« Je tiens à rappeler un fait : le Cameroun fait partie des pays les moins endettés d’Afrique. Ce n’est pas une affirmation gratuite. Allez voir les chiffres, comparez, interrogez-vous sur le niveau d’endettement des pays africains et regardez où se situe le Cameroun. Certains estiment peut-être que nous ne devrions plus nous endetter du tout. Franchement, moi aussi, j’aimerais que nous n’ayons plus besoin de nous endetter. Mais soyons cohérents : ce sont parfois les mêmes qui dénoncent l’endettement qui se plaignent de l’état des routes, qui disent qu’il est inadmissible de circuler sur des axes aussi dégradés. Or, ces infrastructures ont un coût. Tous les pays s’endettent pour investir. L’essentiel est de le faire de manière maîtrisée.
Et jusqu’ici, le Cameroun n’a jamais été en défaut de paiement. Cela veut dire que nous honorons nos engagements. Bien sûr, nous pouvons toujours être plus rigoureux, améliorer la gestion, faire mieux. Mais aujourd’hui, notre dette reste soutenable. C’est d’ailleurs pour cela que nous faisons mieux que le critère de convergence de la CEMAC, fixé à 70 % du PIB.
Dans notre stratégie nationale de développement (SND30), nous avons même choisi de nous imposer une discipline plus stricte : ne pas viser 70 %, mais rester autour de 50 %. Et, en réalité, nous sommes encore en dessous de ce seuil. On me dira : le vrai problème, ce n’est pas la dette, c’est l’usage qui est fait de l’argent emprunté. C’est une question légitime.
Mais dans la vie, on a souvent tendance à ne voir que ce qui ne marche pas. Il faut aussi regarder ce qui fonctionne. Je reviens de Brazzaville, où j’ai représenté le Chef de l’État à un sommet, et plusieurs personnes m’ont dit qu’aujourd’hui, on peut prendre le bus à Brazzaville et arriver à Yaoundé par la route. Cela, c’est le résultat de l’investissement financé par la dette. Les 420 mégawatts fournis par Nachtigal, c’est aussi le fruit de ces financements. »







