Le gouvernement a officiellement présenté, le 1er septembre 2026 à Yaoundé, le Plan stratégique national de la recherche en santé 2026-2030 et le Centre de documentation numérique du secteur santé. Le premier est doté d’un budget prévisionnel de 2,533 milliards de FCFA, tandis que le second doit centraliser et faciliter l’accès aux ressources documentaires du secteur.
Le Cameroun veut faire de la recherche en santé un levier plus direct de l’action publique. Présentés officiellement mardi 1er septembre 2026 à Yaoundé, le Plan stratégique national de la recherche en santé (PSNRS) 2026-2030 et le Centre de documentation numérique du secteur santé (CDNSS) constituent les deux nouveaux instruments sur lesquels le gouvernement entend s’appuyer pour mieux produire, capitaliser et utiliser les connaissances sanitaires.
Avec un budget estimatif de 2,533 milliards de FCFA sur cinq ans, le PSNRS 2026-2030 vise notamment à renforcer la gouvernance et l’éthique de la recherche, promouvoir l’utilisation des données probantes dans la prise de décision, installer une véritable culture de recherche au sein du système de santé et assurer une mobilisation plus durable des financements.
S’exprimant au nom du ministre de la Santé publique, le secrétaire général du département, le Pr Louis Richard Njock, a réaffirmé la volonté du gouvernement de renforcer la collaboration avec les partenaires techniques et financiers. Celle-ci doit notamment porter sur l’alignement des interventions sur les priorités nationales, le développement des capacités nationales et la durabilité des investissements.
Une reconnaissance particulière a été adressée à Vital Strategies pour son accompagnement dans le renforcement des capacités de production et d’utilisation des données et des connaissances.
Plan stratégique national de la recherche en santé
L’ambition affichée dépasse ainsi la seule production de publications ou de données scientifiques. Il s’agit désormais de faire en sorte que les résultats de la recherche puissent alimenter concrètement la formulation et la mise en œuvre des politiques publiques.
LA RECHERCHE AU PLUS PRÈS DES RÉALITÉS SANITAIRES
L’une des principales orientations du nouveau Plan réside dans la territorialisation de la recherche en santé. Le dispositif entend déplacer une partie du centre de gravité de la recherche vers les territoires, en prenant davantage en compte les problématiques observées dans les régions, les districts de santé, les formations sanitaires et les communautés.
Dans cette approche, le district de santé est appelé à devenir un véritable espace d’observation, d’innovation, d’apprentissage et de recherche opérationnelle. L’objectif est notamment de mieux documenter les disparités territoriales, les difficultés d’accès aux services essentiels ou encore les performances variables des interventions sanitaires selon les contextes locaux.
Centre de documentation numérique du secteur santé
Cette orientation doit également permettre de rapprocher la recherche des besoins quotidiens du système de santé. En partant davantage des problèmes rencontrés sur le terrain, les travaux de recherche pourraient contribuer à produire des réponses plus adaptées aux réalités locales.
UNE BIBLIOTHÈQUE NUMÉRIQUE POUR CAPITALISER LES CONNAISSANCES
Le deuxième instrument présenté lors de la cérémonie est le Centre de documentation numérique du secteur santé (CDNSS). Accessible en ligne à l’adresse cdnss-minsante.cm, cette plateforme entend répondre à un autre défi : celui de la dispersion et de la valorisation des ressources documentaires produites au sein du système de santé camerounais.
Rapports, études, documents techniques et productions scientifiques doivent ainsi être progressivement centralisés, organisés, conservés et rendus plus facilement accessibles.
Le CDNSS vise notamment les professionnels de santé, chercheurs, décideurs et autres acteurs du secteur, avec l’objectif de leur permettre de retrouver plus rapidement les informations et connaissances nécessaires à leurs activités.
L’enjeu est aussi celui de la mémoire institutionnelle. En facilitant la conservation et la consultation des travaux déjà produits, la plateforme doit contribuer à éviter la perte ou la sous-utilisation de connaissances susceptibles d’éclairer de nouvelles recherches et décisions.
LE PARI DE L’APPROPRIATION
La mise en œuvre de ces deux instruments dépendra toutefois de leur appropriation par les différents acteurs du système de santé. Responsables du ministère de la Santé publique, universitaires, chercheurs, partenaires techniques et financiers sont appelés à contribuer, chacun dans son domaine, à cette nouvelle dynamique.
Avec le PSNRS 2026-2030 et le CDNSS, le Cameroun cherche ainsi à mieux relier trois maillons longtemps susceptibles de fonctionner séparément : la production de connaissances, leur conservation et leur utilisation dans la décision.
Le véritable enjeu sera désormais de traduire ces orientations dans les pratiques quotidiennes du système de santé. Au-delà des instruments et des plateformes, leur impact se mesurera à la capacité des acteurs à produire des données pertinentes, à les partager, à les exploiter et à transformer les résultats de la recherche en réponses sanitaires adaptées.
Le gouvernement entend ainsi progressivement installer une culture de décision éclairée par les données, de recherche orientée vers les priorités nationales, de partage des connaissances et d’innovation, avec pour finalité l’amélioration de la qualité et de l’efficacité des interventions de santé.
Par Yves TCHENANG
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