
Le 15 mai 2026, lors de la première édition de l’EuroAfricAward à Abidjan, le journaliste camerounais Joël Godje Mana a reçu le Grand Prix de l’Écriture Journalistique. Au-delà de la distinction, ce sont ses prises de parole fortes, portées par l’humilité et l’engagement, qui ont marqué les esprits.
« Notre langue maternelle est la seule chose qui préservera notre héritage linguistique. » sont les premiers mots que declare le journaliste camerounais Joël Godje Mana, avant de recevoir son prix. « Ce prix est avant tout ,un message adressé à mon papa Godje et ma maman Nouhouo. Une manière de réparer le passé et de célébrer mes racines ».
En fait, le jeune journaliste souhaite réparer le passé envers ses parents.
« Je veux leur redonner le sourire aujourd’hui, car je sais que je les ai beaucoup déçus par le passé. Ce prix est un hommage à ce qu’ils font de moi, à ce que je suis en train de devenir. »
, a-t-il affirmé.
Plus loin, Joel Godje, en tant que sous-directeur de l’information et du numérique de son média, affirme puiser sa droiture et ses choix éditoriaux dans l’exemple de ses deux grands-pères disparus, Job Mana (maternel) et Maina (paternel), qu’il décrit comme des modèles de calme et de patience infinie.
Très reconnaissant dans sa prise de parole, le fils du département du Mayo-kani, Extreme-Nord Cameroun, à fait mention toute particulière et chaleureuse à Madame Dama Sephora, l’une des premières femmes à l’avoir encouragé et soutenu dans ce métier .Une reconnaissance publique qui met en lumière l’importance du soutien familiale.
Plaidoyer pour l’identité culturelle et linguistique
Le lauréat a profité de cette tribune internationale pour lancer un cri du cœur à la jeunesse africaine, en s’appuyant sur son propre regret .
En fait, fier de revendiquer ses origines de Gaban, un « village de travailleurs », il confesse sans fard :
« Je ne sais pas bien parler le Moundang et cela me fait très mal, car cela m’a fermé beaucoup de portes. »
Une chose qui a suscité un grand intérêt pour les linguistes présent à ce grand rassemblement.
Bien plus, face aux dérives de la mondialisation, il exhorte la nouvelle génération à une véritable résistance culturelle : « Je conseille activement à la jeunesse de savoir valoriser ses origines, car notre langue maternelle est la seule chose qui préservera notre héritage linguistique. »
Le mérite avant l’argent
Pour Joël Godje Mana, la pratique du journalisme doit s’éloigner du sensationnalisme pour embrasser une cause humanitaire commune . D’ailleurs, il martèle, en accord avec les organisateurs, que cette distinction n’est pas une question d’argent, mais de mérite. Pour lui, « le journalisme doit se mettre au service des personnes vulnérables, des exclus et des oubliés des grands récits médiatiques ».
Une ambition renouvelée
Fort de ce triomphe et de ses expériences passées sur des terrains complexes (Soudan, Yémen, RDC), Joël Godje Mana ne compte pas s’arrêter là. Grâce au sponsoring majeur obtenu via ce prix, il affirme sa volonté de passer à la vitesse supérieure : produire des grands formats documentaires humanitaires afin de donner une voix encore plus puissante aux enfants victimes des conflits armés à travers le monde.
« Jeunesse d’Afrique, osez vous affirmer. Jeunes médias informés courageusement à travers vos langues locales et officielles. À la jeunesse de chez moi, du Mayo-Kani, sachez suivre les pas de ceux qui aiment et valorisent leur culture, à l’instar de notre Secrétaire général de la Fonction publique et de la Reforme administrative camerounaise, Maïna Anatole, digne fils de ma communauté. Portez vos racines avec fierté et audace quelque soit ou vous vous trouvez ».







