Tout a commencé tôt le matin avec « Djaka Découverte », une visite dans le petit village de Godilehiri, à une dizaine de kilomètres de Divo. Ce village est connu pour un exploit unique : ses femmes chantent l’hymne national ivoirien, l’Abidjanaise, en langue Dida. Cette particularité a fait la renommée de ces femmes, qui ont multiplié les prestations de chants et de danses traditionnelles pour accueillir la délégation du festival, conduite par la présidente du comité international Mme Kpokpa Jocelyne et le commissaire général Alexandre Draman Jhronsix.
L’accueil, rythmé par le Wôyô et les chants des femmes du village en habits traditionnels, a été suivi de ballets exécutés par des adolescentes, de sketchs et de témoignages sur la place publique. Au nom de la délégation, Dr Dettoh a remercié le village hôte et lui a remis deux broyeuses en guise de reconnaissance, avant un repas partagé qui a clôturé la visite.
De retour sur le site du festival, dans le quartier Plateau, face au service postal de Divo, l’ambiance s’est poursuivie avec un concours de danses patrimoniales et urbaines, où les jeunes des différents quartiers de la ville ont rivalisé de talent sur le « grand terrain ».
Sugar, la révélation de la soirée
Vers 21 heures, place aux grands concerts. Après la prestation de l’orchestre de la ville, c’est le groupe Sugar, venu directement du Canada, qui a électrisé le public. Pendant une heure et demie non-stop, Joanie et Marie-Soleil ont transporté les festivaliers ivoiriens dans un univers musical inattendu : celui de la country festive, chantée en français.
Un choix rare et assumé, comme l’explique Joanie, la voix principale du duo :
« Nous faisons de la musique country, mais festive. Et surtout, nous chantons en français. […] D’habitude, c’est en anglais. Mais pour nous, c’est une grande fierté de chanter en français parce que c’est la plus belle langue. Et c’est ce qui nous unit avec l’Afrique et l’Europe. »
Une histoire de cœur avec Divo
Au-delà de la musique, c’est une véritable rencontre humaine que Sugar est venue vivre à Divo. Le duo y a d’ailleurs tourné le clip de son nouveau titre, « C’est bon pour les peines d’amour », un remix aux couleurs afro réalisé avec une DJ togolaise, bientôt disponible sur les plateformes de streaming.
« Nous avons choisi Divo pour faire ce clip, parce qu’il y a une histoire de cœur qui s’est construite avec les gens, de la façon dont on a été accueillis », confie Joanie, visiblement touchée par la chaleur de l’accueil ivoirien. « J’ai l’impression que c’est comme si on s’y trouvait une famille. »

Un duo primé, ambassadeur d’une country francophone
Formé depuis plus de dix ans, le duo féminin Sugar s’est imposé au Canada comme une référence de la scène country francophone, décrochant à quatre reprises un prix francophone de l’année. Fortes d’un groupe de six musiciens à la maison, Joanie et Marie-Soleil enchaînent les scènes : une récente tournée européenne en République tchèque et en Allemagne, puis une série de spectacles au Canada, avant cette étape ivoirienne qui restera, selon elles, l’une des plus marquantes.
À l’issue de leur passage à Divo, le duo a exprimé le souhait de revenir en Côte d’Ivoire, portées par l’énergie d’un public conquis et par cette « couleur extraordinaire » que la culture ivoirienne a apportée à leur musique.
Entre traditions Dida, ferveur populaire et échange interculturel avec le Canada, cette édition du Djaka Festival confirme sa vocation : faire dialoguer les cultures du monde autour de la musique et des traditions de Divo.
Shine Yao, Côte d’Ivoire







