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Le Cameroun et l’Allemagne scellent un nouvel accord de 58,5 milliards FCFA

À l'issue de deux jours de négociations à Yaoundé, le Cameroun et l'Allemagne ont bouclé un nouveau cycle de financement dominé par les dons. Les ressources mobilisées, qui portent le portefeuille bilatéral à plus de 320 milliards de FCFA, ciblent en priorité la gestion des ressources naturelles, la gouvernance locale et la santé.

Les discussions ont duré deux jours. Elles se sont ouvertes le 27 avril 2025 et se sont refermées le 28 avril 2026 par la signature du procès-verbal des négociations intergouvernementales entre le Cameroun et la République fédérale d’Allemagne. Au bout du compte, 58,5 milliards FCFA de nouveaux financements, accordés majoritairement sous forme de dons.

C’est le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, qui a conduit les travaux côté camerounais. En face, Philipp Knill, directeur Afrique II au ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement, le BMZ, dirigeait la délégation allemande. Ensemble, ils ont arrêté les contours du cycle de financement 2025-2026, après avoir passé en revue les engagements des années précédentes.

Un portefeuille de 320 milliards de FCFA

L’enveloppe globale du partenariat bilatéral dépasse désormais 320 milliards de FCFA. Ce portefeuille se distingue par sa structure. Les ressources y sont majoritairement non remboursables, ce qui le démarque des financements classiques adossés à des prêts. Pour Alamine Ousmane Mey, le signal est sans ambiguïté. Cette progression, a-t-il déclaré, « témoigne de l’engagement renforcé de notre partenaire en faveur du développement économique et social du Cameroun ».

La nature des ressources mobilisées n’est pas un détail. En retenant des dons plutôt que des prêts, le gouvernement camerounais entend limiter son exposition à un endettement supplémentaire, tout en maintenant un niveau d’investissement public dans les secteurs qu’il juge prioritaires. L’argument s’inscrit dans une logique de soutenabilité budgétaire que les autorités défendent depuis plusieurs années.

36,7 milliards FCFA pour les ressources naturelles

Dans le détail de l’allocation sectorielle, la gestion durable des ressources naturelles absorbe la part la plus importante, soit 36,7 milliards FCFA répartis entre coopération financière et technique. Ce choix traduit à la fois les priorités climatiques des bailleurs européens et la volonté du Cameroun de valoriser son capital forestier dans le respect de ses engagements environnementaux.

Le reste des ressources irrigue d’autres segments. Le développement rural, la gouvernance locale et la cohésion sociale figurent dans la répartition retenue. Le système sanitaire bénéficie également d’un appui technique destiné à renforcer sa résilience.

La SND30 comme fil conducteur

Les deux parties ont cadré leurs discussions autour de la Stratégie nationale de développement à l’horizon 2030. Cette feuille de route, que le Cameroun déploie pour articuler financement public, coopération internationale et participation du secteur privé, a servi de référence pour aligner les priorités allemandes sur les objectifs nationaux.

Les autorités camerounaises ont insisté sur plusieurs dossiers structurels. La transformation locale des ressources, notamment dans la filière bois pour générer davantage de valeur ajoutée, figurait dans les discussions. Les politiques d’import-substitution, destinées à réduire la dépendance extérieure et à améliorer la balance commerciale, ont également été évoquées. Sur le plan institutionnel, l’exécutif a annoncé des efforts de modernisation des procédures de passation des marchés publics, avec des outils visant à améliorer la transparence et la traçabilité.

Un partenariat en trajectoire ascendante

Le gouvernement camerounais met en avant la dynamique de long terme. Sur les dernières années, les engagements allemands ont suivi une courbe ascendante, ce que les autorités lisent comme un gage de crédibilité du partenariat bilatéral. Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et une fragmentation économique, ce signe est présenté comme particulièrement positif.

L’enjeu immédiat reste toutefois opérationnel. Il s’agit de transformer ces engagements en projets concrets, exécutés, visibles et mesurables sur le terrain. À moyen terme, le Cameroun entend maintenir la trajectoire haussière des financements concessionnels et des dons, sans compromettre l’équilibre de ses finances publiques.

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