Élaborée sous le sceau de la prudence et de la sincérité, cette dotation budgétaire affiche une progression maîtrisée de 5,03 %, par rapport à l’année précédente.
Le projet de budget a été présenté, le 26 septembre dernier, par le Vice-président de la Commission de la CEMAC, Charles ASSAMBA ONGODO, à l’ouverture des travaux du Comité inter-États préparatoires à la 46ᵉ Session ordinaire du Conseil des Ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), par visioconférence depuis Brazzaville, au Congo.
C’est une rencontre, dit-on à la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), hautement stratégique, qui s’est étendue du 26 au 28 septembre 2026 et a été marquée par les allocutions inaugurales de Charles ASSAMBA ONGODO, Vice-président de la Commission de la CEMAC, et Eric MBENDE, Président du Comité inter-États.
À sa prise de parole, le Vice-président de la Commission de la CEMAC a rappelé le contexte international, continental et sous-régional difficile dans lequel se tiennent ces assises, marqué par la volatilité de la croissance, les tensions géopolitiques et des contraintes persistantes de financement public.
Il a souligné que, malgré ces embûches, la Commission poursuit la mise en œuvre de son Plan de transformation, notamment à travers la finalisation du Plan stratégique 2027-2030 (PACTE 2030) et l’harmonisation de la chaîne Planification-programmation-budgétisation-suivi (PPBS), en vue du budget-programme en 2028.
Abordant le projet de budget de la Communauté pour l’exercice 2027, le Vice-président a indiqué qu’il s’équilibre en ressources et en charges à 90,2 milliards de FCFA, affichant une progression maîtrisée de 5,03 % par rapport à l’année précédente.
Budget CEMAC 2027
Élaboré sous le sceau de la prudence et de la sincérité, ce budget table sur des ressources ordinaires à hauteur de 61,35 milliards de FCFA. Toutefois, Charles ASSAMBA ONGODO a insisté sur les défis majeurs liés à l’élaboration de ce budget, plombé par la faiblesse chronique du recouvrement de la Taxe communautaire d’intégration (TCI) et un cumul d’arriérés de contributions des États atteignant 263,5 milliards de FCFA fin 2025.
Il a appelé les membres du Comité inter-États à aborder les travaux avec lucidité et perspicacité, afin de renforcer le système institutionnel et de formuler des recommandations idoines donnant à la Communauté les moyens de remplir le mandat confié par les chefs d’État.
UNE SITUATION FINANCIÈRE ALARMANTE
Le Président du Comité inter-États a, pour sa part, salué les efforts ayant permis de rendre effective cette rencontre en ligne, avant de dresser un état des lieux sans concession.
Taxe communautaire d’intégration
Il a rappelé que le constat alarmant posé il y a trois mois lors de la 45ᵉ session du Conseil des Ministres, en juin 2026, demeure et s’est même aggravé.
Face à un taux de recouvrement de la TCI bloqué à 17,70 % à mi-parcours en 2026 et à des arriérés de salaires de trois à quatre mois dans les institutions, il a brandi les trois grands risques qui pèsent sur l’organisation.
Notamment, le risque de cessation de paiements, menaçant directement l’exercice des charges régaliennes ; le risque social et institutionnel, découlant de la démotivation des agents face aux impayés salariaux ; et le risque de crédibilité, qui fragilise l’autorité morale de la CEMAC dans le pilotage de l’intégration régionale et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Ces difficultés trouvent leurs causes structurelles dans la dépendance excessive du budget vis-à-vis de la TCI et la défaillance des reversements nationaux.
C’est pourquoi le Président du Comité inter-États a exhorté les experts à respecter trois exigences cardinales : la rigueur technique dans l’examen des prévisions, la solidarité communautaire par-delà les intérêts nationaux et l’efficacité des débats.
Tout en notant par ailleurs des indicateurs macroéconomiques rassurants fournis par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), qui fait état d’une croissance sous-régionale projetée à 3,2 % en 2026 et d’une inflation contenue à 2,4 %, il a insisté sur la nécessité de voter un budget réaliste.
DES DOSSIERS TECHNIQUES MAJEURS À L’ORDRE DU JOUR
Outre l’examen approfondi du projet de budget 2027, les travaux du Comité inter-États, informe-t-on, s’articulent autour de l’analyse de dossiers techniques majeurs, notamment : la situation financière de la Communauté ; l’état de mise en œuvre de la feuille de route face à la résurgence de la maladie à virus Ebola (MVE) aux frontières de la zone CEMAC ; l’évaluation de la mise en œuvre des décisions relatives au Free Roaming ; le Plan stratégique (PAS) 2026-2030 de la Commission économique du bétail, de la viande et des ressources halieutiques (CEBEVIRHA) et l’état d’avancement du Programme économies forestières durables du Bassin du Congo.
Les conclusions et recommandations issues des travaux de ce Comité inter-États seront soumises à l’adoption du Conseil des Ministres, dont la tenue est fixée au 2 octobre 2026.
Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 29/09/2026
- AFRIQUE CENTRALE : La Commission de la CEMAC s’approprie le Plan stratégique 2027-2030
- Finances publiques : L’État reprend les mécanismes de 2026 pour lever 3 161,5 milliards FCFA en 2027
- Recettes budgétaires : Sept contraintes menacent l’objectif de 1 400 milliards FCFA de recettes douanières en 2028
- Les financements structurés, un outil au service du développement des infrastructures en zone CEMAC
- Note de lecture critique du Rapport Pays 2026 de la BAD : un ton de résilience qui masque la misère sociale au Cameroun






