Après l’accident meurtrier survenu, le 14 août 2026, sur l’axe Ndikiniméki-Bafia, qui a fait 16 morts et 42 blessés, le ministère des Transports durcit le ton. Le gouvernement entend désormais renforcer les contrôles et sanctionner les comportements qui mettent en danger les usagers.
Un véhicule immobilisé au mauvais endroit peut devenir une arme sur la route. Le drame survenu, le vendredi 14 août, au lieu-dit Nomalé, sur l’axe Ndikiniméki-Bafia, vient une nouvelle fois rappeler les dangers liés aux comportements à risque sur les routes camerounaises. Selon le bilan communiqué par le ministère des Transports, l’accident a fait 16 morts et 42 blessés.
Le bus impliqué dans l’accident aurait percuté un ensemble de véhicules articulés appartenant à un certain Tata Emmanuel. D’après les premières constatations communiquées par le ministère, le bus ne disposait pas du dispositif de sécurité et de surveillance homologué et son conducteur aurait été en excès de vitesse. Le camion, quant à lui, était mal stationné sur la chaussée et en charge débordante.
Sécurité routière au Cameroun
Ce nouveau drame intervient alors que le ministère des Transports alerte sur la multiplication des accidents liés aux stationnements dangereux ou abusifs des véhicules de transport des marchandises. Depuis le 1er juin 2026, 35 accidents de la circulation liés à ce phénomène ont été recensés. Les opérations de reconnaissance de la Brigade mobile de prévention routière ont également permis d’identifier 61 véhicules présentant des risques potentiels sur les axes Yaoundé-Douala, Yaoundé-Bafoussam et Yaoundé-Bertoua.
DES CONSÉQUENCES QUI S’INSCRIVENT DANS LA DURÉE
Le problème de la sécurité routière ne date pas seulement de l’accident de Ndikiniméki. Depuis 2025, les pouvoirs publics multiplient les actions pour tenter de réduire les risques sur les axes routiers. L’annuaire statistique des transports du Cameroun souligne notamment une évolution globalement à la hausse de l’accidentalité routière en milieu intra-urbain entre 2020 et 2024. Le nombre d’accidents corporels y est passé d’environ 1650 en 2020 à près de 2900 en 2024, tandis que le nombre de blessés est passé d’environ 3100 à plus de 4500.
Accidents de la route
En 2025, le ministère des Transports dit avoir poursuivi les actions de prévention et préparé le plan d’action national de sécurité routière 2025-2030, avec pour objectif de réduire le nombre d’accidents et de décès sur les routes.
Les conséquences sont d’abord humaines. Derrière les statistiques, se trouvent des familles endeuillées, des blessés parfois lourdement atteints et des conducteurs dont la vie peut basculer en quelques secondes. À cela s’ajoutent des dégâts matériels, les pertes économiques et les perturbations de la circulation provoquées par les accidents. L’année 2025 avait d’ailleurs déjà été marquée par plusieurs accidents mortels. En décembre, deux accidents survenus les 11 et 12 décembre avaient fait à eux seuls 18 morts et 16 blessés, selon un bilan communiqué par le ministère des Transports.
LE STATIONNEMENT DANGEREUX DANS LE VISEUR
Ministère des Transports
Face à la persistance des comportements à risques, le ministère des Transports dit avoir intégré le stationnement dangereux parmi les infractions ciblées par ses campagnes de sécurité routière. En juin 2026, une campagne spéciale consacrée aux vacances et à la rentrée scolaire a été lancée sur l’ensemble du territoire. Elle cible notamment l’excès de vitesse, le mauvais état technique des véhicules, la surcharge, l’alcool au volant, les dépassements dangereux et le stationnement dangereux. Le ministère annonçait également un recours accru aux systèmes intelligents de détection des infractions et l’application des sanctions prévues par la réglementation.
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Quelques semaines plus tard, les chiffres communiqués par ce département ministériel donnent une nouvelle dimension au phénomène : 35 accidents liés aux stationnements dangereux depuis le 1er juin 2026 et 61 véhicules identifiés comme présentant des risques potentiels. Le constat est donc préoccupant à l’approche de la période de retour des vacances et de la rentrée scolaire, période durant laquelle, le tarif routier devrait connaître une hausse.
NGALLÈ BIBÉHÉ ANNONCE UNE RIPOSTE
Face à cette situation, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallé Bibéhé, annonce le renforcement de la répression. Du 17 août au 30 septembre 2026, les opérations d’enlèvement des obstacles seront intensifiées. Tout véhicule stationné irrégulièrement ou dangereusement sur la chaussée ou ses abords devra être systématiquement dégagé. Des sanctions administratives seront également prises contre le propriétaire et /ou le conducteur du véhicule. Le ministère rappelle par ailleurs qu’en cas de panne ou d’immobilisation, le conducteur doit prendre des mesures de signalisation nécessaires et permettre l’enlèvement rapide du véhicule de la voie publique.
Cette décision traduit la volonté du gouvernement de ne plus limiter la lutte contre l’insécurité routière à la sensibilisation. Désormais, prévention, contrôle et sanction doivent aller de pair.
APRÈS NDIKINIMÉKI, DES SANCTIONS TOMBENT
L’accident de Nomalé a également entraîné des mesures conservatoires. Les licences d’exploitation de Mangwa Boy Company Ltd ont été suspendues, les véhicules concernés immobilisés et un audit de conformité technico-administrative instruit. Du côté de Tata Emmanuel, le Ministre annonce le retrait de la licence de transport, l’immobilisation des véhicules, la suspension des permis de conduire d’une durée d’un an, ainsi qu’une amende de 5 millions de FCFA pour exercice illégal de la profession de transporteur routier. Ces mesures sont prises sans préjudice d’éventuelles poursuites judiciaires pénales.
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Le message du ministère est désormais sans ambiguïté : les véhicules qui constituent un danger pour les autres usagers ne doivent plus être tolérés sur les axes routiers. Alors que les routes camerounaises s’apprêtent à connaître une nouvelle période de forte circulation, le défi reste immense. Pour le ministère des Transports, il s’agit désormais de transformer les multiples alertes en actions concrètes, afin que les stationnements dangereux ne continuent plus à transformer les routes en pièges mortels.
Par Yvanna TELEZING
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