La crise post-électorale survenue au Cameroun au lendemain de l’élection présidentielle d’octobre 2025 a donc eu des impacts certains sur les entreprises au Cameroun. Des impacts évalués par le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), dans son rapport d’évaluation et de plaidoyer publié au mois de décembre 2025.
De cette évaluation, il ressort globalement que cette crise post-électorale a entraîné « une contraction moyenne du chiffre d’affaires de 33,5 % des entreprises installées au Cameroun, correspondant à une perte directe estimée à 202,2 milliards de FCFA (soit environ 0,6 % du PIB 2025), dont 160,5 milliards imputables à la seule ville de Douala. Les finances publiques ont également été affectées, avec un manque à gagner fiscal immédiat évalué à 43,3 milliards de FCFA, principalement au titre de la TVA et de l’Impôt sur les Sociétés », peut-on lire dans ce rapport.
Face à cette situation de crise, le Gecam dans son plaidoyer envers les pouvoirs publics, a identifié un certain nombre de mesures de relance pour assurer la viabilité des entreprises affectées par cette crise post-électorale. Et prioritairement, les chefs d’entreprises souhaitent voir mises en place des mesures fiscales d’urgence. Notamment, des allègements ciblés, un moratoire sur les contrôles et un report des échéances afin de soulager la trésorerie des entreprises. Cette demande, précise-t-on, unanime signifie que pour l’immense majorité des entreprises, la menace vient du risque de contentieux avec l’administration fiscale.
Egalement, un soutien financier est nécessaire, à travers la mobilisation de mécanismes de financement, incluant subventions et lignes de crédit, avec une attention particulière portée aux Très petites entreprises (TPE). Car, explique le Gecam, près de 95 % des entreprises n’ont bénéficié d’aucun soutien extérieur, la résilience observée à ce stade repose essentiellement sur la mobilisation des ressources propres, une situation difficilement soutenable à moyen terme en l’absence de mesures d’appui supplémentaires.
Dans le domaine des infrastructures et de la sécurité, le patronat souhaite la réhabilitation des outils de production endommagés et le renforcement de la sécurisation des zones économiques. Et comme mesure d’apaisement logistique, le Gecam propose la suspension temporaire des contrôles routiers sur les principaux corridors afin de rétablir la fluidité des échanges.
Pour le Gecam, face à cette crise d’une sévérité exceptionnelle pour le secteur privé, avec près d’un tiers du tissu productif formel en situation de vulnérabilité critique, une réponse rapide, concertée et cohérente apparaît indispensable afin de contenir les effets de la crise et de transformer cette période de fragilité en une opportunité de réformes structurelles au service de la compétitivité et de la stabilité durable de l’économie camerounaise.







