« Les services TIC sont à coûts raisonnables au Cameroun »

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Soutien appuyé aux start-up, redéploiement des télécentres communautaires, réduction de la fracture numérique, assainissement de l’univers des télécommunications et de la poste, régulation de la cryptomonnaie, contrôle des coûts et de la qualité des services de téléphonie mobile… Un Cameroun nouveau est en construction, avec l’appui décisif de la révolution digitale qui impacte tous les aspects de la vie du pays. Dans un entretien à cœur ouvert, la ministre fait le tour du large spectre des activités de son secteur.

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Madame le ministre, ces dernières années, vous avez lancé plusieurs concepts de mobilisation autour de l’économie numérique en direction de la communauté nationale, et particulièrement des jeunes (la caravane Globetrotter, les matinées numériques départementales, le village numérique), en plus de nombreux séminaires. Quel bilan peut-on faire de ces manifestations ?

Vous faites bien de relever que des concepts ont été mobilisés autour de l’économie numérique en direction de la communauté nationale, et particulièrement les jeunes. Ces concepts, en plus des objectifs de sensibilisation et de mobilisation qu’ils poursuivent et charrient, ont eu pour ancrage la vision du Chef de l’État pour notre pays, de faire du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035. Le président Paul Biya, vous vous souvenez lors de son discours de fin d’année 2015, interpellait alors ses concitoyens à propos de l’économie numérique en ces termes : « (…) Nous devons pouvoir en tirer davantage pleinement. Le Gouvernement dans son organisation, accordera à ce secteur toute l’attention méritée ».Ainsi, toutes les stratégies de développement en ce qui concerne le Minpostel se sont orientées vers l’atteinte de cet objectif. Et dans ces actions figurent donc celles mises en œuvre pour l’émergence d’une économie digitale locale à travers le soutien et l’accompagnement de nombreux projets portés par nos jeunes entrepreneurs du numérique. Pour nous résumer, il s’agit d’offrir aux entreprises innovantes la possibilité de lancer et de développer leurs idées, de manière à encourager la croissance économique et la création d’emplois, ainsi qu’à repérer et à déployer des solutions efficaces face à des problèmes de développement critiques. Et l’État à travers mon département ministériel amis en œuvre des programmes spécifiques, dont on peut citer les plus emblématiques :- Le « globetrotter de l’économie numérique », qui est une caravane à travers toute l’étendue du territoire, visant à mettre en relation les porteurs de projets dans le domaine du numérique avec des experts afin de maturer leurs business plans ;- La promotion des startups camerounaises, en vue de la recherche de partenariats et/ou de financements, à travers l’organisation de Salons et expositions ;- L’appui institutionnel aux jeunes porteurs de projets par : appuis, conseils, mentorat, tutorat ; mise en place d’une banque de projets matures et bancables ; accompagnement au lancement des activités des startups ;- L’appui aux incubateurs privés (dons d’équipements et de matériels) ;- Le développement de partenariats avec les associations de startups ;- La mise en place d’un incubateur dans le numérique ou plateformes d’appui aux startups, à l’École Nationale Supérieure des Postes, Télécommunications et TIC (Sup’ptic), pour l’accompagnement des jeunes dans l’entreprenariat Il faut souligner que l’État a pris la mesure des challenges pour atteindre les objectifs de développement de l’économie numérique, notamment pour ce qui est de la réduction de la fracture numérique et de la transformation digitale de notre société. Il convient par
ailleurs de relever certaines actions déjà engagées par mon département
ministériel pour, non seulement accompagner les initiatives jeunes dans
le domaine, mais aussi sensibiliser et former dans le but de promouvoir l’émergence d’une véritable industrie locale TIC, gage du développement de l’économie numérique dans notre pays.

Où en est la mise en place d’incubateurs pour les jeunes startuppers et les outils de financements dédiés ?

Il y a de cela deux ans j’avais effectivement annoncé la mise en place d’un écosystème pour le développement des activités des jeunes porteurs de projets dans le domaine du numérique. Un projet qui se distingue d’un simple incubateur comme vous le dites, de par sa taille, la qualité de son infrastructure ainsi que de sa structuration organisationnelle. Ce projet majeur est le Centre de Développement de l’Économie Numérique. Inauguré le 8 février dernier, il offre aux jeunes un accompagnement complet dans le processus de maturation des projets du numérique, jusqu’à la création d’une entreprise viable. C’est-à-dire de l’idée jusqu’au « go to the market ».Il s’agit, à travers cette initiative, de capitaliser tous les leviers technologiques et les incarner au travers de la mise en place de véritables pôles de compétitivité, rassemblant un écosystème d’acteurs d’horizons différents, dans le but de stimuler l’innovation, avec des unités de formation et de recherche d’une part, des espaces dédiés au développement d’entreprises innovantes d’autre part, ainsi que des centres d’affaires. Vous comprenez qu’il n’est donc pas question d’un incubateur classique, mais d’un écosystème d’accompagnement complet des startups du numérique répondant aux Très Hautes Prescriptions du Président de la République relatives à l’accompagnement des porteurs de projets TICS Vous avez récemment donne une seconde vie aux « télécentres communautaires »…Je voudrais avant tout relever que dans tous les pays du monde, les technologies numériques font évoluer l’économie et influent sur le développement, grâce également à leur effet multiplicateur sur la création d’emplois, notamment pour les jeunes. Dans plusieurs pays du Sud, encore quelque peu sous le joug de la fracture numérique, l’appropriation et la maîtrise des TIC constituent un préalable indispensable, pour amorcer un saut qualitatif vers la voie du développement. C’est le cas du Cameroun, où des stratégies sont mises en place, en vue d’une meilleure connectivité des grands chantiers sur les plans institutionnel, réglementaire et infrastructurel, pour la transformation digitale du pays. Et en bon visionnaire, le Président de la République, S.E. Paul Biya, a très tôt saisi le caractère «révolutionnaire» des TIC, présentées par de nombreux spécialistes comme le moteur du développement économique et de la croissance des pays. C’est ainsi que, dans le cadre de la mise en œuvre de la politique de développement du service universel et de déploiement des infrastructures dans le domaine des Télécommunications et TIC, et afin de permettre aux zones rurales de s’approprier ces nouvelles technologies, le projet TCP (‘’Télécentres communautaires polyvalents’’) a vu le jour au Cameroun en 2002, à travers une phase pilote sous financement PPTE. Le principal objectif visé ici était, au-delà du service universel dans le secteur des télécommunications, de réduire la fracture numérique entre les zones urbaines et rurales, et d’appuyer le développement des zones rurales, par l’accès aux services de télécommunications, informatiques, audiovisuels et Internet à moindre coût. Il s’agissait ainsi, de matérialiser la Très Haute Vision du Président de la République, Son Excellence Paul Biya, qui, au début de son septennat, et plus précisément le 03 novembre 2004, déclarait : « Notre pays, le Cameroun, a besoin d’un accès généralisé à Internet ».Dix ans après leur mise en fonctionnement, de nombreux dysfonctionnements ont été constatés, en ce qui concerne notamment la gestion et l’exploitation des TCP, entravant ainsi la bonne conduite du projet. Ces disfonctionnements sont essentiellement liés aux difficultés de fourniture d’accès à Internet et aux problèmes liés aux délestages récurrents. Mais plus important, les TCP dans leur conception initiale, devaient offrir aux populations rurales, les services de communications électroniques de base. Or, très vite ces services ont été offerts dans la gamme de services des opérateurs de téléphonie mobile, dont les réseaux couvrent la majeure partie des localités abritant les TCP, remettant ainsi en cause la pertinence de cette infrastructure. Ce qui a amené le Premier Ministre Chef du Gouvernement à instruire en 2017, la réalisation d’un audit comptable, financier et stratégique dudit programme, sur toute l’étendue du territoire national. Au-delà des différents aspects liés à un audit, il s’agissait aussi et surtout, de donner une réorientation stratégique à ce projet. Il en est ressorti l’impérieuse nécessité d’une nouvelle vision, pour la mise en place de ce que nous voulons appeler les« TCP nouvelle génération» ; à savoir des TCP où tous les services des secteurs publics, privés, sont accessibles, à des coûts abordables aux populations rurales, grâce aux TIC, afin de réduire la fracture numérique, tel que souhaité par les plus hautes instances dirigeantes de notre pays. Pour ce qui est des moyens, vous devez savoir qu’il s’agit principalement d’une activité qui relève du service universel. De manière pratique, conformément aux termes de l’article 4 de la loi N°2010/013 du 21 décembre 2010,«toute personne a le droit de bénéficier des services de communications électroniques, quelle que soit sa localisation géographique sur le territoire national». Ce droit reconnu à tout individu est constitué par le service universel. Les articles 27 et 28 de la loi de 2010 ont le mérite de préciser le contenu de l’obligation de service universel des communications électroniques, qui consiste à la mise à la disposition de tous, des services de communications électroniques d’une qualité spécifiée à un prix abordable et de façon ininterrompue. C’est tout le sens des politiques engagées pour mailler tout le territoire national en fibre optique, ou encore pour rendre le coût des services TIC abordables et accessibles.

Où en est le processus d’assainissement du secteur des télécommunications notamment par la mise à l’écart des opérateurs exerçant dans l’illégalité ?

Dans un environnement aussi compétitif que les télécommunications, le besoin d’assainir demeure une activité constante. Vous le savez, ce besoin s’est accru avec la libéralisation du secteur qui a entrainé l’arrivée de nouveaux acteurs, entre autres les trois opérateurs de télécoms mobile, la Camtel, et les autres opérateurs licenciés. Je voudrais revenir sur les objectifs du Gouvernement en matière de développement des TIC, qui doivent contribuer à faire du Cameroun un pays émergent à travers la croissance, la création d’emplois, ainsi que l’amélioration de la gouvernance et la gestion stratégique de l’État. Et dans ce domaine, les principaux défis sont notamment :- Accroitre l’accès aux services TIC à travers les infrastructures qui facilitent l’activité, accroissent le volume de production et impulsent le progrès social ;- Développer une offre des services numériques qui réponde aux problématiques sociétales de notre pays ;- Mettre en place une bonne gouvernance numérique et assurer la souveraineté numérique du Cameroun. Dans ce cadre, en plus des actions-cadre qui ont visé à la mise en place d’un cadre institutionnel et règlementaire avec principalement une loi dédiée au secteur des communications électroniques et la création d’un organe de régulation en vue d’une saine concurrence entre les acteurs, plusieurs autres actions sont à relever, à savoir : a La révision des conventions de concession des opérateurs MTN Cameroon et Orange Cameroun (avec pour but une meilleure prise en compte des intérêts de l’État et l’intégration dans les cahiers des charges de ces opérateurs, des obligations de qualité de service et d’expérience, ainsi que les indicateurs de couverture du réseau4G) ;a L’octroi de trois conventions de concession au profit de CAMTEL, pour accroitre la concurrence et la compétitivité sur le marché ;a La disponibilité au niveau du régulateur (A.R.T.), des outils normatifs nécessaires pour effectuer des contrôles et sanctionner en cas de nécessité ;a La mise en place d’une plateforme de concertation permanente ;a Enfin, la prise en compte désormais de la notion de qualité d’expérience de l’utilisateur final dans les protocoles de mesure de la qualité de service. Je ne vais pas oublier ici le secteur postal pour lequel plusieurs défis sont soulevés, à savoir :· Faire du secteur postal un acteur majeur de l’écosystème numérique et de l’inclusion financière, en application des Très Hautes Prescriptions du Chef de l’État relatives à l’assainissement et à la bonne régulation de l’économie numérique ;· Promouvoir le développement harmonieux, équilibré et durable des réseaux et services postaux, en vue d’assurer la contribution du secteur postal au développement de l’économie nationale et de satisfaire les divers besoins des utilisateurs et de la population. Pour y arriver, il a fallu également engager des actions pour assainir le marché postal national, en amenant les opérateurs privés postaux à se conformer à la réglementation en vigueur par la régularisation de leurs situations administrative et comptable, conformément aux dispositions de la loin°2020/004 du 23 avril 2020 régissant l’activité postale au Cameroun. Et comme résultats obtenus, on peut citer :· La mise en place d’un cadre d’échanges avec les opérateurs privés postaux et l’organisation de rencontres de sensibilisation des opérateurs postaux, sur leurs obligations vis-à-vis des textes législatifs et réglementaires du secteur et sur la nécessité de leur appropriation ;· L’élaboration d’un fichier des opérateurs postaux consolidé et à jour ;· L’élaboration d’outils techniques de régulation conformes à la réglementation en vigueur ;· Le recouvrement de la redevance postale et des droits d’entrée ;· La remise solennelle des titres d’exploitation à 14 opérateurs de messagerie postale ayant régularisé leur situation. Ce programme sectoriel d’assainissement des postes et télécommunications. est évolutif, et sera mis en œuvre de manière permanente par mon département ministériel, afin d’intensifier les activités liées à la régulation.

La question de la qualité de service dans le secteur des télécoms, et plus particulièrement s’agissant de la téléphonie, demeure un sujet de vives controverses. Quelle est la situation réelle ?

L’environnement actuel du numérique est en constante mutation et en croissance rapide, caractérisé par des évolutions technologiques, la diversité des produits et services, ainsi que la démocratisation de l’accès auxdits produits et services, une digitalisation tous azimuts. Et le secteur des télécommunications se trouve confronté à des exigences spécifiques de performance, dont l’amélioration de la qualité des services de communications électroniques constitue un enjeu majeur, pour le développement de l’économie numérique. Les objectifs du Gouvernement en matière de développement des TIC en général et des communications électroniques en particulier, visent à faire de ce secteur un instrument essentiel pour bâtir l’émergence du Cameroun à travers la croissance, la création d’emplois. Au Cameroun, les pouvoirs publics suivent ces évolutions et leurs répercussions, en acteurs proactifs et responsables. Conscients de l’important enjeu que constitue la transformation digitale du Cameroun, les pouvoirs publics ont fait de l’amélioration de l’offre des services en qualité un axe prioritaire, aussi bien de la stratégie de développement des télécommunications, que dans la stratégie gouvernementale de développement de l’économie numérique, qui adresse toutes les problématiques du secteur. Mais il faut également savoir que la QoS (qualité de service) dépend principalement de l’environnement global dans lequel se posent les problématiques y relatives. Un environnement marqué par :- L’avènement de la convergence qui a accru les services et pose d’énormes problèmes de régulation. Il faut dire que le phénomène de la convergence, à travers l’explosion des offres diverses des opérateurs (voix, SMS, Internet, mobile money, etc.), a provoqué un véritable engouement auprès du consommateur camerounais des services TIC ;- Le non-respect des cahiers de charges par les opérateurs, lesquels précisent des obligations de QoS liées à la performance de leur réseau ;- Le non-respect des installations de la fibre optique lors des travaux de construction des routes et d’aménagement des voiries…

Quelles mesures ont alors été prises par votre département ministériel ?

En plus d’un cadre règlementaire qui définit le périmètre d’exercice des opérateurs, des actions concrètes ont été menées :- La première d’entre elle vous vous souvenez a été la réalisation d’un audit en 2017 qui a permis d’établir un cliché précis du réseau des télécommunications au Cameroun, de déterminer les responsabilités, d’évaluer la régulation et surtout, de proposer les indicateurs de services crédibles au regard des standards de l’heure. L’Agence de régulation des télécommunications (A.R.T.) est chargée de veiller au respect de ces indicateurs ;- La révision des conventions de concession des opérateurs MTN Cameroon et Orange Cameroun avec pour but une meilleure prise en compte des intérêts de l’État et l’intégration dans les cahiers de charges de ces opérateurs, des obligations de qualité de service et d’expérience, ainsi que les indicateurs de couverture du réseau 4G ;- L’adoption du principe de la neutralité technologique, dans les accords d’assignation des ressources en fréquences, ce qui donne désormais la possibilité aux opérateurs d’utiliser librement les fréquences qui leur sont assignées, pour déployer les technologies de leur choix et améliorer l’offre des services, suivant les conditions techniques fixées par le Régulateur.- L’octroi de trois conventions de concession au profit de Camtel. Ces conventions ont pour principale finalité, une réduction de la duplication des infrastructures de transport à coût très élevé, permettant une meilleure sécurisation des infrastructures et la réduction des coûts ;- La disponibilité au niveau du Régulateur (ART), des outils normatifs nécessaires pour effectuer des contrôles et sanctionner en cas de nécessité ;- La mise en place d’une plateforme de concertation permanente. Le Cercle de Concertation permanente Public-Privé du secteur des Postes et Télécommunications (CPPT), instance de dialogue entre le Minpostel et les opérateurs privés, pour adresser les préoccupations soulevées ainsi que les défis qui se font jour dans le secteur et d’y apporter des solutions.

Vous avez récemment fustigé le non-respect de la réglementation par certains opérateurs ? De quoi s’agit-il ?

Parmi les principaux défis dans le domaine des télécommunications, il faut mettre en place une bonne gouvernance numérique et assurer la souveraineté numérique du Cameroun. Cela passe nécessairement par le respect des règles établies, notamment le respect des cahiers de charge et des périmètres respectifs des opérateurs.

À quand la montée en régime de l’opérateur historique dans l’offre GSM ?

La montée en régime de l’opérateur historique relève plus des actions et mesures prises par l’équipe managériale de Camtel, qui devrait mettre en œuvre les réformes idoines pour préserver la souveraineté de l’État, assurer la rentabilité des importants investissements consentis par le Gouvernement, et garantir un environnement concurrentiel sain et loyal sur le marché des communications électroniques au Cameroun.

Où en est la campagne pour l’usage responsable des réseaux sociaux ?

Comme vous le savez tous, c’est face aux actes de plus en plus nombreux de cybercriminalité et de cyber délinquance dans notre pays, que le Chef de l’État a prescrit au ministre des Postes et Télécommunications de mettre en œuvre, une large campagne d’information et de sensibilisation citoyenne à l’usage responsable des réseaux sociaux. Les objectifs spécifiques assignés étant :- D’éveiller l’attention des citoyens camerounais sur les menaces en provenance du cyberespace mondial, et susciter leur adhésion dans la mise en place de mesures de cyber sécurité ;- D’attirer l’attention des décideurs et responsables des structures de l’État ainsi que des entreprises, en vue d’une prise de conscience et de l’implémentation des protocoles de sécurité des réseaux ;- De sensibiliser toutes les couches sociétales sur l’usage responsable des réseaux sociaux, qui sont utilisés de plus en plus à des fins malveillantes.- De mettre en place une Coalition Nationale pour la promotion de l’utilisation citoyenne des réseaux sociaux. En somme, il s’agit de mobiliser toutes les couches sociétales dans la lutte contre la cybercriminalité. , à travers certaines actions spécifiques dont les plus significatives sont, entre autres, l’éveil de l’attention des citoyens camerounais sur les menaces en provenance du cyberespace mondial ainsi que de la sensibilisation de tous sur l’usage responsable des réseaux sociaux qui sont utilisés de plus en plus à des fins malveillantes. À ce jour, nous avons travaillé avec les administrations publiques, la société civile, les hommes de media et les entreprises. Dans le cadre de la sensibilisation, nous avons désigné des ambassadeurs de la cyber sécurité qui sont des relais de promotion de la culture de la cyber sécurité ainsi que l’utilisation responsable des réseaux sociaux. Nous avons également organisé des conférences pour les universités (Yaoundé et Douala déjà), des causeries éducatives à l’endroit des élèves ainsi qu’une campagne média. Et pour cette année 2022, nous nous inscrivons dans une dynamique avec ce qu’on a appelé les partenariats d’influence avec les « Ambassadeurs», qui continueront offrir leur temps, leur talent et leur passion, pour attirer l’attention de la population sur la mobilisation pour cause citoyenne. Dans son dernier discours à la nation, le Chef de l’État nous instruit une fois de plus « d’intensifier la sensibilisation de toutes les couches sociales à un usage citoyen des réseaux sociaux». Cette sensibilisation va donc s’étendre à travers de nouveaux relais que sont les médias et les réseaux sociaux Des scandales liés aux arnaques sur la cryptomonnaie ont défrayé la chronique ces derniers mois.

Quelles sont les conclusions de la concertation organisée par votre département ministériel sur le sujet ?

Nous avons organisé deux concertations sur le sujet, un séminaire de hauts responsables sur « les enjeux, opportunités et risques de la cryptomonnaie au Cameroun », et un séminaire d’information sur la cryptomonnaie à l’intention des journalistes économiques. Le premier avait pour objectif de mobiliser les administrations compétentes, en vue d’une concertation permettant au Gouvernement d’avoir une compréhension stratégique et opérationnelle de ces monnaies numériques ; et de réfléchir sur les axes de régulation du secteur de la crypto-monnaie, tout en prenant en compte les exigences du développement de l’économie numérique. Le deuxième, avait pour principal objectif, de renforcer les compétences des journalistes, sur les traitements des questions liées aux monnaies virtuelles. Lors de ces rencontres, il n’a pas été seulement question de scandales et d’arnaques, mais également d’opportunités, car les cryptomonnaies sont de plus en plus utilisées dans le monde et du fait qu’elles soient détachées du contrôle des banques centrales, du fait de leur expansion aujourd’hui, et qu’elles s’imposent à côté des unités monétaires classiques, il devient désormais difficile de les ignorer. Opportunité d’affaire ou technique moderne d’arnaque ? Depuis l’apparition des cryptomonnaies dans le système financier camerounais, les avis sont partagés. L’ignorance le disputant à la confusion, nombre de compatriotes se sont laissés berner par les belles pro-messes de gains brandies par les promoteurs de cryptomonnaie, dans un environnement juridique où cette monnaie virtuelle est aussi peu connue que faiblement réglementée. Certains États ont choisi la voie de la répression. D’autres, après avoir redouté l’essor du bitcoin et de ses concurrents, envisagent une régulation à même d’offrir un cadre plus transparent aux investisseurs. Il convient cependant de reconnaitre que sur le plan de la régulation, les cryptomonnaies n’ont pas de véritable statut juridique, les législations qui leur sont appliquées sont très variables en fonction des pays. Et comme recommandations issues des présentations des experts et des échanges dans les panels et des débats, la nécessité d’engager la mise en place de balises pertinentes pour relever efficacement les enjeux liés au développement de la cryptomonnaie au Cameroun.

Pourquoi avoir signé un accord avec le ministère de la Défense pour la reconstruction des infrastructures numériques dans les régions du Sud-Ouest, du Nord-Ouest et de l’Extrême-Nord ?

Effectivement, le Minpostel a tout dernièrement signé une convention de partenariat avec le Mindef, pour l’amélioration de la qualité des services de communications électroniques, par la réhabilitation des infrastructures de télécommunications et TIC dans les trois Régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest, et de l’Extrême Nord du Cameroun. En effet, de multiples actes de vandalisme ont entrainé la destruction de plusieurs de ces infrastructures dans ces zones sinistrées ou d’insécurité au Cameroun. Il s’agit de graves actes de destruction d’actifs physiques appartenant aux opérateurs des réseaux de télécommunications Camtel, MTN, Orange et Viettel. Notamment les biens immobiliers, matériels, les lignes téléphoniques et commutateurs, stations de base, le réseau de transmission par fibre optique. Cette situation a eu pour conséquence l’interruption des services de communications électroniques et une mauvaise qualité de service des opérateurs, avec un fort impact d’isolement pour les Camerounais vivant dans ces régions. Aussi, au regard de l’importance des télécommunications et TIC dans le développement des activités économiques, il était important que l’État prenne des mesures pour la remise en service du réseau des télécommunications, par la réhabilitation des sites stratégiques endommagés dans lesdites zones, dans l’intérêt des populations et des entreprises. Et tenant compte des conditions sécuritaires difficiles dans ces trois régions, la nécessité de requérir l’appui des services spécialisés du Mindef s’est avérée impérieuse.

Propos recueillis par François Bambou

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