Le Président national du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) s’est ainsi exprimé hier dimanche 30 août 2026 dans le 5ème arrondissement de Yaoundé, à l’occasion de sa tournée nationale entamée il y a quelques jours, relativement à la préparation des prochaines élections municipales et législatives prévues en 2027. Le leader du PCRN n’a pas manqué de revenir sur les revendications de Elimbi Lobe, homme politique et chroniqueur camerounais.
Monsieur le Président national du Parti camerounais pour la réconciliation nation nationale, qu’est ce qui justifie votre présence ce jour dans le cinquième arrondissement de Yaoundé ?
Il faut espérer quelque chose de grand et même de très grand pour l’arrondissement de Yaoundé 5. La grandeur de ce que nous comptons réaliser n’est pas liée à une quelconque démonstration de je ne sais quoi dès maintenant. Le moment des démonstrations va arriver. Ça dépend en revanche du travail préparatoire qui est fait et de l’investissement des hommes et des femmes militants et militantes qui sont dévoués du PCRN sur le terrain et ma présence ici s’inscrit justement dans cette perspective.
Il était question d’échanger avec eux, partager l’expérience de terrain, les galvaniser, leur donner des conseils et des orientations tirés de ma propre expérience. C’était aussi l’occasion d’échanger sur les difficultés qu’ils rencontrent sur le terrain. Je peux vous dire qu’ici à Yaoundé 5, j’ai rencontré des camarades déterminés et qui maitrisent leur terrain avec une stratégie bien définie et bien claire, qui étaient en attente des orientations de la hiérarchie que j’incarne, toute chose qui laisse penser que l’issue ici sera plutôt bonne. Les gens seront surpris et d’ailleurs très surpris pas le score du PCRN à Yaoundé 5.
Peut-on avoir quelques clichés des recommandations au sortir de cette réunion avec vos camarades ?
Je ne vous dirai pas ce qui est d’ordre stratégique mais je vous dirai que sur le cadrage de terrain, j’ai dit aux camarades de bien maîtriser les quartiers. Il y en a 10 à Yaoundé 5 et dans ces quartiers il faut faire le cadrage démographique, avoir u ne maîtrise des différentes composantes sociologiques de leur démographie, avoir une bonne maîtrise des réalités géographiques.
Quelles sont les difficultés concrètes auxquelles les populations font face et quels types de solutions il faut définir pour répondre aux attentes des populations. Il ne faut jamais sous-estimer l’adversaire et il faut avoir une bonne maîtrise de chaque adversaire. Il n’y a pas de grand adversaire, il n’y a pas de petit adversaire. On est en politique. Il faut bien connaitre les faiblesses de l’adversaire et savoir appuyer dessus puisque de toute façon ils le font également quand il s’agit de nous.
Un mot à l’endroit des populations de Yaoundé 5 en particulier et du Cameroun en général ?
Le PCRN s’apprête à aller aux élections législatives et municipales et il y a deux choses à retenir. La première c’est que de 2020 à maintenant, le PCRN a des sièges à l’Assemblée nationale et des communes sous son contrôle a démontré qu’il méritait la confiance du peuple. Nous n’étions que cinq députés à l’Assemblée nationale et pourtant, nous avons su nous montrer proches de nos compatriotes.
Nous avons su mériter la confiance qui a été placée en nous en portant au plus haut, les préoccupations des Camerounais et même, à obtenir des résultats, à changer des choses à l’Assemblée nationale, pour un parti qui n’avait que cinq députés à l’Assemblée nationale sur 180. Dans les communes que nous avons dirigées, il faut aujourd’hui aller voir. Il faut simplement poser la question aux populations : il y avait quoi avant ? comme avait dit quelqu’un.
Chacune des communes où les idées du PCRN ont été implémentées, les populations font la nette différence entre l’ingénierie politique, l’ingénierie des solutions que nous avons su développées et ce qui se faisait avant.
Toute chose qui montre que, ce que nous avons pu faire sur cinq communes, nous en avons gagné sept mais deux ont échappé au contrôle du PCRN, ce que nous avons pu faire avec cinq députés, nous ne demandons qu’à diriger plus de communes. Nous ne demandons qu’à occuper plus de sièges à l’Assemblée nationale et les Camerounais trouveront en nous, des hommes et des femmes qui savent se battre pour mériter la confiance qu’ils ont reçue.
Pouvez-vous nous démontrer la ligne de démarcation entre votre programme politique et les revendications portées par Elimbi Lobe (un homme politique et chroniqueur camerounais. Ndlr) et les propos selon lesquels, votre programme politique serait une idéologie anti-Bamiléké ?
Vous venez vous-même de définir la ligne. Le fédéralisme communautaire fédère, ne sépare pas, ne divise pas. Le mot « fédérer » veut dire mettre ensemble parce que justement, les communautés au Cameroun sont plutôt divisées, sont plutôt séparées, contrairement aux apparences. Il faut que les uns et les autres vivent ensemble parce que ce n’est que le jour où l’Etat du Cameroun aura assumé sa diversité et saura tirer le meilleur des composantes de sa diversité, qu’il prendra véritablement son envol.
Nous ne faisons pas dans la focalisation. Nous nous intéressons aux communautés pour en tirer le meilleur. Nous ne nous intéressons qu’aux qualités, alors qu’au Cameroun actuellement ce qui intéresse les gens ce sont les défauts, les stéréotypes, les stigmates.
Qu’un homme politique demande que la région d’où sa communauté est originaire ait le contrôle de tous les postes électifs, c’est tout affait entendable surtout qu’au renfort de sa revendication, il va invoquer les autres régions du Cameroun où les élus sont tus originaires de cette région, c’est tout affait entendable.
Tout ce que nous lui disons c’est qu’il sache apporter une nuance parce que Yaoundé et Douala, c’est ce que nous appelons les régions capitales avec le brassage qui s’y fait, il doit bien intégrer qu’il faut aussi tenir compte des allogènes intégrés parce que c’est lorsque les Indiens se sont intégrés à Londres que cela a pu donner un maire londonien d’origine indienne. C’est bien parce que les Egyptiens se sont intégrés à New York qu’un américain d’origine égyptienne vient de gagner les primaires démocrates.
D’ailleurs, il me semble que le maire de New York est d’essence indienne, donc, ceux qui s’intègrent ne peuvent pas être rejetés et puis de toute façon, ceux qui ne s’intègrent pas n’en demandent pas tant. Ça c’est une chose. La deuxième chose c’est que, lorsqu’on porte cette revendication, il faut éviter le ciblage en réalité parce que dès que vous engagez le ciblage, soit ça donne l’impression d’un acharnement sur un groupe sociologique, soit alors, ça brouille le signale de votre message.
Si je dois porter la revendication selon laquelle ici à Yaoundé, tous les élus soient originaires de la région du Centre, je n’irai pas chercher à savoir ce qui se faisait avant. Je vais plutôt chercher à démontrer en quoi ma revendication est pertinente. Ce qui va me préoccuper c’est la force démonstrative de l’idée que je porte pour qu’elle agrège un maximum de personnes.
Nous ne faisons pas dans la focalisation des communautés. Nous portons des revendications qui visent à rassembler les communautés, à les identifier et à tirer le meilleur d’elles dans l’intérêt commun.







