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Le Fonds routier sollicite Ecobank pour lever des fonds pour l’entretien des routes

Forte de son expérience en Côte d’Ivoire où elle a mobilisé 155 milliards FCFA pour l’entretien routier, la banque panafricaine a été reçue le 20 janvier 2026 par le Fonds routier camerounais. L’objectif est de reproduire un schéma de financement innovant dans un contexte où les ressources annuelles du secteur, sont largement insuffisantes et minées par des déperditions.

Le 20 janvier 2026, l’Administrateur du Fonds routier du Cameroun, Aubin Essaïe Moussa, a reçu à Yaoundé une délégation d’Ecobank Cameroun conduite par Sylvestre Ouattara, responsable du pôle CEMAC du groupe bancaire. Officiellement, l’audience visait à « explorer des pistes de collaboration » entre les deux institutions.

 Selon les informations communiquées par Ecobank Cameroun à l’issue de la rencontre, la banque entend mettre à profit son expertise acquise auprès de Fonds d’entretien routier (FER) en Côte d’Ivoire, pour accompagner le Cameroun dans la mobilisation de ressources longues destinées à la réhabilitation et à l’entretien des infrastructures routières. Dans ce domaine, Ecobank jouit d’une solide expérience.

En février 2014, Ecobank Capital, la filiale banque d’affaires du groupe, avait structuré et co-arrangé, avec Africa Link Capital, une facilité de financement de 130 milliards FCFA, au profit du Fonds d’Entretien Routier de Côte d’Ivoire. Selon les communiqués publiés à l’époque, cette enveloppe était destinée au financement du programme d’entretien routier 2013- 2015. Ce montage reposait sur un mécanisme de financement structuré, adossé à des ressources affectées au FER ivoirien, notamment la Taxe Spécifique Unique (TSU) sur les produits pétroliers, les vignettes automobiles et certaines licences administratives.

Deux ans plus tôt, en 2012, le même Fonds ivoirien avait déjà mobilisé 25 milliards FCFA auprès d’un consortium de banques locales, parmi lesquelles figurait Ecobank Côte d’Ivoire, selon les déclarations publiques de ses dirigeants lors de la signature de l’accord au ministère de l’Économie et des Finances à Abidjan.

Au Cameroun, les ordres de grandeur sont différents, mais la problématique reste comparable. Selon des données ventilées par des responsables du Fonds routier, l’écart entre besoins et financements demeure considérable. En 2025, le Fonds routier estimait que l’entretien du réseau routier national nécessitait 1 097 milliards de FCFA.

En face, les ressources mobilisées pour la campagne 2025 — Budget d’investissement public (BIP) et Fonds routier — s’élevaient à environ 100 milliards de FCFA, Cet écart limite la capacité de programmation pluriannuelle et contraint l’État à arbitrer entre les axes prioritaires. Dans ce contexte, le recours à des financements structurés, mobilisés auprès du secteur bancaire, apparaît comme une solution de financement nécessaire et impérative.

UNE RÉFORME POUR RESTAURER LA CRÉDIBILITÉ FINANCIÈRE

Cette réflexion intervient alors que le Fonds routier camerounais traverse une phase de restructuration profonde. Le 10 juillet 2025, le président de la République a signé un décret réorganisant cet établissement public à caractère spécial. Le texte remplace le cadre juridique de 2005, jugé inadapté aux défis actuels. La réforme élargit les missions du Fonds routier, autorise le recours à des financements innovants, y compris les partenariats public-privé – ce qui ouvre la porte à des collaborations comme celle envisagée avec Ecobank., et renforce les mécanismes de contrôle, avec des audits semestriels et la certification obligatoire des comptes.

L’objectif affiché par les pouvoirs publics est de restaurer la crédibilité financière de l’institution pour attirer des financements plus conséquents. Pour mémoire, selon un rapport publié en juin 2024 par l’Institut national de la statistique (INS), les pertes liées à la collecte des péages routiers sur la période 2018-2023 atteignent 17,2 milliards FCFA dans 47 postes étudiés. Pour la seule année 2023, le manque à gagner est estimé à 3,43 milliards FCFA, soit près de 28 % des recettes potentielles. En moyenne, les pertes annuelles sont évaluées à environ 4 milliards FCFA

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