lundi, avril 6, 2026
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Infrastructures : Les chantiers routiers les plus attendus en 2026

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Si le démarrage effectif des travaux de la seconde phase de l’autoroute Yaoundé-Douala reste très attendu du public, il reste que le niveau de dégradation de certains axes routiers stratégiques inquiète de plus en plus. Les axes routiers tels Yaoundé-Douala ; Douala-Bafoussam ; Edéa-Kribi ; Ngaoundéré-Garoua, etc., nécessitent des interventions d’urgence pour relever leur niveau de service, ou tout simplement pour leur reconstruction. Et face à cette situation, le ministère des Travaux publics annonce des « interventions sur ces axes prioritaires, tant en ce qui concerne les actions immédiates liées à l’amélioration de leur praticabilité que pour leur reconstruction avec le concours des partenaires techniques et financiers », indiquait Emmanuel Nganou Doumessi, le ministre des Travaux publics, dans un récent communiqué.

Comme le rappelait le MINTP au cours des conférences budgétaires présidées, au mois de novembre 2025, plus de 92% des ressources du budget du MINTP de l’exercice 2026 seront consacrées à la construction, à la réhabilitation et à l’entretien du réseau routier national. L’objectif étant de livrer près de 650 kilomètres de routes bitumées et plus de 1 300 mètres linéaires d’ouvrages d’art, tout en intensifiant les opérations d’entretien sur les axes prioritaires et communaux, afin d’améliorer la connectivité et la mobilité sur l’ensemble du territoire.

Au-delà des nouvelles constructions, la feuille de route du MINTP prévoit l’entretien de 852 km de routes bitumées et de 5 222 km de routes en terre. Le ministère annonce par ailleurs la poursuite de l’« entretien confortatif » sur environ 754 km de routes. Parmi les 13 chantiers qui devraient par exemple démarrer en 2026, l’on la phase 2 de l’autoroute Douala–Yaoundé, la route Ebolowa– Kribi (170 km), la réhabilitation complète des 242 km de route entre Ngaoundéré et Garoua, ainsi que l’axe Tchakamari–Dabanga–Kousséri, etc. Mais dans sa feuille de route pour l’exercice 2026 transmise au Premier ministre, le 10 février 2026, le MINTP s’engage à livrer environ « 475,9 km de nouvelles routes construites ».

 Le document distingue, d’une part, les chantiers à conduire à achèvement et, d’autre part, « les projets qui connaîtront une accélération dans leur exécution ».

AUTOROUTE YAOUNDÉ-DOUALA, PHASE 2 : LA LIBÉRATION DES EMPRISES BLOQUE L’AVANCEMENT DU PROJET

Pour lever cette contrainte majeure, des dispositions sont en train d’être prises. L’entreprise CFHEC a par exemple procédé, à la fin du mois de janvier 2026, au virement de 170 307 975 FCFA à la CAA pour le paiement par anticipation des indemnisations des populations impactées, conformément à la dérogation prévue par l’instruction du Premier ministre du 21 février 2018.

S’agissant de l’avancement du projet sur le terrain, l’entreprise CFHEC et le laboratoire LABOGENIE sont déjà mobilisés pour les investigations géotechniques, tandis que le MINEPAT a été saisi pour l’avis du Comité national de la dette publique pour finaliser le financement de la section PK 60–PK 100. De son côté, le MINDCAF a été chargé d’accélérer les concertations relatives aux dossiers fonciers en attente.

 Egalement, des diligences sont en cours et quasiment maturées pour la mobilisation des ressources auprès de la Standard Chartered Bank et Eximbank, signe de la détermination du gouvernement à sécuriser les financements nécessaires malgré un contexte budgétaire contraignant.

ROUTE EBOLOWA-AKOM II-KRIBI : DÉJÀ 130,4 MILLIARDS DE FCFA DISPONIBLES

Le comité de crédit de UK Export Finance (UKEF), a en effet validé, le 18 décembre 2025, la 2e tranche de financement de la route Ebolowa-Akom II- Kribi. D’un montant de 130,4 milliards de FCFA, cette tranche couvre près de 95% des coûts de construction de l’axe routier. Elle s’inscrit dans le montage financier associant l’Etat du Cameroun, la banque britannique Standard Chartered Bank UK et UKEF qui apportent des garanties souveraines sur le prêt.

Cette approbation ouvre la voie à la fermeture formelle de l’accord de financement et à un démarrage effectif des décaissements attendu au premier trimestre 2026 sous réserve des conditions habituelles liées à la réassurance, ainsi qu’aux normes environnementales et sociales, selon les précisions du ministère des Travaux publics.

Pour l’heure, les autorités camerounaises s’attèlent à la finalisation des plans d’action de réinstallation des populations affectées, au paiement des indemnisations liées aux emprises foncières et à l’achèvement des études géotechniques complémentaires exigées par les bailleurs. Le partenaire technique du projet, ICM Construction Ltd, déjà attributaire du marché, a entamé les procédures d’importations des équipements lourds. En attendant le lancement des travaux, l’entreprise assure l’entretien de la route existante afin de maintenir la circulation entre Ebolowa, Akom II et Kribi.

ROUTE EDÉA-KRIBI : LES AVIS DE NON-OBJECTION DE LA BAD RESTENT ATTENDUS POUR LA CONTRACTUALISATION DES ENTREPRISES

Pour la reconstruction de la route EdéaKribi, s’agissant du processus de contractualisation des entreprises pour la réalisation des travaux de reconstruction, les avis de non objection du bailleur de fonds, la Banque Africaine de Développement (BAD) restent attendus. Pendant ce temps, l’entretien d’urgence reste plombé par les difficultés financières de l’entreprise SOMAF.

Même si l’entreprise reste mobilisée et poursuit ses opérations, le constat sur le terrain fait état d’une réelle asphyxie financière, avec un retard de paiement des décomptes s’élevant à 1 507 660 808 FCFA sur la ligne Fonds routier et de 620 477 301 FCFA sur la ligne du budget d’investissement public (BIP). Plus grave encore, SOMAF paie également le prix fort de la suspension des paiements au Fonds routier, lesquelles ne rassurent pas. Car, cette suspension est venue davantage relever l’impact négatif de cette mesure sur les capacités de déploiement de l’entreprise, explique-t-on.

DOUALA-YAOUNDÉ-BONIS : LE PROJET DE RECONSTRUCTION SE MATURE

Maillon important du corridor Douala-Bangui, le Cameroun se dit déterminé à mettre en œuvre la reconstruction de l’axe Douala-Yaoundé-Bonis. Le gouvernement, à travers le ministère des Travaux publics, a réaffirmé sa volonté d’accélérer la maturation de ce projet, avec l’appui de la Banque mondiale, l’un des partenaires techniques et financiers ayant manifesté son intérêt pour accompagner le Cameroun.

Lors d’une concertation entre le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi et une délégation de la Banque mondiale conduite par Franz Dress-Gross, Directeur régional des infrastructures, le 20 janvier 2026 à Yaoundé, les échanges avaient porté sur l’identification du projet et la mobilisation des ressources nécessaires à la réhabilitation de cet axe stratégique pour l’économie nationale et l’intégration régionale. La Banque mondiale a exprimé son intention de contribuer à hauteur d’environ 210 milliards de FCFA.

Les principales options techniques du projet, portent notamment le dédoublement de la section Douala-Edéa ; la construction d’un second pont sur la Dibamba ; l’aménagement des voies de contournement de Douala et de Yaoundé, ainsi que la modernisation des stations de pesage d’Edéa et de Nomayos.

ROUTE NGAOUNDÉRÉ-GAROUA : LES ENTREPRISES SE MOBILISENT POUR LA RECONSTRUCTION

En attendant le début des travaux de reconstruction, les entreprises ont été instruites par le MINTP de traiter les dégradations de la chaussée en vue de maintenir la circulabilité sur cet axe. Et, cette mobilisation est déjà progressive selon les lots. Sur le lot 1, entre Ngaoundéré et le bas de la falaise, l’entreprise CGCOC Group n’a pas encore démarré les travaux de maintien de la circulation, alors que certaines sections présentent un niveau de dégradation avancé.

Sur le lot 2, l’entreprise CHEC a engagé des interventions sur les premiers kilomètres, notamment le traitement des points critiques avec des matériaux stabilisés. Sur les lots 4 et 5, les entreprises CFHEC et CWE ont mobilisé leurs équipes et équipements, bien que l’approvisionnement en matériaux concassés persiste, avec des solutions en cours de mise en œuvre. Mais déjà, parmi les difficultés que rencontrent les entreprises sur le terrain, il y a l’approvisionnement en matériaux concassés pour le traitement des nids-de-poule et l’agrément des sites destinés aux bases logistiques.

Pour y faire face, le MINTP, au cours d’une réunion du 9 février dernier, a recommandé le traitement des points critiques au bitume et a indiqué, avec l’appui du MINMIDT que la carrière exploitée par l’entreprise Synohydro, déclarée d’utilité publique, devra faciliter l’accès des entreprises aux agrégats nécessaires.

VOIE EXPRESSE LOLABÉ-CAMPO À CONSTRUIRE

La construction de la voie express LolabéCampo, longue d’environ 40 km et conçue à 4 voies, est un projet crucial pour relier le complexe industrialo-portuaire de Kribi à la frontière de la Guinée équatoriale. Ce projet stratégique vise à booster les échanges sous régionaux, elle s’inscrit également dans le projet de développement du complexe industrialo-portuaire de Kribi, dont elle constitue l’un des maillons routiers structurants, bien que son avancement soit actuellement ralenti par des incertitudes sur le bouclage financier de la BDEA.

Au MINTP, l’inquiétude porte désormais sur la « capacité de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) à mobiliser les 45 milliards FCFA de son apport ». Il est en effet attendu de ce bailleur de fonds une enveloppe de 45 milliards FCFA pour le bitumage de la route, un projet qui inclut également des travaux de voiries urbaines et divers aménagements sociaux.

BINGAMBO-GRAND ZAMBI : 15 ENTREPRISES DÉJÀ EN COURSE

Selon le MINTP, 15 entreprises ont déposé leurs offres pour les travaux de construction de la route Yaoundé-Kribi via Olama, tronçon Bingambo-Grand Zambi (43 km) sur la route nationale N° 22. Les travaux doivent être réalisés dans un délai global de 24 mois calendaires, pour un coût prévisionnel de 50,96 milliards de FCFA. Ce projet est cofinancé par l’État du Cameroun, via le budget d’investissement public (BIP) du MINTP pour les exercices 2023 et suivants, et des partenaires financiers que sont la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea), le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe (Fkdea), le Fonds saoudien de développement (FSD), le Fonds d’Abou Dhabi pour le développement (FADD) et le Fonds OPEP pour le développement international (OFID).

BATOURI-NGOURA II : LA CONTRACTUALISATION DE L’ENTREPRISE ATTENDUE

 Au MINTP, l’on informe que l’appel d’offres relatif à la contractualisation d’une entreprise pour la construction de la section Batouri-Ngoura II est lancé. Le bitumage de la route Ngoura II-Yokadouma, y compris la voie de contournement de la ville de Batouri, avec l’appui de la Banque Africaine de Développement est donc en voie de consolidation. Selon le chronogramme élaboré par le MINTP, le marché pour la construction de la route Batouri-Ngoura II devait être signé avant la fin de l’année 2025, pour un démarrage des travaux au cours de l’année 2026, comme cela est indiqué dans la feuille du MINTP transmise au Premier ministère.

DE NOMBREUX CHANTIERS À ACCÉLÉRER EN 2026

 Dans la catégorie des chantiers à accélérer au cours de l’exercice 2026, le MINTP liste notamment Ngaoundéré–Paro ; Magada– Guidiguis–Yagoua ; Foumban–Koupamatapit ; Carrefour Yii-Endom-Carrefour Nkam ; Mengueme Si-Nkangkonso et bretelles. Les travaux sur Edéa–Mouanko, Nkondjock–Bafang ; Olounou–Oveng ; Boucle de la Lékié doivent aussi gagner en cadence. Le programme inclut en outre la finalisation des travaux de l’entrée Nord de Yaoundé : Olembé-Echangeur d’Obala en 2×2 voies, la traversée urbaine de Bamenda, ainsi que le bitumage de certains tronçons de routes dans la région du Sud, notamment dans les départements de la Mvila et du Dja-et-Lobo : Section 1 : Ngallan (village Comice)-Melangue 2-Biwong Bané et section 2 : Ebolowa-Nsélan-Koungoulou, axe Nkoeye, fin goudron.

Des avancées notables seront également enregistrées sur les ouvrages d’art ci-après : pont et ses accès sur le fleuve Mbam à Nchiayang, pont et ses accès sur le Mayo Kallio à Palar sur la Nationale No1, etc.

 DES PROJETS À TERMINER…

Parmi les projets annoncés à terminer au cours de l’exercice budgétaire 2026, le MINTP cite la pénétrante Est de Douala, les axes Maroua–Bogo–Pouss et Mora–Tchakamari, la route Mbalmayo–Sangmelima ainsi que l’axe Awae–Esse–Soa. S’ajoutent qaussi la réhabilitation de l’ancien pont sur le Wouri et la route Kumbo–Misaje, y compris la voie de contournement de Nkambe, MbalmayoSangmelima. Emmanuel Nganou Djoumessi promet également la livraison de « six ponts à sections modulaires métalliques ».

 DES ÉTUDES TECHNIQUES À POURSUIVRE…

Les études techniques devront se poursuivre en 2026 dont la plupart pourront s’achever portent sur 350 km d’autoroutes et voies expresses, 1738,3 km de routes à construire. Celles devant démarrer portent sur 2496,4km de routes et 665 ml d’ouvrages d’art. Ces études seront menées jusqu’à la phase d’Avant-projet sommaire (APS) ou Avant-projet détaillée (APD).

Elles concerneront entre autres : le bitumage de la voie expresse Edéa-Dizangue-Mouanko-Yoyo (110 km) ; la construction de l’autoroute intersection (Yaoundé-Douala)-Bafoussam-Bamenda ; la construction des routes Lomie-Ngoila-Mbalam et Zoulabot 2-Messok, ainsi que la construction des routes Djoum (Inter N9)- Onon-Oveng (Inter N11) et Lomie-Mintom.

BRT de Douala : la CUD lance les premiers appels d’offres

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Les autorités chargées de la concrétisation du projet de Bus Rapid Transit (BRT) de Douala ont lancé, en octobre 2025, les premiers appels d’offres pour le recrutement des entreprises auxquelles elles souhaitent confier les travaux liés audit projet. Selon des informations obtenues auprès de sources internes au Projet de mobilité urbaine de Douala — dont le BRT est une composante — 14 entreprises ont déposé des offres pour les voies de rabattement, après que 21 sociétés ont acquis le dossier.

Les résultats sont attendus pour fin février 2026. Le cahier des charges porte sur 12,5 km de voiries d’accès, pour un montant estimé à 4,7 milliards de FCFA. Il concerne des tronçons situés dans Douala 1er, 2e, 3e et 5e, et inclut chaussées, drainage, éclairage, installation d’outils de gestion du trafic ainsi que la relocalisation de réseaux d’eau et d’électricité. Ces chantiers, bien que distincts des travaux principaux du BRT, balisent le terrain pour ces derniers et constituent un signal fort susceptible d’être perçu positivement par la Banque mondiale, auprès de laquelle le Cameroun a emprunté 261 milliards de FCFA pour ce projet estimé à plus de 350 milliards de FCFA.

Ils pourraient également peser dans les discussions engagées avec l’institution de Bretton Woods afin d’obtenir le prolongement de la clôture du financement accordé au Cameroun, initialement prévue en juin 2028.

En effet, au regard des retards accumulés dans la conduite du projet, la Communauté urbaine de Douala, convaincue qu’elle ne pourrait pas livrer l’ensemble du chantier à la date prévue, a entamé des discussions avec la Banque mondiale pour obtenir une extension de la date de clôture des opérations de décaissement.

 « Lors de la dernière mission de supervision de la Banque mondiale, qui s’est tenue en juin 2025, ce risque de ne pas finaliser les travaux en 2028 a bien été relevé. Nous avons obtenu un accord de principe de la Banque mondiale pour une possible extension de la date de fin du projet, mais sous réserve que nous commencions déjà tous les travaux », expliquait en août 2025 Tene Mbimi Prisca, conseillère technique n°3 auprès du maire de Douala et coordonnatrice du projet.

CALENDRIER ENCORE INCERTAIN POUR LE CORRIDOR PRINCIPAL

 À ce stade, les conclusions des discussions engagées avec la Banque mondiale restent confidentielles. Concrètement, on ignore toujours si le Cameroun a obtenu de l’institution financière la prolongation sollicitée. Toutefois, les projections actuelles relatives au corridor principal du BRT semblent plaider pour une issue favorable. Les travaux de ce corridor sont programmés pour démarrer fin 2026 ou début 2027.

Étant donné qu’avant même le lancement des travaux préliminaires susmentionnés, la Communauté urbaine de Douala craignait déjà de ne pas respecter les délais, il paraît peu probable que, quelques mois plus tard, elle ait assuré aux responsables de la Banque mondiale pouvoir achever le chantier entre 2027 et 2028.

En outre, le contrat de l’opérateur chargé d’assurer le transport devrait être signé en 2027. Le projet BRT de Douala est conçu autour de quatre lignes totalisant 27 km, 44 stations et quatre terminaux. Il intègre également environ 80 km de voies urbaines de rabattement.

UN PROJET ANCIEN RELANCÉ À PLUSIEURS REPRISES

 L’idée d’implanter un système de bus à haut niveau de service au Cameroun n’est pas récente. En 2015, le ministère des Finances annonçait la mise en place de deux lignes pilotes : l’une à Yaoundé (21 km, d’Olembé à Ahala) et l’autre à Douala (17 km, du Carrefour des Douanes au PK 17). Ces projets avaient fait l’objet d’une signature de principe avec l’entreprise brésilienne Marco Polo, spécialisée dans la fabrication d’autobus, et devaient entrer en service en 2018.

Les tracés avaient été définis, des études topographiques et de trafic mené, et un mémorandum d’entente signé avec le secrétaire général de la Primature pour le compte du Cameroun. Pourtant, aucune suite concrète n’a été donnée à cette première phase. En 2019, l’initiative est relancée par le ministre du Développement urbain et de l’Habitat, Jean Claude Mbwentchou, dans le cadre du programme Mobilise Your City, une initiative internationale lancée lors de la COP21 à Paris en 2015.

Ce programme vise à aider les villes en développement à concevoir des plans de mobilité urbaine durables. À Douala, il se traduit par l’élaboration d’un Plan de Mobilité Urbaine Soutenable (PMUS). Malgré cette relance, aucun chantier n’a été engagé et le projet est resté à l’état de planification jusqu’à l’intervention de la Banque mondiale.

La Bourse nationale des déchets : nouvel outil pour stimuler le recyclage

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« La toute nouvelle Bourse nationale des déchets est suffisamment équipée, tant sur le plan de la gouvernance que sur le plan humain et beaucoup plus aussi sur le plan politique parce qu’on voit que nos politiques nationales se mettent en branle » a déclaré Sylvie Rebecca Essomba, Directeur général de la Bourse nationale des déchets, le 12 février 2025 à Yaoundé à l’occasion du lancement officielle des activité la Bourse nationale des déchets.

Pour elle, l’heure est l’action. « Nous pensons que les conditions sont réunies pour que la bourse puisse se mouvoir et atteindre les objectifs que le Cameroun s’est fixés en matière de développement durable » poursuit-elle. Il sera désormais question d’animer le marché boursier des déchets où l’offre et la demande sur les déchets vont se rencontrer. « Nous voulons mettre ensemble tous ces manipulateurs de déchets autour d’un outil unique et innovant qui fait que les déchets seront vus par les uns et les besoins des autres remplis. Ces déchets seront ainsi réinjectés dans le circuit industriel et là c’est déjà un apport pour l’import-substitution parce qu’il y aura une réduction des coûts finalement », a précisé Sylvie Rebecca Essomba. Ce jeudi-là, en plus du lancement de ses activités et sa plateforme électronique, l’identité visuelle et logo de la Bourse nationale des déchets a été présentés.

UN VOLUME QUI A DOUBLÉ EN NEUF ANS

Mais derrière la symbolique institutionnelle, l’urgence est chiffrée. En 2016, le Cameroun produisait trois millions de tonnes de déchets. En 2025, le volume atteint six millions de tonnes. En neuf ans, la production a doublé. Or le modèle actuel montre ses limites. À peine un quart de ces déchets est pris en charge par Hysacam. La moitié est gérée sans méthodologie conforme à la réglementation en vigueur.

Le dernier quart finit abandonné dans la nature. Pour le ministère de l’Environnement, cette situation n’est plus soutenable. « Nous avons vécu pendant des années dans ce tourment de déchets avec tout ce que ça cause et que nous puissions maintenant en arriver à mettre en place ce qui fait en sorte que les déchets des uns deviennent la matière première des autres », a déclaré Hélé Pierre, ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable, qui présidait la cérémonie.

Les externalités sont lourdes. Pollution des milieux récepteurs, dégradation des paysages urbains, prolifération de maladies, émissions de gaz à effet de serre qui compromettent les engagements du pays auprès de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. La question des déchets devient ainsi un sujet économique autant qu’environnemental.

 LES COLLECTIVITÉS MISENT SUR LA VALORISATION

La Bourse nationale des déchets est présentée comme un mécanisme correctif. Sa plateforme électronique doit mettre en relation offreurs et demandeurs. Les déchets des uns deviennent intrants pour les autres. La logique affichée est celle d’un marché structuré, avec une animation des échanges et une meilleure traçabilité des flux.

Dans les collectivités, l’initiative est perçue comme une opportunité budgétaire. « Ce sont ces territoires qui ont davantage intérêt à voir les déchets disparaître de leurs territoires et nous apprécions cette très forte action du gouvernement à travers le ministère de l’Environnement. Cette action va véritablement donner une valeur ajoutée aux ordures parce qu’on ne peut plus parler de déchets. Il s’agit davantage d’un capital et nous allons nous insérer dans cette brèche. Nous nous réjouissons que nos villes vont changer d’image et surtout se faire un peu d’argent », affirme Daniel Edjo’o, maire d’Ebolowa.

UNE FILIÈRE INDUSTRIELLE EN ATTENTE DE STRUCTURATION

Du côté des industriels du recyclage, l’attente est également forte. « Cette bourse vient à point nommé. Red-Plast, en tant qu’entreprise de recyclage des déchets entend tirer profit de cette bourse de déchets. Nous avons une application qui permet de collecter les déchets en ligne. Donc ça va permettre d’interconnecter tous les acteurs de la chaîne de transformation des déchets pour une meilleure organisation. Nous allons jouer notre partition et nous connecter aux entreprises qui auront besoin de nos produits. Cette bourse est une aubaine. Nous espérons améliorer nos ventes et pouvoir bien huiler le réseau de transformation de déchets au Cameroun », explique Henri Yene, superviseur de Red-Plast à Yaoundé.

 Les associations de consommateurs y voient aussi un enjeu de santé publique. « Nous saluons à juste titre l’avènement de cet outil parce que le consommateur a droit à un environnement sain et le lancement de la Bourse nationale des déchets vient contribuer à l’atteinte de ce droit-là. Nous voyons au quotidien à quoi ressemblent nos villes. Le consommateur est exposé à plusieurs maladies qui impactent sa santé. Aujourd’hui, il est question pour nous d’espérer un meilleur environnement, que l’air que nous respirons soit moins pollué et que nous puissions véritablement être en santé. L’employabilité des jeunes sera également boostée à travers cet instrument. Reste que la mise en œuvre suive véritablement », prévient Prince Mpondo, président d’une association de défense des droits des consommateurs.

La Bourse nationale des déchets ambitionne ainsi de transformer un goulot d’étranglement urbain en filière économique structurée. Reste à savoir si la plateforme saura absorber les six millions de tonnes annuelles et réduire la part des flux hors normes. La crédibilité du dispositif se mesurera à sa capacité à réduire l’abandon sauvage et à intégrer le recyclage dans le circuit industriel national, tout en alignant la gestion des déchets sur les engagements climatiques du pays.

Habitat Social : En seize ans, à peine 36 % des 10 000 logements promis ont vu le jour

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Seize ans après son lancement, le programme public de construction de 10 000 logements sociaux et d’aménagement de 50 000 parcelles constructibles n’a toujours pas atteint la moitié de sa cible. Les données communiquées par le ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (Minhdu) indiquent que seuls quelques milliers de logements ont été livrés, alors même que les besoins continuent de croître dans les grandes villes. Le projet comprenait une phase pilote de 1 675 logements.

D’après les données communiquées lors de la remise de clés organisée le 12 février 2026 à Mbanga Bakoko à Douala par le ministère de l’Habitat, « le total des logements achevés dans la phase pilote [s’élève] à 1 130 sur 1 675 prévus ». Sur ce site précis, « 670 logements sont déjà livrés, avec 40 supplémentaires attendus d’ici mars et 30 autres en avril », ont indiqué les responsables du programme.

Cet échec, la ministre de l’Habitat Célestine Ketcha Courtès ne l’assume pas. Le département ministériel qu’elle dirige tente même de s’en départir. Selon les services de communication dudit ministère, « à son arrivée en 2019, seuls 420 logements étaient achevés depuis le lancement du projet pilote en 2009 ». Elle a assuré que « les remises de clés sont devenues régulières », évoquant « la contractualisation de nouvelles entreprises et des avancées sur la délivrance des titres fonciers, présentées comme une priorité pour 2026 ».

Sur le terrain, la perception reste plus critique. Dans les grandes agglomérations, la rareté et le coût des logements dits sociaux alimentent les frustrations. « Il n’y a pas de logements sociaux au Cameroun. Ce qu’on appelle “logements sociaux” est inaccessible aux citoyens camerounais moyens. Ce sont les hauts fonctionnaires qui habitent dans les camps SIC. Car les coûts sont élevés et ils sont d’ailleurs rares », observe Sylvain, étudiant interrogé.

Selon les chiffres officiels rappelés par le ministère de l’Habitat et du Développement urbain, le Cameroun accuse « un déficit d’environ 2,5 millions de logements sociaux ». Le même ministère estime également « à plus d’un million d’unités le déficit à combler en matière de logements, avec une croissance annuelle de 10% »

Religion : Le jeûne du Ramadan et le carême débutent demain

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 »La Commission nationale du Croissant lunaire (Cncl) a le plaisir d’informer la communauté musulmane du Cameroun que le jeûne du mois de Ramadan 2026 correspondant à l’année hegirienne 1447 commence demain ». C’est la substance d’un communiqué rendue publique ce soir par la Cncl. Confirmant simplement ce qui était déjà pris pour acquis. Le jeûne du mois de Ramadan débute donc ce mercredi 18 février 2026 sur le territoire national camerounais. La commission précise que le croissant lunaire a été aperçu à Yagoua dans le département du Mayo-Danay.  »Le Lamido de ladite ville a informé le Sultan de Wandala qui, à son tour, a saisi le porte-parole de la Cncl, avec un audio à l’appui. »

Coïncidence

Le communiqué signé du Pr Souley Mane, porte-parole de la Cncl, survient au moment où l’association, une organisation concurrente à la Cncl, en est encore à rechercher le même croissant lunaire. Dans un communiqué signé ce même 17 février 2026, le Conseil camerounais du croissant lunaire (Cccl) qui chapeaute cette association, annonçait son déploiement ce soir dans la ville de Douala pour les besoins de la cause. Elle qui use de moyens techniques pour rechercher le croissant lunaire, a ces dernières années essayé de démystifier cette opération, anticipant parfois sur son concurrent. Il est certain qu’une communication du Cccl viendra confirmer le début du jeûne du Ramadan pour ce 18 février 2026.

Cette année, le début du carême coïncide avec le mercredi des Cendres, qui symbolise chez les chrétiens (catholiques notamment), le début du carême en vue de la célébration de la Pâques. C’est dire si les deux obédiences religieuses sont sur le même diapason cette année.

Le Port Autonome de Douala rétablit SGS et maintient partiellement Transatlantic

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L’affaire de scanning des marchandises au Port de Douala-Bonabéri connaît un nouveau développement. Le Directeur Général du Port Autonome de Douala (PAD) a décidé de suspendre une partie des opérations sécuritaires d’inspection par scanner réalisées transatlantic d. s.a. qui a pris en main cette activité le 2 janvier 2026.

Dans une correspondance datée du 16 février 2026, Cyrius Ngo’o demande au DG de Transatlantic D, de limiter ses interventions « à l’inspection par scanner du reste des flux import/export, marchands et non-marchands, qui ne sont pas opérés par la société SGS S.A. Il s’agit en particulier, d’une part, du trafic vrac solide non-conteneurisé traité dans les autres terminaux et. D’autre part, des véhicules, des conteneurs vides et des conteneurs hors-gabarit débarqués au Terminal à Conteneurs », détaille le DG du PAD. Cette injonction avec effet à compter de la date dudit courrier « jusqu’à nouvel ordre », consiste à mettre en œuvre les directives du premier ministre, précise le management du PAD.

Cette décision rétablit dans ses droits la Société générale de surveillance (SGS) tel que recommandé par le gouvernement. L’entreprise suisse va donc poursuivre l’inspection des conteneurs tandis que Transatlantic D dont le contrat avec le PAD portait sur le 100% scanning, soit l’inspection de toutes les marchandises passant par le port tant à l’importation qu’à l’exportation quel que soit leur mode de conditionnement va limiter son intervention aux autres marchandises non couverts par SGS. Le PAD maintient donc son contrat avec Transatlantic D.

En rappel, le contrat de concession liant le Port Autonome de Douala à Transatlantic D porte sur une durée de 25 ans avec rétrocession des actifs. L’un des motifs avancés par le PAD pour ce changement était la modernisation et l’alignement aux meilleures normes internationales en matière de sécurité et de sûreté portuaire. Le nouvel opérateur devait donc mettre en place un dispositif mobile de dernière génération permettant une transmission rapide des informations à la Douane et aux autres acteurs de la chaîne d’import/export.

Télévision: Consty Eka est mort

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La rumeur s’est finalement confirmée: Consty Eka est mort. Le roi de la télé s’est éteint ce 16 février 2026 à Abidjan en Côte d’Ivoire. Selon des informations rapportées par le lanceur d’alertes Paul Chouta,  »il était pourtant au bureau et bien portant ce lundi à Abidjan, jusqu’à ce qu’il commence à vomir du sang ». C’était ainsi la fin qui s’annonçait pour l’animateur télé. « Conduit à l’hôpital, il a tiré sa révérence  », souligne-t-il.

Né sous le pseudonyme Constantin Ekani, celui qui se faisait appeler  »le roi de la télévision ». Et de fait, l’animateur télé avait fait les beaux jours de la télévision tant dans son pays qu’en Côte d’Ivoire. Et déjà, c’est une pluie de réaction qui tombe sur les réseaux sociaux. Telesphore Mba Bizo, journaliste en service au poste national de la Crtv, garde de l’homme un souvenir inoubliable : « Consty Eka, le Roi de la télé, révèle le groupe de mon frère aîné, Aimey Bizo, considéré comme le premier boy’s band du Cameroun, Star System, en 1986, dans le programme Music Video Show. La diffusion fut marquée par la puissance de “U Can’t Touch This”, le tube emblématique et unique de la carrière de MC Hammer ». Mireille Fomekong, n’en revient pas: « La mort… Cette visiteuse imprévisible, toujours inopportune, qui s’invite sans frapper et laisse derrière elle le fracas du silence.
Consty… mon Ami, mon grand frère, mon soutien secret… », se lamente la communicatrice.

Cameroun : Sauver le système de santé de la vulnérabilité

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Par Louis Marie Kakdeu

La vulnérabilité des Camerounais ne résulte pas d’une fatalité tropicale mais, de choix politiques défaillants, d’investissements insuffisants et d’un déficit éducatif criant.

Au Cameroun, le gouvernement actuel se concentre sur les soins au niveau des hôpitaux. Il ne travaille pas à ce que le nombre de personnes qui arrivent à l’hôpital soit réduit. Ainsi, il néglige la prévention (approche one health) et il opte pour la construction centres de santé sans plateaux technique.

Et dans ces centres de santé, trois services retiennent le plus d’attention : il s’agit de la morgue en première position, de la pharmacie en deuxième position et du bloc opératoire en troisième position. Ce sont les trois services les plus rentables dans nos hôpitaux à tel point que le marché des gerbes de fleurs et des cercueils florissent dans les environs des hôpitaux. L’on note aussi que le business des médicaments dans les hôpitaux est très capitaliste et en défaveur des malades. Et pour faire fonctionner les laboratoires, la pratique est de prescrire automatiquement une batterie d’examen aux patients qui ont la malchance de venir simplement en consultation.

Un autre choix politique est possible. Celui d’investir massivement dans la santé publique (prévention) pour mettre le système au service des citoyens. Mieux vaut prévenir que guérir. La vaccination, l’assainissement, l’éducation sanitaire, la lutte contre les vecteurs de maladies doivent devenir des priorités. Il faut faire le choix d’œuvrer pour que moins de citoyens tombent malades.

On ne peut pas travailler à construire encore et encore plus de prisons ; il faut travailler pour réduire l’incivisme. Il ne faut pas travailler pour construire encore et encore plus des centres de santé ; il faut investir pour réduire le nombre de malades qui ont besoin des hôpitaux. Et c’est un choix politique à faire.

C’est vrai que les responsables locaux font face aux contraintes de trésorerie et font payer aux malades. Il faut aussi dire que sans moyens adéquats, aucune amélioration n’est possible. Les États africains doivent respecter leur engagement d’Abuja et consacrer au moins 15% de leur budget à la santé. Cela implique des choix budgétaires courageux : moins de dépenses de prestige, plus d’investissements sanitaires. Aussi, il faut former massivement du personnel médical et créer des conditions attractives pour le retenir : salaires décents, environnement de travail, possibilités de recherche, reconnaissance sociale.

Pour le citoyen, il lui faudra une couverture sanitaire universelle et cette sécurité sociale. Chaque citoyen devra pouvoir accéder à des soins de qualité sans risquer la ruine financière. Les expériences de pays comme le Rwanda montrent que c’est possible, même avec des ressources limitées. L’on ne peut pas oublier de mettre l’accent sur le développement de la recherche médicale africaine. Le patrimoine génétique africain reste inexploité dans sa totalité. L’Afrique ne peut rester éternellement dépendante de la recherche étrangère. Elle doit développer ses propres capacités de recherche, adaptées à ses maladies spécifiques.

Il n’existe pas de système de santé au Cameroun ; il existe un système de soins. Tant que le Cameroun n’aura pas construit un système de santé robuste, elle restera à la merci de la prochaine épidémie. La santé n’est pas qu’une question humanitaire. C’est un investissement économique et un impératif de développement. Un peuple malade ne peut construire son avenir. Les camerounais sont malades pour l’essentiel ; ils ne sont pas aptes à construire l’avenir de leur pays.

L’urgence est signalée

Louis-Marie KAKDEU, MPA, PhD & HDR

Deuxième Vice-Président National SDF

Finances publiques : Le satisfecit prudent du Fonds Monétaire International

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Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Christine Dieterich, a séjourné au Cameroun du 29 janvier au 12 février pour mener les entretiens sur la consultation de 2026 au titre de l’article IV des statuts du FMI. Les consultations au titre de l’article IV interviennent annuellement dans tous les pays membres pour examiner les politiques économiques mises en œuvre. C’est pourquoi, même sans être sous-programme avec Fonds Monétaire international, le Cameroun a accueilli cette mission et quasiment tous les hauts responsables du pays en charge des dossiers économiques et des finances publiques lui ont ouvert les portes.

 Au terme de cette mission au titre de l’article IV, l’équipe du Fonds monétaire international (FMI) dresse un constat globalement positif de la trajectoire macroéconomique du Cameroun, tout en soulignant l’ampleur des vulnérabilités persistantes. Dans son communiqué de fin de mission, l’institution souligne que « l’économie camerounaise a fait preuve d’une résilience considérable ces dernières années, malgré une succession de chocs externes, mais la croissance économique demeure modérée. Nous prévoyons, indique la cheffe de mission, ́ que la croissance ralentira légèrement en 2025, passant de 3,5 % en 2024 à 3,1 %. Cette prévision tient compte des tensions à la fin de l’année après les élections, qui ont perturbé le commerce, les services et l’investissement, et freiné la demande intérieure. L’inflation a continué de diminuer en 2025, sa moyenne sur 12 mois se modère à 3,4 % er décembre ».

Ce satisfecit n’est pas anodin dans un contexte international marqué par la volatilité des cours des matières premières, le durcissement des conditions financières et les tensions géopolitiques. Selon le FMI, l’économie camerounaise a fait preuve de « résilience face aux chocs extérieurs », grâce notamment à une gestion budgétaire plus prudente et à la poursuite des programmes appuyés par l’institution. La mission note également que la croissance demeure positive et que l’inflation, bien qu’encore élevée, montre des signes de modération.

CONSOLIDATION BUDGÉTAIRE ET MOBILISATION DES RECETTES

Le cœur du satisfecit porte sur la consolidation des finances publiques. Le communiqué souligne que les autorités ont « continué d’améliorer la mobilisation des recettes intérieures » et de « renforcer la discipline budgétaire ». Cette dynamique est jugée essentielle pour préserver la soutenabilité de la dette et restaurer des marges de manœuvre budgétaires. Toutefois, le FMI insiste sur la nécessité d’« accélérer les réformes visant à élargir l’assiette fiscale et à améliorer l’efficacité de l’administration des impôts et des douanes ».

L’enjeu est double : réduire la dépendance aux recettes pétrolières et financer durablement les priorités sociales et infrastructurelles. La mission appelle également à « poursuivre les efforts pour rationaliser les dépenses et améliorer la qualité de la dépense publique », un point sensible dans un contexte de tensions de trésorerie récurrentes.

DETTE, ARRIÉRÉS ET GOUVERNANCE

Sur le front de la dette, l’institution relève des avancées dans la gestion et la transparence, tout en invitant les autorités à « maintenir une stratégie d’endettement prudente » et à « éviter l’accumulation de nouveaux arriérés ». La réduction des arriérés intérieurs demeure une priorité afin de soutenir la liquidité du secteur privé et de renforcer la crédibilité budgétaire de l’État.

Le communiqué met également l’accent sur la gouvernance et la transparence, considérées comme des leviers déterminants pour améliorer le climat des affaires. Le FMI encourage à « renforcer le cadre de lutte contre la corruption et à accroître la transparence dans la gestion des finances publiques ». Ces recommandations s’inscrivent dans une logique de crédibilisation des politiques publiques vis-à-vis des partenaires techniques et financiers, mais aussi des investisseurs.

 RÉFORMES STRUCTURELLES ET SECTEUR FINANCIER

Au-delà des équilibres macroéconomiques, la mission du FMI a insisté sur l’impératif des réformes structurelles. Il appelle à « accélérer la mise en œuvre des réformes destinées à améliorer l’environnement des affaires, promouvoir la diversification économique et stimuler l’investissement privé ». La diversification reste en effet un chantier central pour réduire la vulnérabilité aux chocs exogènes et créer des emplois durables. Le secteur financier fait également l’objet d’une attention particulière.

Le communiqué souligne la nécessité de « renforcer la stabilité du système bancaire et d’améliorer l’inclusion financière ». Dans un contexte où l’accès au crédit demeure contraint pour de nombreuses PME, la solidité du système bancaire et la qualité de la supervision prudentielle sont des conditions préalables à une croissance plus inclusive.

UN SATISFECIT SOUS CONDITIONS

 Si le ton du communiqué est globalement positif, il demeure conditionnel. Le FMI avertit que les perspectives restent exposées à « des risques importants, notamment liés à l’environnement extérieur et aux contraintes internes ». Les tensions sécuritaires, les aléas climatiques et la volatilité des marchés internationaux constituent autant de facteurs susceptibles de fragiliser les acquis. Raison pour laquelle l’institution recommande au autorités Camerounaises de « poursuivre résolument les réformes engagées » et de « renforcer les filets de protection sociale afin d’atténuer l’impact des ajustements sur les populations vulnérables ».

La dimension sociale apparaît ainsi comme un point d’équilibre délicat : filtrer les dépenses publiques sans compromettre les dépenses sociales. Ce satisfecit du FMI valide la trajectoire engagée, mais il ne vaut pas quitus définitif. Il souligne au contraire que la stabilisation macroéconomique doit désormais se traduire par des transformations structurelles plus profondes. La consolidation budgétaire, l’amélioration de la gouvernance, la diversification économique et la protection des plus vulnérables constituent les piliers d’une croissance durable.

Dr Blaise MOUSSA : « L’eau est un facteur de paix ou de tension, selon la manière dont elle est gérée »

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DR BLAISE MOUSSA, Directeur général de la Cameroon Water Utilities (Camwater), Président du 23e Congrès de l’Association Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA)

Défis Actuels : Monsieur le Président, le 23ᵉ Congrès international de l’AAEA vient de s’achever à Yaoundé. Quel regard portez-vous sur ces quatre jours de travaux ?

Blaise Moussa :  Je ressens avant tout une profonde satisfaction, mais aussi une responsabilité renforcée. Yaoundé a été, durant quatre jours, la capitale africaine de la réflexion stratégique sur l’eau et l’assainissement. Ce Congrès n’était pas un simple rendez-vous institutionnel. Il a été conçu comme un espace de solutions, d’innovation et d’engagement concret. Les échanges ont été riches, parfois exigeants, mais toujours orientés vers l’action. C’est exactement ce dont notre continent a besoin aujourd’hui.

Défis Actuels : Le thème retenu, « Eau et assainissement pour tous : des actions fortes pour l’Afrique » était ambitieux. A-t-il trouvé un contenu réel ?

Blaise Moussa : Absolument. Ce thème n’était pas un slogan. Il a servi de fil conducteur à l’ensemble des travaux. Les six grands axes du Congrès ont permis d’aborder toute la chaîne de valeur : de la protection de la ressource jusqu’au service à l’usager, en passant par la gouvernance, le financement, la recherche et l’innovation. Le message est clair : nous n’avons plus le luxe des diagnostics répétitifs. Les solutions existent. Ce qui est attendu, ce sont des décisions courageuses et des mises en œuvre rapides.

Défis Actuels : Justement, quels enseignements majeurs ressortent de ces six grands axes ?

Blaise Moussa : Le premier enseignement est que la durabilité commence à la source. Sans gestion intégrée des ressources en eau, sans protection des bassins versants et sans anticipation des effets du changement climatique, aucun système ne tiendra dans la durée. Le second est que la performance des services dépend moins des infrastructures que de la qualité du management, des compétences humaines et de la gouvernance. Enfin, l’assainissement ne peut plus rester le parent pauvre du secteur. Collecter ne suffit plus : il faut traiter, valoriser et intégrer ces services dans une logique d’économie circulaire.

Défis Actuels : Le Congrès a été présenté comme « orienté solutions ». En quoi s’est-il distingué des éditions précédentes sur ce point ?

Blaise Moussa : La différence tient à l’approche. Nous avons volontairement réduit la place des constats généraux pour privilégier les retours d’expériences opérationnels, les outils concrets et les modèles reproductibles. Chaque Track devait répondre à une question simple : qu’est-ce qui fonctionne, dans quel contexte, et à quelles conditions ? Cette orientation a permis de rapprocher chercheurs, exploitants, collectivités et investisseurs autour d’un même objectif : transformer la connaissance en action. C’est une évolution majeure pour l’AAEA.

Défis Actuels : La question climatique a été omniprésente. L’Afrique est-elle suffisamment armée face à ce défi ?

Blaise Moussa : L’Afrique est en première ligne, alors qu’elle contribue très peu aux émissions mondiales. Les sécheresses, les inondations, la variabilité des ressources mettent nos systèmes sous pression. Le Congrès a montré que la résilience climatique doit être intégrée dès la conception des infrastructures, mais aussi dans la gestion quotidienne des services. Cela suppose des données fiables, des outils de modélisation, et surtout une planification à long terme. Nous devons sortir de la logique de réaction pour entrer dans celle de l’anticipation.

Défis Actuels : Peut-on affirmer que l’eau et l’assainissement sont désormais perçus comme des secteurs économiques à part entière ?

Blaise Moussa : Oui, et c’est une évolution essentielle. Longtemps considérés uniquement comme des secteurs sociaux, l’eau et l’assainissement sont aujourd’hui reconnus comme des piliers de la compétitivité économique. Ils conditionnent la santé des populations, l’attractivité des territoires, le développement industriel et la sécurité alimentaire. Le Congrès a clairement montré que chaque dollar investi dans l’eau génère des retombées multiples, en termes de croissance, d’emplois et de stabilité sociale. C’est un message fort adressé aux ministères des finances et aux décideurs économiques.

Défis Actuels :  La question du financement revient constamment. Où en est-on réellement ?

Le financement reste un nœud critique. Les besoins sont immenses, mais les ressources publiques sont limitées. Le Congrès a confirmé la nécessité de diversifier les mécanismes : financements concessionnels, partenariats public-privé, financements locaux, et amélioration de la performance financière des opérateurs. Un point a été très clairement posé : sans amélioration du recouvrement des factures et sans maîtrise des pertes, aucun modèle n’est viable. La crédibilité financière est une condition préalable pour attirer les investisseurs.

Défis Actuels : Les collectivités locales ont été très présentes, notamment à travers le Forum des maires. Quel message en retenez-vous ?

Blaise Moussa : Nous en retenons un message très fort, à savoir que les villes sont aujourd’hui en première ligne. L’urbanisation rapide, la gestion des déchets solides et liquides, l’assainissement non collectif sont des défis quotidiens pour les maires. Les expériences partagées, notamment sur la gestion participative et le recyclage, montrent que des solutions locales existent. Mais elles nécessitent un soutien politique clair, des financements adaptés et une forte mobilisation citoyenne.

Défis Actuels : Les collectivités locales semblent réclamer plus de responsabilités. Le secteur est-il prêt à cette décentralisation accrue ?

Blaise Moussa : La décentralisation est une opportunité, mais elle doit être accompagnée. Les maires ont démontré leur capacité d’innovation et leur connaissance fine des réalités locales. Toutefois, cela suppose un transfert effectif de compétences, des ressources financières adaptées et un appui technique constant. Le Congrès a montré que les approches intercommunales et les projets intégrés offrent des perspectives très prometteuses, à condition que l’État joue pleinement son rôle de stratège et de garant.

Défis Actuels : Quel rôle le secteur privé africain peut-il jouer dans cette transformation ?

Blaise Moussa : Un rôle déterminant. Le secteur privé africain est porteur d’innovations, de solutions techniques adaptées et de capacités d’investissement. Les forums d’affaires et les rencontres B2B organisés à Yaoundé ont montré un intérêt croissant pour les partenariats avec les opérateurs publics. Mais ces partenariats doivent être équilibrés, transparents et fondés sur des objectifs de performance clairs. L’enjeu n’est pas de privatiser l’eau, mais de mobiliser toutes les compétences disponibles au service de l’intérêt général.

Défis Actuels : S’agissant toujours d’impact, quel rôle jouent les grandes institutions financières africaines dans cette dynamique ?

Blaise Moussa : Elles jouent un rôle structurant. Au-delà des financements, elles produisent aujourd’hui un savoir stratégique : diagnostics sectoriels, analyses de performance, appui aux réformes. Ce Congrès a montré que la relation entre les opérateurs, les États et les bailleurs évolue vers plus d’exigence, mais aussi plus de partenariat. C’est une évolution saine.

Défis Actuels :  Le Congrès a aussi accordé une place importante aux femmes et aux jeunes. Pourquoi cet accent ?

Parce que l’inclusion n’est pas un slogan, c’est une condition de performance. Les femmes jouent un rôle central dans la gestion de l’eau au niveau des ménages, mais restent sous-représentées dans les postes techniques et décisionnels. Quant aux jeunes, ils portent l’innovation, notamment numérique et climatique. Les exclure, c’est se priver de solutions. Donner du pouvoir, des ressources et de la visibilité aux femmes et aux jeunes, c’est renforcer la résilience du secteur.

Défis Actuels :  L’innovation et le numérique ontils réellement trouvé leur place dans les débats ?

Blaise Moussa : Oui, très clairement. L’intelligence artificielle, l’analyse des données, les outils intelligents de gestion des réseaux ne sont plus des concepts lointains. Ils sont déjà utilisés pour réduire les pertes, améliorer la qualité de service et optimiser les coûts. Le Congrès a permis de montrer que l’Afrique n’est pas seulement consommatrice d’innovations, mais aussi productrice de solutions adaptées à ses réalités.

Défis Actuels : En tant que Directeur général de Camwater, qu’avez-vous retenu pour le Cameroun ?

Blaise Moussa : Le Cameroun a beaucoup appris de ce Congrès. Les visites techniques ont montré des avancées concrètes, mais aussi les défis à relever. Pour Camwater, cela renforce notre engagement à améliorer la qualité de service, à réduire les pertes, à moderniser nos outils et à renforcer les compétences de nos équipes. Le partage d’expériences avec d’autres opérateurs africains est extrêmement précieux.

Défis Actuels : Quel héritage souhaitez-vous laisser en tant que Président sortant du Congrès de l’AAEA ?

Blaise Moussa : Je souhaite que Yaoundé reste dans les mémoires comme un tournant. Un moment où l’AAEA a affirmé sa maturité et son rôle de plateforme panafricaine de solutions. Nous avons renforcé les partenariats entre opérateurs, encouragé le partage d’expertise et placé la question de l’action concrète au centre. Yaoundé ne doit pas rester un événement ; Yaoundé doit devenir un mouvement.

Défis Actuels : La passation à votre successeur pour le Congrès de 2028 s’est faite dans un esprit de continuité. Un mot sur l’avenir de l’AAEA ?

Blaise Moussa : L’AAEA est une institution solide, portée par des femmes et des hommes engagés. La transition s’inscrit dans une dynamique de continuité et de renforcement. Les prochaines étapes, notamment Dakar 2028, devront capitaliser sur les acquis de Yaoundé et aller encore plus loin dans l’opérationnalisation des engagements.

Défis Actuels : Peut-on dire que l’Afrique est en train de reprendre la main sur son agenda de l’eau ?

Oui, et c’est l’un des signaux les plus encourageants de ce Congrès. L’Afrique ne veut plus seulement diagnostiquer ses problèmes. Elle veut produire et partager ses solutions. Cela passe par des politiques publiques cohérentes, des opérateurs performants, des partenariats équilibrés et une gouvernance responsable.

Défis Actuels : Quel message adressez-vous aux décideurs politiques africains à l’issue de ce Congrès ?

Blaise Moussa : Je leur dirais ceci : l’eau et l’assainissement sont des sujets politiques au sens noble du terme. Ils touchent à la dignité humaine, à la santé publique et à la stabilité sociale. Investir dans ce secteur, ce n’est pas une charge, c’est un levier de développement et de paix. Les choix faits aujourd’hui détermineront la trajectoire de nos pays pour les décennies à venir.

Défis Actuels : Au-delà des aspects techniques, peut-on dire que l’eau est devenue un enjeu de souveraineté et de stabilité en Afrique ?

Blaise Moussa : Sans aucun doute. L’eau est un facteur de paix ou de tension, selon la manière dont elle est gérée. Les ressources transfrontalières, les bassins partagés et les pressions climatiques exigent une coopération renforcée entre États. Le Congrès a rappelé que la sécurité hydrique est indissociable de la sécurité tout court. Investir dans l’eau, renforcer la gouvernance et promouvoir le dialogue régional, c’est contribuer directement à la stabilité du continent.

Défis Actuels : Un dernier mot pour conclure ?

L’eau est plus qu’une ressource. Elle est un droit, un facteur de cohésion et un moteur de développement. Yaoundé a montré que l’Afrique a les compétences, les idées et la capacité d’innover. À nous maintenant de transformer ces atouts en résultats concrets pour nos populations. C’est à cette condition que nous pourrons parler, sans détour, d’eau et d’assainissement pour tous.

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