Mesdames et Messieurs, Je suis particulièrement honoré et profondément heureux de me retrouver ce jour à Ngaoundéré, capitale de la Région de l’Adamaoua, pour procéder au lancement solennel du budget de l’État et des autres entités publiques au titre de l’exercice 2026.
Le choix porté sur l’Adamaoua pour accueillir cette cérémonie nationale n’est ni anodin ni circonstanciel. Il traduit la volonté ferme et constante du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, de promouvoir un développement équilibré du territoire national. Région de transition et de convergence, l’Adamaoua constitue un véritable trait d’union entre le septentrion et les régions méridionales de notre pays. Elle est à la fois un espace de brassage humain et culturel, un carrefour économique stratégique et, surtout, un pilier majeur de la souveraineté alimentaire nationale. Son potentiel agro-pastoral en fait une région clé pour la stabilité économique, sociale et même sécuritaire du Cameroun.
Je voudrais adresser mes félicitations aux autorités locales pour la maturité dont elles ont fait preuve pour préserver cette stabilité dans le contexte sécuritaire post-électoral. Permettez-moi de vous exprimer également ma gratitude pour l’accueil chaleureux réservé à ma délégation. Je me réjouis de la présence massive des acteurs de la chaîne budgétaire, témoignant de l’intérêt porté à la gestion rigoureuse des finances publiques.
La cérémonie de ce jour s’inscrit dans le cadre de l’accompagnement technique assuré par le Ministère des Finances, en collaboration avec d’autres départements ministériels (Minepat, Minmap, Minddevel), pour une exécution optimale des lois de finances.
La loi de finances 2026 s’inscrit dans la continuité de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030. L’objectif est la consolidation des finances publiques tout en garantissant la mise en œuvre des priorités fixées par le Président de la République pour le prochain septennat. Il s’agit également d’une mobilisation optimale des recettes internes non pétrolières sans créer de distorsions préjudiciables aux entreprises.
Les axes prioritaires pour 2026 :
- Sécurité : Maintien de la veille aux frontières et dans les agglomérations en contexte post-électoral.
- Économie : Mise en œuvre du Programme d’Impulsion Initiale (P2I) et du Plan Intégré d’Import-Substitution (PIISAH). Renforcement de l’offre énergétique, rachat des actions d’ACTIS à ENEO, et développement des infrastructures de transport. Reconstruction des régions en crise et lutte contre le changement climatique.
- Social : Intensification de la formation professionnelle, veille sanitaire, amélioration du plateau technique hospitalier et des infrastructures scolaires. Préservation du pouvoir d’achat, projet Filets Sociaux, promotion du HIMO et de la Politique Nationale Genre.
- Gouvernance : Accélération de la décentralisation, apurement de la dette intérieure et réforme de la gestion des finances publiques. Une attention particulière est accordée à la promotion des jeunes et des femmes avec la création d’un Fonds spécial pour leur autonomisation économique. La loi de finances 2026 marque aussi une étape décisive pour la décentralisation avec le transfert effectif de certaines recettes fiscales au profit des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD).
Concernant le secteur agro-pastoral, pilier de l’Adamaoua, des dispenses fiscales importantes sont prévues, permettant de réduire le coût de l’investissement de près de 30%. Ces mesures incluent des exonérations de TVA sur les intrants et équipements, ainsi que des dispenses de taxe foncière et de patentes pour les premières années d’exploitation.
Chiffres clés et projets pour l’Adamaoua :
- L’enveloppe globale de la loi de finances 2026 s’élève à 8 816,4 milliards FCFA, soit une augmentation de 14,0% par rapport à 2025.
- Le budget alloué à la Région de l’Adamaoua est de 41,2 milliards FCFA.
- Projets majeurs : Bitumage de la route Banyo-Mayo Darle-Bankim, Ngatt-Likok et Ngaoundéré-Paro ; désenclavement des zones de production ; construction de lycées, de forages pastoraux et acquisition de kits d’insémination artificielle.
L’exécution du budget s’appuiera sur de nouveaux manuels de procédures et circulaires spécifiques. Je félicite la région pour ses taux de réalisation physique élevés (jusqu’à 97% en 2023). Cependant, des efforts restent à faire sur les délais de contractualisation et le suivi des projets. J’invite tous les acteurs — ordonnateurs, opérateurs économiques, services déconcentrés et élus locaux — à faire preuve de responsabilité, de professionnalisme et de patriotisme économique pour la réussite de cet exercice.
Le lancement du budget n’est pas un simple rituel, mais le socle d’un dialogue de gestion permanent au service du bien-être de nos populations. C’est sur cette note d’espoir que je déclare officiellement ouverts les travaux relatifs au lancement du budget 2026.
Vive la Région de l’Adamaoua ! Vive le Cameroun !







