Le gouvernement camerounais négocie actuellement avec la Banque africaine de développement (BAD) pour obtenir un financement de 90 millions d’euros, soit près de 59 milliards de FCFA, destiné à soutenir les premières opérations liées à la construction de la voie de contournement de Yaoundé. L’information ressort d’une séance de travail tenue le 5 mars 2026 entre la ministre de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu), Célestine Ketcha Courtès, et Léandre Bassolé, directeur général de la BAD pour l’Afrique centrale.
Selon le Minhdu, les discussions ont porté sur l’état d’avancement de plusieurs projets urbains soutenus par l’institution panafricaine. Parmi eux figure la section T3 de la future voie de contournement, un tronçon d’environ 26 kilomètres pour lequel la BAD envisage d’apporter une contribution financière couvrant notamment les indemnisations des populations, la mise en œuvre du plan d’action de réinstallation et le fonctionnement de l’unité de gestion du projet. Une partie de l’enveloppe devrait également servir à financer certains ouvrages d’art, en attendant la finalisation des études d’impact environnemental et social nécessaires à la mobilisation des financements.
UN SECOND FINANCEMENT EN COURS DE NÉGOCIATION
D’après les informations communiquées par le Minhdu à l’issue de cette audience, les travaux sur cette section restent encore partiellement à financer dans un montage impliquant plusieurs partenaires. Outre la BAD, la Banque européenne d’investissement (BEI), l’Union européenne et la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BEAC) figurent parmi les institutions sollicitées.
Le programme de performance du Minhdu comptant pour l’année 2026, transmis en 2025 au Parlement confirment cette stratégie de mobilisation de ressources auprès de plusieurs bailleurs. Le ministère de l’Habitat y indique que le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire examine actuellement un projet d’accord de prêt de la Banque européenne d’investissement d’un montant de 150 millions d’euros, soit environ 98,3 milliards de FCFA. Ce financement est envisagé pour lancer les travaux du tronçon T3 reliant Nkozoa à l’autoroute Yaoundé-Douala en passant par Minkoameyos.
Le même document précise que l’Union européenne a déjà confirmé une subvention de 49 millions d’euros (32,1 milliards FCFA) pour ce projet et que le décret d’indemnisation des populations affectées a été signé par le Premier ministre. Selon le Minhdu, la validation du prêt de la BEI permettrait d’engager dès cette année, les travaux du premier lot Nkozoa-Nkong, long de 13 kilomètres et situé dans la commune d’Okola.
Le financement envisagé avec la BAD constitue ainsi la deuxième opération actuellement en discussion avec des partenaires internationaux pour ce projet. En décembre 2025, la ministre de l’Habitat et du Développement urbain indiquait déjà que le gouvernement poursuivait des échanges avec plusieurs bailleurs afin de réunir les ressources nécessaires au démarrage effectif des travaux.
CONSISTANCE DU PROJET
La voie de contournement de Yaoundé figure parmi les projets routiers les plus ambitieux envisagés pour la capitale. Les études prévoient la réalisation d’une autoroute périphérique d’environ 85 kilomètres destinée à dévier le trafic de transit qui traverse actuellement la ville, notamment les flux de marchandises en provenance des corridors reliant le Cameroun au Tchad et à la République centrafricaine. Les documents de préparation du projet évaluent son coût global à environ 1 264 milliards de FCFA, soit près de 1,9 milliard d’euros.
Ce montant inclut la construction des infrastructures routières, les indemnisations des populations concernées par les emprises ainsi que l’aménagement de plusieurs zones urbaines intégrées le long du tracé. L’idée d’une voie de contournement pour Yaoundé remonte à 2022. Cette année-là, à l’issue d’un forum international consacré à l’habitat en Pologne réunissant plusieurs institutions financières, la ministre Célestine Ketcha Courtès avait indiqué que le Cameroun avait obtenu des promesses de financement d’environ 175 milliards de FCFA pour soutenir la réalisation du projet.
Le gouvernement espérait alors mobiliser ces ressources dès 2023 afin d’engager rapidement les travaux. Depuis lors, les autorités multiplient les discussions avec les bailleurs pour transformer ces intentions en financements effectifs.







