« Quand vous voyez le décor que votre présence présente, c’est un aspect qui dégoûte tout le monde». Luc Messi Atangana le maire de la ville de Yaoundé a ainsi planté le décor de sa rencontre avec les commerçants installés à l’Avenue Kennedy ce 3 mars 2026. L’édile de la capitale est venu mettre en garde ces occupants « illégaux » de cet axe très fréquenté de la capitale, contre leur obstination à y demeurer depuis des décennies, contre la volonté des autorités municipales. «Quand je vais vider cet espace dans quelques minutes, vraiment, ne trainez pas ; parce qu’après, lorsqu’il y aura des actions musclées,… », a-t-il prévenu. Accompagné qu’il était, d’une armée de personnes dont la police municipale, la police nationale.
Le premier magistrat de la capitale veut définitivement régler ce problème qui perdure depuis plusieurs décennies. La réputation de ce tronçon entre l’Institut français et le carrefour Intendance, est connue : vols, agressions, trafics divers,… Et malgré les plaintes des victimes, rien ne change. Les commerçants installés sur ce tronçon refusent de quitter. Les occupants de cette place sont accusés à tort ou à raison d’être de connivence avec les hors-la-loi. « Même si tu es témoin d’un acte illicite, tu ne peux pas dénoncer car il y aura retour. Ils te feront la peau. Personne ne pourra te sauver. Si tu essaies, il faut seulement quitter cette zone, voire même Yaoundé», confie un habitué des lieux. Ainsi, les hors-la-loi du coin ont imposé une passivité collective face à leurs forfaits. Tous les délégués du gouvernement s’y sont frottés, et ont fini par abandonner. Même Gilbert Tsimi Evouna dit KJack Bauer qui a réussi la métamorphose de Yaoundé, imposant l’ordre même dans des coins réputés être sous l’autorité des gangs, n’est pas allé au bout de sa logique. L’homme est resté au niveau des menaces. Et même le projet de construction du Marché Ongola près du marché central, « pour recaser les vendeurs à la sauvette», n’a pas été la solution. Beaucoup ont refusé d’y aller.
Les jours comptés
Luc Messi Atangana qui avait déjà réussi à réduire l’occupation de ce boulevard en instaurant une circulation alternée sur les deux côtés de la route à double sens, veut en finir. Et lance une dernière mise en garde avant l‘assaut. « J’étais déjà ici il y a plusieurs mois ; je vous ai parlé des problèmes qu’il y a dans cette zone. Quand vous regardez les trottoirs, les parpaings, les planches que vous mettez chaque jour, vous êtes installés de façon désordonnée. Les commerçants, les passants, bref toutes les personnes qui passent ici, qu’elles soient en voiture ou à pied, sont régulièrement agressées, volées, blessées même. Ils n’arrivent pas à marcher », dénonce-t-il. Et de rappeler qu’«il y a toute une place au Marché Ongola réservée aux ‘’sauveteurs’’. Il n’y a pas de marché ici ». Mieux, « il y a le Marché Mokolo, le Marché Ongola, le marché central où il y a également un très grand espace pour les vendeurs à la sauvette», a-t-il souligné.

En tout cas, « il y a des règles pour vivre en ville. Si vous ne pouvez pas remplir ces règles, vous rentrez au village», a-t-il assené aux occupants de l’A1venue Kennedy. Et déjà, des gros bras de la Communauté urbaine ont commencé à libérer l’espace en détruisant des comptoirs de fortune qu’ils ont trouvés. Les jours sont comptés peut-être cette fois-ci. Ce serait peut-être l’occasion de résoudre tous les problèmes causés par la promiscuité dont les inondations, conséquences de l’obstruction des canaux d’évacuation des eaux usées et de l’écoulement des eaux du cours d’eau Mfoundi.







