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Budget 2026 : Cap sur une croissance inclusive et une discipline budgétaire accrue

Promulguée le 17 décembre 2025, la Loi de Finances pour l’exercice 2026 affiche des ambitions claires : transformer le tissu productif national tout en assainissant les finances publiques. Avec une enveloppe globale dépassant les 8 800 milliards de FCFA, le gouvernement s’engage dans une course contre la montre pour relever les défis de la SND30 dans un contexte mondial incertain.

L’année 2026 marque un tournant décisif pour les finances publiques camerounaises. Lors du lancement officiel du budget ce mardi 13 janvier 2026, les grandes orientations de l’État ont été dévoilées, mettant en lumière une stratégie qui tente de concilier relance économique et rigueur de gestion.

UN BUDGET EN FORTE EXPANSION MALGRÉ LES VENTS CONTRAIRES

Le montant global du budget de l’État pour 2026 s’élève à 8 816,4 milliards de FCFA, ce qui représente une augmentation significative de 14 % par rapport à la loi de finances rectificative de 2025, soit une hausse de 1 080,5 milliards de FCFA. Cette enveloppe se décline en un budget général de 8 683,9 milliards et des Comptes d’Affectation Spéciale (CAS) évalués à 132,5 milliards. L’objectif affiché par les autorités est ambitieux : « le renforcement de la dynamique de croissance économique inclusive, à travers notamment, la transformation industrielle du tissu productif et l’amélioration des conditions de vie des populations ». Pour y parvenir, le gouvernement mise sur la Stratégie Nationale de Développement à l’horizon 2030 (SND30), tout en veillant à maintenir « le niveau d’endettement sur une trajectoire viable, en cohérence avec les critères de convergence de la Sous-Région CEMAC ».

DES INNOVATIONS MAJEURES POUR PLUS DE TRANSPRENCE

La circulaire d’exécution, signée le 31 décembre 2025 par le Ministre des Finances, ne se contente pas de fixer des chiffres ; elle introduit des réformes structurelles profondes. Parmi les innovations les plus marquantes, on note l’application intégrale de la Nomenclature budgétaire de 2019, qui entraîne la suppression des anciens « chapitres communs » au profit de dotations spécifiques pour les dépenses accidentelles et imprévisibles.

Une attention particulière est désormais portée à l’équité sociale. Comme le souligne le document de présentation, « les crédits budgétaires alloués aux dépenses marquées comme sensibles au genre ne peuvent pas faire l’objet de virement pour l’exécution d’autres types de dépenses ». C’est une avancée majeure pour la sécurisation des ressources dédiées à l’autonomisation des femmes. De plus, pour soutenir directement la jeunesse et l’entrepreneuriat féminin, un Fonds Spécial de 50 milliards de FCFA a été créé pour l’autonomisation économique des femmes et la promotion de l’emploi jeune.

UNE DISCIPLINE DE FER FACE AUX RISQUES

L’exécution de ce budget ne sera pas sans embûches. Le gouvernement identifie plusieurs risques exogènes, notamment la « persistance de la crise russo-ukrainienne et des tensions au Moyen-Orient », ainsi que la « baisse durable des cours mondiaux des matières premières exportées par le Cameroun en particulier, le pétrole brut ». Au niveau interne, l’insécurité dans certaines régions et les aléas climatiques pèsent également sur les prévisions.

Pour pallier ces risques, la réduction du train de vie de l’État reste un leitmotiv. Les orientations sont fermes : « pour les dépenses de fonctionnement, les mesures budgétaires demeurent axées sur la réduction du train de vie de l’État ». En parallèle, le gouvernement prévoit une « mobilisation optimale des recettes internes non pétrolières, dans le respect de la soutenabilité de l’activité économique, tout en évitant des distorsions économiques préjudiciables au développement et à la compétitivité des entreprises ».

LA CLÉ DU SUCCÈS RÉSIDE DANS L’APPROPRIATION

En fin de compte, la réussite de cet exercice budgétaire dépendra de la rigueur de chaque acteur. Comme l’explique ce cadre du Minfi, « le budget 2026 est exécutoire et sa mise en œuvre interviendra dans un contexte difficile. La circulaire d’exécution du budget ainsi que son annexe […] doivent ainsi faire l’objet d’une bonne appropriation par l’ensemble des acteurs. C’est à cette seule condition que le budget de l’Etat et ceux des autres entités publiques pourront permettre de relever les nombreux défis qui leur sont attachés. ». Entre ambition industrielle et prudence fiscale, le Cameroun trace sa route pour 2026 avec l’espoir que cette injection massive de capitaux dans l’économie réelle produise les effets escomptés sur le quotidien des populations.

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