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La cession de Chococam suspendue aux arbitrages de la Cemac, du fisc et de la BEAC

Réuni le 20 avril 2026 avec les représentants de Tiger Brands et du fonds Minkama Capital, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a examiné les conditions administratives et financières encore requises pour conclure la cession de la majorité du capital de Chococam. Entre validation régionale, contrôle des flux financiers et conformité fiscale, plusieurs verrous doivent encore être levés.

La cession de la participation majoritaire de Tiger Brands dans la Chocolaterie Confiserie Camerounaise (Chococam) demeure conditionnée à une série d’autorisations administratives et réglementaires, retardant ainsi le bouclage de l’opération. Lors de l’audience accordée le 20 avril 2026, le ministre du Commerce a échangé avec Mandla Langa, accompagné du directeur général de Tiger Brands, Tjaart Kruger, de son directeur financier, Thushen Govender, ainsi que du promoteur de Minkama Capital, Fabrice Ndjodo. Ensemble, ils ont passé en revue les exigences présentées comme déterminantes pour la finalisation effective de la transaction.

Dans un communiqué publié à l’issue de cette rencontre, le ministère du Commerce précise que « la finalisation de la transaction demeure subordonnée à l’accomplissement de plusieurs conditions préalables ». Parmi celles-ci figurent notamment « l’approbation de la Commission de la concurrence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), les autorisations de contrôle des changes, ainsi que la délivrance des quitus fiscaux en faveur de Chococam et de Tiger Brands ». Le document souligne également que ces démarches ont constitué le cœur des échanges, les investisseurs ayant « sollicité cette audience afin de coordonner les procédures réglementaires et de s’accorder sur le calendrier de réalisation ».

Feu vert régional et encadrement des flux financiers

Le principal verrou identifié concerne l’avis de la Commission de la concurrence de la Cemac. Cette instance sous-régionale est chargée d’examiner les opérations de concentration afin de s’assurer qu’elles ne portent pas atteinte à la concurrence au sein de l’espace communautaire. En l’espèce, elle devra déterminer si la prise de contrôle de Chococam par Minkama Capital est susceptible de créer une position dominante ou de fausser le jeu du marché dans le secteur agroalimentaire.

À ce filtre régional s’ajoute le contrôle des changes, un dispositif encadré par la Banque des États de l’Afrique centrale. Ce mécanisme vise à superviser les mouvements de capitaux entre résidents et non-résidents. Dans le cadre de cette opération, il s’agit de s’assurer que les flux financiers liés à la cession — notamment le paiement des parts détenues par Tiger Brands — respectent la réglementation en vigueur dans la zone franc. Cette étape est essentielle pour sécuriser les transferts de fonds et garantir la conformité de l’opération vis-à-vis des autorités monétaires.

Autre exigence mentionnée : la délivrance des quitus fiscaux. Ce document atteste qu’une entreprise est en règle vis-à-vis de l’administration fiscale, qu’elle a acquitté l’ensemble de ses obligations et ne présente pas d’arriérés. Dans une opération de cession, ce certificat est indispensable pour sécuriser juridiquement la transaction et éviter le transfert de passifs fiscaux non déclarés au nouvel acquéreur.

Fondée en 1965, Chococam a connu plusieurs évolutions capitalistiques, reflétant les différentes phases de structuration de l’industrie chocolatière au Cameroun. Après l’entrée du groupe suisse Barry Callebaut en 1997, l’entreprise passe, en 2008, sous le contrôle de Tiger Brands, qui détient aujourd’hui 74,69 % de son capital.

Dans une note financière publiée le 11 novembre 2025, Tiger Brands indique avoir conclu un accord en vue de céder cette participation majoritaire au fonds Minkama Capital, avec l’appui du groupe bancaire BGFIBank. Attendue au second semestre 2026, la transaction doit marquer la sortie du groupe sud-africain après dix-sept années de présence et ouvrir une nouvelle phase dans l’évolution du capital de cette entreprise emblématique du tissu industriel camerounais.

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