SAAR, Chanas Assurances et Activa figurent en tête du classement des sociétés non-vie de la zone CIMA sur la base des données 2024 intégrant en plus du chiffre d’affaires, des critères tels que le rapport résultats d’exploitation/primes émises, le ratio combiné, les fonds propres, le taux de couverture des engagements réglementés.
Selon les données 2024 fournies par la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (Fanaf ), un dynamisme est observé sur le marché africain des assurances au cours de la période étudiée. Ces données ont été compilées par Atlas Magazine qui a récemment publié son palmarès 2026, un classement des entreprises non-vie de la zone Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurance (Cima).
Ce palmarès laisse voir une bonne performance affichée des compagnies camerounaises. Dans le top 10, figurent en effet trois sociétés du Cameroun : La Société Africaine d’Assurances et de Reassurance (SAAR), Chanas Assurances et Activa. La SAAR occupe la troisième position sur les 10 tandis que Chanas et Activa sont respectivement à la 7eme et 8eme place du classement.
Plus globalement, c’est NSIA vie Côte d’Ivoire qui est en tête, suivie par l’Africaine des Assurances du Benin. Dans le quinté figure aussi Sanlam Allianz côte d’ivoire assurances vie et Sonam Assurances vie. Ce classement, selon Atlas Magazine a pris en compte plusieurs critères. « Le Palmarès des assureurs est établi à partir d’un système de scoring intégrant le chiffre d’affaires, le rapport résultats d’exploitation/primes émises, le ratio combiné, les fonds propres, le taux de couverture des engagements réglementés, les actifs admis en représentation, le chiffre d’affaires par branche et la productivité par salarié », explique le tabloïd.
Au niveau local, Activa est toujours classée parmi les plus importantes compagnies d’assurance dans la branche vie au Cameroun en fonction du chiffre d’affaires. Les données 2024 de l’Association des Sociétés d’Assurances du Cameroun (Asac) la classaient en cinquième position avec 8,5 milliards de FCFA de chiffres réalisés. Le podium étant occupé en premier par SanlamAllianz Vie avec 29,47% de parts de marché, PruBli (24,71%) et Sunu Vie (10,81%) et Wafa Assurance Vie Cameroun. Ceci pour une taille globale de 285 milliards FCFA, dont 185,7 milliards de FCFA et 97,1 milliards FCFA de primes émises en 2024 par la vie et capitalisation, soit avec 34,08% des parts de marché.
Interview
Richard LOWE, président du groupe Activa
« Les sociétés d’assurance doivent poursuivre leurs efforts d’innovation »
A la tête d’Activa, société d’assurance présente sur le marché africain depuis près de 20 ans, il nous livre une analyse du marché africain des assurances en soulignant ses forces mais aussi ses défis et opportunités à l’ère de la digitalisation.
Comment évaluez-vous l’évolution du marché africain de l’assurance depuis vos débuts dans le secteur ?
Le marché africain de l’assurance demeure encore aujourd’hui relativement marginal à l’échelle mondiale, représentant environ 1,5% à 2% du chiffre d’affaires global du secteur. Toutefois, il convient de souligner qu’il s’agit, depuis près de quinze ans, de l’une des régions affichant les taux de croissance les plus soutenus au monde. Cette progression s’est réalisée dans des contextes parfois marqués par des instabilités sociopolitiques, sans pour autant compromettre durablement la dynamique de croissance observée dans la majorité de nos pays d’implantation. De manière plus globale, l’Afrique s’est positionnée comme la deuxième zone mondiale en termes de croissance du secteur sur cette période.
Qu’est ce qui selon vous justifie cette tendance haussière ?
Sur le plan réglementaire, nous constatons une implication de plus en plus forte des autorités de régulation, avec une volonté affirmée de renforcer la solidité du marché, de limiter le recours excessif à la réassurance extérieure et de favoriser une meilleure contribution du secteur de l’assurance au financement des économies africaines. Du côté des acteurs, le marché connaît une professionnalisation progressive, marquée notamment par l’émergence de groupes africains régionaux structurés, solides et ambitieux, capables de porter une vision à long terme du développement du secteur sur le continent africain régionaux structurés, solides et ambitieux, capables de porter une vision à long terme du développement du secteur sur le continent.
Quels sont, selon vous, les principaux freins à la pénétration de l’assurance en Afrique aujourd’hui ?
La pénétration de l’assurance en Afrique demeure aujourd’hui faible, autour de 2%. L’enjeu pour le secteur est d’accompagner une progression de ce taux vers un niveau d’environ 5% à l’horizon 2030, à condition de lever un certain nombre de freins structurels. Le premier enjeu réside dans le renforcement du professionnalisme des compagnies d’assurance, notamment en matière de respect des engagements, de déontologie et de qualité de service. La régulation joue également un rôle clé. Une approche davantage orientée vers la synergie avec les acteurs du marché permettrait d’accélérer le développement du secteur, notamment à travers l’extension des assurances obligatoires, le transfert à l’assurance de certains risques aujourd’hui supportés par les États, ainsi qu’une réflexion approfondie sur d’autres mécanismes structurants.
Par ailleurs, les évolutions fiscales constituent un levier important, en particulier pour stimuler le développement des assurances vie. Enfin, les sociétés d’assurance doivent poursuivre leurs efforts d’innovation, en tirant pleinement parti des opportunités offertes par la digitalisation, l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies, tout en accélérant le déploiement de solutions de micro assurance et d’assurance inclusives, mieux adaptées aux réalités socioéconomiques africaines.
Source : financial Afrik







