Série : l’ange de la mort s’est installé au lycée bilingue de Déido

Depuis 2014, cet établissement est le théâtre d’actes peu ordinaires.

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Esseulés, ces élèves pleurent leur camarade, loin de Yaoundé

Le Lycée bilingue de Déido a encore fait parler de lui ce 29 mars 2019. Alors que les établissements scolaires relevant des ordres d’enseignements de la maternelle au secondaire prenaient le train des congés, Tsanou Rochnan Bleriot, un élève de ce lycée de la ville de Douala, a pris la direction de la morgue. Cet élève de la classe de seconde a été poignardé à mort par son camarade. Dans des circonstances troubles. Au micro du poste national de la Crtv, les élèves parlent tantôt d’une altercation entre des élèves qui a tourné au pire, tantôt d’une bagarre que la victime voulait séparer, ou encore d’une intervention dans une tentative de confiscation du téléphone d’une élève, que Bello a voulu aider face à la violence du bourreau. Toujours est-il que les sources convergent à trouver en Bello un médiateur dans une situation de violence. Le présumé meurtrier que l’on présente tantôt comme un élève de cette classe, tantôt comme un ancien pensionnaire déjà exclu, étant arrivé à franchir le portail de l’établissement avec un couteau. L’homme qui en prendra un coup en plein cœur, sans visiblement avoir été la cible d’une éventuelle attaque, rendra l’âme victime une fois parvenu à l’hôpital.

Un élève condamné à 10 ans pour un sms “terroriste”

Cette situation survient alors que le même établissement scolaire a fait couler encre et salive il y a quelques semaines seulement. Un élève de 6ème s’était plaint d’avoir été sodomisé par deux élèves d’une classe de terminale. L’affaire est à peine rentrée dans le couloir qui mène à l’oubli, que l’on parle de meurtre.

Avant cela, c’est une affaire de terrorisme qui a touché trois élèves de ce même lycée. En décembre 2014, Levis Gob Azah (âgé alors de 22 ans), recevait un message disant que « Boko Haram recrute des jeunes de 14 ans et plus. Conditions de recrutement : avoir validé un Gce-A level en quatre matières plus religion ». Celui-ci le transfèrera à son ami Ivo Feh Fomusuh (25 ans), qui lui aussi le fera suivre à Nivele Nfor Afuh, 25ans et élève au lycée bilingue de Déido.

Mohamed Bello, mort poignardé dans son établissement scolaire

Le message est intercepté par un enseignant qui saisit la police qui mettra la main sur les deux maillons précédents de la chaîne de transmission du message. S’en suivra une procédure judiciaire qui a abouti à la condamnation des trois jeunes à dix ans de prison ferme pour non dénonciation d’actes terroristes et complicité d’insurrection par le tribunal militaire de Yaoundé le 2 novembre 2016. En appel, la Cour d’appel confirmera la peine le 15 mars 2018.

Hier n’est pas encore oublié. Aujourd’hui, tout le Cameroun pleure Bello. Que réserve demain? Et plus de 24h après le drame, aucun officiel n’a daigné se prononcer. Pas même Nalova Lyongha, la ministre des Enseignements secondaires préoccupée par les jeux Fénassco A qui s’ouvrent ce lundi à Yaoundé. le lycée bilingue de Déido garde seul le secret de ses faits sociaux.

Complément: Retrouvez une vidéo des événements

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