mercredi, janvier 28, 2026
spot_img
AccueilEconomieLes Etats de la Cemac peinent à mettre en œuvre les réformes...

Les Etats de la Cemac peinent à mettre en œuvre les réformes économiques

Des 37 mesures prescrites depuis 2016 par les chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), en vue de renforcer les équilibres internes et externes de la sous-région et de créer les conditions d’une croissance durable, inclusive et créatrice d’emplois, seules 4 ont été réalisées, 5 sont jusque-là non réalisées et 28 sont toujours en cours de réalisation.

Les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), réunis, le 22 janvier dernier à Brazzaville au Congo, pour un sommet extraordinaire, ont une fois de plus adopté un train de mesures. Celles-ci visant à réduire les vulnérabilités des économies et à limiter les risques pouvant peser sur la stabilité monétaire et financière de la sous-région.

Mais, rien ne garantit la mise en œuvre effective de ces mesures dans de brefs délais. Car, depuis 2016, un total de 37 réformes ont déjà été adoptées visant à renforcer les équilibres internes et externes de la sous-région et à créer les conditions d’une croissance durable, inclusive et créatrice d’emplois. Mais seules 4 ont été réalisées, 5 sont non réalisées et 28 sont en cours de réalisation, selon la matrice de suivi des résolutions et décisions de la Conférence des chefs d’Etat de la Cemac, présentée lors des sessions extraordinaires du Conseil des ministres de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) et l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), le 21 janvier dernier à Brazzaville.

Parmi les mesures non réalisées, il y a celle de la session extraordinaire du 10 septembre 2025, exhortant les Etats membres de la Cemac à honorer leurs engagements vis-à-vis de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) pour lui permettre de renforcer la performance de ses interventions.

Mais également, celle exhortant les États membres à appliquer intégralement le mécanisme de liquidation et de recouvrement déjà approuvé par les instances décisionnelles de la Communauté, s’agissant de la Taxe communautaire d’intégration (TCI), pour le financement de la Communauté. Il y a aussi l’instruction donnée à la Commission de la Cemac de déclencher le processus de son retour à Bangui à très court terme.

Et enfin, l’instruction donnée au président de la Commission à mettre en place une structure communautaire de contrôle de qualité des produits du cru de la Cemac et s’assurer des mesures de facilitation de la circulation desdits produits, notamment par la mise en place effective des postes-frontières.

Des actions envisagées dans le cadre de l’accélération de la stratégie communautaire d’import-substitution à travers la définition du cadre juridique et institutionnel du laboratoire de contrôle de qualité des produits du cru et la construction des postes frontière.

 RETOUR À BANGUI DU SIÈGE DE LA COMMISSION DE LA CEMAC

C’est l’une des recommandations de la Conférence des chefs d’Etat déjà réalisées. Le retour de la Commission de la CEMAC à son siège de Bangui a donc été déclenché. Les membres du gouvernement de la Commission et la majorité du personnel sont déjà à Bangui ; précise-t-on.

Egalement mise en œuvre, l’instruction donnée aux responsables entrants et sortants des institutions communautaires à procéder, dans les plus brefs délais, à la passation de service selon les meilleures pratiques en la matière. Cette passation de service entre les responsables entrants et sortants des institutions communautaires a été faite dans les délais.

Aussi, la prestation de serment des nouveaux responsables de la Commission a été faite dans les délais, et ce, conformément aux dispositions en vigueur, comme cela a été instruit lors de la 15ème session ordinaire du 17 mars 2023.

 Également, la décision de la Conférence de surseoir à la nomination du Secrétaire général de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) conformément aux principes d’équité et de non-occupation concomitante, par des ressortissants d’un même Etat membre, de deux postes de premiers dirigeants des institutions de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), a été respectée.

Et, la Conférence a décidé de la nomination de Marcel Ondele, de nationalité congolaise, au poste de SG et de Patricia Danielle Manon, de nationalité gabonaise, au poste de SG adjoint de la COBAC.

 TOUJOURS EN COURS DE MISE EN ŒUVRE….

De nombreuses autres réformes sont toujours en cours de réalisation. C’est le cas de la réforme du cadre de coopération monétaire entre la Cemac et la France. La Conférence a en effet désigné Denis Sassou N’Guesso, président en exercice entrant de la CEMAC, à l’effet de conduire à son terme la réflexion entamée, en liaison avec le gouverneur de la BEAC et le président de la Commission. A propos, informe-t-on, la BEAC a saisi le président en exercice pour recueillir ses orientations et proposer un calendrier de mise en œuvre des actions proposées.

Une autre réforme en cours de mise en œuvre porte sur la question des fonds RES, la Conférence a, à propos au cours de la session extraordinaire du 10 septembre 2025, réaffirmé le mandat confié au gouverneur de la BEAC pour poursuivre les négociations en cours, au nom des États membres. Et, les discussions se sont poursuivies en octobre 2025 à Washington, en marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque Mondiale. Aucun consensus n’a été trouvé sur les points de divergence relatifs au rapatriement des fonds RES et à l’immunité d’exécution de la BEAC, apprend-on.

 Egalement, la Conférence a invité le président dédié au Programme des réformes économiques et financières de la Cemac (PREF-Cemac) à bien vouloir accélérer la mise en œuvre des réformes économiques prioritaires prévues dans la troisième phase du PREF-Cemac pour opérer une réelle transformation structurelle vers l’industrialisation des économies de la Cemac, et renforcer le cadre macroéconomique de la sous-région.

 Et, dans le cadre de la deuxième génération PREF-Cemac, ainsi que des mesures additionnelles de relance économique adoptées lors de la session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État tenue à Yaoundé, le 16 décembre 2024, la Conférence a invité les États membres à accélérer les réformes structurelles pour tirer pleinement profit du potentiel de croissance de la sous-région, et à approfondir l’intégration physique et commerciale de la Cemac.

 Toujours attendu, les effets de l’appel lancé par la Conférence à une allocation plus importante des ressources de IDA du Groupe de la Banque mondiale en faveur de la sous-région, pour réduire le déficit important des infrastructures sociales de base de la zone. Tout comme l’exhortation faite aux partenaires au développement à une mobilisation plus forte des ressources financières pour soutenir la transformation structurelle des économies de la sous-région.

 Mais aussi, l’exhortation de la Conférence aux autres Etats à conclure, dès que possible, des programmes formels avec le FMI afin de bénéficier de son appui, ainsi que de celui des autres partenaires techniques et financiers. Pour le Gabon, le programme adossé au MEDC conclu en juin 2021 a expiré en juillet 2024 et n’a pas été renouvelé. Pour le Guinée Equatoriale, le programme de référence a été mis en place le 17 juillet 2024 pour une durée de 12 mois. Les Autorités nationales poursuivent des discussions avec les services du FMI pour valider les 1ère et 2ème revues, etc.

spot_img
LIRE AUSSI
0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

ACTUELLEMENT EN KIOSQUE

spot_img

LES PLUS RECENTS

0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x