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Lutte contre la corruption : Face à l’afflux des plaintes, la Conac prépare la loi anticorruption

Malgré un afflux inédit de dénonciations et des ressources humaines en recul, la Commission nationale anticorruption affiche un taux de traitement proche de 90 pour cent en 2025. Pour 2026, l’institution veut consolider ses résultats opérationnels par un renforcement du cadre légal, avec en ligne de mire une loi anticorruption et un suivi plus strict de la stratégie nationale

« Nous retenons du bilan réalisé que 89,99% des dossiers reçus ont fait l’objet d’un traitement dans nos divisions et nos services. » D’emblée, le ton est donné par le président de la Commission nationale anticorruption (Conac), le Révérend docteur Dieudonné Massi Gams, le 2 février 2026 à Yaoundé, lors de la cérémonie de présentation des vœux du personnel et des institutions partenaires.

Ce chiffre, en léger recul par rapport aux 92,5 % enregistrés un an plus tôt, n’en constitue pas moins un indicateur de performance, au regard du contexte. Le nombre de plaintes a fortement augmenté en 2025, alors même que les effectifs de la Commission ont diminué. « Ce taux demeure satisfaisant », insiste le président, soulignant une capacité de résistance institutionnelle dans un environnement de contraintes accrues. Sur le terrain, cette résilience s’est traduite par une activité soutenue. Des équipes ont été déployées à travers le pays pour conduire 30 actions d’intervention rapide (AIR), neuf enquêtes approfondies et deux Cliniques anticorruption. Une présence opérationnelle qui confirme le positionnement de la Conac comme un acteur central de la régulation de la gouvernance publique, au-delà du simple traitement administratif des dénonciations.

Dans le détail, 8 148 dénonciations ont été enregistrées en 2025, par courrier postal et électronique, via le numéro vert 1517 et la ligne WhatsApp de l’institution. Ces flux traduisent à la fois une montée de la vigilance citoyenne et une pression croissante sur les capacités de traitement de la Commission. Pour le président de la CONAC, l’étape suivante est clairement identifiée. « Nous poursuivrons les démarches entreprises en vue du renforcement du cadre juridique de la lutte contre la corruption au Cameroun », affirme-t-il, évoquant explicitement l’instauration attendue d’une loi anticorruption. L’objectif est de consolider l’action opérationnelle par un verrou juridique plus robuste et d’améliorer le suivi de la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption.

Les priorités arrêtées pour 2026 s’inscrivent dans cette logique. La multiplication des enquêtes fondées sur les plaintes reçues, l’intensification des campagnes de sensibilisation sur l’importance de l’intégrité et le renforcement du mécanisme d’intervention rapide figurent au cœur de la feuille de route. À cela s’ajoute une dimension diplomatique et institutionnelle, avec l’organisation annoncée de la 16ᵉ Conférence régionale du Commonwealth des chefs des agences anticorruption d’Afrique. Sur le plan organisationnel, la Commission entend également lever certains goulots d’étranglement. Un terrain d’environ 3 000 mètres carrés a été acquis pour la construction d’un siège, et des véhicules de service ont été achetés et livrés afin de renouveler un parc automobile devenu obsolète. Des investissements jugés nécessaires pour soutenir l’action de terrain et améliorer la mobilité des équipes.

La crédibilité de l’institution passe aussi par l’exemplarité interne. Trois agents de la CONAC ont été sanctionnés pour leur implication dans des pratiques liées à la corruption. « Avec une collaboration et une synergie accrues, nous pouvons faire davantage et dépasser les performances enregistrées », soutient le Révérend docteur Dieudonné Massi Gams, inscrivant cette exigence dans la droite ligne de l’engagement du président de la République, Paul Biya, en faveur d’une intensification de la lutte contre la corruption.

L’appui des forces de sécurité a par ailleurs été salué, notamment pour le déploiement d’éléments ayant facilité les interventions rapides et les enquêtes approfondies. Autant de leviers que la Conac entend actionner de manière coordonnée en 2026, avec l’ambition de transformer des résultats opérationnels solides en un dispositif juridique et institutionnel durable.

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