dimanche, avril 5, 2026
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Le déficit commercial recule de 69 milliards FCFA au troisième trimestre 2025

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Les échanges commerciaux entre le Cameroun et le reste du monde s’établissent à 1 945,7 milliards de FCFA au troisième trimestre 2025. Les données publiées le 29 janvier 2026 dans la note de conjoncture économique font apparaître un léger ralentissement par rapport au trimestre précédent, avec un recul de 24,3 milliards. Cette évolution traduit une diminution ponctuelle des flux. Sur un an en revanche, la tendance reste orientée à la hausse, les échanges progressant de 33,4 milliards en glissement annuel.

Au-delà de cette évolution globale, les échanges hors hydrocarbures offrent une lecture plus structurante. Leur valeur atteint 1 385,2 milliards de FCFA au troisième trimestre. Le repli trimestriel est marqué, avec une baisse de 164,2 milliards FCFA. En glissement annuel, ces échanges progressent de 97,4 milliards, traduisant l’élargissement progressif de la base commerciale du pays au-delà du pétrole et du gaz.

Recomposition progressive du commerce extérieur

Sur les neuf premiers mois de 2025, cette recomposition apparaît plus nettement. La valeur totale des échanges augmente de 401,8 milliards pour atteindre 6 218,8 milliards de FCFA. Hors hydrocarbures, la hausse est encore plus soutenue, avec une progression de 733,6 milliards, portant les échanges non pétroliers à 4 704,7 milliards. Ces évolutions traduisent une contribution croissante de secteurs comme l’agriculture, l’agro-industrie, la transformation du bois et certaines branches manufacturières, dans un contexte de recherche de valeur ajoutée locale et de diversification des débouchés extérieurs.

La balance commerciale met toutefois en évidence les fragilités persistantes de cette transition. Au troisième trimestre 2025, le déficit se réduit de 69,1 milliards par rapport au trimestre précédent pour s’établir à 726,6 milliards de FCFA. Cette amélioration résulte d’une baisse des importations de 46,7 milliards combinée à une hausse des exportations de 22,4 milliards. Le taux de couverture progresse ainsi de 3,2 points pour atteindre 45,6 pour cent.

Déficit hors hydrocarbures : un redressement encore insuffisant

Hors hydrocarbures, le déficit recule également, de 92,9 milliards, pour s’établir à 733,4 milliards. Le taux de couverture gagne 0,3 point et atteint 30,8 pour cent, un niveau encore faible mais en amélioration sur le trimestre. En glissement annuel en revanche, la situation se dégrade. Le déficit commercial se creuse de 174,4 milliards et le taux de couverture recule de 9,6 points. Hors hydrocarbures, le déficit augmente de 102,1 milliards tandis que le taux de couverture baisse de 3,4 points.

Importations : recul des volumes, contrastes sectoriels

Les importations de biens s’élèvent à 1 336,1 milliards de FCFA au troisième trimestre 2025, en recul de 46,7 milliards par rapport au trimestre précédent. Cette baisse s’explique par une diminution des volumes importés et un repli des prix des principaux produits achetés. Hors hydrocarbures, les importations diminuent de 128,6 milliards pour s’établir à 1 059,3 milliards. Les reculs les plus importants concernent notamment les poissons de mer congelés, l’aluminium et ses ouvrages, les engrais, le riz, les appareils pour la téléphonie ainsi que le blé et le méteil. À l’inverse, les achats de carburants et lubrifiants, de machines et appareils mécaniques, d’huiles et de produits sidérurgiques progressent, traduisant des besoins soutenus en intrants énergétiques et industriels.

Exportations : hausse trimestrielle portée par les hydrocarbures

Les exportations atteignent 609,5 milliards de FCFA au troisième trimestre, en hausse de 22,4 milliards par rapport au trimestre précédent. Cette progression est portée par l’augmentation des volumes exportés, malgré une baisse des prix. Les ventes hors hydrocarbures reculent toutefois de 35,6 milliards pour s’établir à 325,9 milliards sur le trimestre. Les hausses concernent principalement le gaz naturel liquéfié, les huiles brutes de pétrole et les bois sciés, tandis que les exportations de cacao brut, de coton et de savons enregistrent des replis notables.

Sur l’ensemble des neuf premiers mois de l’année, le déficit commercial atteint 1 588,9 milliards de FCFA, en aggravation de 112,6 milliards sur un an. Hors hydrocarbures, il s’établit à 1 779,5 milliards, un niveau quasiment stable avec une hausse limitée à 0,3 milliard. Dans l’ensemble, ces données traduisent une économie camerounaise engagée dans une diversification progressive de ses échanges extérieurs, mais encore contrainte par une forte dépendance aux importations et une base exportatrice non pétrolière en phase de consolidation. La progression annuelle soutenue des échanges hors hydrocarbures constitue néanmoins un signal de fond, indiquant que l’agriculture, la transformation locale et l’industrie manufacturière prennent progressivement plus de place dans le commerce extérieur, malgré des à-coups conjoncturels encore visibles.

Finances publiques : La dette du Trésor public envers les banques remonte de 139 milliards FCFA

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La note de conjoncture économique au 30 septembre 2025, publiée par la Direction générale du Budget, fait état d’une détérioration de la Position nette du Trésor (PNT) de 139 milliards FCFA. La PNT mesure la position globale de l’État vis-à-vis du système bancaire — banques commerciales, Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et institutions comme le FMI. Lorsqu’elle se dégrade, cela signifie que le Trésor accroît son endettement auprès de ces acteurs.

Dans le détail, l’évolution observée à fin septembre 2025, d’après la DGB du ministère des Finances, résulte de trois mouvements simultanés. Le Trésor a d’abord nettement accru ses emprunts auprès des banques commerciales, pour un montant supplémentaire de 333,7 milliards FCFA. Dans le même temps, l’encours dû au FMI a progressé de 13,1 milliards FCFA. À l’inverse, l’État a réduit son recours au financement direct auprès de la BEAC, son exposition envers la banque centrale reculant de 207,8 milliards FCFA.

D’après la note de conjoncture susmentionnée, le solde de ces évolutions aboutit à une hausse nette de 139 milliards FCFA de la dette du Trésor vis-à-vis du système bancaire. D’un point de vue macroéconomique, la baisse de l’exposition envers la BEAC est généralement perçue comme plus orthodoxe, mais elle est compensée par un recours accru aux banques commerciales, dont les financements sont en principe plus coûteux.

 Cette tendance haussière est également observée sur le segment des créances. Le rapport du Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC, publié le 14 octobre 2025, révèle que les créances nettes du secteur bancaire sur l’État du Cameroun se sont établies à 2 147,6 milliards FCFA en mai 2025 puis à 2 087,8 milliards FCFA en juin 2025, ce qui correspond à des hausses respectives de 4,1 % et 5,3 % en glissement annuel.

Selon la BEAC, cette remontée s’explique par « la persistance des besoins de financement public et le succès des émissions de titres publics sur le marché sous-régional ». Autrement dit, le Trésor continue de mobiliser le système bancaire local, notamment à travers des émissions de titres publics, pour couvrir ses besoins de trésorerie. Cette dynamique met fin à une tendance baissière amorcée depuis juin 2024, qui n’avait été interrompue que par un léger rebond de 3,4 % en juillet 2024, toujours d’après les données du CPM de la BEAC. Les perspectives budgétaires pour l’année en cours, militent pour le renforcement de l’exposition de l’Etat auprès des banques.

En effet, d’après les données du projet de loi de finances, le gouvernement prévoit de mobiliser 3 104,2 milliards FCFA par endettement, contre 2 326,5 milliards FCFA précédemment, soit une hausse de 777,7 milliards FCFA. La structure de financement annoncée confirme le rôle central du système bancaire dans cette stratégie. Les tirages sur prêts projets devraient représenter 826,7 milliards FCFA, tandis que les emprunts extérieurs atteindraient 1 000 milliards FCFA. Dans le même temps, les banques locales devraient être sollicitées à hauteur de 589,7 milliards FCFA.

Transport aérien : le Cameroun ouvre son ciel à Qatar Airways

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Par décret signé le 29 janvier 2026, le président de la République, Paul Biya, a ratifié l’accord bilatéral de transport aérien conclu le 16 janvier 2025 à Doha entre le Cameroun et l’État du Qatar. Ce texte établit désormais le cadre juridique autorisant Qatar Airways à desservir le territoire camerounais, ouvrant ainsi une nouvelle ère pour la connectivité aérienne du pays. Cette ratification fait suite à l’adoption, en décembre 2025, par l’Assemblée nationale, de la loi habilitant le chef de l’État à valider cet accord.

L’ambition affichée par les autorités est claire : créer un environnement juridique attractif pour les grandes compagnies internationales, densifier le réseau de liaisons aériennes et positionner le Cameroun comme une plateforme régionale mieux connectée aux grands hubs du Moyen-Orient et de l’Asie.

UN MARCHÉ AÉRIEN EN PHASE DE REPRISE ET DE STRUCTURATION

Après le choc de la pandémie de Covid-19, le marché du transport aérien camerounais connaît une reprise progressive. Avant la crise sanitaire, les aéroports du pays enregistraient plusieurs millions de passagers par an, avec Douala et Yaoundé concentrant l’essentiel du trafic. Depuis 2022, la fréquentation est repartie à la hausse, portée par la reprise des vols internationaux, la montée en puissance du fret aérien et le retour progressif des voyageurs d’affaires et de la diaspora.

Le segment du fret, en particulier, gagne en importance, notamment pour l’exportation de produits agricoles à forte valeur ajoutée, de produits halieutiques et de marchandises urgentes. L’arrivée d’un acteur majeur comme Qatar Airways, reconnu pour la performance de sa division cargo, pourrait renforcer cette dynamique et offrir de nouvelles opportunités aux exportateurs camerounais.

 UNE POLITIQUE D’ACCORDS AÉRIENS ÉLARGIE

L’accord avec le Qatar s’inscrit dans une série de conventions bilatérales signées ou réactivées ces dernières années par le Cameroun afin de libéraliser progressivement son espace aérien. Le pays a ainsi conclu ou actualisé des accords avec plusieurs États d’Afrique, d’Europe, d’Amérique du Nord et du Moyen-Orient, favorisant l’entrée de compagnies étrangères et l’augmentation des fréquences de vols.

Cette stratégie vise à stimuler la concurrence, améliorer la qualité de service et, à terme, contribuer à la baisse des coûts pour les voyageurs. Elle s’aligne également sur les principes du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA), auquel le Cameroun a adhéré, et qui promeut la libre circulation des services aériens sur le continent.

DES RETOMBÉES ÉCONOMIQUES ET INSTITUTIONNELLES ATTENDUES

Au-delà du transport de passagers, le gouvernement anticipe des effets positifs sur le commerce, le tourisme et les partenariats stratégiques. Dotée d’un réseau couvrant plus de 170 destinations à travers le monde, Qatar Airways est perçue par les autorités comme un puissant levier d’intégration du Cameroun aux grands flux aériens internationaux. Une visibilité accrue, une meilleure connectivité et une ouverture renforcée sur les marchés mondiaux : autant d’enjeux qui placent cet accord au cœur de la stratégie nationale de développement du transport aérien.

BEAC-Etats-Unis: Le gouverneur SANA BANGUI réaffirme l’exigence du rapatriement des recettes d’exportation

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Le Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a reçu en audience, le 30 janvier 2026 au siège de l’Institution à Yaoundé, Madame Sarah Troutman, Sous-Secrétaire adjointe au Bureau des affaires africaines du Département d’État des États-Unis d’Amérique. La délégation américaine comprenait également John Robinson, Chargé d’Affaires a.i. à l’Ambassade des États-Unis au Cameroun, et Madame Theresa Sondjo, Chargée des affaires économiques et financières.

Les échanges ont porté sur la situation économique et financière de la CEMAC, les perspectives d’investissements des entreprises américaines dans la sous-région, la réglementation des changes, ainsi que l’état d’avancement des discussions relatives au rapatriement des fonds de remise en état des sites pétroliers et miniers (FONDS RES).

UNE SITUATION MACROÉCONOMIQUE SOUS CONTRAINTES EXTÉRIEURES PERSISTANTES

Les discussions ont permis de dresser un état des lieux de la conjoncture macroéconomique de la CEMAC, marquée par une croissance modérée, des besoins sociaux et infrastructurels élevés et des marges de manœuvre budgétaires contraintes. La position extérieure de la zone demeure sous pression, en raison notamment du niveau des importations, des transferts de dividendes et du service de la dette. Dans ce contexte, la question des réserves de change apparaît plus que jamais centrale. Leur consolidation constitue une priorité stratégique, clairement réaffirmée par la Conférence des Chefs d’État de la CEMAC, qui a appelé à un strict respect de la réglementation des changes et à un meilleur rapatriement des recettes d’exportation, en particulier dans les secteurs extractifs.

 RAPATRIEMENT DES RECETTES : UN ENJEU DE SOUVERAINETÉ FINANCIÈRE

S’agissant de la réglementation des changes, le Gouverneur a rappelé que les Chefs d’État ont arrêté des orientations claires visant à garantir que les recettes générées par les exportations contribuent effectivement au renforcement de la position extérieure commune. Dans ce cadre, un accord spécifique a été conclu avec les entreprises du secteur extractif, prévoyant le rapatriement partiel des recettes d’exportation à hauteur de 35 %. Une rencontre entre les parties est prévue aux États-Unis en avril prochain pour poursuivre les discussions.

En attendant, la BEAC a souligné que cette mesure ne procède pas d’une logique de contrainte arbitraire, mais répond à un impératif macroéconomique : préserver la stabilité du franc CFA, sécuriser les capacités d’importation de la sous-région et renforcer la crédibilité financière de la CEMAC. Le Gouverneur a réaffirmé la volonté de la Banque centrale de poursuivre un dialogue constructif avec les entreprises concernées, afin de mettre en place des mécanismes durables, équilibrés et compatibles avec les exigences opérationnelles des investisseurs, tout en respectant les décisions souveraines des États membres.

INVESTISSEMENTS : DIVERSIFICATION ET CONFIANCE À LONG TERME

Sur le volet des investissements, Yvon Sana Bangui a mis en avant les importantes potentialités économiques de la CEMAC et invité les entreprises américaines à élargir leur présence au-delà des secteurs pétrolier et gazier. L’agriculture, les infrastructures, l’énergie, les mines solides, les services et l’économie numérique offrent, selon lui, des opportunités significatives, à même de soutenir une croissance plus inclusive et résiliente. Cette diversification est d’autant plus nécessaire que les flux d’investissements directs étrangers connaissent un ralentissement dans la sous-région, dans un environnement international marqué par un resserrement des conditions financières.

DES DISCUSSIONS EN COURS AVEC LES COMPAGNIES PÉTROLIÈRES

Concernant les compagnies pétrolières, le Gouverneur a rappelé que les discussions se poursuivent conformément aux orientations de la Conférence des Chefs d’État. Une rencontre tenue en octobre 2025 à Washington a permis d’examiner des approches innovantes proposées par la BEAC et les États, visant à concilier les impératifs de sécurité financière de la zone et les contraintes opérationnelles des entreprises. La BEAC et les États membres entendent poursuivre l’exploration de nouvelles modalités d’accompagnement, avec l’appui d’expertises internationales, afin d’aboutir à des solutions mutuellement bénéfiques et conformes au cadre réglementaire communautaire.

VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DU DIALOGUE

À l’issue de l’audience, le Gouverneur a réaffirmé la disponibilité de la BEAC et des États membres à poursuivre les échanges avec les compagnies pétrolières américaines, lors de discussions prévues en avril prochain à Washington. Il a invité Madame Sarah Troutman à y prendre part et salué le rôle que les autorités américaines pourraient jouer pour faciliter un aboutissement positif. Le Gouverneur a enfin salué la qualité du dialogue avec la délégation américaine et réitéré l’engagement de la BEAC à promouvoir un environnement macroéconomique stable, crédible et attractif, condition indispensable à la mobilisation des investissements et au développement durable de la CEMAC.

 Affaire Scanning : les industriels dénoncent le double paiement imposé aux entreprises

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Le Syndicat des Industriels du Cameroun appelle les autorités à rétablir la cohérence entre les décisions administratives et recommande notamment la création d’un compte séquestre auprès d’une institution agréée, permettant aux entreprises de déposer les frais de scanning contestés sans que ceux-ci ne conditionnent l’enlèvement des marchandises.

Après un mois d’imbroglio au sujet des activités de scanning des conteneurs au Port de Douala, les industriels disent payer le prix fort. Le Syndicat des Industriels du Cameroun (Syndustricam) fait savoir que les perturbations observées sur la plateforme portuaire de Douala-Bonabéri ont des conséquences opérationnelles et financières qui affectent directement ses membres, les entreprises industrielles.

 Ce groupement fait notamment allusion à « la facturation et le paiement effectifs des frais de scanning auprès de l’opérateur Transatlantic SA; le  maintien, dans les systèmes douaniers, de l’exigibilité de frais de scanning au profit de l’opérateur SGS Scanning Cameroun SA dont les installations ne sont plus opérationnelles ; l’impossibilité d’obtenir la mainlevée et l’enlèvement des conteneurs sans s’acquitter de ces deux charges cumulatives, entraînant surestaries, pénalités, retards d’approvisionnement et perturbations majeures de la production ». Conséquence, des charges financières supplémentaires sont enregistrées par les entreprises. Ce qui selon le président du Syndustricam est une situation « anormale, injustifiée et économiquement insoutenable, dans un contexte déjà marqué par de fortes contraintes fiscales, logistiques et financières pesant sur l’industrie nationale ».

Le syndicat appelle les autorités compétentes à rétablir « sans délai la cohérence entre les décisions administratives, les dispositifs techniques et les systèmes de paiement ». Ceci, afin de mettre un terme immédiat au double paiement imposé aux entreprises.  Dans le communiqué signé le 02 février dernier par son président Samuel Kondo, deux propositions sont émises à titre transitoire.  En premier lieu, la mise en place d’un mécanisme de consignation ou de compte séquestre auprès d’une institution agréée, permettant aux entreprises de déposer les frais de scanning contestés sans que ceux-ci ne conditionnent l’enlèvement des marchandises. En deuxième lieu, la reconnaissance formelle d’un régime de force majeure administrative, ouvrant droit à la levée des pénalités, à la neutralisation des surestaries et à la suspension des exigences devenues matériellement ou juridiquement non exécutables pendant la période de crise.

Les perturbations sont nées au port de Douala après la signature d’un contrat entre le PAD et Transatlantic pour les opérations de scanning jusque-là assurées par SGS qui elle avait signé son contrat avec le gouvernement. Le contrat de cette dernière datant de 2015 pour une durée de 10 ans était selon le PAD arrivé à son terme. Mais l’opérateur n’a pas accepté de quitter les lieux estimant être encore dans ses droits. Après des semaines de tractations, le premier ministre  a instruit le maintien de SGS, car, la validité de son contrat courrait à partir de la fin de l’installation de tous ses équipements, notamment le quatrième conteneur. « Le quatrième conteneur ayant été installé en 2022, c’est de là où naît la date à partir de laquelle on peut compter les dix ans. Donc le gouvernement a signé, un contrat avec SGS en 2015, qui a pris effet  en 2022, et c’est un contrat qui court jusqu’en 2032. », a indiqué le ministre des Transports Jean-Ernest Massena Ngalle Bibehe au sortir de la réunion d’urgence avec le premier ministre le 30 janvier dernier.

Finances publiques : le FMI salue la stabilité budgétaire du Cameroun, mais appelle à des arbitrages

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Au sortir d’une séance de travail avec Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, Christine Dieterich, cheffe de la délégation du FMI, a posé les termes d’un dialogue qu’elle présente comme technique et pragmatique. « Nous avons tenu notre première réunion entre la mission du FMI et le ministère de l’Économie. Le ministre et moi avons eu des échanges très utiles et très fructueux, centrés sur les principales questions sur lesquelles nous devrons nous concentrer au cours de cette mission », a-t-elle indiqué, précisant que la mission s’inscrit dans le cadre de consultations macroéconomiques générales avec le gouvernement.

Pour l’institution de Bretton Woods, l’un des points saillants du diagnostic porte sur la situation des finances publiques. « Le ministre et l’équipe du FMI sont convenus que l’un des principaux acquis de la politique menée par le Cameroun est la stabilité de sa position budgétaire », a souligné Christine Dieterich, rappelant que cette stabilité joue également un rôle important pour l’ensemble de la sous-région CEMAC, où le Cameroun demeure un acteur économique central. Cette stabilité, qui renvoie à la capacité de l’État à maîtriser son déficit et son endettement, n’épuise toutefois pas les défis.

 La cheffe de mission insiste sur la nécessité d’arbitrages plus fins. « Pour la suite, il sera essentiel de trouver le juste équilibre entre les besoins du pays, les besoins sociaux, qui ont également été soulignés par le chef de l’État, ainsi que les importants besoins en infrastructures », at-elle déclaré. Derrière ces termes, il s’agit de concilier des dépenses sociales destinées à soutenir les populations et des investissements lourds, notamment dans les routes, l’énergie ou les télécommunications, sans fragiliser les équilibres budgétaires.

Christine Dieterich, cheffe de la délégation du FMI en mission au Cameroun

POURSUIVRE UNE POLITIQUE BUDGÉTAIRE STABLE ET SOUTENABLE

La mission a d’ailleurs consacré deux journées à Douala à des échanges avec le secteur privé. « Nous avons passé deux jours à Douala à échanger avec le secteur privé, notamment dans les domaines de l’énergie et des télécommunications », a expliqué Christine Dieterich. Selon elle, « les besoins en investissements sont considérables afin de libérer l’énorme potentiel du Cameroun ». Le message est clair. La croissance future dépendra en grande partie de la capacité à mobiliser des capitaux, publics comme privés, dans des secteurs productifs.

Dans ce cadre, le FMI insiste sur le fait « de concilier les besoins d’investissement et les besoins sociaux avec la nécessité de poursuivre une politique budgétaire stable et soutenable », a-t-elle précisé. Et de poursuivre : « audelà de la stabilité, qui constitue un préalable, le renforcement de la croissance, au service du bien-être et de l’emploi, est véritablement ce dont le Cameroun a besoin pour l’avenir », a conclu la cheffe de mission.

 Sur le plan opérationnel, la mission du FMI, présente à Yaoundé depuis le début de la semaine, a notamment entamé une série de rencontres institutionnelles. Le 2 février 2026, les échanges ont débuté par une séance de travail au Minepat, autour de l’évolution récente de l’économie, des perspectives de croissance à moyen terme, de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 et de la politique budgétaire, y compris la stratégie d’endettement.

La délégation s’est ensuite entretenue au ministère des Finances le même jour avec le Comité technique de suivi (CTS), une instance chargée d’assurer le lien entre les administrations et le FMI. Les discussions ont porté sur les objectifs de la mission, les données demandées aux administrations et la validation du calendrier des réunions sectorielles. Plusieurs administrations financières, fiscales et statistiques y ont pris part, aux côtés de représentants d’institutions régionales.

 REVUE DES PRÉVISIONS DE RECETTES FISCALES ET NON FISCALES POUR 2025-2028

Un autre temps fort a concerné la Banque des États de l’Afrique centrale. Les échanges avec la direction nationale ont porté sur les agrégats macroéconomiques et monétaires, c’est-à-dire les grands indicateurs comme la masse monétaire ou l’inflation, ainsi que sur les réserves de change, le financement de l’économie et le fonctionnement du marché régional des titres publics. Ces éléments sont étroitement liés à la stratégie d’endettement à moyen terme de l’État.

 La mission a également conduit une réunion technique approfondie sur le secteur budgétaire. Les travaux ont examiné les projections de recettes fiscales et non fiscales pour la période 2025-2028, l’évolution des dépenses publiques et du déficit, ainsi que la situation des dépenses exécutées selon des procédures exceptionnelles. Les discussions ont aussi porté sur les projections trimestrielles des dépenses en 2026 et sur l’audit des arriérés intérieurs, ces dettes accumulées par l’État et ses démembrements vis-à-vis des entreprises et fournisseurs.

 En parallèle des échanges avec les pouvoirs publics, le FMI a rencontré les représentants du secteur privé. Le jeudi 29 janvier, la mission a été reçue au siège du Groupement des entreprises du Cameroun Gecam par sa directrice exécutive, Aline Valérie Mbono. Les discussions ont porté sur le climat des affaires et les obstacles à la relance de l’investissement.

 Les chefs d’entreprise ont évoqué l’impact des crises récentes, la nécessité d’une révision du code fiscal et d’une rationalisation de la parafiscalité, ainsi que l’importance des infrastructures et d’un dialogue public-privé plus effectif. La question de l’adéquation entre formation et besoins du marché du travail a également été soulevée.

Ces différentes séquences s’inscrivent dans le dialogue régulier entre le Cameroun et le FMI. L’objectif affiché est d’apprécier la soutenabilité des finances publiques, la cohérence des projections macroéconomiques et l’avancement des réformes budgétaires. Pour les autorités comme pour le FMI, l’enjeu dépasse le simple respect des équilibres comptables. Il s’agit de créer les conditions d’une croissance plus forte et plus inclusive, capable de soutenir l’emploi et de répondre aux attentes sociales, sans compromettre la stabilité financière du pays.

Yaoundé : Brand Kamga est libre

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Le Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou vient d’ordonner la mise en liberté du journaliste de Brand Kamga. La nouvelle vient de tomber. Mais l’affaire n’est pas terminée. Le journaliste de Naja TV est attendu devant cette même juridiction le 17 février prochain « pour la poursuite des débats ».

C’est une première victoire pour ce journaliste qui a séjourné en prison un peu plus de deux semaines, depuis le 20 janvier dernier. Pour « tentative d’enlèvement d’une mineure». Victime que le journaliste dit ne pas connaître. L’homme qui enquêtait sur une affaire amoureuse entre une Camerounaise et un « blanc », se retrouvera derrière les barreaux, poursuivi par la dame qui se trouve actuellement en exil. Abandonnant l’enfant qu’elle présente comme étant la cible du journaliste.

Malgré les critiques et dénonciations des journalistes et défenseurs des droits de l’homme, l’homme qui avait été placé en détention, y est resté deux semaines.

Pour mieux comprendre

Abus: le journaliste Brand Kamga jeté en prison

Henri KOUAM, «Le litige sur le scanning peut avoir un impact sur le prix final des marchandises »

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 L’expert en politiques publiques nous livre son analyse sur ce qui est considéré comme un bras de fer entre le gouvernement et le Port Autonome de Douala sur l’activité de scanning de marchandises et son incidence sur l’économie.

Après diverses sorties contradictoires des membres du gouvernement, le premier ministre a récemment tranché l’affaire de scanning au port de douala en donnant instruction de maintenir le contrat de SGS. Une position qui rejoint celle précédemment exprimée par le ministre Finances vis à vis du PAD qui a préféré l’ignorer. Comment comprendre cette affaire ?  

L’Autorité portuaire, sous la direction de son directeur général Cyrus Ngo’o, soutient que le contrat de dix ans liant la PAD à SGS a expiré le 31 décembre 2025. Il invoque un décret présidentiel de 2019 conférant au PAD l’autonomie sur son domaine portuaire et lui permettant de désigner un nouvel opérateur. Le PAD a mandaté Transatlantic DSA pour prendre le relai à compter du 1er janvier 2026, arguant que les équipements de SGS ne répondent plus aux exigences du commerce moderne. Le PAD ambitionne d’étendre le contrôle à 100 %, incluant les véhicules et les marchandises en vrac, une tâche qui, selon elle, serait mieux gérée par la nouvelle société. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, s’est fermement opposé à cette transition. Le ministère privilégie les recettes à la prévisibilité dans la gestion des opérations portuaires. En effet, il doit obtenir un montant précis auprès du gouvernement pour financer les nombreux projets. Le MINFI soutient que le compte à rebours de dix ans n’a commencé qu’en 2022, avec la livraison complète du matériel. De plus, il affirme que l’autorité portuaire ne peut pas passer outre un contrat signé par l’État (ce qui est vrai et regrettable).

Au Port de Douala, des opérateurs économiques se sont trouvés embarrassés entre les deux plateformes. Celle d’Atlantic et de SGS. D’aucuns ont même parlé de « scanner fantôme » indiquant que SGS continuait de facturer aux expéditeurs des services qu’elle n’effectuait plus. Quelles sont les incidences économiques de cette affaire ?

Naturellement, cela aura des répercussions négatives sur l’économie, bien plus importantes que ce que nous pouvons imaginer actuellement. Sur le commerce et l’économie, lorsque des services essentiels sont interrompus et que les opérateurs commerciaux sont confrontés à l’incertitude quant aux procédures qui devraient être standardisées, les conséquences sont immédiates, coûteuses et néfastes pour l’économie camerounaise et l’ensemble de la région CEMAC. Pour les opérateurs, c’est un véritable cauchemar, car cela peut entraîner une double facturation, augmentant ainsi les coûts. Étant donné que deux entités revendiquent le droit de facturer ce service vital, les importateurs se retrouvent face à un scénario cauchemardesque.  Le Cameroun affiche déjà des coûts logistiques parmi les plus élevés d’Afrique (représentant 30 à 40 % du prix final des marchandises). Ce scandale ajoute une surtaxe administrative qui rend les produits et les processus commerciaux camerounais moins compétitifs. Cela peut perturber le contrôle des conteneurs et les goulots d’étranglement créés par ce scandale ne feront qu’aggraver la situation. De plus, si l’autorité portuaire ne reconnaît pas les résultats de contrôle d’un opérateur, les conteneurs restent immobilisés. Le temps d’attente dans le port de Douala peut parfois dépasser vingt jours, entraînant des frais de surestaries importants pour les commerçants.

 Avec la position stratégique du port de Douala, quel impact sur le commerce régional ?

Le commerce régional sera fortement impacté par cette crise administrative. Douala est vitale pour le Tchad et la République centrafricaine, pays enclavés, ce qui rend la recherche d’une solution d’autant plus urgente. Si cette instabilité persiste, il faut s’attendre à ce que certaines cargaisons soient détournées vers les ports de Kribi ou de Cotonou, accélérant ainsi le désengagement de Douala et fragilisant son rôle de plaque tournante régionale pour des millions d’entreprises. Cette affaire envoie par ailleurs un message alarmant aux investisseurs et aux partenaires internationaux.

Investissements publics : 50 milliards FCFA non consommés par les CTD en 5 ans

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Cela peut paraître paradoxal au regard de l’immensité des besoins au niveau local. Mais, les Collectivités territoriales décentralisées (CTD) peinent donc à consommer l’intégralité des fonds qui leur sont transférées pour financer leurs projets d’investissement.

Selon le constat fait par le ministère des Finances (Minfi), dans le document annexe relatif à la décentralisation de la loi de finances 2026, le niveau d’exécution de la Dotation générale de la décentralisation (DGD), volet investissement reste en dessous de 90% de la dotation programmée, ce qui correspond à un report de charges sur les exercices suivants d’au moins 10 milliards de FCFA au terme de chaque exercice budgétaire pour la prise en charge des dépenses des projets contractualisés mais dont les travaux n’ont pas été achevé au cours de l’exercice, ce qui correspond à un montant cumulé de 50 milliards de FCFA en 5 ans.

 Le Minfi explique cette situation s’explique par certaines difficultés qui impactent le taux d’exécution des projets programmés. Notamment la maturité insuffisante de certains projets inscrits dans le budget d’investissement public (BIP) des CTD ; l’appropriation insuffisante des procédures relatives au code des marchés publics et sur la maturation des projets d’investissement public par certains acteurs de la chaine de l’exécution des projets du BIP dans les CTD.

Mais également, la lourdeur du processus de correction des erreurs sur les autorisations de dépenses en particulier quand la correction nécessite une annulation de l’autorisation de dépenses ; la crise sécuritaire dans certaines régions qui ralentit le rythme d’exécution de certains projets et impacte l’engouement des entreprises à soumissionner aux appels d’offres et la collaboration insuffisante entre les exécutifs communaux et les services déconcentrés concernés.

DES MESURES CORRECTIVES MISES EN PLACE

Pour pallier ces difficultés et accompagner les CTD pour une exécution optimale de la DGD volet investissement, l’on apprend que des mesures sont entreprises. Notamment, pour stimuler les CTD à l’exécution optimale de leur dotation, le MINEPAT a institué en 2025 les « Awards des communes modèles dans l’exécution des projets financés par la DGD volet investissement ». Tout comme l’on a introduit le critère de performance dans l’exécution dans la nouvelle méthodologie de répartition des ressources transférées aux CTD.

Pour endiguer les effets de la crise sécuritaire dans certaines régions, le MINEPAT accorde un appui financier sécuritaire aux cadres de concertation pour la bonne exécution des projets dans les régions concernées pour faciliter le suivi de l’exécution des projets ; pour optimiser la préparation des projets sélectionnés. Aussi, des renforcements de capacités au profit des CTD sont envisagés dans le cadre de la vulgarisation du décret de 2025 sur la maturation des projets pour une meilleure appropriation du processus de maturation. La réforme sur la méthodologie de répartition des CTD, précise-t-on, devrait permettre d’envisager sur un triennat une prévisibilité des ressources dont pourrait être bénéficiaire une CTD.

Cela permettrait aux CTD dimensionner le portefeuille et les coûts des projets à préparer en adéquation des projections de dotations. Pour une fluidité dans la modification des autorisations de dépenses, les dispositions de la circulaire du Minfi sur l’exécution du budget en matière de modification des autorisations de dépenses des CTD, informe-t-on, ont été améliorées pour permettre la modification des autorisations de dépenses au niveau local à l’exception de certains cas exceptionnels, notamment les cas nécessitant absolument une annulation de l’autorisation de dépenses ou en cas de changement de projet.

Pour un suivi optimal des projets, un nouveau décret sur les comités de suivi participatif de l’exécution physico-financière des projets d’investissement a été signé en 2025. Ce décret intègre désormais les régions dans le dispositif des comités de suivi, mais réorganise surtout les instances chargées de suivre au niveau local l’investissement public des CTD.

Le plan de sauvetage fiscal de Louis Paul Motaze, un tournant pour l’économie camerounaise ?

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Le communiqué signé le 26 janvier 2026 par Louis Paul Motaze, Ministre des Finances (MINFI), n’est pas qu’une simple formalité administrative. C’est un véritable plan de relance qui s’adresse à un secteur privé souvent étouffé par la pression fiscale et à un secteur public local en quête de second souffle. En étendant cette mesure aux créances nées jusqu’au 31 décembre 2023, le gouvernement ratisse large.

 L’un des points saillants de cette annonce concerne les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) et les entités parapubliques. Historiquement, de nombreuses mairies et entreprises d’État croulent sous le poids de dettes fiscales accumulées sur des décennies, rendant leur gestion quotidienne complexe, voire paralysée par des saisies sur comptes. En proposant un abattement de 60 % assorti d’un étalement de paiement sur 12 mois, le MINFI offre une porte de sortie honorable.

Pour une commune, éponger plus de la moitié de sa dette fiscale signifie : Retrouver une capacité d’autofinancement pour les projets locaux (écoles, routes, santé), assainir les relations avec le Trésor Public, régulariser la situation des employés municipaux dont les cotisations et retenues sont parfois bloquées. C’est un signal fort envoyé vers la décentralisation : l’État central accepte de renoncer à une partie de ses recettes pour laisser de l’air aux instances locales.

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