Le 12 juin dernier, une visite de presse organisée à l’hôpital EPC de Djoungolo, à Yaoundé, a permis de mesurer ce que le programme « 21 Days of Y’ello Care » produit concrètement sur le terrain. La maternité de l’établissement est en pleine réhabilitation. Façade, plafonds, plomberie, espaces d’accueil, tout est en chantier. Des couveuses, des lits et des matelas sont attendus pour équiper un service de néonatologie qui n’existait pas vraiment jusqu’ici.
Ce qui distingue cette initiative des opérations classiques de mécénat, c’est ce que Danielle Mbomé Efoula, secrétaire exécutive de la Fondation MTN, a tenu à préciser lors de la visite. Le mécanisme Y’ello Care se distingue des projets traditionnellement financés par la Fondation en mettant l’accent sur l’engagement personnel des collaborateurs dans des actions à fort impact social au sein des communautés. Autrement dit, ce ne sont pas des prestataires rémunérés qui exécutent les travaux depuis un cahier des charges élaboré dans un bureau. Ce sont des employés de MTN qui s’impliquent directement, avec leur temps, leur présence et leur énergie.
Un format construit depuis 2007 à l’échelle du groupe
Le programme a été lancé en 2007 dans les différentes filiales du groupe MTN à travers le monde. Au Cameroun, il s’est ancré comme un rendez-vous annuel que les équipes de l’entreprise préparent et exécutent avec le soutien de partenaires extérieurs. La thématique de l’édition 2026 porte sur l’amélioration de l’accès aux soins de santé, ce qui explique le choix de la maternité de Djoungolo comme site d’intervention cette année.
L’initiative ne se limite pas à Yaoundé. MTN Cameroon déploie le dispositif simultanément dans plusieurs régions du pays, ce qui suppose une organisation interne capable de mobiliser des volontaires sur des sites géographiquement dispersés, dans un calendrier contraint de vingt et un jours.
Sur le terrain, l’impact se mesure en transferts évités
Le directeur de l’hôpital EPC de Djoungolo, le Dr Jean-Romuald Yomané, a mis des mots précis sur ce que l’absence d’équipements signifiait au quotidien pour son établissement. « Les femmes enceintes et les nouveau-nés demeurent les populations les plus vulnérables. Lorsque nous étions confrontés à des complications ou à des naissances prématurées, nous étions parfois contraints de référer les patientes ou les bébés vers d’autres structures, souvent en pleine nuit, faute d’équipements adaptés. Nous étions régulièrement obligés de transférer des nouveau-nés vers d’autres formations sanitaires en raison de l’absence de couveuses et d’un véritable service de néonatologie », a-t-il déclaré.
Le médecin se projette déjà sur ce que l’intervention de MTN rendra possible. « Avec les équipements prévus, notamment les couveuses, les lits, les matelas ainsi que la rénovation complète des locaux, nous pourrons désormais garder les bébés sur place et améliorer significativement leur prise en charge », a-t-il ajouté.
Un pari sur l’humain autant que sur l’image
Le choix de MTN de construire Y’ello Care autour du volontariat de ses employés plutôt que d’en faire un programme exclusivement piloté et financé par sa fondation n’est pas anodin. Il engage les salariés dans une relation directe avec les communautés où ils vivent et travaillent, et produit un type d’ancrage territorial que le simple transfert financier ne génère pas de la même façon. Pour une entreprise de télécommunications dont le modèle économique repose sur la confiance des populations locales, c’est aussi un investissement dans la durée.







