Le solde commercial se dégrade fortement en 2025. Le déficit atteint 2145,2 milliards de FCFA contre 1747,3 milliards en 2024. L’écart s’élargit de 398 milliards de FCFA. Cette évolution traduit une contraction des recettes d’exportation combinée à une hausse des dépenses d’importation.
La détérioration est encore plus marquée hors pétrole brut. Le déficit s’établit à 2850,9 milliards de FCFA avec une progression de 100,9 milliards. En excluant également le gaz naturel, il atteint 3157,6 milliards de FCFA. Le taux de couverture recule de 65,1 % à 59 %. Le pays ne finance plus que 59 % de ses importations par ses exportations.
DES IMPORTATIONS TOUJOURS ÉLEVÉES
Les importations progressent de 4,6 % pour atteindre 5229,2 milliards de FCFA. Les produits minéraux dominent avec 19,1 % des dépenses totales. Les carburants et lubrifiants représentent à eux seuls 15,1 %. Malgré ce poids, les importations de produits minéraux reculent de 15,1 % par rapport à 2024.
Les machines et équipements mécaniques et électriques pèsent 14,5 pour cent des importations, soit 757,4 milliards de FCFA. Leur valeur diminue de 3,7 pour cent. Les produits chimiques suivent une trajectoire inverse avec une hausse de 5 pour cent pour atteindre 548 milliards de FCFA. Ils représentent 10,5 % des importations, portés notamment par les produits pharmaceutiques, les intrants chimiques et les pesticides.
Les importations de produits végétaux diminuent de 12,5 % pour s’établir à 546 milliards de FCFA. Cette baisse est liée au recul des achats de céréales. Le pays importe pour 466,9 milliards de FCFA de céréales, en diminution de 14,1 %. Le riz représente 268,7 milliards, en baisse de 15,6 %. Le blé et le méteil atteignent 187,8 milliards, en recul de 12,3 %. Le maïs reste marginal avec 10,3 milliards de FCFA. Cette évolution peut traduire un début d’effet des politiques d’import substitution sur les produits alimentaires.
DES EXPORTATIONS SOUS PRESSION
Les recettes d’exportation reculent de 5,2 % pour s’établir à 3084 milliards de FCFA. Cette baisse intervient après une hausse de 8,8 % en 2024. Elle est principalement liée à la chute des revenus pétroliers et gaziers. Les recettes issues du pétrole brut diminuent de 29,6 % pour atteindre 705,6 milliards de FCFA.
Les volumes exportés baissent de 15,6% tandis que les prix à l’export reculent de 16,7% sous l’effet du marché international. Le gaz naturel liquéfié suit la même tendance avec une baisse de 8,1 pour cent à 350,2 milliards de FCFA. Le cacao joue un rôle d’amortisseur.
Les exportations de cacao brut en fèves progressent de 18,7 pour cent pour atteindre 810,2 milliards de FCFA. Cette hausse est portée par des prix favorables malgré un recul de 9 % des volumes exportés. Le cacao et ses dérivés représentent 38,5 % des recettes d’exportation. La pâte de cacao et le beurre de cacao contribuent respectivement à hauteur de 261,3 milliards et 115,6 milliards de FCFA.
UNE STRUCTURE D’EXPORTATIONS CONCENTRÉE
Les exportations camerounaises restent dominées par quelques produits. Le cacao brut représente 26,3% des recettes, le pétrole brut 22,9 % et le gaz naturel liquéfié 11,4 %. La pâte et le beurre de cacao comptent pour 12,2%.
Le bois et ses ouvrages contribuent à 7,1 pour cent et le coton brut à 4%. Cette concentration expose le commerce extérieur aux fluctuations des cours internationaux. Elle limite les marges de manœuvre dans un contexte marqué par la volatilité des prix des matières premières et la dépendance aux importations.







