Des besoins considérables et des ressources abondantes ne suffisent pas à déclencher une décision d’investissement. Pour transformer le potentiel énergétique africain en infrastructures concrètes, la structuration des projets et la maîtrise des risques sont devenues déterminantes. C’est l’enjeu de l’AKILI Energy Investment Forum, attendu le 5 décembre 2026 à Paris.
Du solaire à l’hydroélectricité, en passant par le gaz, les réseaux et le stockage, les opportunités énergétiques ne manquent pas en Afrique. Pourtant, entre l’identification d’un besoin et la réalisation d’une infrastructure, un obstacle demeure : la capacité à mobiliser durablement les capitaux. Le Cameroun en offre une illustration. La mise en service du barrage de Nachtigal (420 MW) n’a pas mis fin aux délestages, et l’opérateur national, devenu Socadel en mai 2026, ouvre désormais son capital au secteur privé. Partout, la même question revient : pourquoi certains projets convainquent-ils les investisseurs quand d’autres, pourtant pertinents, peinent à se financer ?
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La réponse tient moins au montant des capitaux disponibles qu’à un élément fondamental : la confiance.
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UN PROJET PERTINENT N’EST PAS NÉCESSAIREMENT UN PROJET FINANÇABLE
Pour un investisseur ou un prêteur, l’utilité d’un projet ne suffit pas. Il doit comprendre les risques, les conditions de rémunération du capital et les garanties offertes en cas de difficulté. Sur des infrastructures conçues pour le temps long, la stabilité du cadre réglementaire, la solidité des contreparties et la prévisibilité des revenus pèsent lourd. Un projet peut ainsi répondre à un besoin réel sans réunir les conditions de son financement. À l’inverse, un projet rigoureusement préparé, reposant sur des engagements clairs et une répartition cohérente des risques, rassure davantage les financeurs. L’enjeu n’est donc pas seulement de faire émerger davantage de projets, mais de construire des projets capables de résister à l’analyse des investisseurs.
QUATRE LEVIERS POUR RENFORCER LA CONFIANCE
La stabilité du cadre réglementaire. Des règles claires et prévisibles permettent aux investisseurs d’évaluer leurs engagements dans la durée. La lisibilité des procédures et des autorisations réduit l’incertitude. La qualité des contrats. La solidité des contrats d’achat d’électricité et la crédibilité des acheteurs pèsent directement sur la décision de financement. La qualité juridique n’est pas une formalité : elle fonde la crédibilité économique du projet. Les garanties et le partage des risques. Risques de change, de construction ou de paiement ne peuvent reposer sur un seul acteur. Garanties, assurances et instruments financiers adaptés permettent de mieux les répartir. L’objectif n’est pas de les faire disparaître, mais de les identifier, de les encadrer et de les attribuer aux acteurs les mieux placés pour les gérer. La capacité réelle d’exécution. Un projet doit encore être construit, raccordé, exploité et maintenu. Gouvernance, autorisations, compétence des partenaires et maîtrise du calendrier fondent sa crédibilité. Ces leviers sont indissociables : un bon cadre réglementaire ne compense pas des contrats fragiles, et un financement obtenu ne garantit pas, à lui seul, la livraison d’une infrastructure.
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RAPPROCHER LES CAPITAUX ET LES EXPERTISES
Développeurs, régulateurs, banques, institutions de développement et conseils détiennent chacun une pièce du projet. Les faire dialoguer permet d’anticiper les obstacles et de rapprocher les attentes des porteurs de projets de celles des financeurs. C’est dans cette logique que s’inscrit l’AKILI Energy Investment Forum 2026, qui réunira investisseurs, institutions financières, développeurs, décideurs publics, industriels et utilities autour de la bancabilité, du partage des risques et de l’exécution des projets énergétiques africains. Plus de 200 participants et une vingtaine d’intervenants internationaux sont attendus, dont Marc Olivier Enoh Tonye, directeur technique de la Caisse autonome d’amortissement (CAA) du Cameroun. Le programme est présenté sur le site officiel de l’AKILI Energy Investment Forum. L’ambition : dépasser le constat des besoins pour s’intéresser aux conditions qui permettent aux projets de passer de la préparation à la décision d’investissement, puis de l’investissement à la réalisation.
DE LA CONFIANCE À L’ACTION
L’avenir énergétique de l’Afrique dépendra aussi de la capacité des acteurs publics et privés à construire un environnement où les projets sont mieux préparés, les risques mieux compris et les engagements plus crédibles. La confiance ne se décrète pas. Elle se construit par la transparence, la rigueur contractuelle, des garanties adaptées et la démonstration que les projets peuvent être exécutés.
Le 5 décembre 2026, à l’hôtel Meliá Paris La Défense, l’AKILI Energy Investment Forum réunira les acteurs concernés autour d’un enjeu commun : « Structurer l’avenir énergétique de l’Afrique : capitaux, marchés et exécution ». Les inscriptions sont ouvertes sur la billetterie en ligne du forum. Car, avant de financer un projet, il faut pouvoir lui faire confiance. Et pour inspirer cette confiance, il faut d’abord le structurer.
Par Félicien Ndjock
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