Longtemps resté en suspens, le projet de création d’une zone économique spéciale dans la capitale régionale de l’Est semble ainsi relancé. Yaoundé a en effet obtenu de la Banque mondiale un financement destiné à soutenir l’opérationnalisation de cette initiative. L’information a été révélée au cours d’une audience tenue le 14 avril 2026 au ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), au cours de laquelle le ministre par intérim, Fuh Calistus Gentry, a échangé avec une délégation de l’institution de Bretton Woods.
Selon le Minmidt, « le conseil d’administration de la Banque mondiale, réuni le 31 mars 2026, a approuvé le financement du projet “économie forestière”, avec une enveloppe de plus de 11 milliards de FCFA destinée au développement de la zone économique spéciale bois de Bertoua ».
Ce financement s’inscrit dans un dispositif plus large visant à transformer les économies forestières en Afrique centrale, en articulant exploitation, transformation locale et accompagnement des acteurs de la filière. Dans un communiqué publié le 31 mars 2026, la Banque mondiale indique qu’elle mobilisera environ 238 milliards de FCFA pour une première phase couvrant le Cameroun, la République centrafricaine et le Congo, sur un programme global estimé à près de 615 milliards de FCFA. Sans détailler la répartition exacte entre les pays bénéficiaires, les autorités camerounaises indiquent avoir obtenu une première allocation de plus de 11 milliards de FCFA pour la ZES bois de Bertoua.
Le projet vise la structuration d’un pôle industriel capable d’accueillir des unités de transformation avancée du bois. L’objectif est notamment de développer des activités de transformation de deuxième et troisième niveaux, telles que la production de bois d’ingénierie, d’assemblages, de contreplaqués ou encore de meubles. À ce jour, le Cameroun n’exporte que 36 % de sa production de bois sous forme transformée, contre 64 % sous forme de grumes. L’idée d’une zone industrielle spécialisée dans le bois à Bertoua n’est toutefois pas nouvelle.
Elle remonte à 2019, avec un décret présidentiel fixant les modalités de création et de gestion des zones économiques spéciales au Cameroun. En 2021, Bertoua figurait parmi les quatre sites présélectionnés, aux côtés d’Edéa, Douala et Kribi. Ce choix s’expliquait notamment par la proximité de la ville avec la ligne de chemin de fer à Bélabo, le barrage hydroélectrique de Lom-Pangar, le vaste massif forestier de la région, ainsi que sa position stratégique sur les corridors Douala-Bangui et Douala-N’Djamena.
Le projet est piloté par le Minmidt, en collaboration avec la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (Magzi), avec l’appui de la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies (CEA) et des Communes et villes unies du Cameroun (CVUC). Des travaux préparatoires ont déjà été engagés. Le 12 juillet 2024, un appel d’offres restreint a été lancé pour sélectionner un prestataire chargé de réaliser l’étude de faisabilité du parc industriel bois. Trois entreprises — Ets Cosmos Engineering, Cresi Sarl et Polygone Sarl — ont été présélectionnées.
Le cabinet retenu disposait de trois mois pour conduire ces études, pour un budget de 50 millions de FCFA. Selon des sources proches du dossier, ces travaux ont permis de définir les contours techniques du projet et d’identifier les besoins en infrastructures. Au-delà de la production industrielle, le programme soutenu par la Banque mondiale prévoit également un renforcement de la gouvernance forestière, avec un objectif d’augmentation de 15 % de la part de bois transformé légalement. Il intègre aussi des objectifs environnementaux, notamment une réduction annuelle estimée à 17,6 millions de tonnes équivalent CO₂. Par ailleurs, plus de 500 PME devraient bénéficier d’un accompagnement financier et technique. Le programme met également l’accen






