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Renouvellement des juges : le Cameroun attendu à la Cour des comptes de la CEMAC

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Le renforcement de la gouvernance financière et institutionnelle de l’espace communautaire était au centre de l’audience accordée le 3 mars 2026 à Yaoundé par Alamine Ousmane Mey à Rosario Mbasogo Kung Nguidang, Première présidente de la Cour des Comptes de la CEMAC.

La rencontre s’inscrit dans le prolongement des résolutions adoptées lors de la 16ᵉ Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale tenue le 10 septembre 2025 à Bangui. La responsable communautaire est venue faire le point sur le fonctionnement administratif et matériel de la juridiction financière sous-régionale. Elle a également évoqué le renouvellement du mandat des juges intervenu lors du dernier sommet ordinaire.

DOUZE JUGES POUR GARANTIR LA RÉGULARITÉ

L’un des points sensibles concerne la composition statutaire de la Cour. L’institution doit compter douze magistrats, à raison de deux par État membre. « Comme vous le comprendrez, la Cour des comptes est composée de 12 juges, dont 2 juges par État membre », a rappelé la Première présidente.

À l’approche de la prochaine assemblée générale élective dont la date a été arrêtée la semaine dernière, la représentativité de tous les États est requise. « Nous nous trouvons dans la situation où le Cameroun n’a pas encore désigné le juge de nationalité camerounaise », a-telle précisé. Une juridiction incomplète fragilise la régularité des délibérations et l’efficacité des missions de contrôle.

TRANSPARENCE ET CRÉDIBILITÉ BUDGÉTAIRE

Au-delà du renouvellement des juges, les échanges ont porté sur la coopération entre la Cour et les gouvernements nationaux. La solidité des organes de contrôle conditionne la transparence et la bonne gestion des ressources communautaires. « Nous sommes venus demander au ministre chargé de l’intégration régionale de nous accompagner dans l’accomplissement des tâches communautaires et dans le contexte du fonctionnement de la Cour », a expliqué Rosario Mbasogo Kung Nguidang.

Basée à Ndjamena, la Cour des comptes de la CEMAC est l’organe juridictionnel suprême chargé du contrôle des finances communautaires. Elle intervient dans un contexte où l’intégration régionale repose sur la confiance et la discipline budgétaire. À quelques semaines de l’assemblée générale élective, le renouvellement complet du corps juridictionnel apparaît ainsi comme un test de maturité institutionnelle pour la CEMAC.

Bertoua : Le FNE outille plus de 200 jeunes à la recherche de financements et d’emplois

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L’initiative portée par Stéphanie Daplouma en partenariat avec le Fonds national de l’emploi était en prélude à la célébration de la Journée internationale des droits de la femme prévue dimanche 08 mars prochain.

Les jeunes et les femmes de la région de l’Est Cameroun, ne se rapprochent pas suffisamment du Fonds national de l’emploi (FNE) afin de s’enquérir des offres d’emploi et les opportunités de financement des projets disponibles.

Cette révélation a été faite ce jeudi 05 mars 2026 à Bertoua par Emmanuel Bebo, directeur régional FNE dans la région de l’Est. C’était au cours d’une rencontre d’information sur les offres du Fonds national de l’emploi pour les femmes et les jeunes de la région de l’Est.

L’initiative portée par Stéphanie Daplouma en partenariat avec le FNE en prélude à la tenue de la Journée internationale des droits de la femme prévue le dimanche 08 mars prochain avait pour objectif de sensibiliser les jeunes et les femmes (âgés de 18 à 45 ans) sur les opportunités qu’offre cette structure étatique mise en place depuis 36 ans par le président de la République Paul Biya.

Salomon Ango, président directeur général de Ango Mineral Water SARL a expliqué aux jeunes que le Cameroun est un pays qui regorge de plusieurs diplômés et la fonction publique à elle seule ne peut résoudre le problème de tout le monde. Il leur a conseillé de s’investir massivement dans les activités génératrices de revenus comme les activités agricoles surtout au niveau des cultures trimestrielles.

« Notre objectif à travers l’organisation de cet atelier était de sensibiliser les jeunes et les femmes de la région de l’Est âgés entre 18 et 45 ans, à se rendre au Fonds national de l’emploi ce jeudi 5 mars 2026, pour s’informer des offres et opportunités entrepreneuriales, notamment en ce qui concerne l’accompagnement à l’entrepreneuriat. Nous avons pu aujourd’hui mettre en relation, les chercheurs d’emplois et les pourvoyeurs d’emplois à travers des échanges. Les jeunes et les femmes sont plus édifiés sur les offres d’emplois et de formation qu’offre le FNE. Ils sont également édifiés sur l’accompagnement à l’entrepreneuriat à travers les opportunités de financement et de mentorat pour les jeunes entrepreneurs » s’est félicité Stéphanie Daplouma.

Le HCR plaide pour l’intégration économique de 1,4 million de déplacés

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Reçu le 3 mars 2026 par le ministre de l’Économie à Yaoundé, Raouf Mazou, Haut-Commissaire assistant des Nations Unies pour les réfugiés, a posé les termes d’un changement de perspective. « Le Cameroun a un grand nombre de réfugiés, plus de 420 000 personnes. Très souvent, on parle de ces réfugiés par rapport à l’assistance humanitaire qui leur est fournie », a-t-il déclaré à l’issue de l’audience.

Pour lui, la présence de ces populations ne se résume pas à un poste de dépense. « La présence des réfugiés a une autre dimension, c’est une dimension économique, c’est une dimension de développement. Si on lui accorde l’attention nécessaire, elle peut avoir un effet positif sur les communautés qui les accueillent. » Dans un pays qui compte également près d’un million de déplacés internes, la question dépasse l’urgence sociale. Elle interroge la planification économique, l’aménagement du territoire et l’intégration de nouveaux actifs dans le tissu productif.

INVESTIR PLUTÔT QU’ASSISTER

Raouf Mazou insiste sur la nécessité d’articuler aide humanitaire et investissement public. « Les réfugiés ont besoin d’assistance humanitaire, mais ont besoin aussi d’espoir, ont besoin aussi de développement. Ils peuvent apporter leurs talents, leurs connaissances aux communautés qui les accueillent. » Le débat engagé avec le ministre de l’Économie a porté sur cette bascule.

 Comment aller au-delà de l’urgence. Comment faire en sorte que des personnes en situation de déplacement forcé puissent mener une vie normale, travailler, produire, consommer et contribuer jusqu’à un éventuel retour ou à une installation durable.

 Dans cette approche, les réfugiés et déplacés internes cessent d’être considérés uniquement comme bénéficiaires d’aides. Ils deviennent des acteurs économiques potentiels. Main-d’œuvre agricole, éleveurs, artisans, petits commerçants. Un capital humain sous-exploité qui, intégré formellement, peut dynamiser les marchés locaux.

 L’EXEMPLE AGRICOLE DE L’EXTRÊME-NORD

Dans l’Extrême-Nord, cette logique commence à prendre forme. En février dernier, lors d’une opération de rapatriement volontaire de réfugiés nigérians, le gouverneur Midjiyawa Bakari a détaillé les mesures similaires prises depuis quelques années par le gouvernement camerounais. « Lorsque les ressources ont commencé à manquer, le chef de l’État a instruit que des terres soient mises à leur disposition pour leur permettre de développer des activités agricoles et pastorales », a-t-il rappelé.

Cent hectares ont été octroyés aux réfugiés. Cinquante hectares supplémentaires ont été attribués aux riverains afin d’éviter tout sentiment de marginalisation. Deux tracteurs ont été fournis par l’État camerounais et un troisième par l’État de Bornou au Nigeria. Les résultats sont quantifiables.

L’an dernier, 220 tonnes de mil de contre-saison et 60 000 tonnes de riz paddy ont été récoltées. Cette expérience illustre un effet d’agglomération. L’installation de populations déplacées, encadrées et dotées d’intrants, génère de l’activité économique pour les zones d’accueil et réduit la pression sur les budgets humanitaires.

DOCUMENTER POUR INTÉGRER

Un autre point central des échanges à Yaoundé concerne la documentation. « Il est crucial qu’on sache qui se trouve dans une situation de déplacement et que cette personne ait un document qui lui permette de bénéficier de l’assistance sociale et de faire partie de l’économie », a souligné Raouf Mazou.

 La documentation devient un outil de gouvernance économique. Elle permet de planifier, de cibler les politiques sociales, d’élargir à terme la base contributive. Dans une perspective alignée sur les objectifs nationaux de développement, la gestion des réfugiés et des déplacés internes ne relève plus uniquement des acteurs humanitaires. Elle s’inscrit dans les stratégies macroéconomiques, la coordination avec les partenaires techniques et financiers et les dynamiques régionales du bassin du lac Tchad et de la CEMAC.

Cacao : le Cameroun revendique un taux de transformation locale de 80 %

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Le Cameroun estime avoir franchi un seuil rarement atteint dans l’industrie mondiale du cacao. Selon les données communiquées par les services du ministère du Commerce, plus de 80 % des fèves produites dans le pays seraient aujourd’hui transformées localement. Ce niveau est présenté par les autorités comme inédit pour un producteur dont la production annuelle se situe autour de 300 000 tonnes.

Dans un compte rendu consacré au lancement d’une nouvelle unité industrielle dans la filière, les services de communication du ministère du Commerce expliquent que cette proportion découle de l’écart relativement réduit entre la production nationale et les capacités de broyage installées dans le pays. Le document officiel indique en effet que la production commercialisée au cours des dernières campagnes se situe autour de 300 000 tonnes, tandis que la capacité industrielle nationale dépasserait désormais 250 000 tonnes. Sur cette base, l’administration estime que plus de 80 % des volumes peuvent être transformés localement.

Cette évolution résulte de la multiplication progressive des unités de broyage installées sur le territoire. Le paysage industriel du secteur regroupe aujourd’hui plusieurs opérateurs, parmi lesquels Sic Cacaos, filiale du groupe suisse Barry Callebaut, Chococam contrôlée par le sud-africain Tiger Brands, Atlantic Cocoa liée au groupe ivoirien Kone Dossongui, ainsi que les entreprises camerounaises Neo Industry et Africa Processing. Une nouvelle capacité de transformation est appelée à rejoindre ce dispositif. Le 27 février 2026, les ministres du Commerce et de l’Agriculture ont procédé à Baré-Bakem, dans le département du Moungo, à la pose de la première pierre d’une usine de broyage portée par Samen Industry.

Les informations diffusées par les services de communication du ministère du Commerce indiquent que cette unité sera construite sur un site d’environ trois hectares comprenant des installations de production, des espaces de stockage et des aménagements logistiques destinés au transport des fèves et des produits semi-finis. La capacité annuelle annoncée dépasse 32 000 tonnes de fèves. Le montant de l’investissement n’a pas été rendu public. Une fois opérationnelle, cette unité porterait à six le nombre de broyeurs industriels actifs dans le pays.

Si les volumes de production restent proches de leur niveau actuel, cette nouvelle capacité pourrait pousser encore plus loin la part du cacao transformé sur place. Autrement dit, le taux de transformation revendiqué par les autorités pourrait dépasser le seuil de 80 % lorsque l’usine entrera effectivement en activité. En 2024, le pays a intégré le top 10 mondial des exportateurs de dérivés du cacao, selon le Comité de compétitivité du ministère camerounais de l’Économie.

Le Cameroun s’est classé au septième rang mondial pour les exportations de pâte de cacao, avec des recettes évaluées à 275,6 millions d’euros, soit environ 180,8 milliards de FCFA. Dans le même temps, les exportations de beurre de cacao ont généré 206,3 millions d’euros, équivalant à près de 135,3 milliards de FCFA, ce qui place le pays au neuvième rang mondial pour ce produit.

Selon les statistiques de l’Office national du cacao, la transformation locale a franchi pour la première fois le seuil de 100 000 tonnes lors de la campagne cacaoyère 2024-2025, avec un volume total de 109 431 tonnes.

Migration: Le Royaume-Uni ferme ses visas d’études aux Camerounais pour « abus » de demandes d’asile

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Le gouvernement du Royaume-Uni a décidé de ne plus délivrer de visas d’études aux ressortissants du Cameroun, de l’Afghanistan, du Myanmar et du Soudan. L’annonce a été faite le 3 mars 2026 par la ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, dans un communiqué du Home Office.

Selon Londres, cette décision « sans précédent » vise à mettre un terme aux « abus » du système migratoire. Les autorités britanniques affirment que de nombreux ressortissants de ces quatre pays entrent légalement sur le territoire avec un visa d’étude, avant de solliciter l’asile une fois sur place.

Une hausse spectaculaire des demandes d’asile

D’après les chiffres officiels, les demandes d’asile émanant de personnes arrivées par des voies légales ont plus que triplé entre 2021 et 2025, atteignant près de 133 760 dossiers. Les requêtes introduites par des étudiants originaires des quatre pays visés auraient bondi de 470 % sur la période.

Le ministère de l’Intérieur souligne qu’entre septembre 2024 et septembre 2025, 2 900 visas d’étude ont été délivrés aux ressortissants concernés, pour 1 210 demandes d’asile déposées par des titulaires de ces visas. Les Afghans seraient particulièrement concernés : environ 95 % d’entre eux auraient sollicité l’asile après leur arrivée sous statut étudiant depuis 2021.

Le coût du soutien aux demandeurs d’asile, estimé à « plus de 4 milliards de livres sterling » par an, est également avancé comme justification. Environ 16 000 ressortissants des quatre pays seraient actuellement pris en charge par le dispositif britannique.

Un tournant politique assumé

Cette décision intervient dans un contexte de durcissement de la politique migratoire du gouvernement travailliste dirigé par Keir Starmer. Confronté à une pression croissante sur les questions d’immigration, notamment de la part du parti anti-immigration Reform UK, l’exécutif britannique multiplie les mesures restrictives.

En novembre 2025, Londres avait déjà menacé de suspendre les visas pour l’Angola, la Namibie et la République démocratique du Congo afin d’obtenir leur coopération sur les expulsions de migrants en situation irrégulière. Quatre mois plus tard, le Home Office affirme que des vols de retour ont effectivement repris vers ces pays.

Par ailleurs, la réforme récente de la politique d’asile prévoit désormais que le statut de réfugié soit accordé pour une durée de 30 mois renouvelable, contre cinq ans auparavant. Les réfugiés devront attendre jusqu’à 20 ans avant de prétendre à un droit de résidence permanente, sous réserve de validation parlementaire.

Quelles conséquences pour les étudiants camerounais ?

Pour le Cameroun, cette suspension représente un coup dur. Le Royaume-Uni constitue depuis plusieurs années une destination prisée pour les études supérieures, notamment dans les domaines du droit, de la finance, de l’ingénierie et de la santé. La mesure pourrait contraindre de nombreux étudiants à se réorienter vers d’autres pôles académiques, en Europe continentale, en Amérique du Nord ou en Asie.

Au-delà de l’impact académique, cette décision risque d’affecter les dynamiques de mobilité internationale et les transferts de compétences. Elle intervient dans un contexte où le Cameroun cherche à renforcer la formation de son capital humain à l’international.

Si Londres assure vouloir « préserver sa tradition d’accueil envers ceux qui sont véritablement dans le besoin », la suspension ciblée des visas soulève des interrogations sur l’équilibre entre contrôle migratoire et coopération éducative. Les prochaines semaines diront si des discussions diplomatiques pourront infléchir cette orientation ou si cette mesure s’inscrira durablement dans la nouvelle doctrine migratoire britannique.

Dangote Cement prépare un nouvel investissement au Cameroun

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Le géant nigérian du ciment Dangote Cement a conclu un accord industriel de plus d’un milliard de dollars (565,8 milliards FCFA) avec l’entreprise chinoise Sinoma International Engineering Co., spécialisée dans la construction d’installations cimentières. L’information a été rendue publique à Lagos par les services de communication du groupe, qui précisent que le partenariat porte sur une douzaine de projets industriels répartis dans plusieurs pays africains.

Le programme comprend la construction de nouvelles cimenteries intégrées, l’extension de sites existants ainsi que la modernisation de certaines installations. Parmi les marchés concernés figure le Cameroun, même si les détails du projet envisagé dans le pays n’ont pas encore été rendus publics.

Selon les informations communiquées par l’entreprise, Sinoma interviendra comme partenaire technique et industriel sur l’ensemble des chantiers. Les développements annoncés incluent notamment une nouvelle ligne de production dans le nord du Nigeria accompagnée d’une unité de broyage satellite, une extension en Éthiopie ainsi que plusieurs projets en Zambie, au Zimbabwe, en Tanzanie, en Sierra Leone et au Cameroun.

Dans le cas camerounais, plusieurs éléments laissent penser que l’investissement évoqué pourrait correspondre à la construction d’une deuxième usine de Dangote Cement dans le pays. Ce projet a été confirmé en septembre 2025 par Bertrand Mbouck, directeur général de la filiale camerounaise, lors d’une interview accordée à la chaîne Africa 24. Le dirigeant indiquait alors que les autorités avaient donné leur accord et que la phase de mise en œuvre était engagée.

L’idée d’une seconde cimenterie remonte en réalité à 2015, lorsque le fondateur du groupe, Aliko Dangote, avait annoncé son intention de doubler la capacité de production locale. Le calendrier initial prévoyait une réalisation en moins de deux ans, mais le projet est resté en suspens pendant plusieurs années avant de réapparaître dans les communications récentes de la filiale camerounaise.

Au Cameroun, Dangote Cement exploite actuellement une unité de broyage de clinker installée à Douala, dotée d’une capacité annuelle de 1,5 million de tonnes. Les résultats publiés par le groupe montrent toutefois un recul des volumes vendus sur ce marché. Au cours des neuf premiers mois de 2025, les ventes ont atteint 927 300 tonnes contre un peu plus d’un million de tonnes sur la même période en 2024, soit une baisse de 9,3 %. L’entreprise attribue ce repli aux incertitudes liées au contexte électoral qui ont pesé sur l’activité économique.

Malgré cette contraction, la direction était restée confiante quant aux perspectives du marché camerounais. Le groupe misait sur la relance progressive des chantiers d’infrastructures engagés par les pouvoirs publics, notamment l’autoroute Douala-Yaoundé ainsi que plusieurs projets routiers, de ponts et d’aménagement urbain susceptibles de soutenir la demande en matériaux de construction.

À l’échelle du groupe, Dangote Cement prévoit d’augmenter sa capacité de production pour atteindre 80 millions de tonnes par an à l’horizon 2030. Dans un message adressé aux investisseurs, le fondateur Aliko Dangote indique que ces nouveaux projets doivent soutenir l’augmentation des volumes produits, renforcer la présence du groupe sur son marché domestique et développer les exportations vers d’autres économies africaines.

Cette dynamique intervient dans un contexte financier particulièrement favorable pour l’entreprise. Les comptes publiés pour l’exercice 2025 font état d’un chiffre d’affaires de 4 307 milliards de nairas, en progression de 20 % sur un an. Le bénéfice net dépasse pour la première fois la barre des 1 000 milliards de nairas après une hausse de 102 %.

Les filiales africaines hors Nigeria occupent une place croissante dans cette performance. Regroupées dans le segment Pan-Africa, elles ont généré environ 1 456 milliards de nairas de revenus en 2025, soit près de 34 % du chiffre d’affaires total du groupe. Parmi ces marchés figurent notamment la Tanzanie, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, le Sénégal et le Cameroun.

 Mois de la femme : BGFIBank Cameroun s’engage dans le rayonnement des compétences féminines

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Le leadership féminin dans le secteur bancaire, il en faut davantage selon la coach ivoirienne Lady Sonia. Invitée par BGFIBank Cameroun dans le cadre des activités marquant le mois dédié à la femme, la conférencière mondialement reconnue a tenu une rencontre avec les femmes de cette banque le 03 mars dernier à Douala. Elle a motivé ces femmes à modifier leur état d’esprit pour oser.  Sa prise de parole a abordé des aspects assez variés du développement personnel de la gent féminine dans ce secteur, des défis et des clés pour briser le plafond de verre.

Confiance en soi, objectifs de carrière, gestion financière… Lady Sonia a appelé les dames de BGFI Bank Cameroun à passer à l’action pour réaliser leurs ambitions. « Je n’étais pas là pour parler de bien-être superficiel. J’étais ici pour traiter de puissance, de positionnement, et de cette audace qui fait trop souvent défaut aux femmes, même à des postes élevés dans la hiérarchie bancaire », a déclaré la coach. Selon elle, trop de femmes attendent d’avoir un certain statut pour investir dans leur propre leadership. Pourtant investir dans son développement personnel, c’est semer les graines d’un avenir prometteur.

La conférencière a été accueillie par Hyacinthe Opira Ongala, Directeur Adjoint de BGFIBank Cameroun.  Une présence qui traduit la volonté du top management de ce groupe bancaire à investir dans l’épanouissement personnel et professionnel des femmes.  En termes de représentativité, les femmes constituent 60% de l’effectif global de BGFIBank Cameroun, 48% de l’effectif du comité de direction et 56% des postes de responsabilité. Si ces chiffres sont prometteurs, les femmes de BGFIBank sont tout de même invitées à prendre conscience de leur rôle et viser encore plus haut. C’est l’idée forte qui ressort des deux heures d’échanges.

« BGFI Bank a compris a compris une chose : une collaboratrice qui a confiance en elle vaut plus que n’importe quel actif financier. E que la femme qui a confiance en soi est le meilleur actif financier. J’étais là pour parler de puissance, de positionnement et de cette audace qui manque trop souvent aux femmes, même au sommet de la hiérarchie bancaire. Regardez ces femmes brillantes, diplômées, expertes. Mais combien osent briser le plafond de verre sans s’excuser d’exister ? Dans cette salle, l’énergie a basculé. On a déconstruit les codes de l’intellectualisme déconnecté pour revenir à la réalité : une femme qui réussit est une femme qui assume son ambition sans filtre », déclare Lady Sonia.

 Il faut dire qu’au-delà de ses ressources humaines, le premier groupe bancaire d’Afrique centrale est engagé depuis années dans l’autonomisation des femmes et du développement de l’entrepreneuriat en Afrique. La Fondation BGFIBank accompagne par exemple chaque année  des femmes entrepreneures disposant des projets à fort impact social à travers Women Entrepreneurs Leadership Program (WELP). Plus de 200 femmes ont déjà été formées et accompagnées au Gabon, en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

Cimenterie de Kribi : Atlantic Group révise à la hausse son investissement

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La Société de ciment du Cameroun, filiale d’Atlantic Group contrôlé par l’homme d’affaires ivoirien Koné Dossongui, a signé le 19 février 2026 à Yaoundé un avenant à sa convention avec l’Agence de promotion des investissements. Cette modification, qui concerne le projet de cimenterie de Kribi, traduit une montée en gamme technologique et une réévaluation substantielle de l’enveloppe financière initialement prévue. L’avenant signé avec l’Agence de promotion des investissements (API) ne constitue pas une nouvelle convention, mais une révision de celle conclue le 4 août 2021.

 Il s’inscrit dans une logique d’optimisation industrielle. Selon Georges Wilson, vice-président d’Atlantic Group, l’évolution du projet résulte d’une amélioration des procédés de production envisagés pour la future unité industrielle. Cette modernisation implique une révision à la hausse du coût global du projet, initialement estimé à plus de 39 milliards FCFA. L’investissement final dépassera donc sensiblement l’enveloppe annoncée en 2021. Implantée dans la zone industrialo-portuaire de Kribi, l’usine bénéficiera d’infrastructures logistiques stratégiques, favorables à l’importation des intrants et à la distribution régionale.

L’avenant ouvre par ailleurs droit à des exonérations fiscalo-douanières sur des périodes allant de cinq à dix ans, couvrant les phases de construction et d’exploitation, conformément à la loi d’avril 2013 sur les incitations à l’investissement privé, révisée en 2017 et en 2025.

1 600 EMPLOIS ET UNE CAPACITÉ D’UN MILLION DE TONNES PAR AN

Les travaux d’aménagement du site de 10 hectares, mis à disposition par le Port autonome de Kribi (PAK), ont débuté le 3 août 2021. La phase de construction de l’usine devrait effectivement démarrer en 2026 pour une durée prévisionnelle de 24 mois.

À terme, la cimenterie affichera une capacité annuelle de production d’un million de tonnes. Le projet pourrait générer environ 1 600 emplois directs et indirects, entre la phase chantier et l’exploitation industrielle. Au-delà des chiffres, l’enjeu porte sur la structuration d’un écosystème local de sous-traitance, de logistique et de services techniques. Cette nouvelle unité viendrait porter à dix le nombre de cimentiers opérant sur le marché camerounais, un peu plus d’une décennie après la fin du monopole historique de Cimencam, filiale de Lafarge Holcim Maroc Afrique (LHMA).

Après 48 années de domination, Cimencam avait vu sa position remise en cause avec l’arrivée de Dangote Cement Cameroun en 2015, ouvrant la voie à une multiplication des investissements privés dans le secteur.

UN MARCHÉ EN SURCAPACITÉ RELATIVE, MAIS DES PRIX SOUS TENSION

Depuis la libéralisation du marché, plusieurs opérateurs ont renforcé le tissu industriel : Cimaf, Medcem Cameroun, Mira Company, Cimpor Cameroun, Central Africa Cement, Sinafcam Sarl et Yousheng Cement. Les capacités nationales cumulées approchent désormais 12 millions de tonnes par an, alors que la demande était estimée, il y a quelques années, autour de 8 millions de tonnes. Cette surcapacité apparente ne s’est toutefois pas traduite par une baisse significative des prix.

À Douala et Yaoundé, le sac de ciment de 50 kg oscille encore entre 5 100 et 5 300 FCFA. Les industriels et les pouvoirs publics invoquent principalement la dépendance à l’importation du clinker, composant essentiel du ciment, dont les coûts logistiques et énergétiques pèsent lourdement sur les structures de prix. Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, évoque régulièrement des soupçons d’« entente illicite » entre producteurs, dans un contexte où la concurrence peine à produire les effets attendus sur les tarifs au consommateur.

ATLANTIC GROUP, UN CONGLOMÉRAT EN EXPANSION AU CAMEROUN

Le projet de Kribi confirme la stratégie de diversification sectorielle d’Atlantic Group au Cameroun. Le conglomérat est déjà présent dans la finance à travers AFG Bank Cameroun et AFG Assurances Cameroun, issues respectivement de la transformation de Banque Atlantique et Atlantique Assurances. Il opère également dans l’agro-industrie avec Atlantic Cocoa, contribuant à la valorisation locale du cacao.

En Afrique, Atlantic Group déploie ses activités dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, avec une présence structurée dans la banque, l’assurance, l’agro-industrie et désormais les matériaux de construction. La montée en puissance du projet cimentier de Kribi s’inscrit ainsi dans une logique d’intégration industrielle régionale, adossée à des investissements lourds et à une stratégie d’ancrage durable sur les marchés à forte croissance.

À travers cette nouvelle étape, le groupe de Koné Dossongui confirme son ambition : s’imposer comme un acteur panafricain de référence, capable de conjuguer finance, industrie et transformation locale au service des économies nationales.

Par Yves TCHENANG

NTACCUL distribue plus de 4 milliards FCFA d’intérêts et renforce son virage numérique

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La principale institution de microfinance de la sous-région CEMAC, Ntarinkon Cooperative Credit Union (NtaCCUL), a annoncé la redistribution de plus de 4 milliards de FCFA d’intérêts à ses membres. Selon les responsables, ce montant provient du taux d’intérêt de 6 % appliqué sur l’épargne. L’institution a également franchi une étape majeure dans son processus de transformation numérique afin de faciliter davantage les transactions de ses membres.

 Ces annonces ont été faites à l’occasion de la 39e Assemblée générale annuelle (AGA) tenue le dimanche 1er mars 2026 au stade municipal de Bamenda. La rencontre a rassemblé les membres du conseil d’administration, le personnel dirigeant, des autorités traditionnelles et administratives, ainsi que des milliers de sociétaires. La présidente du Conseil d’administration, Barrister Akumah Bih Miranda, a annoncé que les membres pourront désormais utiliser les cartes GIMAC. Elle a qualifié cette avancée numérique de « tournant stratégique », renforçant la position de la coopérative parmi les principales credit unions de la sous-région CEMAC. Elle a précisé que la première phase de la digitalisation est achevée. Selon elle, le code USSD et l’application de banque en ligne sont opérationnels depuis 2024, et l’introduction des cartes GIMAC vient compléter ce dispositif numérique.

Les membres peuvent solliciter et obtenir ces cartes dans toutes les agences et les utiliser dans les banques commerciales et établissements de microfinance à travers la zone CEMAC. Le Directeur général, Ade Muma Divine, a indiqué que les cartes GIMAC permettront aux membres d’effectuer des opérations sans nécessairement se rendre dans les agences de la NtaCCUL, mais plutôt via n’importe quel guichet automatique disponible. Il a souligné que les sociétaires pourront effectuer des retraits dans d’autres banques et institutions de microfinance grâce à cette carte.

 CENTRES DE SERVICES SPÉCIALISÉS

 La présidente du Conseil d’administration a également révélé la création de centres de services spécialisés dans toutes les agences pour accompagner les membres dans l’utilisation de l’application NtaCCUL, de la plateforme USSD et des services liés aux cartes.

UNE CROISSANCE SOUTENUE MALGRÉ UN CONTEXTE DIFFICILE

Malgré les défis sécuritaires et économiques persistants dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que d’autres contraintes nationales, la NtaCCUL a enregistré une croissance régulière en 2025. D’après le rapport de gestion présenté lors de l’AGA, le nombre de membres est passé de 104 107 en 2024 à 117 213 en 2025, soit une progression de 13 %.

Au total, 13 106 nouveaux membres ont été enregistrés au cours de l’exercice. L’épargne totale a connu une hausse significative, passant de 56,08 milliards de FCFA à 66,8 milliards de FCFA, soit une augmentation de 19 %. Les parts sociales ont progressé de 11 %, atteignant 3,81 milliards de FCFA.

La direction a rappelé que les parts constituent le socle de la solidité financière de la coopérative et a encouragé les membres à actualiser leurs contributions afin de maintenir les ratios réglementaires. Il a également été indiqué que 53 membres sont décédés au cours de l’année, avec des indemnisations versées aux ayants droit pour un montant total de plus de 16 millions de FCFA. Réagissant à l’augmentation du nombre de sociétaires, le Directeur général a attribué cette progression à la confiance construite au fil des années. Il a précisé que l’AGA a été délocalisée au stade municipal en raison de l’affluence croissante, le site précédent ne pouvant plus contenir les plus de 117 000 membres.

 MAINTIEN DU TAUX D’INTÉRÊT DE 6 %

L’un des temps forts de l’Assemblée générale a été l’annonce du maintien du taux d’intérêt de 6 % sur l’épargne. En 2025, la coopérative a versé 4,25 milliards de FCFA d’intérêts à ses membres. Pour 2026, le même taux a été budgétisé, représentant plus de 4,52 milliards de FCFA. La direction a souligné que le maintien de ce taux traduit la stabilité financière de l’institution et son engagement à récompenser la fidélité et la confiance de ses membres.

EXPANSION ET INVESTISSEMENTS STRUCTURANTS

 Au-delà de la digitalisation, la NtaCCUL a enregistré d’importantes réalisations infrastructurelles en 2025. Les agences de Limbé et de Ngaoundéré, devenues opérationnelles en 2024, ont été officiellement inaugurées, contribuant à l’accroissement du nombre de membres et des activités. Une nouvelle agence à Bonamoussadi, à Douala, est entrée en service en février 2026. L’agence de Buea a bénéficié d’une rénovation avec une modernisation de sa façade, tandis qu’un terrain acquis à Bertoua a été clôturé en prélude à la construction d’un immeuble de trois étages.

La coopérative a également acquis un véhicule Prado Land Cruiser pour renforcer ses opérations. Par ailleurs, huit nouveaux guichets automatiques sont prévus en 2026 afin d’accompagner le déploiement des services bancaires numériques. Sur le plan de la gouvernance et de la conformité, la NtaCCUL a obtenu un score de 15 sur 16 aux principaux ratios prudentiels évalués par la COBAC, consolidant ainsi sa réputation en matière de respect des normes réglementaires. La direction a indiqué que l’institution demeure la seule credit union ne faisant l’objet d’aucune injonction de la commission bancaire.

RÉÉLECTION DE LA PRÉSIDENTE DU CONSEIL

L’Assemblée générale a également procédé au renouvellement des instances dirigeantes, notamment le Conseil d’administration, le Conseil de surveillance, le Comité électoral et les délégués Rainbow. Après un mandat d’un an, Barrister Akumah Bih Miranda a été réélue présidente du Conseil d’administration pour un mandat de trois ans, avec plus de 1 900 voix face à ses deux adversaires.

 À l’issue du scrutin, elle a présenté les acquis de 2025, notamment en matière de digitalisation et d’autonomisation des femmes, comme fondement de son nouveau mandat. Elle a exprimé sa volonté de rendre pleinement opérationnel le programme de digitalisation et d’encourager les membres à s’approprier les cartes GIMAC. Elle a également annoncé un soutien accru aux entreprises dirigées par des femmes, affirmant son engagement en faveur de l’autonomisation économique des femmes et des couches moyennes.

 La direction a remercié les membres pour leur résilience et leur fidélité, assurant que la NtaCCUL poursuivra sa dynamique d’innovation, de stabilité et d’expansion malgré les défis nationaux. Des membres de longue date, tels que Nyamboli Clement et Lum Matilda, ont témoigné que la coopérative leur a permis de mettre en place des activités génératrices de revenus durables.

Finances publiques : L’Etat veut lever des fonds auprès de la diaspora pour financer son budget

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En 2025, les transferts des Camerounais établis à l’étranger ont atteint environ 650 milliards de FCFA. Sur cinq ans, la moyenne annuelle tourne autour de 450 milliards. Ce volume dépasse certaines enveloppes mobilisées par l’État sur les marchés financiers. Pourtant, l’essentiel de ces fonds continue de financer la consommation courante des ménages, santé, scolarité, loyers ou soutien familial.

 Pour le ministère des Finances, la question n’est plus de mesurer l’importance de ces flux mais d’en modifier l’usage. « Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, les transferts de la diaspora ont atteint environ 650 milliards de FCFA. Sur les cinq dernières années, la moyenne annuelle se situe autour de 450 milliards. C’est un volume supérieur à certaines lignes de financement classiques. Cependant, ces fonds sont majoritairement orientés vers la consommation ou l’assistance sociale. Ce sont des flux utiles, mais qui n’alimentent pas suffisamment l’investissement structurant », a déclaré le directeur général du Trésor et de la Coopération financière et monétaire, Moh Sylvester Tangongho, dans le cadre d’un entretien accordé à Défis Actuels.

 La réponse envisagée prend la forme d’un emprunt spécifiquement destiné aux Camerounais établis à l’étranger. Le mécanisme reste, sur le plan financier, classique. L’État émettrait des titres que les membres de la diaspora pourraient souscrire depuis leur pays de résidence. En échange des fonds prêtés, ils percevraient un intérêt sur une période déterminée, avec remboursement du capital à l’échéance.

Autrement dit, la diaspora prêterait directement à l’État, comme le font déjà les investisseurs institutionnels ou les banques, mais dans un cadre qui lui serait dédié. « La différence avec un emprunt ordinaire tient au public ciblé et aux modalités adaptées. Les montants minimums pourraient être calibrés pour rester accessibles. Les canaux de souscription seraient digitalisés afin de permettre une participation depuis l’Europe, l’Amérique du Nord ou l’Afrique centrale. Les fonds levés seraient affectés à des projets identifiés, infrastructures, énergie, aménagement urbain ou financement de PME, avec un reporting dédié », souligne un expert.

 « Notre réflexion consiste à canaliser une partie de ces ressources vers des instruments dédiés, comme les Diaspora Bonds. Des pays africains comme le Sénégal ou l’Éthiopie ont démontré qu’il existe une forte disposition des ressortissants à investir dans leur pays d’origine, à condition que les mécanismes soient clairs, transparents et attractifs. », souligne Moh Sylvester Tangongho.

UN AUTRE MOYEN POUR FINANCER LE BUDGET DE L’ETAT

À ce stade, cet outil revêt une importance capitale au regard de la trajectoire budgétaire du pays. Le budget 2026 s’élève à 8 816,4 milliards de FCFA, avec un besoin de financement global estimé à plus de 3 100 milliards pour couvrir le déficit et le service de la dette. En 2025, ces besoins atteignaient 2 326,5 milliards. En 2024, ils dépassaient 1 500 milliards.

 Dans ce contexte, l’emprunt diaspora apparaît comme une pièce supplémentaire dans l’architecture de financement. Il ne se substitue pas aux marchés régionaux ni aux bailleurs extérieurs. Il vise à réduire la dépendance à ces canaux en mobilisant une épargne déjà existante. Si une fraction seulement des 650 milliards transférés chaque année était captée sous forme de titres, l’impact sur la structure de financement pourrait être significatif, ne serait-ce qu’en diversifiant la base d’investisseurs. L’exemple sénégalais illustre une autre voie de mobilisation.

En 2024, les transferts de la diaspora y ont atteint 2 211 milliards de FCFA, soit près de 12% du PIB. Dakar prépare un fonds immobilier dédié aux Sénégalais de l’extérieur afin de convertir une partie de ces envois en investissements locatifs gérés par des professionnels. Les souscripteurs détiendraient des parts d’un portefeuille immobilier, sans alourdir la dette publique. La logique reste la même, transformer des transferts majoritairement consuméristes en capital productif.

À l’échelle du continent, l’ampleur du phénomène donne la mesure des marges potentielles. Selon la Banque mondiale, l’Afrique a reçu environ 95 milliards de dollars de remittances en 2024, soit plus de 5% du PIB continental. Ces flux dépassent souvent l’aide publique au développement et rivalisent avec les investissements directs étrangers.

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