Le renforcement de la gouvernance financière et institutionnelle de l’espace communautaire était au centre de l’audience accordée le 3 mars 2026 à Yaoundé par Alamine Ousmane Mey à Rosario Mbasogo Kung Nguidang, Première présidente de la Cour des Comptes de la CEMAC.
La rencontre s’inscrit dans le prolongement des résolutions adoptées lors de la 16ᵉ Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale tenue le 10 septembre 2025 à Bangui. La responsable communautaire est venue faire le point sur le fonctionnement administratif et matériel de la juridiction financière sous-régionale. Elle a également évoqué le renouvellement du mandat des juges intervenu lors du dernier sommet ordinaire.
DOUZE JUGES POUR GARANTIR LA RÉGULARITÉ
L’un des points sensibles concerne la composition statutaire de la Cour. L’institution doit compter douze magistrats, à raison de deux par État membre. « Comme vous le comprendrez, la Cour des comptes est composée de 12 juges, dont 2 juges par État membre », a rappelé la Première présidente.
À l’approche de la prochaine assemblée générale élective dont la date a été arrêtée la semaine dernière, la représentativité de tous les États est requise. « Nous nous trouvons dans la situation où le Cameroun n’a pas encore désigné le juge de nationalité camerounaise », a-telle précisé. Une juridiction incomplète fragilise la régularité des délibérations et l’efficacité des missions de contrôle.
TRANSPARENCE ET CRÉDIBILITÉ BUDGÉTAIRE
Au-delà du renouvellement des juges, les échanges ont porté sur la coopération entre la Cour et les gouvernements nationaux. La solidité des organes de contrôle conditionne la transparence et la bonne gestion des ressources communautaires. « Nous sommes venus demander au ministre chargé de l’intégration régionale de nous accompagner dans l’accomplissement des tâches communautaires et dans le contexte du fonctionnement de la Cour », a expliqué Rosario Mbasogo Kung Nguidang.
Basée à Ndjamena, la Cour des comptes de la CEMAC est l’organe juridictionnel suprême chargé du contrôle des finances communautaires. Elle intervient dans un contexte où l’intégration régionale repose sur la confiance et la discipline budgétaire. À quelques semaines de l’assemblée générale élective, le renouvellement complet du corps juridictionnel apparaît ainsi comme un test de maturité institutionnelle pour la CEMAC.







