La Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 en vitrine

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Dans son magazine n°003 de mai 2021, le ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire fait la promotion des grands axes de cette nouvelle boussole qui guidera les actions du gouvernement durant la décennie en cours.


« SND30, tous à l’action !». L’éditorial signé par le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) plante assez bien le décor. Plus qu’une invite à «agir ensemble» dès «maintenant», le Minepat News Magazine, édition n°003 du mois de mai 2021, met en vitrine les grands axes de la Stratégie Nationale de Développement 2020- 2030 (SND30). Question d’amener les différents acteurs de développement de même que les populations à s’imprégner davantage de cette nouvelle boussole qui guidera les actions du gouvernement durant la décennie en cours. «Cette Stratégie, explique Alamine Ousmane Mey, ambitionne de favoriser une transformation structurelle de l’économie nationale et promouvoir un développement plus inclusif» .

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Le Cameroun est en effet «sur les sentiers de l’émergence». Et cette émergence, présentée par le ministre en charge de l’Economie comme «une cause nationale», passe nécessairement par une bonne compréhension de la SND30, un vaste programme gouvernemental qui repose sur quatre principaux piliers. Notamment : la transformation structurelle de l’économie ; le développement du capital humain et du bien-être ; la promotion de l’emploi et l’insertion économique ; puis l’amélioration de la gouvernance, l’accélération de la décentralisation et la gestion stratégique de l’État.

Emploi et Pauvreté

Le Minepat News Magazine de mai 2021 nous apprend que la SND30 a été élaborée dans une démarche consultative, inclusive et participative. Le document mis en œuvre depuis 2020 est le fruit de la participation de toutes les composantes de la société parmi lesquelles les universitaires, le patronat et la société civile. Elle met le cap sur une croissance économique moyenne de 8 %. «Cette projection, informe le magazine, repose sur une dynamisation tous azimuts des activités dans les secteurs clés de l’économie et une réduction drastique du déficit de la balance commerciale». D’abord en matière d’emploi et de lutte contre la pauvreté. Si les efforts déployés par l’Etat pour diminuer la proportion de la population qui vit encore sous le seuil de la pauvreté (37,5 % en 2014) n’ont pas produit les résultats escomptés, la SND30 ambitionne de ramener le taux de pauvreté dans le pays à «moins de 25 % en 2030», à travers de nombreuses réformes et autres investissements, apprend-on. Alors qu’en matière de promotion de l’emploi, la SND30 préconise «la thérapie par la commande publique et la réduction de l’informel». Les leviers à actionner pour asseoir l’insertion socio-économique des populations étant entre autres, l’approche Himo dans les projets, la migration des activités de l’informel vers le formel, l’accroissement de la productivité en milieu rural et des emplois dans le privé…

Transformation structurelle de l’Economie

Ensuite, il y a la question de la gestion publique. Ici, l’objectif visé est de consolider la gouvernance financière et économique. Plusieurs défis s’imposent : l’efficacité de la dépense publique, la mobilisation des recettes internes, l’attractivité de l’environnement des affaires, la gestion efficiente de l’endettement etc. Concrètement, lit-on, il s’agira de parachever l’ensemble des réformes induites par l’entrée en vigueur, en 2007, du nouveau régime financier de l’État, dont l’une des retombées les plus stratégiques est l’adoption du budget-programme. L’objectif ici étant de faire du pays, une destination attractive pour des potentiels investisseurs, renseigne le magazine. Mais cela passe aussi par la transformation structurelle de l’économie nationale. L’outil d’information du Minepat indique que la SND30 veut faire du Cameroun à la fois le grenier et l’usine de l’Afrique centrale, grâce notamment à des mutations profondes envisagées dans l’industrie manufacturière, les infrastructures, la production agricole et les services. Il s’agira d’investir massivement pour profiter de toutes les opportunités qu’offrent les secteurs clés tels que l’énergie, les services financiers, l’agro-industrie, le numérique, les filières forêtbois, textile-confection-cuir, mines-métallurgie-sidérurgie, hydrocarbures, pétrochimie-raffinage, chimie-pharmacie etc.

Capital Humain

Dans le cadre de la transformation structurelle de l’économie nationale, il est également question de porter de 1650 à 5000 MW en 2030, les capacités d’énergie électrique installées dans le pays ; accueillir 3,5 millions de touristes en moyenne par an (contre à peine un million de nos jours) ; faire passer le taux de bancarisation de 12,2 % à 80 % en 2030, tout en boostant le taux de financement bancaire de l’économie de 15,9 % du PIB en 2018 à un minimum de 70 % du PIB en 2030. Il s’agit, par ailleurs, de réduire substantiellement les importations par la mise en œuvre d’une politique d’import-substitution, dont le corollaire est la promotion du «made in Cameroon». Toutes ces actions requièrent cependant la disponibilité d’un capital humain compétent et compétitif. Pour capitaliser ce pilier, la SND30 suggère la mise en œuvre de politiques de santé, de formation, de protection sociale (porter le taux de couverture sociale de 22 % actuellement à plus de 50 % d’ici 2030) et d’éducation, qui «permettront le développement d’un capital humain sain et productif».

Décentralisateur et Gouvernance

Dans son 4e pilier, la nouvelle stratégie de développement prône l’autonomisation de la gestion des collectivités territoriales et l’efficience dans la conduite des politiques publiques. Un coup d’accélérateur est attendu de la SND30, explique le Minepat News magazine. Il est principalement question de rendre pleinement effectif le transfert des compétences de première génération aux communes, de transférer aux régions les compétences prévues par la loi et, en conformité avec les résolutions du Grand Dialogue National, de parachever et approfondir le processus de décentralisation, de renforcer le développement local pour faire des CTD (Collectivités Territoriales Décentralisées) des pôles de croissance et de développement. Pour tous ces piliers, le document du Minepat fait appel à une «nécessaire synergie entre les secteurs public et privé». Les défis étant vastes.

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