Pour le Président directeur général de l’agence de notation Bloomfield Group, la réglementation dans la zone CEMAC impose des conditions assez drastiques aux agences de notation financière, ce qui ne permet pas de développer le marché.
Stanislas Zézé, Président directeur général (PDG) de l’agence de notation Bloomfield Group a participé à la Diamond Capital Convention, tenue à Douala le 24 septembre 2026. Dans une interview exclusive accordée au quotidien Cameroon Tribune, le PDG de Bloomfield Group est revenu sur les freins à l’évolution du marché financier dans la zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale) en particulier et de l’Afrique subsaharienne en générale.
Dans cette interview, Stanislas Zézé explique que le marché financier est trop réglementé et trop de règlementation tue le marché. Il explique qu’un marché se fait accompagner par les régulateurs pour son développement. Si vous avez une règlementation trop rigide pendant que vous voulez développer un marché, ça pose un vrai problème.
« On a relevé dans les discussions que nous sommes sur un marché dont la typologie n’est pas toujours en adéquation avec les instruments financiers proposés. Les économies sont pour la plupart informelles, à 80% à peu près mais les produits financiers proposés ne concernent que les 20% formels. Ça veut dire qu’il y a une épargne dormante, sur laquelle on ne capitalise pas parce qu’on n’a pas les outils nécessaires pour cela » explique Stanislas Zézé.
Ce dernier préconise des formules qui adressent toute la typologie des économies de l’Afrique Centrale en précisant que c’est le même problème en Afrique de l’Ouest et dans beaucoup de marchés émergents. Pour lui, les outils doivent correspondre à la typologie de l’environnement économique, de sorte à pouvoir capter toute l’épargne disponible. Il prend d’ailleurs en exemple, l’introduction en bourse de la raffinerie Dangote.
« Ce sont les choses auxquelles nous devons commencer à penser. Créer des outils et des instruments correspondant à toutes les couches de l’économies, de sorte à pouvoir capitaliser sur l’épargne disponible. L’Afrique a de l’argent, c’est juste que ce n’est pas bien organisé » regrette le PDG de l’agence de notation Bloomfield Group avant d’ajouter « on nous dit qu’il faut 400 milliards de dollars par an pour notre développement, pendant qu’on a 4 000 milliards de dollars d’épargne, soit dix fois ce dont on a besoin ».






