mardi, mars 10, 2026
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Session Parlementaire : Rajeunissement des bureaux et révision constitutionnelle au menu

Renouvellement des bureaux des deux chambres du parlement, validation du calendrier électoral, suite au report des élections législatives et municipales à 2026, probable modification constitutionnelle, etc. Ce sont autant d’attentes qui rendent la session parlementaire qui s’ouvre ce 10 mars, cruciale.

Ce 10 mars 2026 est jour de rentrée parlementaire au Cameroun. L’Assemblée nationale et le Senat reprennent leurs activités dans le cadre de la session de mars. Et, il est de coutume dans les usages parlementaires au Cameroun, la session du mois de mars est prioritairement consacrée au renouvellement des bureaux des deux chambres du parlement.

Et, au regard de la longévité aux postes de présidents desdits chambres, et surtout de leur état de santé, l’opinion est en droit de se demander si Marcel Niat Njifenji et Cavaye Yeguié Djibril seront reconduits à leurs postes respectifs. Surtout que les deux personnalités ont brillé par leur absence à la dernière cérémonie de présentation des vœux au président de la République. Une absence qui peut paraitre inédite, surtout quand on connait l’assiduité dont on toujours fait montre ces deux personnalités à ces rendez-vous au Palais.

Marcel Niat Njifenji par exemple, président du Sénat depuis la création de l’institution en 2013, est fréquemment absent des sessions. Âgé de 91 ans, il n’est pas apparu lors de certaines cérémonies protocolaires récentes, notamment la présentation des vœux au chef de l’État en janvier, et ne préside presque plus les plénières de la chambre haute du parlement.

 La situation est comparable à l’Assemblée nationale, dirigée sans discontinuité depuis 1992 par Cavaye Yeguié Djibril, âgé de 86 ans. Pour la première fois, en janvier, le député de Mada, dans l’Extrême-Nord n’a pas présenté ses vœux au chef de l’État lors de la cérémonie dédiée. Dans ce contexte, l’élection pour le renouvellement des bureaux des deux chambres sera particulièrement observée dès ce 10 mars.

 VA-T-ON RAJEUNIR LES BUREAUX DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE ET DU SENAT ?

Un autre élément et non des moindres à prendre en compte s’agissant du renouvellement attendu des bureaux de l’Assemblée nationale et du Senat, c’est le rajeunissement annoncé par le président de la République, Paul Biya lui-même, au cours de ses dernières sorties, notamment, les discours de prestation de serment en novembre 2025, celui du 31 décembre de la même année, et même celui du 11 février dernier. Paul Biya a toujours annoncé le rajeunissement des institutions de la République.

 Le président de la République va-t-il tenir ses promesses, et donner du sang neuf au parlement, notamment en remplaçant les actuels présidents de l’Assemblée nationale et du Senat par des personnalités plus jeunes. Mais d’un point de vue plus large, le rajeunissement qui pourrait intervenir dans les bureaux de ces deux chambres parlementaires ne concerne pas que les présidents. Les différents postes à pouvoir dans les bureaux de ces institutions, sont autant d’enjeux politiques non négligeables au sein de l’opinion publique.

Mais, pour qui ce qui est particulièrement des présidents de l’Assemblée nationale et du Senat, l’on ne serait pas surpris que ces derniers soient reconduits à leurs postes respectifs, quand on connait la confiance renouvelée à plusieurs reprises d’Etoudi à l’endroit de ces deux personnalités. Sauf qu’il n’est pas exclu que la redistribution du « gâteau national », avec notamment le remaniement ministériel annoncé et tant attendu, tout comme la nomination à des postes de directeurs généraux dans les entreprises publiques, commence par le parlement. Mais, Paul Biya reste le seul maître du jeu politique, et tous les regards convergent vers lui.

LA MODIFICATION CONSTITUTIONNELLE TOUJOURS ATTENDUE

L’autre enjeu de cette session parlementaire du mois de mars 2026, c’est la probabilité d’une modification constitutionnelle. Dans ses derniers discours, Paul Biya lui-même a annoncé à maintes reprises, la réforme des institutions. D’aucuns supputent même déjà la possible création d’un poste de Vice-président qui pourrait remplacer le président de la République en cas de vacance au sommet de l’Etat. Mais, il faut reconnaitre que cette modification de la constitution est annoncée depuis plusieurs années, sans que cela ne se traduise dans les faits.

La session de mars 2026 pourrait également permettre de valider le calendrier électoral, le budget et les ajustements techniques nécessaires, afin d’éviter la surcharge électorale de 2025, suite au report des élections législatives et municipales à 2026. Le mandat des députés, initialement attendu à échéance en février 2025, a été prorogé jusqu’au 30 mars 2026. Cette prorogation découle d’un texte promulgué, le 24 juillet 2024, fixant la nouvelle date d’expiration du mandat, à compter du 10 mars 2025, au 30 mars 2026. Sans nouvelle prorogation, la convocation du corps électoral devrait intervenir dans les délais prévus par le Code électoral.

L’article 148 dispose en effet que « l’élection a lieu au plus tard quarante (40) jours avant l’expiration du mandat des députés ». Dans l’analyse, une rentrée parlementaire au 10 mars peut être donc être interprétée comme le signal d’une nouvelle prorogation du mandat des députés, afin d’aligner les législatives sur les municipales. Le mandat des conseillers municipaux a lui aussi été prorogé, jusqu’au 31 mai 2026, selon un décret du 24 juillet 2024. Le Cameroun ayant privilégié, dans le passé, l’organisation d’élections couplées (législatives/municipales), l’hypothèse d’un renouvellement de l’Assemblée nationale avant la fin du mandat des conseils municipaux est donc peu probable.

Au cours de cette session parlementaire qui s’inscrit dans un contexte de transition politique potentielle, rendant le rôle du parlement particulièrement déterminant, les débats pourront également porter sur l’approfondissement de la décentralisation, incluant le renforcement des compétences des collectivités territoriales décentralisées et l’amélioration de la transparence dans la gestion des ressources locales. Sur le plan économique, la stabilité économique et financière pourrait également être au menu des parlementaires ce mois de mars.

Face à un contexte économique difficile, avec la faible diversification, la dépendance aux matières premières, la session de mars pourrait aborder la question de la gestion de la trésorerie de l’État, la lutte contre la corruption et la promotion de l’entrepreneuriat pour stimuler l’économie. L’on pourrait aussi voir adopter des lois visant à combler les déficits infrastructurels (énergie, eau, télécommunications) et à réduire la pauvreté, qui reste élevée dans le pays.

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