Il y a des échanges d’expériences sur les nouveaux paradigmes de la gestion portuaire tels que la décarbonisation, la digitalisation, l’autonomisation et surtout la durabilité des villes portuaires », a déclaré Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, ministre des Transports. C’était à l’occasion de la réunion des comités techniques de l’Association de Gestion des Ports de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (Agpaoc), tenue du 9 au 11 mars au Palais des Congrès de Yaoundé, experts, gestionnaires portuaires et responsables publics se sont réunis autour d’un objectif commun : réfléchir à l’avenir des ports africains.
Les échanges portent sur leur évolution dans un environnement maritime marqué par une concurrence internationale accrue, des exigences environnementales renforcées et une transformation numérique en pleine accélération. En ouvrant les travaux, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè a rappelé l’importance de la coopération régionale portée par l’Agpaoc pour relever ces défis. Les travaux des comités techniques s’achèvent ce mercredi avec une ambition partagée. Adapter les ports d’Afrique de l’Ouest et du Centre aux transformations du commerce maritime mondial et consolider leur rôle dans les échanges économiques de la région.
LA MODERNISATION AU CŒUR DES ÉCHANGES
Les discussions de cette assise portent sur les transformations que traversent aujourd’hui l’industrie portuaire. Modernisation des infrastructures, fluidité du trafic maritime, digitalisation des procédures administratives et sécurité des opérations figurent parmi les priorités évoquées. Experts portuaires, techniciens et dirigeants venus de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre confrontent leurs expériences et examinent les outils susceptibles d’améliorer l’efficacité des plateformes portuaires. L’enjeu dépasse la seule gestion technique.
Les ports demeurent les principales portes d’entrée du commerce extérieur des économies de la sous-région. Jean Marie Koffi, secrétaire général de l’Agpaoc, insiste sur cette dimension stratégique. « Il faut avoir une culture d’entreprise, il faut gérer les susceptibilités. Nous parlons de l’interface ville-port, du fait que les marchandises transitent du port vers l’intérieur du pays et même vers l’arrière-pays. La production de carbone à l’intérieur du pays ne doit pas être gérée seulement par le maire mais aussi par l’autorité portuaire », explique Jean Marie Koffi. La question environnementale occupe une place croissante dans les débats. Le fonctionnement des ports influence désormais l’organisation des villes qui les abritent et les flux logistiques vers l’arrière-pays.
Dans ce contexte, la décarbonisation du transport maritime, la gestion des émissions liées aux activités portuaires et l’intégration des infrastructures dans leur environnement urbain apparaissent comme de nouveaux paramètres de gestion. Les participants de la réunion présents à Yaoundé évoquent également l’importance de la digitalisation. L’automatisation des procédures et la dématérialisation des opérations portuaires sont perçues comme des leviers pour réduire les délais, améliorer la traçabilité des marchandises et renforcer la compétitivité des ports africains.
UN PARTAGE D’EXPÉRIENCES ENTRE PORTS AFRICAINS
La rencontre se veut aussi un espace d’apprentissage collectif. Les délégations comparent les pratiques et identifient les solutions susceptibles d’être reproduites ailleurs dans la région. Jean Marie Koffi résume cet esprit de coopération. « Entre ce qui se fait pratiquement à Abidjan, ce qui se fait à Douala, ce qui se fait en Sierra Leone, quelle est la bonne pratique que nous devons adopter. Si celle-là produit des résultats parce que nous avons pu l’évaluer, c’est cette dynamique que nous devons impulser. »
Cette logique d’échanges explique la diversité des délégations présentes à Yaoundé. Les travaux réunissent notamment des représentants des autorités portuaires de Sierra Leone, Guinée-Bissau et Liberia, de l’ENAPOR du Cap-Vert, du port de Maputo au Mozambique, du port d’Owendo au Gabon, du port de Malabo en Guinée équatoriale ou encore du port de Luanda en Angola.
Les ports de Lagos et de Port Harcourt au Nigeria, ceux de Tema et Takoradi au Ghana, les autorités portuaires de Lomé, Dakar, Conakry, Cotonou, Pointe-Noire, Abidjan et San Pedro participent également aux discussions aux côtés des autorités portuaires de Douala et de Kribi au Cameroun.
UN SECTEUR APPELÉ À SE RÉINVENTER
Organisé par l’Autorité portuaire nationale, le conclave intervient dans un contexte où le secteur portuaire de l’Afrique de l’ouest et du centre cherche à renforcer sa compétitivité face aux grands hubs internationaux. La transition écologique, les nouvelles exigences de performance sociale et la nécessité d’une gestion financière plus rigoureuse imposent aux ports africains de revoir leurs modes d’organisation.







