A 19 ans, Aboubacar Siddiki ne parle pas d’abord de technologie. Il parle de vies. Originaire de la région de l’Adamaoua, dans le département de la Vina, arrondissement de Ngaoundéré Ier, l’étudiant de l’Université de Technologie de Ngaoundéré explique que son projet est né d’un constat simple. « Au Cameroun, il y a de plus en plus de médicaments contrefaits qui causent la mort de plusieurs Camerounais », affirme-t-il.
Il s’appuie sur les estimations de l’Organisation mondiale de la santé selon lesquelles plus de 500 000 personnes meurent chaque année en Afrique subsaharienne à cause des médicaments contrefaits. Face à cette réalité, il décide de proposer une réponse technologique. Son application doit permettre à chaque utilisateur de vérifier l’authenticité d’un médicament avant sa consommation. La plateforme intègre également un module destiné à contrôler la validité des documents officiels.
L’idée a rapidement pris forme. « Pour développer un prototype fonctionnel, cela m’a pris un mois », raconte le jeune innovateur. La version actuelle reste toutefois une démonstration. « Les données ne sont pas réelles. L’application est encore en phase de développement. » Présenté sous le nom Verif-CM, le projet figure parmi les vingt solutions présélectionnées au Concours national du meilleur projet TIC organisé dans le cadre de la cinquième Semaine de l’innovation numérique. Il se classe deuxième de la présélection avec une note de 72,5 sur 100.
Le projet est décrit comme une « plateforme de vérification de l’authenticité des documents officiels et de détection des faux médicaments ».
TRANSFORMER UNE IDÉE EN ENTREPRISE
Pour Aboubacar Siddiki, le plus difficile commence maintenant. Le prototype existe. Il faut désormais le développer, le tester avec de vraies bases de données et construire un modèle économique. « Il faut un accompagnement et nous allons chercher cet accompagnement chaque jour », reconnaît-il. Sa participation à la Semaine de l’innovation lui permet aussi de mieux comprendre les attentes du marché. « Nous allons rentrer et continuer le travail, développer davantage notre solution », assure-t-il. Son ambition dépasse déjà les frontières camerounaises.
Le déploiement est prévu dans un premier temps au Cameroun, avant une extension vers l’Afrique centrale, puis à l’ensemble du continent. Être l’un des plus jeunes candidats de cette édition représente, selon lui, « un honneur et un privilège ». Il y voit surtout un message adressé à sa génération. « La jeunesse camerounaise doit participer activement à ce genre d’initiative prise par le gouvernement. Il faut qu’on prenne confiance pour venir compétir », lance-t-il.
Son parcours s’inscrit dans la dynamique portée par la Semaine de l’innovation numérique, qui entend détecter et accompagner les jeunes porteurs de projets afin de favoriser l’émergence de solutions technologiques à fort impact.







