lundi, avril 6, 2026
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Minpostel : connectivité rurale et cybersécurité au cœur du cap fixé en 2026

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L’esplanade du ministère des Postes et Télécommunications à Yaoundé, s’est transformée le jeudi 19 février dernier en vaste scène de retrouvailles institutionnelles. Près de 1200 mains ont défilé dans celle de Minette Libom Li Likeng. Le rituel des vœux, bien huilé, a pris des allures de démonstration de cohésion.

Face aux responsables de l’administration centrale, aux structures sous tutelle et aux opérateurs du secteur de la télécommunication, la ministre a installé le décor d’une année qu’elle présente comme décisive. Dans son allocution, le ton s’est voulu ferme, presque programmatique.

2026, a-t-elle laissé entendre, ne sera pas une année d’intentions mais d’exécution. « Il y a d’abord la priorité de conduire efficacement la transformation digitale du Cameroun dans un espace sécurisé. Cela passera par trois grands projets », a-t-elle déclaré. La première priorité vise la connectivité rurale et l’accès universel à Internet. « Le premier concerne la connectivité afin que chaque Camerounais soit connecté où qu’il se trouve et puisse bénéficier des avantages du numérique. »

 L’enjeu est économique. L’extension des infrastructures dans les zones rurales et enclavées conditionne l’accès aux services financiers numériques, au e-commerce, à l’e-santé ou encore à l’e-éducation. Réduire la fracture territoriale revient à élargir la base productive et à intégrer davantage de populations dans l’économie formelle. Deuxième pilier, la cybersécurité. « Lorsqu’on accède au cyberespace la question de la sécurité s’impose. Nous avons engagé des actions pour renforcer la cybersécurité. »

Des équipements spécialisés ont été remis à l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication afin de consolider les capacités nationales de prévention et de réponse aux cybermenaces. « L’ANTIC est désormais outillée pour identifier et interpeller tout auteur de comportements répréhensibles. » La ministre insiste sur la responsabilité des usagers et sur la lutte contre les discours de haine en ligne. La confiance numérique devient ainsi un actif économique. Sans sécurité, pas d’investissement numérique durable.

Le troisième axe porte sur la modernisation du secteur postal. « Le troisième volet concerne le développement du secteur postal. Celui-ci évolue vers un modèle plus moderne intégrant notamment des services financiers. » La transformation de la poste doit accompagner l’essor du commerce électronique et renforcer l’inclusion financière. Digitalisation des prestations, partenariats avec les acteurs du e-commerce et amélioration de la traçabilité figurent parmi les chantiers annoncés.

 Au-delà de ces priorités, la qualité de service est posée comme exigence transversale. « Aucune transformation numérique ne peut réussir si la qualité des prestations n’est pas au rendez-vous. » Dans le cadre du PATNUC, des équipements techniques ont été remis à l’Agence de Régulation des Télécommunications pour assurer un monitoring en temps réel des performances des opérateurs. « Si des sanctions doivent être prises elles le seront sur une base incontestable. »

L’activation des mécanismes de sanction et la redevabilité des opérateurs de téléphonie sont clairement annoncées. La dimension stratégique est assumée. La ministre évoque la souveraineté numérique nationale, le contrôle des infrastructures, des données et des technologies. Elle inscrit cette ambition dans la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 qui prescrit modernisation de l’administration, gouvernance électronique, inclusion numérique et adoption des technologies émergentes. « Le chantier dans lequel nous sommes résolument engagés est d’une ampleur exceptionnelle », a-t-elle affirmé.

L’avènement de l’intelligence artificielle impose selon elle de « repenser nos méthodes nos processus et nos réflexes administratifs » et d’opérer « une véritable conversion au numérique ». Une stratégie nationale de l’intelligence artificielle assortie d’un plan d’action gouvernemental doit encadrer son développement éthique et structurer l’écosystème local.

L’année 2026 s’annonce donc comme un test. Connectivité universelle, cybersécurité renforcée, régulation plus ferme et modernisation postale constituent les axes d’un programme qui cherche à transformer le numérique en levier de croissance et de compétitivité. Pour le membre du gouvernement, la souveraineté technologique ne relève plus du discours. Elle devient un impératif économique.

CM14 : le Cameroun sollicite l’appui des Etats-Unis et du Canada pour la réforme de l’OMC

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La réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), sera au centre de la 14ème Conférence ministérielle de l’OMC, prévue du 26 au 29 mars 2026 à Yaoundé. Pour le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, qui porte la voix du Cameroun dans ces négociations, « La réforme de l’OMC est aujourd’hui au cœur des préoccupations de la très grande majorité, sinon de la totalité des pays membres », tout en rappelant que le multilatéralisme originel, tel que découlant du Kennedy Round, avait pour vocation première de promouvoir le développement des États par le biais du commerce.

Malheureusement, a-t-il déploré, au fil des années, la balance a dangereusement penché du côté de la seule promotion du commerce, comme finalité en soi, reléguant la dimension développement des États au second plan. Aussi, lors de son entretien avec S.E John G. Robinson,, Chargé d’Affaires de l’Ambassade des États-Unis au Cameroun, le ministre du Commerce a évoqué, comme autre priorité, les négociations sur l’intégration de l’Accord sur la Facilitation des Investissements pour le Développement (FID) dans le corpus juridique de l’OMC, en sollicitant le soutien de la délégation américaine, sans oublier la question, toute aussi fondamentale, du Traitement Spécial et Différencié.

Des problématiques sur lesquelles, le diplomate américain a réitéré la disponibilité de son pays à accompagner le Cameroun pour la réussite de la CM14. Car, parmi les priorités de Washington par rapport à la Conférence ministérielle de Yaoundé, il y a la réforme de l’OMC et le dossier du commerce électronique, devenu incontournable dans l’agenda du commerce mondial.

FORTE MOBILISATION AMÉRICAINE À LA CM14

S’agissant spécifiquement de la participation américaine à ces assises, le diplomate américain a précisé que la délégation de son pays sera conduite par S.E.M l’Ambassadeur Jamieson Greer en personne, le Représentant américain au Commerce (USTR), et comprendra pas moins d’une cinquantaine de hautes personnalités issues du Département d’État, du Département du Commerce et du Département de l’Agriculture. Il est à rappeler que le Bureau du Représentant américain au Commerce (USTR) est une agence fédérale clé au sein du Bureau exécutif du Président américain, responsable de l’élaboration et de la coordination de la politique commerciale internationale des États-Unis.

 Cette forte mobilisation traduit l’importance que le gouvernement américain accorde à cette Conférence ministérielle, mais aussi à son pays hôte, le Cameroun. Sur le volet logistique, le Chargé d’Affaires américain a rassuré le ministre du Commerce que les questions d’hébergement sont d’ores et déjà réglées et les réservations d’hôtel bouclées.

 OTTAWA AUSSI SUR LES STARTING-BLOCKS

Avec S.E Marie-Claude Harvey, Haut-Commissaire du Canada au Cameroun, le ministre du Commerce a abordé la question en débat à l’OMC de l’Arrangement multipartite concernant une Procédure arbitrale d’appel provisoire (AMPA/MPIA), dont le Canada est l’un des initiateurs, pour pallier la paralysie de l’Organe d’appel.

Il s’en est suivi un échange fructueux des points de vue et la résolution de poursuivre le dialogue. Comme lors de l’audience avec le diplomate américain, Luc Magloire Mbarga Atangana a sollicité le soutien de la délégation canadienne au sujet de l’insertion de l’Accord sur la Facilitation des Investissements pour le Développement dans le corpus juridique de l’OMC. À l’issue de l’entretien, la diplomate canadienne a indiqué que son pays était disposé à tout mettre en œuvre pour faire de la Conférence ministérielle de Yaoundé un succès à la dimension des enjeux auxquels le multilatéralisme est aujourd’hui confronté.

 Sur les préparatifs de la CM14, la diplomate canadienne a indiqué qu’une délégation d’une quinzaine de personnalités représentera le Canada lors de cette Conférence. À l’instar de son homologue américain, elle a confirmé que la question de l’hébergement de la délégation canadienne était définitivement résolue, les réservations nécessaires ayant déjà été faites dans des établissements hôteliers de la capitale.

Impex Trading lève 180 milliards FCFA pour le projet Ndolle City

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Selon les informations communiquées par l’entreprise, cette levée de fonds conclut un processus engagé de longue date mêlant structuration administrative, juridique et financière. Elle s’accompagne d’une refonte de la gouvernance avec installation d’un conseil d’administration et d’un board conformes aux standards internationaux.

L’opération est conduite avec l’appui d’institutions financières actives dans la région, dont Afriland First Bank, BICEC, Access Bank, Bange Bank, Seronav SA et Orange Money. Le capital devient ainsi accessible à de nouveaux investisseurs éligibles, dans une logique d’élargissement de l’actionnariat et de mobilisation de ressources privées à grande échelle.

Cette augmentation s’inscrit dans le cadre du programme World Dream Investment, dispositif financier annonçant un droit de tirage de 10,7 milliards de dollars, soit environ 6 500 milliards de francs CFA, destiné au financement de projets structurants. Pour les observateurs du financement du développement, l’enjeu dépasse le cas d’une entreprise.

La direction d’Impex Trading affirme que les fonds nécessaires au projet sont mobilisés depuis près d’une décennie et que leur déploiement a exigé le respect des normes financières de la zone CEMAC ainsi que de la réglementation camerounaise. L’entreprise indique avoir obtenu l’ensemble des validations nécessaires, notamment de la Banque des États de l’Afrique centrale, après signature d’une convention d’investissement et finalisation d’un accord tripartite avec l’État.

D’après la société, cette conformité progressive a contribué à renforcer l’intérêt des banques commerciales désormais désireuses de participer au financement. Sur le terrain industriel, la montée en puissance du programme se traduit déjà par des engagements contractuels. Le 4 décembre 2025 à Douala, Impex Trading a signé une convention de partenariat de 300 milliards de francs CFA avec Génie Building.

L’accord prévoit une intégration renforcée d’entreprises locales dans la réalisation des infrastructures liées au programme WDI. Pour Impex Trading, cette enveloppe représente un levier direct sur l’emploi, la formation technique et la consolidation d’une filière nationale de travaux publics capable d’intervenir sur des chantiers de grande envergure. Junior Abraham Ngosso, directeur général de l’entreprise et vice-président du comité interministériel de facilitation du programme Ndollè City, estime que l’impact attendu dépasse la seule dimension immobilière. Il évoque un effet sur l’ingénierie locale, la transmission d’expertise et la substitution progressive aux prestations importées, y compris dans les services techniques et l’accompagnement des projets.

Les responsables du programme WDI avancent des projections ambitieuses à l’échelle macroéconomique. Selon Foka Gilles Herman, vice-président exécutif coordinateur, Ndollè City pourrait générer jusqu’à deux millions d’emplois et attirer cinq millions de touristes à terme. Plus de 5 300 entreprises étrangères seraient déjà recensées comme partenaires potentiels, un chiffre présenté comme un indicateur de l’exposition internationale attendue pour les entreprises camerounaises impliquées.

Au-delà des annonces, la levée de 180 milliards de francs CFA agit comme un test grandeur nature pour le financement privé des mégaprojets nationaux. Dans un contexte où les États africains cherchent à diversifier leurs sources de capitaux, la réussite de cette opération pourrait renforcer la crédibilité du Cameroun auprès des investisseurs internationaux et illustrer la possibilité pour des groupes locaux de porter des projets urbains et industriels de dimension globale.

Le gouvernement expose sa stratégie pour mobiliser 1650 milliards FCFA en 2026

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Douala, le cœur financier du Cameroun, a vibré ce 19 février 2026 au rythme des annonces budgétaires. Devant un parterre d’investisseurs nationaux et internationaux réunis au K-Hôtel, le Ministre des Finances, Louis Paul Motazé, qu’accompagnait Paul Tasong le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, a dévoilé la feuille de route pour le financement d’un budget record de 8 816,4 milliards de FCFA. Dans un contexte de durcissement des conditions de liquidité, le grand argentier de l’État a joué la carte de la transparence et de la réassurance, rappelant que la signature du Cameroun reste un actif de premier choix dans la sous-région.

C’est donc à un exercice de haute voltige auquel s’est prêté Louis Paul Motazé. À l’occasion de cette présentation officielle du plan de financement de l’État pour l’exercice 2026, le Ministre des Finances (MINFI) n’a éludé aucun défi. Face aux banquiers, assureurs et partenaires multilatéraux, il a dressé le portrait d’une économie camerounaise résiliente, bien que navigant dans des eaux internationales de plus en plus agitées par les tensions géopolitiques et la volatilité des marchés.

UN BESOIN DE 1 650 MILLIARDS FCFA POUR PORTER L’ÉMERGENCE

L’enjeu est de taille : mobiliser 1 650 milliards de FCFA pour couvrir les besoins de financement de l’État et apurer les restes à payer, essentiels pour maintenir la fluidité du circuit économique. Le plan se veut équilibré, avec 400 milliards attendus sur le marché domestique de la BEAC, 1 000 milliards sur les marchés internationaux et 250 milliards via des prêts directs auprès du secteur bancaire local.

D’emblée, le Ministre a tenu à poser les jalons d’un bilan solide pour dissiper les doutes sur la capacité de remboursement du pays. S’exprimant sur la trajectoire macroéconomique, il a indiqué que : « notre économie reste résiliente. La croissance est projetée à environ 4,3 % en 2026, avec des perspectives à moyen terme positives, soutenues par la diversification progressive de notre base productive et la montée en puissance de nos investissements stratégiques. Parallèlement, le déficit budgétaire reste maîtrisé, suivant une trajectoire conforme à nos engagements régionaux et à nos objectifs de viabilité de la dette.

Notre taux d’endettement, situé à environ 42 % du PIB, demeure bien en deçà du plafond de convergence régionale de 70 %, témoignant d’une gestion prudente et responsable des finances publiques,» a assuré M. Motaze. Cette mise au point n’est pas anodine. Elle intervient alors que le coût de l’argent sur le marché domestique a connu une hausse sensible, le taux moyen pondéré des Bons du Trésor (BTA) étant passé de 2,67 % en 2020 à 6,65 % en 2025.

L’OFFENSIVE RÉUSSIE SUR LE MARCHÉ INTERNATIONAL

L’un des moments forts de ce début d’année a été l’opération éclair menée à Londres le 30 janvier dernier. Le Cameroun a réussi à lever 750 millions de dollars (environ 450 milliards de FCFA) par placement privé auprès d’investisseurs de renom tels que Citi et J.P. Morgan. Un signal fort, selon le MINFI, qui prouve que malgré les incertitudes, les prêteurs internationaux parient toujours sur le « Cameroun Inc. ».

Le Ministre a justifié cette célérité par une volonté d’apurer les arriérés de paiement, véritable « poison » pour la croissance locale. En injectant ces ressources dès le premier trimestre, l’État entend apporter un bol d’air aux entreprises et garantir que les grands chantiers de la Stratégie Nationale de Développement (SND30) ne s’arrêtent pas.

S’adressant directement à ses partenaires financiers, Louis Paul Motazé a souligné la dimension morale de ce lien financier : « Le marché des titres publics n’est pas un simple instrument de financement. C’est un pacte de confiance entre l’État et ceux qui croient en son avenir. Chaque souscription est un acte de foi dans la stabilité de nos institutions. Chaque obligation acquise est une contribution directe à la construction de nos routes, de nos infrastructures énergétiques, de nos écoles et de nos hôpitaux. Ce soir, en récompensant les meilleurs Spécialistes en Valeurs du Trésor et les institutions financières les plus performantes, nous honorons l’excellence, la rigueur et l’engagement. »

 PERSPECTIVES 2026 : INNOVER POUR DURER

 Pour le reste de l’année, le Trésor public ne compte pas se reposer sur ses lauriers. Des discussions sont déjà avancées avec la Banque Africaine de Développement (BAD) et l’ATIDI à l’international et e parallèle avec le secteur financier local. Ainsi, indique le Minfi, “dans le prolongement de cette opération de Londres, et s’agissant du reliquat de 585 milliards de FCFA sur l’enveloppe globale de 1000 milliards de FCFA prévue pour les marchés internationaux, nous avons d’ores et déjà engagé des discussions avec certaines institutions multilatérales, notamment la Banque Africaine de Développement et African Trade & Investment Developpement Insurance (ATIDI), en vue de la mise en place d‘un mécanisme de rehaussement de crédit susceptible de nous permettre d’obtenir des conditions financières plus attractives et d’optimiser le coût de nos ressources.

En ce qui concerne les 400 milliards de FCFA à mobiliser sur le marché domestique j’ai appris avec satisfaction l’évolution positive des discussions relatives à une opération de syndication domestique, dont la conclusion pourrait permettre de lever environ 200 milliards de FCFA, soit la moitié de l’enveloppe autorisée sur le marché domestique. M. Motaze, a également révélé qu’un sondage de marché est envisagé afin d’apprécier l’opportunité d’un retour sur le marché financier domestique à travers une émission obligataire par appel public à l’épargne dont la taille pourrait être comprise entre 100 et 150 milliards de FCFA, en fonction des conditions de liquidité et d’appétit des investisseurs.

 Le Ministre des finances a également dit avoir instruit ses équipes de poursuivre activement les concertations avec les banques et les autres acteurs financiers en vue de la structuration du prêt direct de 250 milliards de FCFA conformément au Décret d’habilitation. « Ainsi, selon les projections actuelles, nous envisageons de mobiliser l’essentiel de nos ressources dès le premier semestre 2025, afin d’accélérer l’exécution des nombreux projets inscrits dans la Loi de finances, dont le Ministre délégué auprès du MINEPAT a rappelé, il y a quelques instants, toute I’importance stratégique pour la transformation de notre économie », a indiqué Louis Paul Motaze.

Pour cet exercice 2026, l’innovation sera également au rendez-vous avec la volonté de capter l’épargne de la diaspora et de lancer des obligations thématiques (vertes ou sociales). L’objectif est clair : transformer le financement de l’État en un moteur d’inclusion et de transformation structurelle.

Louis Paul Motazé a lancé un vibrant appel à la mobilisation, érigeant la confiance en pilier central de sa stratégie : « Le Cameroun est une terre d’opportunités. Une économie en transformation. Un pays résilient. Un État qui honore sa signature. Nous avons besoin de vous, anciens partenaires, mais aussi de nouveaux investisseurs. Nous avons besoin d’élargir la base, d’allonger les maturités, d’approfondir notre marché et de bâtir ensemble un espace financier plus robuste, plus diversifié et plus ambitieux. Investir dans les titres publics camerounais, c’est investir dans la stabilité. C’est investir dans la croissance. C’est investir dans l’avenir. Je vous invite à continuer de faire confiance à la signature de l’État, » a exhorté le ministre des Finances.

Architecture : vers un marché plus formel et compétitif

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La rencontre a rassemblé dans la capitale du Cameroun, des délégations de l’Union Internationale des Architectes (UIA) et celle de l’Union des Architectes d’Afrique (UAA) ainsi que des responsables académiques. L’harmonisation des standards de formation, le renforcement de la régulation professionnelle et la valorisation du patrimoine architectural constituent l’enjeu de ce rendez-vous.

Ces priorités produisent des effets économiques immédiats. Des diplômes mieux structurés facilitent la mobilité des architectes et attirent des projets internationaux. Une régulation plus ferme limite l’exercice illégal et sécurise le marché pour les cabinets formels.

Vity Claude Nsalambi a représenté l’UIA. Francis Sossah a conduit la délégation de l’UAA. Jean-Jacques Kotto a porté la voix de l’école hôte. Ensemble, ordre professionnel, académie et instances internationales ont affiché une stratégie commune pour structurer la présence du Cameroun au prochain congrès mondial de l’UIA à Barcelone.

 « Le premier objectif c’est harmoniser les standards de formation et des régulations. Ce sont nos objectifs lancer officiellement la structuration et la valorisation du patrimoine architectural et culturel en Afrique centrale. Troisième objectif Assurer une visibilité continentale de la région au sein de l’UAA et de l’UIA», a précisé Jean-Christophe Ndongo le président de l’ONAC. À travers ces priorités, l’ONAC entend repositionner le Cameroun dans les instances de gouvernance architecturale.

La Corée partage son modèle

Han Young-Keun, président de la Korean Institute of Architects a partagé son expérience avec ses homologues. « Ça fait 25 ans qu’on a un système, donc il faut standardiser en gardant l’authenticité de chaque école. Ça, c’est très important. L’éducation et l’architecture, c’est très important parce que l’éducation lui-même, pour développer un pays, c’est fondamental. Si l’éducation est costaud, je pense que le professionnalisme sera costaud. » Le message est direct. La qualité de la formation conditionne la compétitivité du secteur.

La délégation a été reçue au Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain. Célestine Ketcha Courtès a salué la reconnaissance internationale obtenue par Jean-Jacques Kotto et a réaffirmé l’importance du dialogue entre institutions pour intégrer les exigences de qualité et de durabilité dans les politiques urbaines.

Un secteur plus exportable

Les décisions annoncées visent à rendre l’architecture camerounaise plus compétitive. L’harmonisation des curricula ouvre l’accès aux marchés internationaux. Le renforcement du cadre déontologique sécurise les commandes publiques et privées. La valorisation du patrimoine peut générer des retombées touristiques et des emplois locaux si elle s’inscrit dans des politiques cohérentes.

L’Intelligence Artificielle : un enjeu de souveraineté économique pour le Cameroun

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À Yaoundé, les responsables d’administrations publiques ont pris part, les 17 et 18 février 2026, à un atelier consacré aux enjeux de l’intelligence artificielle au Cameroun, organisé par le ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel). Dès l’ouverture des travaux, le ton a été donné par Jean Jacques Essome Bell, expert en data science et en intelligence artificielle.

Celui-ci a rappelé que l’IA n’est plus une projection futuriste mais une réalité déjà intégrée dans les usages. Portée par un marché en forte expansion, elle apparaît comme un levier de croissance, tout en soulevant de nouveaux risques. Le défi pour le Cameroun ne saurait être réduit à une simple modernisation administrative. C’est une place dans la chaîne de valeur d’un secteur appelé à reconfigurer l’économie mondiale qui est en jeu. « L’IA effectivement ce n’est plus une promesse futuriste. C’est une réalité déjà présente », affirme Jean Jacques, fondateur du Groupe Intelligence Action.

Dans les faits, le marché mondial de l’intelligence artificielle représente environ 300 milliards de dollars aujourd’hui. Il pourrait dépasser 700 milliards en 2030. Le taux de croissance annuel moyen annoncé sur les cinq prochaines années atteint 26%, un niveau sans comparaison avec les secteurs traditionnels dont la progression oscille généralement entre 3 et 7%.

Les économistes de la Banque mondiale estiment que l’IA pourrait ajouter 10% au PIB mondial d’ici 2040. L’innovation alimente le chiffre d’affaires et le chiffre d’affaires finance l’innovation. Chaque nouvelle génération de modèles renforce cette dynamique. Pour le consultant, il ne s’agit plus de débattre de la définition de l’outil. « On n’est plus dans le qu’est-ce que c’est. En 2026 les prio rités sont d’un autre ordre. »

LE CAMEROUN FACE À L’ÉCONOMIE POLITIQUE DE L’ALGORITHME

Au Cameroun, l’IA est déjà présente dans l’écosystème entrepreneurial. Des start-ups développent des solutions à Douala, à Yaoundé et à Buea. Les enseignants, les étudiants et les professionnels utilisent des outils d’IA au quotidien. « Le grand public utilise déjà l’intelligence artificielle. Mais ça c’est une vision statique », prévient l’expert. L’enjeu devient stratégique lorsque l’on examine la maturité institutionnelle.

En 2023, seuls quatre pays africains disposaient d’une stratégie nationale d’intelligence artificielle formalisée, dont le Rwanda et le Sénégal. Fin 2025, environ seize pays ont adopté un cadre stratégique. Le Cameroun figure désormais dans ce groupe. Sur l’indice synthétique de maturité en IA qui agrège plusieurs classements internationaux, le pays se situe dans la catégorie des suiveurs, en 16e position sur le continent, avec un score estimé à 38%. La question n’est donc plus uniquement technologique.

Elle est économique et politique. Produire des données locales. Former des compétences spécialisées. Intégrer l’IA dans les administrations publiques. Sécuriser les usages face à l’explosion des deepfakes dont le nombre est passé de 500 000 en 2023 à 8 millions en 2025. « Sans régulation, l’IA peut devenir une menace plutôt qu’un outil d’innovation », rappelle-t-il en citant le dirigeant de Google.

L’AFRIQUE PROGRESSE MAIS RESTE EN MARGE

À l’échelle africaine, le marché demeure modeste. Environ 6 milliards de dollars aujourd’hui. Les projections évoquent 16 milliards en 2030. Le continent affiche pourtant la croissance annuelle moyenne la plus élevée au monde avec 30 %. Mais la part africaine dans le chiffre d’affaires mondial reste limitée à 1,9%. Elle pourrait atteindre 2,3% en 2030 si la tendance se confirme.

 Autre indicateur préoccupant. Moins de 5% des données utilisées pour entraîner les algorithmes dans le monde proviennent d’Afrique. Or les données constituent la matière première des systèmes d’apprentissage profond. Jean Jacques Essome Bell illustre cette carence par un exemple agricole. En cherchant à analyser le rendement des sols dans certaines localités camerounaises, les modèles disposent de peu d’informations pertinentes. Les bases de données locales restent insuffisantes pour nourrir des systèmes performants. Le risque est structurel.

Sans production de données locales, le continent consomme des solutions conçues ailleurs et entraînées sur d’autres réalités. Consommateur ou producteur de valeur Un emploi sur quatre en Afrique pourrait être impacté par l’IA selon les projections évoquées lors de l’atelier. Certains métiers seront transformés, d’autres spécialisés. Des niches apparaissent déjà dans l’IA appliquée aux télécommunications, aux finances ou aux administrations publiques.

 La dynamique mondiale impose un choix. Rester utilisateur de solutions développées à l’étranger ou construire une capacité nationale de production de valeur dans une industrie en croissance rapide. Dans un marché appelé à dépasser 700 milliards de dollars d’ici 2030, la marginalisation ne serait pas seulement technologique. Elle serait budgétaire, industrielle et stratégique.

Finances publiques : Les retards de paiement plombent l’exécution budgétaire

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Réunis le 6 février 2026 à Yaoundé, les responsables des services centraux et déconcentré du ministère des Finances ont mis en lumière une faiblesse persistante de l’exécution des dépenses publiques au Cameroun. Les informations présentées par la direction de la Trésorerie au ministère des Finances montrent un allongement continu des délais de paiement sur trois exercices successifs. Ils tournaient autour de 120 jours en 2023, ont atteint 160 jours en 2024, puis ont dépassé 200 jours en 2025, selon les données du ministère des Finances.

Pour l’administration financière, cette dérive s’explique par une désynchronisation entre engagements et disponibilités de trésorerie. Les marchés publics sont fréquemment conclus tardivement et une part importante des engagements se concentre en fin d’année, alors que les ressources n’évoluent pas au même rythme. En 2023, plus de 30 % des dépenses ont été engagées durant les derniers mois de l’exercice, d’après les chiffres du ministère.

Sur 3 531 milliards de FCFA payés cette année-là, 1 338 milliards ont été décaissés en décembre, soit près de 38 %. La même configuration apparaît en 2025. Sur 3 486 milliards de FCFA réglés entre janvier et décembre, 1 305 milliards ont été versés en fin d’exercice, environ 37 % du total, toujours selon les données du ministère des Finances. « Lorsque quatre paiements sur dix sont concentrés sur un seul mois, la trésorerie ne parvient pas à absorber le choc. Les fournisseurs attendent, certaines factures basculent sur l’exercice suivant et les retards se transforment en restes à payer. Ces charges héritées réduisent, dès janvier, la capacité à financer de nouvelles dépenses », indique le ministère des Finances.

 Cette mécanique contribue à entretenir un niveau élevé d’arriérés. La Chambre des comptes de la Cour suprême a évalué le stock à 926,49 milliards de FCFA au 31 décembre 2024. Il a été ramené à 485,4 milliards à fin septembre 2025, selon des données communiquées par la Caisse autonome d’amortissement, qui précise que ces estimations restent provisoires et doivent être consolidées par le Trésor public.

 Les conséquences dépassent la sphère administrative. Les retards fragilisent la trésorerie des entreprises prestataires, en particulier les PME, qui doivent absorber des coûts financiers supplémentaires et différer certains investissements. Sur le plan macroéconomique, ces tensions nourrissent l’appréciation du risque souverain et influencent les analyses des agences de notation, dans un contexte international marqué par des conditions de financement plus strictes.

Alerte santé : Des épizooties prévues sur l’ensemble du territoire dans les prochains jours

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Le bulletin de prévisions et alertes de l’Observatoire national sur les changements climatiques prévient sur les risques de résurgence des maladies tels que la tuberculose, la fièvre aphteuse, la méningite entre autres.

Du 21 au 28 février 2026, les 10 régions du Cameroun seront soumises à de très fortes chaleurs, beaucoup plus dans la partie septentrionale du pays (Nord, Adamaoua et Extrême-Nord). Selon les prévisions de l’Observatoire national sur les changements climatiques (ONACC) contenues dans la note d’information du bulletin de prévisions et alertes climatiques décadaire 252, cette situation va entrainer plusieurs épizooties à travers le pays.

Le bulletin de prévisions et alertes prévient sur les risques de résurgence des maladies tels que la tuberculose, la fièvre aphteuse, la méningite, suite aux températures élevées et à la persistance des vents secs dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord, issus de l’harmattan. L’ONACC alerte également sur des cas de pertes d’animaux dans cette partie du pays, du fait de l’inconfort thermique. L’ensemble du pays connaitra également des maladies respiratoires et de la conjonctivite.  

Il est prévu des températures élevées, atteignant 41,5 degrés dans les régions septentrionales, du Centre, de l’Ouest, du Sud et du Nord-Ouest. L’on prévoit également des particules en suspension transportées par les alizés du Nord-Est et les conditions locales sèches et poussiéreuses. Ces épizooties seront causées par l’influence des vents violents associés aux pluies hors saison et aux facteurs de relief localisés.  

Miss Cameroun : Josiane Golonga Harangada comme ses prédécesseurs

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Par exploit d’huissier, le comité d’organisation du concours Miss Cameroon (Comica) a sommé Josiane Golonga, Miss Cameroun 2025, à travers une ultime demande d’explication », de se présenter dans les cinq jours qui suivent au siège de l’organisation. Derrière cette exigence de présentation datée du 13 février, le Comica aligne une pléthore d’accusations à l’encontre de Miss Cameroon 2025. Entre autres, d’avoir abandonné ses fonctions, d’avoir refusé à plusieurs reprises de se présenter aux événements organisés par les partenaires du Comica, notamment Canal 2, d’avoir exigé la restitution d’un véhicule dont elle serait la seule détentrice des clés,… et surtout d’avoir tenus des propos irrespectueux à l’endroit de la présidente du Comica.
Cela survient dans un contexte marqué par une crise qui se déroulait déjà sur les réseaux sociaux. Sur cet espace de liberté, la communauté Massa était déjà montée au front pour défendre sa fille. Dans un courrier parvenu le 9 février dernier au Comica, avec pour objet « harcèlement médiatique et attaques publiques visant la Miss Cameroun 2025», la « Communauté Massa du Cameroun » dénonce « une campagne de dénigrement d’une extrême virulence marquée par des insultes et des propos outrageants. Des rumeurs malveillantes et attaques personnalisées la visant se multiplient sur les réseaux sociaux et dans certains espaces médiatiques, l’exposant à une humiliation publique constante et à un cyberharcèlement inacceptable». A cet effet, « la communauté Massa dont est issue la Miss, voudrait bien connaître les mesures que vous avez prises pour assurer sa sécurité et protéger son image afin de lui permettre d’achever son mandat dans de bonnes conditions».
C’est que, Josiane Harangada Golonga subit depuis quelques semaines, des attaques publiques, notamment à travers les réseaux sociaux, sur sa « rébellion » contre l’institution qui la désignée comme la fille la plus belle du Cameroun en 2025. Plutôt que de répondre aux protecteurs de Josiane Golonga, le Comica qui entretenait déjà avec la détentrice de la couronne de Miss Cameroun, des relations tendues, est passé à autre chose. L’huissier a prévenu Josiane Harangada Golonga que « faute pour vous de vous conformer au terme de cette correspondance, vous serez considérée comme démissionnaire ; toute chose pouvant entraîner votre destitution, avec pour conséquence la restitution par vous, de vos attributs». Parlant de l’écharpe, de la couronne du véhicule de fonction, des clés du domicile à elle alloué, et les primes restantes.

Le délai de cinq jours est dépassé depuis trois jours déjà. Selon des informations concordantes, Josiane Harangada Golonga se trouve dans sa région natale où elle a trouvé « refuge ». Et ne devrait pas se soumettre aux « condition » à elle exigées. Du coup, l’on tend inexorablement vers une destitution de Miss Cameroun 2025. La première dauphine devrait logiquement reprendre la couronne dans les tout prochains jours, afin de terminer le mandat en cours. Il s’agit d’Audrey Black
En attendant d’y voir plus clair, il y a lieu de remarquer que Miss Cameroon 2025 n’est pas la première Miss à se retrouver en conflit avec le Comica. Depuis plus de dix ans, cette couronne fait l’objet de polémiques récurrentes. En 2010 par exemple, Anne Lucrèce Ntep la Miss 2009, avait déjà réclamé à grands bruits les cadeaux et autres gadgets offerts par les sponsors et partenaires du concours, accusant le Comica de les confisquer. En 2018, peu après l’élection de Caroline Nsèke, une concurrente, Caroline Biloa, avait dénoncé la « falsification des résultats. La candidate à la finale nationale, déclarait que « mon numéro a été appelé pour le Top 12, mais les membres du comité d’organisation m’ont empêchée de sortir des bacstages» pour venir présenter son projet devant le jury. En guise de dédommagements, la candidate réclamait 30 millions Fcfa.

Maroua 1er : Casse-tête permanant pour règlementer l’activité de 15 000 conducteurs de moto-taxis

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Pour Hamadou Hamidou, édile de cette circonscription administrative, la plupart de ces engins ne sont pas assurés ni dédouanés.

Hamadou Hamidou, maire de la commune de Maroua 1er a récemment été invité au poste national de la Crtv. Lors de son passage aux antennes, il lui a été demandé si les 15 000 conducteurs de motos qui exercent à titre commercial dans cette circonscription administrative sont en règle. 

« Sont-ils tous en règles ? je dirais non. C’est quand même difficile de dire que 15 000 conducteurs de motos taxis sont en règle. Nous sommes en train de nous atteler à sensibiliser soit les propriétaires, soit les conducteurs de ces motos taxis pour se mettre en règle » a rétorqué l’édile de la commune de Maroua 1er. Hamadou Hamidou a également indiqué que  la plupart de ces motos ne sont pas assurées et une bonne partie de ces engins à deux roues ne sont pas dédouanés.

« L’impôt libératoire qu’ils payaient généralement au niveau de la mairie est désormais recouvré par les services des impôts ce qui rend très difficile le recouvrement de cette recette. Ce qui fait qu’aujourd’hui, les motos taxis ici à Maroua 1er exercent leur activité dans la clandestinité puisque les recettes que nous attendions ne sont pas recouvrées » déplore le maire.

Pour ce qui est de la mise en place des dispositifs pour recadrer ces conducteurs de motos, le maire de Maroua 1er a dit mettre l’accent sur l’obtention du permis de conduire, en reconnaissant que parmi les infractions constatées sur les conducteurs de motos, figurent en bonne place le défaut de permis de conduire dans la majorité des cas. Pour essayer de trouver une solution durable, la commune organise des campagnes de sensibilisation en organisant des campagnes de sensibilisation au niveau de la circonscription.

 « Il nous revient parfois de mobiliser par dizaines et par centaines ces conducteurs de motos pour une sensibilisation plus massive. Nous profitons de ces campagnes de sensibilisation pour leur rappeler l’importance d’avoir tous ces documents, le permis de conduire qui est la pièce maitresse pour toute conduite de moto taxi. Nous les sensibilisons à travers des regroupements dans les syndicats en collaboration avec la commune » a-t-il indiqué sur les antennes du poste national.

Concernant le côté sécuritaire, Hamadou Hamidou a reconnu que la plupart des agressions à main armée se font par les conducteurs de motos. « D’après une enquête que nous avons menée, ce sont ces mêmes conducteurs de motos qui commettent tous ces forfaits. Ils arrachent les motos soit pour les remettre en activité, soit pour les revendre. C’est un véritable challenge et tout cela doit passer par la sensibilisation des populations » a souhaité le maire de Maroua 1er.

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