Le Cameroun a effectué un retour peu médiatisé sur le marché financier international. Selon des informations rapportées par Bloomberg ce mardi 27 janvier 2026, l’État a émis une obligation d’un montant de 750 millions de dollars, soit environ 414 milliards de FCFA, sur une maturité de cinq ans, avec un rendement de 10,125 %. Contacté par News du Camer pour confirmer officiellement cette levée de fonds ainsi que ses paramètres détaillés, le ministère des Finances n’avait pas encore répondu à nos sollicitations au moment de la publication de cet article.
Toutefois, selon des informations relayées par des médias locaux spécialisés, l’opération aurait été structurée avec Citigroup comme arrangeur principal. Le closing serait attendu le 30 janvier, et le coût final pour le Trésor camerounais devrait être affiné après la mise en place d’un swap de devises dollar–euro. Ce mécanisme de couverture vise à convertir l’exposition en dollars vers un coût équivalent en euros, afin de limiter le risque de change sur la durée de vie du titre.
Cette nouvelle levée intervient moins de deux ans après une autre opération internationale menée par le Cameroun dans un format différent. En 2024, l’État avait opté pour un placement privé plutôt qu’un eurobond classique par appel public à l’épargne. Cette transaction, réalisée avec l’appui de Citigroup Global Markets Ltd comme agent de placement et de Cygnum Capital Middle East comme arrangeur, s’était soldée par une mobilisation d’environ 335 milliards de FCFA. Le rendement consenti à l’époque atteignait 10,75 %, déjà considéré comme élevé.
Comme en 2024, le niveau du taux obtenu cette année traduit la perception du risque par les investisseurs. Les conditions de marché internationales restent dominées par des taux d’intérêt en dollars élevés et une sélectivité accrue vis-à-vis des émetteurs africains notés dans la catégorie spéculative. Des responsables impliqués dans l’opération précédente soulignaient déjà que ces niveaux reflètent avant tout les références de marché sur lesquelles s’échangent les titres camerounais existants, dans un environnement où les investisseurs se montrent de nouveau disposés à s’exposer aux signatures à haut rendement, souligne Bloomberg.
Le pays est classé B- par S&P Global Ratings, une notation située dans la catégorie spéculative, au même niveau que plusieurs autres économies émergentes confrontées à des coûts d’emprunt élevés. Parallèlement, les autorités doivent composer avec des impératifs de gestion budgétaire et de dette intérieure. Des analystes estiment que les recommandations de partenaires financiers, notamment en matière d’apurement plus rapide de certains arriérés, peuvent également peser sur le calendrier et les choix de financement extérieur.







