, nous sommes encore en dessous de ce seuil. On me dira : le vrai problème, ce n’est pas la dette, c’est l’usage qui est fait de l’argent emprunté. C’est une question légitime.

Mais dans la vie, on a souvent tendance à ne voir que ce qui ne marche pas. Il faut aussi regarder ce qui fonctionne. Je reviens de Brazzaville, où j’ai représenté le Chef de l’État à un sommet, et plusieurs personnes m’ont dit qu’aujourd’hui, on peut prendre le bus à Brazzaville et arriver à Yaoundé par la route. Cela, c’est le résultat de l’investissement financé par la dette. Les 420 mégawatts fournis par Nachtigal, c’est aussi le fruit de ces financements. »

Industrialisation : Voyage au cœur de l’industrie métallurgique avec Prometal

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« Contribuer au développement industriel du Cameroun en transformant localement la matière première. » Cette ligne directrice, formulée par Hayssam El Jammal, lors de la visite d’imprégnation organisée le 30 janvier à Douala par Press Eco au sein des installations de Prometal, dans la zone industrielle de Douala-Bassa. Pendant plusieurs heures, les journalistes économiques ont parcouru les unités de production du groupe avant un échange approfondi avec la direction, centré sur les choix industriels, les contraintes structurelles et les perspectives du secteur manufacturier camerounais.

La visite s’ouvre à Progaz, première usine de fabrication de bouteilles de gaz domestique au Cameroun. Lancée en 2024, l’unité s’inscrit dans une double ambition : réduire la dépendance aux importations et donner un contenu industriel tangible au label « Made in Cameroon ». Dès l’entrée dans le vaste hangar, le regard est happé par la cadence régulière des machines et le ballet précis des opérateurs. L’acier arrive sous forme de plaques. Il est découpé, puis embouti pour donner naissance aux deux demi-coques cylindriques qui formeront la bouteille. Ces éléments sont ensuite assemblés par soudure, avant de passer par un traitement thermique destiné à renforcer leur résistance à la pression. La chaîne se poursuit par une série de contrôles rigoureux : tests d’étanchéité, vérification de la conformité aux normes, inspection visuelle.

Ce n’est qu’au terme de ce parcours que la bouteille est peinte notamment en bleu, vert et orange, marquée et prête à être mise sur le marché. Elle mobilise des procédés industriels exigeants, où la qualité de la matière première et la maîtrise technique sont directement liées à la sécurité des utilisateurs. Avec une capacité annuelle d’environ 600 000 bouteilles, l’usine dépasse la demande nationale estimée à 450 000 unités. Pour Prometal, Progaz constitue ainsi un maillon stratégique. Elle illustre concrètement une politique de substitution aux importations, dans un pays qui dépendait encore largement de l’extérieur pour ce type d’équipement, et pose les bases d’une production locale appelée à structurer durablement le marché.

La visite se poursuit dans l’unité consacrée aux produits agricoles. Brouettes, pelles, machettes et autres outils sortent des lignes de production pour alimenter les besoins de l’agriculture, du bâtiment et des usages domestiques. Ici, l’accent est mis sur la robustesse et l’adaptation aux conditions locales. Les journalistes suivent les différentes étapes de fabrication avec les explications de Riad Akhadar le directeur d’Achat. Selon le top management, cette production répond à une demande nationale longtemps satisfaite par des importations à bas coût, souvent de qualité inégale. La stratégie industrielle retenue vise une production locale, adossée autant que possible à des intrants disponibles sur le marché national.

UNE DIVERSIFICATION VERTICALE SOUS CONTRAINTE DE MATIÈRES PREMIÈRES

Au fil des ateliers, le discours managérial se précise. Prometal groupe revendique non pas une diversification tous azimuts, mais une intégration verticale fondée sur la transformation de matières premières locales ou recyclées. Cette approche se retrouve dans les activités agroalimentaires du groupe, développées autour des matières grasses végétales. La production locale de lait concentré sucré en constitue un exemple emblématique. Le Cameroun consomme plus de 30 000 tonnes de ce produit par an, un volume qui était jusqu’à récemment couvert à 100 % par les importations. La mise en service de la première usine nationale de lait concentré sucré permet désormais de répondre largement à la demande intérieure.

Dans le même esprit, une unité de pâte à tartiner a été développée, en raison de l’utilisation de l’huile de palme comme intrant principal. Cette stratégie se heurte toutefois à la disponibilité de la matière première. La production nationale d’huile de palme brute est estimée à environ 200 000 tonnes par an, alors que les besoins du marché oscillent entre 250 000 et 270 000 tonnes. Parallèlement, les capacités industrielles installées dépassent 1,5 million de tonnes, révélant une situation de surcapacité chronique qui fragilise l’équilibre économique des unités de transformation.

 SIDÉRURGIE, FERRAILLE ET DÉPENDANCE AUX IMPORTATIONS

Les échanges avec les Hommes de média mettent également en lumière les défis propres à la sidérurgie camerounaise. Plusieurs unités produisent de l’acier à partir de ferraille. Alors qu’en 2010 l’approvisionnement était quasi exclusivement local, plus de 50 % de la matière première est aujourd’hui importée. Cette dépendance accroît les coûts de production et réduit les marges industrielles, dans un contexte où les capacités installées excèdent les besoins du marché national. Pour les produits longs, notamment le fer à béton, la capacité annuelle installée est estimée à 350 000 tonnes pour un marché évalué à environ 260 000 tonnes.

Sur le fil machine, la production locale couvre entièrement la demande nationale et sous-régionale, avec près de 80 000 tonnes par an, auxquelles s’ajoutent environ 7 000 tonnes d’aciers préfabriqués et 8 000 tonnes de câbles électriques.

ALUMINIUM ET INVESTISSEMENTS STRUCTURANTS

La visite a également permis de faire le point sur les projets en cours dans l’aluminium, à travers la filiale ProAlu. Un investissement de 88 milliards de FCFA est engagé pour la mise en place d’unités produisant localement des biens auparavant importés. Le Cameroun dépense chaque année près de 19 milliards de FCFA pour l’importation de câbles électriques, 2,5 milliards pour les transformateurs et environ 8 milliards pour les bobines de tôles en acier. Les nouvelles unités prévoient notamment une production annuelle de 2 000 tonnes de câbles en aluminium et de 6 000 tonnes de câbles en cuivre. L’approvisionnement en matières premières repose sur un partenariat avec Alucam, pour environ 30 000 tonnes de bobines d’aluminium naturel ou prélaqué et 30 000 tonnes de bobines d’acier par an.

 Dans le même temps, Prometal a récemment remis en service une unité existante, équipée depuis 2009 et modernisée pour atteindre une capacité annuelle de 150 000 tonnes. Il ne s’agit pas d’une nouvelle usine, mais d’un redéploiement industriel dans un environnement déjà marqué par la surcapacité. Si l’unité fonctionne aujourd’hui à plein régime, l’accès durable à la matière première demeure la principale contrainte. Les discussions abordent enfin la question énergétique. Les projets de transformation de l’aluminium et des câbles électriques, fortement énergivores, restent conditionnés à la sécurisation de l’approvisionnement en électricité. Le groupe a développé des capacités internes estimées à environ 15 MW, mais reconnaît que l’extension industrielle dépendra de solutions énergétiques plus robustes et pérennes.

 UNE IMMERSION AU-DELÀ DE LA VITRINE INDUSTRIELLE

Au terme de la visite, les échanges avec la direction générale ont permis de replacer Prometal dans une trajectoire de long terme, faite d’arbitrages permanents entre ambitions industrielles et contraintes structurelles. Pour les journalistes de Press Eco, cette immersion offre une lecture concrète des enjeux de l’industrialisation camerounaise : substitution aux importations, création d’emplois, mais aussi dépendance persistante aux intrants et nécessité de cohérence entre capacités industrielles, production agricole, ressources minières et énergie.

CAN féminine 2026: Flou autour du pays organisateur

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Qui organisera la CAN féminine 2026 ? A un peu plus d’un mois du coup d’envoi de cette compétition, cette question s’invite encore dans les débats. Ni le Maroc, organisateur désigné, ni la Confédération africaine de football (CAF), n’ont annoncé un quelconque retrait de l’organisation au Maroc, ni un désistement. Et pourtant une rumeur sur la question fait le tour du monde.

Tout est parti d’une sortie « déplacée » de Gayton McKenzie, ministre sud-africaine des sports ce 1er février 2026. Lors d’une soirée de remise de prix aux acteurs du football féminin en Afrique du Sud, a déclaré que l’Afrique du Sud va « accueillir la CAN féminine 2026 ». Ajoutant que « lorsque le Maroc a indiqué qu’il n’était pas prêt, nous avons répondu présents ». Même si la tutelle des sports sud-africains a rétropédalé quelques heures après en indiquant que « le Maroc reste officiellement désigné comme l’hôte de la CAN féminine », il reste que le flou ne s’est pas dissipé sur sa première sortie. Déjà qu’en revenant sur ses propos de départ, Gayton McKenzie a tout de même précisé que « l’Afrique du Sud a exprimé son envie de soutenir la CAF si nécessaire, dans le cas où d’autres dispositions d’accueil pour la CAN féminine 2026 deviendraient indispensables. Ces engagements s’inscrivent dans le cadre de discussions en cours initiées par la CAF alors qu’elle examine diverses options de repli». Laissant ainsi croire que la possibilité d’une organisation de la prochaine CAN par un pays autre que le Maroc, demeure.
Cela survient dans un contexte marqué par une brouille née de la finale de la dernière CAN masculine. Ce match qui opposait le Maroc, pays organisateur, au Sénégal, a livré un spectacle des plus inattendus. Entre arbitrage contesté et guéguerres entre adversaires autour de la serviette du gardien sénégalais que des joueurs marocains tentaient de voler, il y a eu cette sortie des joueurs sénégalais du stade, en opposition à un penalty accordé en fin de partie au Maroc. Le match se terminera après une interruption d’une quinzaine de minutes.

Le jury disciplinaire de la CAF a sanctionné les diféfrentes parties, notamment des joueurs sénégalais et marocains, ainsi que leurs fédérations respectives, et Pape Thiaw le sélectionneur sénégalais. Le Maroc qui avait requis la défaite du Sénégal vainqueur finalement, a vu son recours être rejeté. Les tensions nées de ce match ne sont pas encore retombées. Du coup, l’idée d’un désistement peut trouver sa source dans ce contentieux.

En 2015, le Maroc s’était déjà désisté à organiser la CAN à deux mois du coup d’envoi, en raison d’Ebola qui sévissait dans certains pays d’Afrique. e l’épidémie. La CAF avait de justesse pu tenir le tournoi en Guinée équatoriale. Et le Maroc avait été suspendu de la participation à deux phases finales de CAN, avant d’être réhabilité par le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Orange Money Cameroun lance une carte virtuelle pour les paiements en ligne       

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Le produit développé en partenariat avec Mastercard et Access Bank permet d’effectuer des transactions financières sécurisées au-delà du Cameroun.

Orange Money Cameroun et Master card, soutenus par Access Bank, viennent de mettre sur le marché une carte virtuelle dénommée OM Mastercard.  La nouvelle carte virtuelle permettra aux utilisateurs d’Orange Money Cameroun de disposer d’une solution de paiement simple, sécurisée et reconnue à l’échelle internationale.  Elle est disponible sur la super application Max it au prix de 2 500 FCFA.  « Entièrement digitale, elle répond aux nouveaux usages et aux besoins croissants en matière de paiements en ligne, aussi bien sur les plateformes locales que internationales. Cette alliance marque une nouvelle étape dans leur ambition commune de faciliter l’accès aux paiements en ligne et de renforcer l’inclusion financière au Cameroun », commente Orange Money Cameroun.

La carte virtuelle est créée instantanément par l’utilisateur. Elle est rechargeable directement à partir du compte Orange Money, permettant d’effectuer des paiements en ligne  24h/24 et 7j/7, sur des sites web locaux et internationaux, pour divers types de services.          Des opérations d’ e-commerce, des Jeux et divertissement ; des abonnements digitaux ; des frais de scolarité ; des réservations de voyages, hébergements ; des formations en ligne ou encore des MOOC Business et publicités digitales etc. Pour Orange Money Cameroun et ses partenaires, cette solution s’inscrit dans la volonté d’accompagner la transformation numérique et de démocratiser l’accès aux services financiers pour le plus grand nombre.  Ce sont trois géants qui se sont mis ensemble pour cette initiative. Mastercard et Access Bank, ont une expertise mondiale en matière de paiements numériques sécurisés. Grâce au vaste réseau international d’acceptation de Master- card, cette offre garantit ainsi à Orange Money d’offrir à ses clients des solutions de paiement plus efficaces et plus fluides.

Dans le cadre du partenariat entre Mastercard et UEFA, Orange Money Cameroun offre des cadeaux à ses clients à l’occasion du lancement de cette nouvelle carte. Ceux qui vont acheter la carte pourront gagner des voyages tous frais payés pour la demi-finale et la finale de la UEFA Champions League (Europe) 2026. Pour en bénéficier, il faut soit obtenir la carte sur l’application Max it et de multiplier son utilisation au cours de la période. Soit pour ceux ayant reçu un code de parrainage, inviter vos contacts à saisir leur code de parrainage après l’obtention de la carte. Le parrain ayant obtenu le plus de retour de parrainage se verra offrir le super lot. Les gagnants issus de l’utilisation seront désignés lors d’un tirage au sort qui se fera dès la fin du mois de mars.

Réactions

William NLEMBE, Directeur Général Orange Money Cameroun

« Cette innovation va ouvrir à nos clients à un boulevard d’opportunités »

« Cette innovation en apparence simple va ouvrir à nos clients et à l’ensemble de la population camerounaise un boulevard d’opportunités qui leur échappait jusqu’ici. Je peux synthétiser cet impact en trois grandes dimensions : se former, travailler et se divertir.  Si je commence par le premier pilier, sur le plan de la formation, la jeunesse qui représente les deux tiers de notre population pourra grâce à la carte virtuelle OM Mastercard acheter directement des contenus de formation en ligne les plus pointus.  Ainsi, un jeune étudiant ou un chercheur pourra désormais suivre un cours de physique nucléaire, d’architecture ou de construction mécanique aux États-Unis pour appuyer des publications sur les dernières avancées en télémédecine, en cybersécurité ou en finance. Grâce à cet accès facilité aux savoirs, chaque jeune pourra réussir au plus haut sommet des compétences et multiplier ses chances de trouver un emploi.  Un point de vue sur la deuxième dimension qui s’adresse aux professionnels, la carte virtuelle Mastercard OM apporte une agilité nouvelle. Les professionnels pourront, par exemple, acheter des applications professionnelles pour démultiplier leur productivité, gérer leurs transactions avec leurs partenaires ou alors préparer leur voyage, leur mission, etc. »

Mohamed BENOMAR, Directeur régional Afrique francophone Master card

 « Nous garantissons des transactions en ligne sécurisées »

« C’est le lancement d’un nouveau produit. Un produit qui n’est pas seulement juste une carte, c’est un produit innovant parce qu’il y a de la sécurité derrière. Un produit innovant parce que pour la première fois au Cameroun, on va, nous la start-up, Orange et Access, venir vers le consommateur pour lui donner une carte. On a un peu changé la dynamique. On va ramener des commerçants qui sont un peu partout au monde à travers le réseau Mastercard.  Aujourd’hui, on est présent dans plus de 210 pays. Et l’accès à la carte virtuelle Mastercard Orange Money va ouvrir la porte pour faire des transactions en ligne de manière sécurisée parce que derrière cette carte, il y a des outils qui vont nous permettre de bien sécuriser cette carte. Des outils appuyés par la technologie, appuyés par l’intelligence artificielle. Deuxième point, le Cameroun. Pourquoi le Cameroun ? On a choisi ce pays. On connaît bien qu’il y a une population de plus d’environ 30 millions d’habitants. Plus de 55% des gens sont déjà utilisateurs de mobile money.  Et la majorité, une grande partie de cette population, sont des jeunes. Et on doit aussi innover et ramener des produits qui parlent aux jeunes. Ces jeunes sont toujours connectés. Ces jeunes sont toujours derrière leur mobile. Donc, c’est à nous de s’adapter pour créer un produit qui est adapté à ces jeunes, qui est proche d’eux, pour pouvoir faire des transactions à l’échelle internationale. »

 Elius ASU, Directeur Général Access Bank Cameroun

« Cette carte vient résoudre des problèmes concrets du quotidien »

« Ce lancement ne se limite pas à la présentation d’un nouveau produit. Il s’agit de résoudre des problèmes concrets du quotidien. L’étudiant à Yaoundé qui doit payer un cours en ligne ou s’inscrire à un examen, les parents qui doivent régler les frais de scolarité ou d’inscription à l’étranger, le petit commerçant à Douala qui s’approvisionne en ligne et doit payer ses fournisseurs hors du Cameroun, et bien d’autres encore. Cette carte est bien plus qu’un simple produit bancaire : c’est une porte d’entrée vers le e-commerce, les paiements en ligne sécurisés et une plus grande indépendance financière. Et je peux vous l’assurer, elle aura un impact sur l’économie. Nous avons, et nous le reconnaissons, une économie informelle importante au Cameroun. De nombreuses personnes y gagnent leur vie, y compris des étudiants qui vendent sur Facebook et d’autres plateformes. Cette carte va libérer tout le potentiel de ce secteur. Et bien sûr, c’est également bénéfique pour le gouvernement, car celui-ci peut ainsi comprendre les flux financiers dans le secteur financier. Car lorsqu’on parle du secteur financier, il ne s’agit pas seulement de finance. » 

Réunions d’orientation 2026 : le Minpmeesa remet l’artisanat au centre de la SND30

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Selon les données présentées par l’administration, l’artisanat contribue à environ 5 % du produit intérieur brut. Un chiffre modeste à l’échelle macroéconomique, mais qui masque un poids social et territorial déterminant. Le secteur représenterait près de 35 % de l’emploi total, avec une forte concentration de jeunes (60 %) et de femmes (45 %), confirmant son rôle de principal amortisseur du chômage et de l’exclusion économique dans un pays à forte croissance démographique.

UNE ÉCONOMIE DE PROXIMITÉ AU CŒUR DES TERRITOIRES

 Contrairement aux secteurs extractifs ou à certaines industries capitalistiques, l’artisanat opère au plus près des populations. Présent dans les dix régions du pays, il structure aussi bien les économies urbaines que rurales. En milieu urbain et périurbain, où se concentrent environ 65 % des artisans, il alimente des activités de production, de services et de maintenance indispensables au fonctionnement quotidien des villes. En zones rurales, qui regroupent près de 35 % des acteurs, l’artisanat de transformation agricole, du bois ou du textile joue un rôle clé dans la fixation des populations et la génération de revenus locaux.

Cette dimension territoriale explique pourquoi les pouvoirs publics parlent désormais d’« économie réelle » : l’artisanat transforme directement les ressources locales en biens et services tangibles, sans dépendre massivement des importations. Bois, produits agroalimentaires, textile ou métal constituent la base d’une chaîne de valeur courte, dont les effets multiplicateurs se diffusent rapidement dans les économies locales.

UN SECTEUR STRUCTURANT, MAIS FAIBLEMENT VALORISÉ

Malgré ce rôle central, la valeur économique créée reste limitée par des contraintes structurelles persistantes. L’informalité domine encore largement, rendant difficile la mesure statistique réelle de la production et freinant l’accès au financement bancaire. La productivité demeure faible, en raison d’équipements rudimentaires, d’un accès limité à la formation technique et d’une faible intégration aux circuits commerciaux organisés.

 Les villages artisanaux, conçus comme des pôles de production, de formation et de commercialisation, illustrent ce paradoxe. Treize infrastructures sont aujourd’hui fonctionnelles, appuyées par un réseau de 360 Bureaux communaux de l’artisanat. Pourtant, leur rendement économique reste inférieur aux attentes, en raison de taux d’occupation inégaux, de difficultés de gouvernance et d’une monétisation encore limitée des activités.

EMPLOI, INCLUSION ET STABILITÉ SOCIALE

Au-delà des chiffres de production, l’artisanat joue un rôle stratégique dans la cohésion sociale. Il constitue un point d’entrée rapide vers l’auto-emploi, notamment pour les jeunes et les femmes exclus du marché du travail formel. L’apprentissage, souvent informel mais structurant, permet la transmission intergénérationnelle des savoir-faire et le renforcement du capital humain, un objectif central de la SND30. Dans les zones rurales, cette capacité d’absorption de la main-d’œuvre contribue à limiter l’exode vers les grandes métropoles, tout en soutenant les revenus des ménages. À ce titre, l’artisanat agit comme un stabilisateur social, réduisant les pressions sur les infrastructures urbaines et participant à un développement territorial plus équilibré.

 UN PILIER APPELÉ À CHANGER D’ÉCHELLE

Conscientes de ces enjeux, les autorités entendent repositionner l’artisanat comme un pilier assumé de la transformation structurelle. La feuille de route 2026-2028 prévoit un renforcement du cadre institutionnel, une accélération de la formalisation, des mécanismes de financement dédiés et une montée en puissance de la digitalisation, notamment via des plateformes de commercialisation en ligne et des outils de marketing numérique.

L’objectif n’est pas de transformer l’artisanat en industrie lourde, mais de consolider son rôle dans l’économie réelle, en améliorant la productivité, la qualité et l’accès aux marchés. À moyen terme, la montée en valeur du secteur pourrait élargir l’assiette fiscale, renforcer la résilience économique des territoires et soutenir une croissance plus inclusive.

Dette souveraine : Le Cameroun mobilise 414,9 milliards FCFA sur le marché financier international

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Cette émission porte sur un montant final de 750 millions de dollars soit 414.9 milliards FCFA, pour une maturité de sept ans, assortie d’une période de grâce de deux ans. La période de grâce correspond à la phase initiale durant laquelle l’État ne rembourse pas encore le principal de la dette, mais uniquement les intérêts, ce qui allège la pression immédiate sur la trésorerie publique.

Structurée conjointement par Citigroup et Cygnum Capital, l’opération a suscité un intérêt marqué de la part d’investisseurs institutionnels internationaux de premier plan. L’offre globale de prêts a atteint près d’un milliard de dollars, alors que le montant initialement recherché par le Trésor camerounais était de 600 millions de dollars. Le relèvement à 750 millions s’inscrit, selon le ministère des Finances, dans le cadre du plan de financement de l’État pour l’exercice 2026.

Cette sursouscription intervient dans un environnement international caractérisé par des taux d’intérêt élevés, une forte volatilité financière et une sélectivité accrue vis-à-vis des signatures souveraines africaines. Pour Yaoundé, elle traduit une confiance renouvelée des investisseurs dans la capacité du pays à honorer ses engagements financiers, malgré les tensions macroéconomiques mondiales.

Cette annonce officielle vient préciser les informations précédemment rapportées par Bloomberg, qui faisaient état d’une émission obligataire camerounaise de 750 millions de dollars, assortie d’un rendement supérieur à 10 %. À l’époque, les paramètres détaillés de l’opération n’avaient pas été confirmés par les autorités. Le ministère des Finances confirme désormais qu’il s’agit bien d’un placement privé réalisé à Londres, avec une structuration intégrant des outils de gestion du risque financier.

Les fonds mobilisés sont destinés en priorité à l’apurement des restes à payer des exercices budgétaires antérieurs, notamment les décomptes liés à certains projets publics jugés prioritaires. Ces restes à payer correspondent à des dépenses engagées par l’État mais non encore réglées, souvent sources de tensions de trésorerie pour les entreprises locales. Selon le ministère, l’opération doit également permettre d’assurer la continuité et l’achèvement de ces projets, tout en sécurisant l’exécution du budget de l’État pour 2026.

Dans le cadre de sa stratégie de gestion prudente de la dette publique, l’État du Cameroun a mis en place, parallèlement à cette émission, un mécanisme de couverture financière de type swap de change dollar–euro. Un swap de change est un instrument financier qui permet d’échanger une exposition en devise contre une autre, afin de se prémunir contre les fluctuations des taux de change. Ce dispositif a permis de ramener le coupon effectif de l’emprunt, une fois converti en euros, à 7,79 %. Le coupon correspond au taux d’intérêt annuel versé aux investisseurs. Cette opération vise à limiter l’exposition du Cameroun au risque de change lié au dollar et à améliorer les conditions financières globales de la dette contractée.

Le Minepat oriente sa stratégie 2026 vers l’accélération de la croissance hors pétrole

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À cette occasion, le ministre Alamine Ousmane Mey a appelé ses collaborateurs à « renforcer la cohérence, l’efficacité et l’impact de l’action publique », dans un contexte marqué par le lancement du nouveau septennat des Grandes Espérances impulsé par le président Paul Biya. Dans un environnement international contraignant, caractérisé par des tensions géopolitiques persistantes et un accès plus coûteux aux financements, le Cameroun affiche une trajectoire macroéconomique jugée résiliente.

 La croissance du PIB réel est estimée à 3,9 % en 2025, tirée par le secteur non pétrolier, avec une projection de 4,2 % en 2026. Le gouvernement indique également avoir engagé des mesures visant à accroître la production locale et à contenir l’inflation, avec une perspective de retour vers le seuil communautaire de 3 %. Au cœur des échanges, la réforme de la nomenclature budgétaire de l’État occupe une place structurante. Elle vise à rendre la lecture du budget plus lisible et plus orientée vers les résultats.

Concrètement, il s’agit de mieux relier les ressources allouées aux politiques publiques et aux effets attendus sur l’économie et les territoires. Selon le ministre, le Projet de performance du Minepat pour 2026 traduit « la volonté du gouvernement de consolider les fondements d’une croissance durable, inclusive et résiliente, tout en accélérant la transformation structurelle de l’économie ». L’exécution du Budget d’Investissement Public (BIP) constitue un autre axe central.

 Le BIP regroupe les dépenses de l’État destinées aux infrastructures, aux équipements collectifs et aux projets structurants. Le Minepat insiste sur une exécution plus rigoureuse, fondée sur le respect des procédures, le suivi des projets et la coordination entre services centraux et déconcentrés. Pour Alamine Ousmane Mey, « la crédibilité de l’action publique repose sur une planification rigoureuse et un suivi efficace des projets ».

Les arbitrages budgétaires pour 2026 traduisent des priorités clairement identifiées. L’industrialisation est présentée comme un levier de réduction de la dépendance aux importations et de création d’emplois. La promotion de l’investissement privé vise à compléter l’effort public, dans un contexte de marges budgétaires contraintes. La décentralisation, quant à elle, est appelée à renforcer la capacité des territoires à porter des initiatives économiques adaptées à leurs réalités.

La question des financements innovants est également mise en avant. Elle renvoie à la diversification des sources de financement des projets publics, au-delà des ressources budgétaires classiques, afin de soutenir l’investissement dans un contexte de durcissement des conditions d’emprunt. Cette orientation s’accompagne d’un accent sur la gouvernance publique, condition de la confiance des partenaires et des investisseurs.

Les travaux de l’atelier se sont structurés autour de trois thématiques : la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes comme réponse aux chocs climatiques et économiques ; les conditions d’une exécution efficiente du BIP 2026 ; et les mesures incitatives destinées à améliorer la performance des services déconcentrés. Ces échanges ont débouché sur des recommandations visant à améliorer la collaboration interne et l’efficacité globale de l’action publique.

Inscrite dans les pratiques du Minepat, cette rencontre prépare la Conférence annuelle des responsables des services centraux et déconcentrés. Elle s’impose comme un cadre de concertation technique, où les orientations budgétaires et économiques sont traduites en lignes d’action opérationnelles, au service de la transformation structurelle de l’économie camerounaise.

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