« D’abord, le C2D est véritablement le fruit d’une volonté partenariale. Les projets financés sont des projets choisis et sélectionnés conjointement par les deux parties. C’est la première chose qu’il faut souligner. Je crois qu’il y a également un point très important sur lequel on n’insiste pas suffisamment. Lorsqu’on parle de Contrat de désendettement et de développement (C2D), cela signifie que le Cameroun rembourse effectivement sa dette. Certains ont parfois pensé qu’il s’agissait d’un effacement de dette. Or, ce n’est pas le cas. Le gouvernement camerounais consent l’effort de rembourser sa dette, et les montants remboursés lui sont ensuite rétrocédés pour financer des projets de développement.
Dans la conception même du mécanisme, il est prévu que le gouvernement honore d’abord ses engagements de remboursement. C’est ensuite cet argent qui revient au pays. Nous parlons d’un montant qui avoisine les 1 000 milliards de FCFA. Cela montre que le gouvernement a accompli un effort significatif vis-à-vis de la dette française et que les sommes ainsi rétrocédées ont permis de financer un certain nombre de projets identifiés de manière bilatérale et partenariale.
Nous pouvons nous féliciter de la qualité de ces projets, car ils touchent concrètement au vécu quotidien des populations. Nous avons vu, dans le film qui a été présenté, les témoignages de satisfaction exprimés par les bénéficiaires. Nous avons vu des personnes devenues autonomes, capables de subvenir aux besoins de leur famille. Nous avons également des projets d’infrastructures, des projets agricoles, des projets culturels et bien d’autres encore.
Je pense notamment au Programme Capitales régionales, dont tout le monde parle aujourd’hui. Cinq régions ont bénéficié d’infrastructures qui contribuent réellement à améliorer les conditions de vie des populations. Nous ne pouvons donc que nous réjouir de ce programme qui a duré vingt ans et qui s’est poursuivi sans difficultés majeures. Bien sûr, il y a toujours eu quelques problèmes, mais ils ont été traités au fur et à mesure.
C’est un exemple particulièrement fort de coopération réussie. Il faut également rappeler que le Cameroun a été pionnier dans cette expérience, qui a ensuite été reproduite dans d’autres pays. Des ressources humaines camerounaises ont même été mobilisées pour accompagner la mise en œuvre de ce mécanisme ailleurs, en s’inspirant de ce qui a été réalisé avec succès au Cameroun. Concernant la suite, alors que ce mécanisme arrive à son terme dans environ un an, la question essentielle est celle de la pérennisation. C’est un sujet qui a occupé une place importante dans les discussions.
Il est important de comprendre qu’il ne s’agit pas d’un dispositif extérieur au gouvernement. Les projets réalisés sont intégrés dans l’action publique et leur gestion revient naturellement à l’État. Lorsque des bâtiments, des ponts ou d’autres infrastructures ont été construits, il n’est pas question de se tourner vers la France pour leur entretien ou leur réhabilitation. L’essentiel est que cette expérience ait produit des résultats positifs. Aujourd’hui, le gouvernement prend le temps de réfléchir aux mécanismes les plus appropriés pour capitaliser sur les acquis du C2D, les renforcer et multiplier ce type d’initiatives au service du développement du pays. »







