Les douanes camerounaise et tchadienne se sont une nouvelle fois concertées, le 2 juin dernier à Yaoundé. Une concertation qui rentre dans le cadre de l’accord d’assistance administratif mutuelle de deux administrations sœurs et qui s’inscrit dans la continuité des engagements et de la volonté commune des administrations douanières de consolider leur partenariat stratégique afin d’améliorer durablement la gestion des flux commerciaux entre nos deux pays.
Comme l’a précisé Edwin Fongod Nuvaga, le directeur général des Douanes du Cameroun, il est question de « faire du corridor Cameroun-Tchad, un espace de transit plus sûr, plus fluide, plus transparent et plus compétitif, au bénéfice de nos États, de nos opérateurs économiques et de l’intégration sous régionale ». Mais pour aboutir à cet objectif, il faut d’abord aplanir un certain nombre de difficultés qui plombent la fluidité du flux des marchandises sur ce corridor Tchad-Cameroun.
Et, ce sont ces difficultés qui ont constitué les problématiques sur la table des discussions au cours de la concertation du 2 juin dernier à Yaoundé. Il s’agit notamment, du renforcement de l’interconnexion et de l’échange des données entre les deux systèmes informatiques douaniers ; le suivi et la traçabilité des marchandises en transit sur le corridor Cameroun–Tchad ; les difficultés liées aux transbordements, aux ruptures de charge, aux titres de transit non apurés ainsi qu’à la localisation effective des marchandises appellent une réflexion commune en vue de renforcer la sécurisation des opérations de transit, de préserver l’intégrité de la chaîne logistique et de garantir un apurement efficace des régimes douaniers.
Mais également, la question de l’harmonisation des exigences documentaires et de la dématérialisation des pièces jointes aux titres de transit ; le commerce transfrontalier entre Kousseri et N’Djamena, dont l’importance économique ne cesse de croître.
Les flux de marchandises acquises sur le marché camerounais et destinées à la consommation au Tchad soulèvent des questions liées à leur traçabilité, à leur encadrement douanier ainsi qu’à la préservation des intérêts fiscaux de nos deux États. Et enfin, la problématique des conteneurs à destination du Tchad en séjour prolongé dans les plateformes logistiques de Douala et Kribi.
LES SOLUTIONS ENVISAGÉES PAR LA DOUANE CAMEROUNAISE
Face à ce chapelet de difficultés, le DG des Douanes camerounaises a apporté des esquisses de solutions. Notamment, réduire les asymétries d’information entre les deux administrations ; améliorer la prise en charge des opérations de transit ; renforcer la prévisibilité des procédures pour les opérateurs économiques et préserver l’intégrité de la chaîne logistique entre les ports camerounais et le territoire tchadien.
« A cet égard, l’interconnexion entre CAMCIS et SYDONIA World demeure un chantier prioritaire. Elle doit permettre d’organiser un échange plus fluide, plus sécurisé et plus exploitable des données douanières, en particulier pour les opérations d’expédition levées à Kousseri à destination de N’Djaména, ainsi que pour les titres de transit émis depuis Douala ou Kribi. Cette exigence est d’autant plus importante que la qualité de l’information conditionne directement la qualité du contrôle », a expliqué Edwin Fongod Nuvaga.
Pour la DGD du Cameroun, la question des documents commerciaux attachés aux T1 devra également recevoir une attention soutenue. Car, estime-t-il, « La fiabilité des titres de transit dépend, en grande partie, de la cohérence entre les déclarations, les connaissements, les factures, les listes de colisage et les informations effectivement constatées à destination. Toute discordance non traitée fragilise la confiance entre les Administrations et ouvre des marges de risque qu’il nous revient collectivement de réduire ».
Il trouve par conséquent « qu’une descente de terrain à Douala, notamment au Port autonome de Douala, sur le site d’allotissement des cargaisons en transit et au point d’apposition des GPS, ainsi qu’au check point de Yassa, présente un intérêt particulier. Elle permettra d’apprécier, sur pièces et sur place, les réalités opérationnelles du dispositif de prise en charge et de sécurisation des cargaisons en transit ».
S’agissant du transit non conventionnel, le DGD explique qu’elle « appelle une approche concertée, réaliste et encadrée. Il importe de clarifier les opérations concernées, les bureaux compétents, les documents à dématérialiser, les habilitations à accorder, les responsabilités respectives des services, ainsi que les mécanismes d’apurement et de suivi ».
Et pour ce qui est de la lutte contre la contrebande sur les bords du fleuve Logone, elle constitue, pour la douane camerounaise, « une priorité opérationnelle. Elle suppose un échange d’alertes plus réactif, une meilleure coordination entre les services de surveillance de Kousseri et de N’Djaména, ainsi qu’un circuit clair de saisine, de traitement et de compte rendu des interventions. La coopération douanière ne doit pas rester institutionnelle ; elle doit être immédiatement mobilisable sur le terrain », dira le DGD du Cameroun.







