lundi, avril 6, 2026
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Port de Douala : les formalités atteignent 180 000 FCFA par camion

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Le port de Douala est invité à mettre en place des mécanismes de dénonciation des pratiques illicites (numéros verts, plateformes anonymes) ; renforcer les contrôles internes et la responsabilisation des agents de même qu’ accélérer la dématérialisation. Ce sont les principales recommandations d’une enquête réalisée dans l’enceinte portuaire pour évaluer l’efficacité des procédures de transit, d’importation, de dédouanement et d’enlèvement.

Ce travail mené par l’Observatoire régional des pratiques anormales (OPA) en 2024 a révélé que la dématérialisation est encore incomplète sur la place portuaire de Douala. « Bien que des plateformes numériques existent (GUCE, CAMCIS), leur adoption est partielle. Des procédures comme l’émission du Titre de transit ou la Lettre de Voiture Internationale (LVI) comportent encore des étapes physiques », commente l’étude. Ces contacts physiques entre les acteurs favorisent des paiements illicites décriés par environ 20 à 30 % des Commissionnaires Agrées en Douane interrogés à différentes étapes. Autre constat effectué par l’enquête est que les délais et les coûts restent élevés. Les délais pour la levée de caution, la pose de balises GPS, le traitement SGS, etc sont « majoritairement jugés supérieurs à la normale » selon cette enquête. La durée moyenne du processus de sortie portuaire se situe à 8 jours, le temps de séjour des camions dans le port à 3 jours en moyenne. Quant aux coûts, les formalités diverses peuvent parfois atteindre 180 000 FCFA par camion d’après l’enquête, avec des paiements élevés pour les pesages et GPS.

Ce travail a été réalisé dans le cadre du Programme d’appui à la gouvernance des infrastructures régionales et nationales en Afrique centrale (PAGIRN), financé par l’Union Européenne. Les principaux objectifs étaient d’identifier les blocages dans le processus de dédouanement et de transit ; évaluer la performance des institutions impliquées (Douanes, PAD, GUCE, RTC, etc.) ; recueillir les perceptions des Commissionnaires agréés en Douane et proposer des recommandations concrètes pour fluidifier le transit des marchandises. La même enquête a été effectuée au port de Kribi.

Jean-Yves Massouka,chef de la cellule Facilitation des échanges PAD

« Cette étude vise à réduire les actes de corruption présumés et des faux frais sur la place portuaire »

« Nous avons cru devoir apporter un accompagnement significatif à l’Observatoire des pratiques anormales sur les principaux corridors d’Afrique centrale, pour que non seulement il ait l’ensemble des informations à communiquer, mais également l’ensemble des instruments qui ont été mis à disposition pour faciliter et rendre davantage pertinent cette étude. La place portuaire de Douala-Bonabéri est en train de finaliser son système d’informations portuaires, qui va permettre effectivement de capter l’ensemble des informations, que ce soit des armateurs, que ce soit des consignataires ou aconiers pour que ces informations soient circonscrites dans un module unique et à la disposition des autres parties prenantes. Donc le système d’informations portuaires sera totalement opérationnel d’ici le mois de septembre de l’année 2026 courant, et il y aura donc une dématérialisation totale et effective de la plateforme portuaire de Douala-Bonabéri. N’étant pas dans un environnement idéal et exempt de tout dysfonctionnement, il y a souvent des actes de corruption présumés et des faux frais, comme cela s’entend souvent dans le jargon de facilitation des échanges qui sont identifiés dans la place portuaire de Douala-Bonabéri et dans les autres places portuaires. C’est la raison même de l’opportunité de cette importante étude qui vise effectivement à réduire à sa portion la plus congrue ces dysfonctionnements et de sorte que la plateforme portuaire de Douala-Bonabéri soit la plus fluide et la plus linéaire possible en termes d’importation, d’exploitation et de transit, de cargaison et de marchandise. »

Albert ETOUNDI, pdt du Syndicat National des transitaires, acconiers et consignataires

« Si tout est dématérialisé, on aura trouvé les solutions à tous les problèmes »

« Ce sont des pratiques qui sont initiées par les différents opérateurs avec lesquels le commissionnaire en douane est en contact. À savoir, la douane, les forces de police, vous avez également des contrôles routiers. Au niveau des commissionnaires en douane, nous avons beaucoup de problèmes. Il y a des problèmes de travail extra-légal qui surgissent à chaque coup. Lorsqu’on veut sortir une marchandise, il faut payer ceci, il faut payer cela. Nous avons effectivement des problèmes au niveau des formalités. Mais la loi des finances de 2024, a autorisé que les déclarations d’importation ne soient faites que par les seuls commissionnaires en douane agréés. C’est déjà une avancée. Les marchandises ne vont plus attendre longtemps pour faire une déclaration à la douane avant de la valider. Et ensuite, tout est en train d’être mis en œuvre par le processus de dématérialisation des procédures. Vous savez, quand on dématérialise, la dématérialisation enlève le contact physique. On ne peut plus voir celui qui est en train de traiter votre dossier. On introduit un dossier à la douane, on attend le dossier à la sortie, c’est-à-dire pour avoir un bon de sortie de mise sur camion et que le camion s’en aille vers le corridor. Donc si tout est dématérialisé, je crois qu’on aura trouvé les solutions à tous les problèmes qui se posent. »


Pierre Guillaume BOUM BISSAI, représentant Cemac

Pierre Guillaume BOUM BISSAI, représentant Cemac

« Sur recommandation de l’observatoire, la Cemac a déjà crée la Brigade Mixte Cemac »

« L’Observatoire des Pratiques Anormales est né de la nécessité de disposer d’indicateurs objectifs pour alimenter les politiques communautaires visant à renforcer la fluidité des échanges économiques et consolider notre intégration sous-régionale. Il s’inscrit dans le cadre de la démarche communautaire, décidée par les Chefs d’Etat, visant à donner corps à une véritable libre circulation des biens et des personnes à travers l’interconnexion des infrastructures de transport, l’intégration physique, et la fluidification des échanges. Sur la base des recommandations de l’observatoire, la Cemac a d’ores et déjà crée la Brigade Mixte Cemac, en cours d’opérationnalisation dans les Etats-membres, et sur laquelle nous fondons beaucoup d’espoirs. Cette avancée est un produit concret du travail de l’OPA. De la même manière, avec l’appui de nos partenaires de l’Union européenne, nous travaillons déjà sur la mise en place d’un Observatoire Régional des Transports (ORT) et d’une gestion optimisée des corridors, dans le cadre de partenariat public-privé. »

CAN 2028: 03 candidatures sur la table de la CAF

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Qui organisera la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2028 ? Le nom sera livré en début de semaine prochain. Une réunion du Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) est prévue ce week-end à Dar Es Salam en Tanzanie, au cours de laquelle les offres de candidatures seront examinées. L’instance faîtière du football africain a reçu trois dossiers de candidatures : le Maroc, l’Ethiopie et un dossier mixte Afrique du Sud-Botswana.

Le Maroc a certainement le meilleur dossier de l’heure. Le royaume chérifien qui sort à peine de la CAN 2025, a des infrastructures neuves et modernes et brandit l’argument de réelles capacités organisationnelles. Après la clôture cahoteuse de la dernière CAN, le Maroc a certainement tiré des leçons qui pourraient lui permettre de mieux organiser l’édition 2028. Après ce mauvais vent, la CAF pourrait donner au Maroc une possibilité de répétition générale de la Coupe du monde 2030 que le pays co-organise avec le Portugal et l’Espagne.

L’Afrique du Sud est un sérieux concurrent au Maroc. Le pays a organisé l’édition 1996, et peut se targuer d’avoir organisé la première Coupe d’Afrique en terre africaine. C’était en 2010, et a tenu le pari. L’Afrique du Sud pourra ainsi tirer le Botswana qui certes est un nain en matière d’organisation de compétitions internationales, et notamment de football ; mais qui est un pays émergent en Afrique, et donc présente des arguments de poids en matière d’infrastructures et de technologies.

Le dossier 2027 non clos

Quant à l’Ethiopie, c’est un pays qui a fait parler de lui lors des premières éditions de CAN, avant de s’éclipser. Loin d’être un foudre de guerre en matière de football, l’Ethiopie connaît l’élite sportive, pour être l’un des pays producteurs de coureurs de fonds (5000m, 10 000m, marathon,…). Par ailleurs, le pays qui abrite le siège de l’Union africaine, est habitué à l’organisation de hauts et grands sommets, et bénéficie d’infrastructures de pointe et de réelles avancées technologiques.

Les dirigeants du football africain pèseront tous les arguments développés par chacun des trois dossiers, pour trancher dans les prochains joueurs, voire les prochaines heures. Mais la CAF n’en a pas fini avec les préalables liés à l’édition 2027. En effet, le trio organisationnel constitué du Kenya, de l’Ouganda et de la Tanzanie, n’a pas encore convaincu la CAF qu’ils seront prêts en matière d’infrastructures sportives. Au cas où ce trio ne satisfait pas, un glissement comme on en a déjà vu, est possible. Et dans ce cas, le défaut de temps pourrait pousser la CAF à désigner un autre organisateur pour sauver les meubles. C’est que la CAF veut désormais organiser la CAN tous les quatre ans, en années paires ; et l’édition transitoire est celle de 2028. Soit un an seulement après l’édition 2027.

Affaire scanning : les clarifications du port de Douala au Gecam

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Le Port Autonome de Douala (PAD) réagit à la suite d’un communiqué du Groupement des Entreprises du Cameroun (Gecam) exprimant les inquiétudes des représentants des principaux acteurs de la place portuaire au sujet de l’opération de scanning des marchandises. Alors que la communauté des affaires dénonçait la présence de 2 opérateurs (SGS et Transatlantic D SA) au port de Douala entrainant une double facturation et des surcoûts logistiques y afférents, le PAD apporte des précisions.

« Relativement aux tarifs applicables aux Port de Douala-Bonabéri, le PAD précise qu’ils ne peuvent être opposables sans avoir au préalable été homologués par l’Autorité Portuaire Nationale (APN) après un long processus de consultation et d’examen par les membres de la Communauté Portuaire de Douala eux-mêmes. C’est le cas des tarifs appliqués par le PAD depuis janvier 2019 pour les services offerts aux usagers du port de Douala-Bonabéri. », écrit la communication du PAD. Elle poursuit en soulignant que les dispositifs de contrôle non-intrusif de tous les flux imports/exports, marchands et non-marchands en transit au Port de Douala-Bonabéri, actuellement en cours de réorganisation répondent aux directives des pouvoirs publics notamment celles du premier ministre et se font en respect de la règlementation en vigueur.

S’agissant du risque systémique sur l’économie évoqué par le Gécam, le PAD fait savoir que « c’est la décision unilatérale prise par l’Administration des Douanes de ne plus procéder à la liquidation des déclarations qui constitue un véritable risque systémique pour l’activité économique, et non le scanning 100% des marchandises ».

Par ailleurs, le PAD se dit étonné de n’avoir pas été au préalable consulté par le Gecam dont il est membre. Il ajoute que certains des représentants de la communauté des affaires portuaires dont la voix a été portée par le Gecam, à l’instar du CNCC, GPAC, SCADTC, siègent au Comité Consultatif d’Orientation de l’activité portuaire (CCO’PAD). Et, en conséquence sont donc régulièrement écoutés par le PAD dans le cadre de ses initiatives.

« Le PAD tient à rappeler à l’opinion publique que sa mission première est d’assurer, dans le strict respect des lois et règlements en vigueur, la sûreté et la sécurité des navires, des flux imports/exports, des installations portuaires et des personnes, en même temps qu’il veille à l’attractivité à la compétitivité et à la performance opérationnelle du Port de Douala-Bonabéri, pour une Offre de services publics portuaires de qualité à des tarifs compétitifs, pour la croissance des économies nationale et sous-régionale. », conclut l’entreprise.

Crise de l’or blanc : Les cotonniers africains alertent et tissent leur résilience

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Le cœur battant du secteur cotonnier africain s’est déplacé cette semaine dans la capitale économique du Cameroun. Réunis sous la bannière de l’Association Cotonnière Africaine (A.C.A.), les dirigeants des sociétés cotonnières du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali, du Sénégal, de la Tanzanie et du Tchad ont brisé le silence. À travers la « Déclaration de Douala », ils lancent un avertissement solennel aux gouvernements et aux partenaires financiers car l’équilibre de toute une région vacille. Ce document officiel rappelle avec insistance que « le coton constitue un pilier majeur du développement rural, un moteur de création d’emplois, une source importante de devises et un facteur déterminant de stabilité sociale » pour des millions de familles africaines. À travers la « Déclaration de Douala », ces décideurs exhortent les gouvernements à une mobilisation immédiate pour préserver une filière menacée par une tempête économique dévastatrice pour la filière. 

Le poids du coton en Afrique

Le coton ne représente pas qu’une simple commodité d’exportation car, en Afrique subsaharienne, il s’érige en véritable garant de la paix sociale et du développement rural. “Plus de 30 millions de personnes dépendent ainsi, directement ou indirectement, de cette fibre pour leur subsistance quotidienne”, souligne le rapport. Au-delà de la simple production agricole, cette culture structure les territoires et finance les économies locales tout en renforçant la sécurité alimentaire des populations. Comme le précise le communiqué final de la rencontre de Douala, “Les sociétés cotonnières africaines font face à un contexte international particulièrement difficile, marqué par des chocs exogènes, une volatilité extrême et des distorsions croissantes du marché mondial qui pénalisent la compétitivité du coton africain. Les échanges au sein de I’A.C.A. confirment une fragilisation financière généralisée : déficits récurrents, tensions de trésorerie, difficultés d’accès au crédit et risque de défaillance dans plusieurs pays. Les participants ont souligné que la préservation de la filière coton constitue un enjeu majeur non seulement pour le développement économique, mais également pour la stabilité sociale et la résilience des territoires ruraux”.

Volatilité du marché mondial 

L’A.C.A. pointe du doigt un marché mondial devenu illisible et profondément injuste pour les producteurs du Sud. Depuis plus de trois campagnes consécutives, les cours mondiaux subissent une baisse persistante, une tendance alimentée par des tensions économiques globales et des stocks mondiaux particulièrement élevés. Cette situation est aggravée par une concurrence fortement subventionnée par les grandes puissances agricoles et une parité euro-dollar défavorable qui grignote les marges des exportateurs de la zone CFA. Selon les experts réunis au Cameroun, “aucune visibilité crédible ne permet d’anticiper un redressement durable à court terme, ce qui engendre une fragilisation financière généralisée marquée par des déficits récurrents et des difficultés croissantes d’accès au crédit”.

Au Cameroun, l’ambition de la transformation intégrée

Au Cameroun, la situation revêt une dimension stratégique particulière avec la mise en œuvre d’un projet industriel d’envergure visant à briser le cycle de la dépendance aux marchés extérieurs. Le gouvernement camerounais, en partenariat avec la Sodecoton, a lancé un plan de modernisation technologique visant à porter le taux de transformation locale de la fibre de 2 % à près de 50 % à l’horizon 2030. Ce projet repose notamment sur la construction d’une nouvelle usine de trituration de graines de coton et le renforcement des capacités de filature pour alimenter une industrie textile nationale renaissante. L’objectif est de capter la valeur ajoutée qui échappe actuellement au pays, tout en créant des milliers d’emplois industriels pour compenser les pertes de revenus liées à la chute des cours mondiaux de la fibre brute.

L’Impact Économique et l’Appel à la Résilience

L’impact de cette crise sur l’économie camerounaise est palpable, car le coton demeure le principal moteur économique des régions septentrionales du pays. Une défaillance de la filière entraînerait mécaniquement une hausse de la pauvreté rurale et pourrait fragiliser la stabilité de zones déjà sous pression sécuritaire. La Déclaration de Douala insiste sur le fait que la préservation de ce secteur est un enjeu de résilience pour les territoires ruraux. En conclusion de leurs travaux, l’A.C.A. et ses membres ont réaffirmé leur détermination à travailler en étroite collaboration avec les États et les partenaires financiers pour renforcer la compétitivité d’un secteur qui reste, malgré les crises, un pilier stratégique indéboulonnable du continent africain.

Eau et assainissement : l’Afrique doit mobiliser 22 000 milliards FCFA par an

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Le diagnostic posé dès l’ouverture du 23e congrès de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement, le lundi 9 février dernier, est lourd. Plus de 400 millions d’Africains n’ont pas accès à une eau potable sécurisée. Environ 700 millions sont privés de services d’assainissement adéquats. Les besoins annuels d’investissement sont estimés à plus de 40 milliards USD.

 C’est le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, représentant personnel du chef de l’État qui préside la cérémonie d’ouverture de cette rencontre continentale. À ses côtés figurait notamment Cheikh Tidiane Dieye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement du Sénégal et président du Conseil des ministres africains de l’eau.

Pour Olivier Gosso, directeur exécutif de l’AAEA, la question dépasse le seul cadre technique. « À travers le monde, et plus encore en Afrique, la question de l’eau et de l’assainissement est devenue un marqueur du développement, un révélateur des capacités institutionnelles et un test de la solidarité collective. Il est donc de la plus grande importance d’élaborer des stratégies communes appropriées en vue d’améliorer efficacement le service public de l’eau et l’assainissement en Afrique. » 

SOUTENABILITÉ BUDGÉTAIRE ET PERFORMANCE DES UTILITIES 

Face à l’ampleur du déficit, la question de la soutenabilité financière s’impose. Les États africains évoluent dans un environnement budgétaire contraint, marqué par la pression de la dette et des arbitrages sociaux exigeants. Dans ce contexte, le ministre Gaston Eloundou Essomba, a insisté sur la nécessité de transformer les engagements politiques en instruments opérationnels. 

« Ce qui est attendu aujourd’hui, c’est une convergence des volontés, une mobilisation durable et une traduction concrète des engagements pris. Il s’agit de renforcer les institutions, d’améliorer la performance des opérateurs, de garantir la transparence et de mobiliser des financements adaptés. Il s’agit également de promouvoir des partenariats équilibrés, fondés sur la confiance, la responsabilité et l’efficacité.» La question de la performance des utilities revient de manière récurrente dans les échanges. Gouvernance, pertes techniques et commerciales, qualité de la tarification et crédibilité financière conditionnent la capacité du secteur à attirer des capitaux. 

Blaise Moussa, président en exercice de l’AAEA et directeur général de la Cameroon Water Utilities Corporation, replace le débat dans une perspective de droits fondamentaux. « L’accès à l’eau potable et à des services d’assainissement adéquats relève de droits fondamentaux, indissociables de la dignité humaine. Leur effectivité requiert des décisions courageuses, des politiques publiques cohérentes et une mobilisation collective soutenue, d’autant plus impérative que l’Afrique connaît une croissance démographique rapide et une urbanisation accélérée. »

 Pour lui, Yaoundé 2026 doit marquer un tournant. « L’Afrique ne peut plus subir son destin hydrique, elle doit désormais le maîtriser, l’anticiper et le gouverner. C’est dans cet esprit que nous souhaitons faire de Yaoundé 2026 un moment fondateur, un véritable point de bascule, marquant l’ouverture d’une nouvelle ère pour l’AAEA et, au-delà, pour l’ensemble du secteur de l’eau et de l’assainissement en Afrique. » 

RÔLE DES BAILLEURS ET BANCABILITÉ DES PROJETS

 Le positionnement des partenaires financiers constitue un autre levier central de l’équation des 40 milliards USD. Michera Chrirwa, directeur du département Eau et Assainissement à la Banque africaine de développement, situe le congrès dans un calendrier stratégique. « Ce congrès intervient à un moment crucial où l’Afrique intensifie ses efforts pour accélérer l’accès aux services d’eau et d’assainissement, renforcer la résilience climatique et réaffirmer son engagement en faveur des objectifs de développement du continent.»

 Il souligne que l’année 2026 sera déterminante. « Alors que nous nous préparons au Sommet des chefs d’État de l’Union africaine, prévu plus tard cette semaine, au cours duquel l’eau sera désignée comme thème pour 2026, il était impératif pour nous, à la Banque africaine de développement, de commencer par l’un des aspects les plus stratégiques du secteur de l’eau, les services publics d’eau et d’assainissement représentés ici, ainsi que les institutions affiliées, y compris les autorités de régulation. » Selon le représentant de la BAD, « l’année 2026 s’annonce comme un moment décisif pour le secteur de l’eau en Afrique. 

Elle a été proclamée par l’Union africaine comme l’année de l’eau et marquera également le lancement officiel de la nouvelle Vision et Politique africaine de l’eau 2063, un cadre prospectif visant à améliorer durablement l’accès à l’eau et à l’assainissement grâce à un système de soutien renforcé aux prestataires de services. » Au-delà des annonces, la question reste celle de la capacité d’absorption des financements. Maturité technique des projets, structuration financière, bancabilité et partenariats public-privé conditionnent l’accès effectif aux ressources concessionnelles ou commerciales.

 ODD 6 ET PRESSION DÉMOGRAPHIQUE 

À quatre ans de l’échéance des Objectifs de développement durable, le constat est partagé. Cheikh Tidiane Dieye le formule sans détour. « A quatre ans de l’échéance de la mise en œuvre des objectifs de développement durable, l’ODD 6 notamment, qui vise à garantir l’accès universel et équitable à l’eau propre et à l’assainissement et à assurer une gestion durable des ressources en eau d’ici 2030 semble être un horizon inaccessible. Sur le chemin de l’accès universel se dressent encore des écueils multiples qui en ralentissent le rythme pour en compromettre les résultats.»

 Il mise toutefois sur une dynamique collective. « De ces volontés conjuguées naîtra une synergie qui permettra de réaliser le saut qualitatif au-delà des barrières psychologiques ou réelles entre l’ambition et la réalisation. » À Yaoundé, le message est clair. Le déficit d’accès à l’eau et à l’assainissement n’est plus seulement un enjeu social. Il devient un test de crédibilité financière, de gouvernance sectorielle et de capacité à structurer des modèles économiques viables dans un environnement budgétaire sous tension. Le congrès se poursuit avec des sessions techniques et des rencontres dédiées aux financements et aux partenariats.

Eau Potable : La Camwater engage 10,6 milliards FCFA pour renforcer le traitement de l’eau

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La Cameroon Water Utilities Corporation, plus connue sous le nom de Camwater, prévoit de mobiliser 10,66 milliards de FCFA pour l’achat de produits chimiques destinés au traitement de l’eau potable. L’information ressort de l’Appel d’offres national ouvert lancé en novembre 2025 par le Directeur général de l’entreprise publique. 

Le financement est assuré par le budget de fonctionnement de la Camwater au titre de l’exercice 2026. Les fournitures concernent des produits chimiques pour le traitement de l’eau destinée à la consommation humaine. 

La décision d’attribution, prise après avis de la Commission interne de passation des marchés en date du 22 janvier 2026 et après avis favorable du président du Conseil d’administration le 29 janvier 2026, désigne dix lots répartis entre plusieurs entreprises. 

Le lot 1 a été attribué à Mawen Enterprise pour un montant de 1,08 milliard FCFA avec un délai d’exécution de cinq mois. Le lot 2 revient à Afcott pour 1,05 milliard FCFA sur cinq mois. Solevo Cameroun décroche le lot 3 pour 1,11 milliard FCFA avec un délai de six mois. Fobs Ltd obtient les lots 4 et 5 pour des montants respectifs de 1,10 milliard FCFA et 1,05 milliard FCFA, chacun sur six mois. Medinov se voit confier les lots 6 et 7 pour 1,03 milliard FCFA et 1,04 milliard FCFA, avec un délai de cinq mois. 

Le groupement Mola AMN remporte le lot 8 pour 1,02 milliard FCFA sur six mois. Afcott obtient également le lot 9 pour 1,05 milliard FCFA sur cinq mois. Enfin, le groupement AMN Mola décroche le lot 10 pour 1,03 milliard FCFA avec un délai de six mois. 

LA QUALITÉ DE L’EAU REMISE EN QUESTION 

Ce programme d’achats intervient dans un contexte marqué par des interrogations récurrentes sur la qualité de l’eau distribuée. Dans un rapport publié en 2023, la Camwater a elle-même mis en lumière des insuffisances au niveau de la station de production et de traitement d’Akomnyada. Le document évoque des défaillances dans le dispositif d’ultrafiltration, notamment en ce qui concerne le dosage de certains produits chimiques comme le chlorure ferrique et la soude à 50 %. 

L’entreprise y reconnaît une absence de maîtrise des volumes injectés aux postes de dosage. Ces dysfonctionnements ont alimenté les plaintes de consommateurs signalant une eau parfois chargée en particules solides, colorée ou boueuse à la sortie des robinets. Face à ces situations, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a rappelé le 17 juin 2023 lors des questions orales à l’Assemblée nationale que le numéro vert 8121 peut être utilisé pour signaler non seulement les casses de conduites, mais aussi les problèmes liés à la qualité de l’eau. 

Selon le membre du gouvernement, la coloration inhabituelle de l’eau peut survenir après des coupures prolongées. Elle peut être liée à des infiltrations dues à des ruptures de canalisations ou à la présence de conduites en acier galvanisé dans certaines habitations. Ces conduites, en se dégradant, laissent des résidus qui s’accumulent lorsque le réseau n’est pas sous pression et sont entraînés au retour de l’eau. Dans ce cas, il est recommandé de laisser couler l’eau pendant environ une minute pour retrouver une apparence claire. 

Le ministre affirme toutefois que la Camwater respecte les normes nationales et celles de l’Organisation mondiale de la santé dans son processus de potabilisation. Il indique également que l’entreprise dispose de mécanismes internes de contrôle de la qualité, appuyés par un partenariat avec un laboratoire externe pour des vérifications inopinées et régulières.

Mouvement : Paul Mahel rejoint le MP3

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« Ce mercredi 11 février 2026, j’ai pris part au défilé marquant la célébration de la fête de la jeunesse, dans mon arrondissement d’origine la Dibamba. Pour la première fois de ma vie, je battais le pavé pour le compte d’une formation politique aux côtés d’une centaine de jeunes militants». Le message est de Paul Mahel, sur ses plateformes numériques. Le journaliste n’a pas fait que défiler: « depuis quelques semaines en effet, j’ai librement décidé d’adhérer au MP3 de Hiram S. Iyodi», clarifie-t-il. « Mon choix pour cette formation politique se justifie par plusieurs raisons, notamment une convergence idéologique avec son leader et une vision partagée sur la gestion des affaires publiques et l’implication de la jeunesse dans le jeu politique», justifie Paul Mahel. Mieux, « le choix du MP3 apparaît logique dans ma démarche. Je connais le président Iyodi depuis bientôt 10 ans, nous avons travaillé ensemble en 2018 pour Akéré Muna, j’ai été associé à la création du MP3. Le président Iyodi et moi avons une vision commune de la gestion des affaires publiques et de l’implication des jeunes en politique », précise-t-il. On peut comprendre la présence du porte-parole d’Akéré Muna à la conférence de presse de présentation du candidat Iyodi par le Front des démocrates camerounais (Fdc) de Denis Emilien Atangana, qui avait investi le plus jeune candidat de la présidentielle du 12 octobre 2025.

Lien ombilical tenace

L’ancien présentateur télé a donc définitivement embrassé la politique, après avoir sillonné pendant près de dix ans les couloirs de la politique, notamment en étant le porte-parole de Me Akéré Muna, le champion de la lutte contre la politique qui s’est présenté deux fois à l’élection présidentielle, en 2018 et en 2025, sous diverses chapelles empruntées. Mais c’est un chemin que l’homme envisageait déjà emprunter depuis longtemps, de façon plus directe : « depuis 2017, j’ai voulu quitter ma posture de simple observateur de la scène politique et devenir un acteur. J’ai traduit cet engagement en accompagnant le bâtonnier Akere Muna lors de ses campagnes présidentielles… », souligne-t-il. Comme un temps d’apprentissage des premiers pas. « Le temps est venu aujourd’hui pour que je passe un nouveau cap dans cet engagement», martèle l’homme qui aura la charge de conquérir l’arrondissement de Dibamba, et même l’ensemble de la Sanaga maritime. « Je serai candidat aux municipales à Dibamba», annonce celui qui indique que « le parti m’a chargé de la consolidation de notre base militante dans l’arrondissement de Dibamba, en particulier d’apporter mon soutien aux équipes qui sont déjà à pied d’œuvre dans la Sanaga maritime en général».

Mais le cordon ombilical n’est pas rompu : « il n’y aura jamais de rupture entre le bâtonnier Akéré Muna et moi », assure Paul Mahel. « Notre collaboration va au-delà de la politique en plus de la forte relation humaine», souligne-t-il. Ajoutant que « Akéré Muna est comme un père pour moi et il me traite comme un fils. Il m’a encouragé dans cette démarche, m’a donné sa bénédictin et m’a assuré de son soutien».

Double scanning au PAD : le Gecam donne un ultimatum au gouvernement

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Le patronat menace de suspendre à partir du 16 février 2026, les déclarations d’importation et d’exportation ainsi que des déclarations en douane si les autorités ne mettent pas fin à la double facturation.

Le Groupement des Entreprises du Cameroun (Gecam) se montre exacerbé par le préjudice causé par les perturbations autour des opérations de scanning des marchandises au port de Douala. Une réunion de crise s’est tenue à cet effet ce jeudi 12 février 2026 au siège du patronat à Douala. La rencontre à laquelle ont pris part des représentants des principaux acteurs de la place portuaire de Douala a débouché sur des recommandations fermes de la Communauté des affaires.

Les opérateurs économiques exigent du gouvernement « la normalisation immédiate de la situation en consacrant une seule opération de scanning et de paiement ; la mise en place d’une Commission mixte (administration-secteur privé) chargée d’évaluer les surcouts subis par les Entreprises et de procéder au remboursement intégral ; le gel des augmentations tarifaires décidées par le PAD jusqu’a I ‘évaluation de l’impact sur les coûts de passage et leur incidence sur les entreprises ».

 Le Gecam poursuit avec un ultimatum en cas de non résolution définitive de cette crise. « Les entreprises n’auront d’autre alternative que de mettre en œuvre dès le lundi 16 février 2026, une suspension temporaire des levées de déclarations d’importation et d’exportation ainsi que des déclarations en douane », écrit le patronat. Une menace qui pèse désormais sur les recettes de l’Etat. Pour les hommes d’affaires, la coexistence de 2 opérateurs (SGS et Transatlantic D SA) au port de Douala a d’importantes incidences sur leurs activités. Ils dénoncent entre autres, le rallongement des délais de passage portuaire ; l’augmentation des coûts de passage du fait de la double facturation systématique des prestations et des surcouts logistiques y afférents [faxes d’encombrement, surestaries etc.)

Cette situation de dualité au port de douala est née après la signature d’un contrat entre le PAD et Transatlantic pour les opérations de scanning jusque-là assurées par SGS qui elle avait signé son contrat avec le gouvernement. Le contrat de cette dernière datant de 2015 pour une durée de 10 ans était selon le PAD arrivé à son terme. Mais l’opérateur n’a pas accepté de quitter les lieux estimant être encore dans ses droits. Face à cet imbroglio, le premier ministre a instruit le maintien du contrat de SGS expliquant que sa validité courrait à partir de la fin de l’installation de tous ses équipements, notamment le quatrième conteneur en 2022. Soit jusqu’en 2032.

 Cette sortie du Gécam intervient après celle du Syndicat des Industriels du Cameroun (Syndustricam) qui dénonçait déjà le double paiement imposé aux entreprises.

Le FMI appelle à accélérer l’investissement public pour relancer la croissance au Cameroun

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Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a reçu ce 12 février 2026 à Yaoundé la mission du Fonds monétaire international venue restituer les conclusions de sa revue macroéconomique entamée le 2 février. Après une première séquence d’échanges avec le ministère de l’Économie, les équipes du FMI ont multiplié les rencontres avec les administrations financières, la Banque des États de l’Afrique centrale, le Comité technique de suivi, ainsi qu’avec le secteur privé à Douala et à Yaoundé.

Face à la presse ce jeudi 12 février 2026, Christine Dieterich, cheffe de mission du FMI, a dressé un constat sans détour. « Nous sommes d’accord sur le fait que la situation budgétaire est globalement stable ». Elle rappelle toutefois que « l’année 2025 a été difficile pour la croissance, avec un ralentissement observé ».

Pour l’institution de Bretton Woods, la stabilité budgétaire constitue un acquis, mais elle ne suffit pas à enclencher une dynamique plus forte. « Pour l’avenir, il est essentiel d’améliorer la situation des infrastructures, qui sont déterminantes pour la croissance. Elles constituent un obstacle majeur à son accélération », affirme Christine Dieterich.

Routes, énergie, télécommunications, ces secteurs ont fait l’objet d’échanges nourris, notamment lors des deux journées passées à Douala avec les entreprises. « Les besoins en investissements sont considérables afin de libérer l’énorme potentiel du Cameroun », avait-elle indiqué en début de mission.

Transformer les financements en réalisations concrètes

L’enjeu dépasse la seule question des volumes financiers. Le FMI insiste sur la qualité de l’exécution. « Les discussions ont porté sur les mesures nécessaires pour accroître les investissements, notamment à travers la mise en œuvre de projets avec les différents partenaires, de manière plus efficace et plus rapide ». La cheffe de mission ajoute que la capacité de l’administration à transformer les financements en réalisations concrètes reste un déterminant central de la performance économique. « En matière de gestion des investissements, nous devons encore améliorer la capacité du gouvernement à mettre en œuvre les projets d’investissement de manière à atteindre les résultats escomptés ».

Dans un contexte de ressources limitées, la soutenabilité financière encadre toute stratégie de relance. « Nous sommes convenus avec le gouvernement que la mobilisation des recettes est très importante pour les finances publiques et constitue une base essentielle pour financer des investissements solides », souligne Christine Dieterich. Elle rappelle que le Cameroun fait face à « certaines contraintes pour accroître son endettement sans compromettre la stabilité macroéconomique ».

La mission du FMI insiste également sur la nécessité d’un financement structuré et maîtrisé des infrastructures. « Les infrastructures sont essentielles pour créer des emplois et réduire la pauvreté. Des infrastructures financées de manière soutenable ».

Amplifier l’impact économique par des réformes structurelles

Au-delà des investissements physiques, le FMI évoque des réformes structurelles susceptibles d’amplifier l’impact économique. « L’une des plus importantes, en termes de cadre réglementaire, concerne les télécommunications », estime Christine Dieterich. Elle observe que « les télécommunications constituent une source considérable de croissance dans de nombreux pays et, malheureusement, elles sont très fortement réglementées ici au Cameroun ».

La mission a par ailleurs examiné les projections de recettes fiscales et non fiscales pour la période 2025-2028, l’évolution du déficit, la situation des arriérés intérieurs ainsi que les dépenses exécutées selon des procédures exceptionnelles. Les échanges avec la direction nationale de la BEAC ont porté sur les agrégats macroéconomiques et monétaires, les réserves de change et le fonctionnement du marché régional des titres publics, des paramètres directement liés à la stratégie d’endettement à moyen terme.

Christine Dieterich note toutefois des avancées sur le terrain institutionnel. « Nous nous accordons aussi sur plusieurs points, notamment les progrès significatifs réalisés dans l’administration fiscale, qui ont amélioré l’environnement du secteur privé ainsi que la gouvernance dans ce domaine ».

Le dialogue entre le Cameroun et le FMI devrait se poursuivre. « Le gouvernement est actuellement en train d’examiner les prochaines étapes d’engagement dans le cadre d’un programme ». Elle rappelle qu’un sommet des chefs d’État s’est tenu récemment à Brazzaville et que « les pays membres de la CEMAC ont exprimé un fort intérêt pour la poursuite d’une relation programmatique ». Les discussions doivent se poursuivre, y compris sur le calendrier.

Electricité : La fraude cause 60 milliards FCFA de pertes par an

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Le ministère de l’Eau et de l’énergie sera donc aux trousses des fraudeurs à compter du 15 mars 2026. Dans un communiqué signé, le 5 février 2026, le ministre de l’Eau et de l’Energie annonce le lancement d’une opération coup de poing contre la fraude à l’énergie électrique au Cameroun, à compter du 15 mars 2026. 

« Ces opérations qui s’inscrivent dans le cadre des principales mesures à prendre dans le contexte post-renationalisation d’Eneo – le distributeur de l’électricité au Cameroun, NDLR – visent principalement à réduire les pertes commerciales et à faire respecter la loi », explique Gaston Eloundou Essomba. Officiellement, la fraude à l’énergie électrique au Cameroun occasionne des pertes estimées chaque année à plus de 60 milliards de FCFA, au détriment des investissements et de l’amélioration du service public de l’électricité. Ces pertes, selon les acteurs, contribuent à fragiliser davantage un secteur déjà financièrement sinistré. 

« Par ailleurs, la fraude « est identifiée comme l’une des causes des multiples incendies et des cas d’électrocution», souligne le ministre Gaston Eloundou Essomba. Afin d’éviter de subir l’arsenal répressif dans le cadre de cette opération coup de poing, « tous les utilisateurs clandestins de l’énergie électrique» sont invités « à procéder sans délai à la régularisation de leurs compteurs et de leurs installations, afin de les rendre conformes aux normes en vigueur», prévient le membre du gouvernement.

 DÉFICIT MENSUEL ESTIMÉ À 13 MILLIARDS DE FCFA 

Lors d’une réunion à Douala, le 22 janvier 2026, le gouvernement et les chefs d’entreprise avaient posé un diagnostic clair : la crise persistante de l’électricité au Cameroun relève avant tout d’un problème de modèle économique. Selon le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Eneo enregistre en moyenne 31 milliards de FCFA de recettes mensuelles contre 44 milliards de FCFA de charges d’exploitation, générant un déficit mensuel estimé à 13 milliards de FCFA. 

La dette cumulée de l’entreprise atteindrait 177 milliards de FCFA, pesant lourdement sur la qualité du service et la production industrielle. Pour y faire face, le MINEE avait annoncé un refinancement de la dette d’Eneo via un syndicat bancaire local. Cette opération devrait permettre de dégager environ 2,5 milliards de FCFA de gains financiers mensuels. L’enjeu est majeur pour les entreprises, confrontées aux délestages et aux variations de tension qui affectent leurs coûts, leur productivité et leurs décisions d’investissement, notamment dans le bassin industriel de Douala. 

Les échanges entre le MINEE et le Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM) avaient mis en lumière l’ampleur du problème. Selon le président du GECAM, Célestin Tawamba, près de 80 % des entreprises identifient le déficit électrique comme leur principale contrainte opérationnelle, malgré les investissements réalisés dans les infrastructures de production. Dans sa feuille de route post-renationalisation, le gouvernement prévoit la renégociation de la dette, le règlement des arriérés publics et une réduction des coûts, couplés à une lutte renforcée contre la fraude, responsable de pertes estimées à 60 milliards de FCFA par an.

 À l’horizon 2027, ces mesures pourraient générer près de 10 milliards de FCFA de recettes mensuelles supplémentaires, sous réserve d’une mise en œuvre effective.

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