Le Cameroun reste donc largement dépendant des importations pour l’approvisionnement de la population en biens et denrées de grande consommation. La tendance haussière de ces importations s’est à nouveau réaffirmée au second trimestre de l’année 2025 qui vient de s’écouler. Selon les chiffres indiqués dans la Note de conjoncture économique du deuxième trimestre 2025 du ministère des Finances, 1 382,8 milliards FCFA ont été dépensés par le pays pour importer les biens, soit une hausse de 197,9 milliards de FCFA par rapport au trimestre précédent.
Mais, l’on peut remarquer dans cette tendance haussière des importations, celles produit de grande consommation, le riz, sont plutôt en baisse. En effet, selon la Note de conjoncture économique du deuxième trimestre 2025 du ministère des Finances, les importations de riz ont baissé de -14,2 milliards, par rapport au trimestre précédent. C’est sans nul doute, le résultat du Plan intégré d’import-substitution agro-pastorale et halieutique (Piisah) mis sur par le gouvernement. Lequel plan ambitionne à moyen terme, de tripler la production nationale de riz.
Entre 2024 et 2027, celle-ci devrait passer de 140 710 tonnes à 460 000 tonnes, selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2025-2027. L’atteinte de cet objectif constituerait une étape déterminante vers la cible de 750 000 tonnes à l’horizon 2030, correspondant à un taux d’autosuffisance estimé à 97 %, conformément à la Stratégie nationale de développement de la filière riz, dotée d’un budget global de 385 milliards FCFA.
Pour soutenir une production additionnelle de 30 000 tonnes de riz en 2026, une subvention de 9 milliards FCFA a par exemple été octroyée à la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry) et à l’Upper Nun Valley Development Authority (Unvda).
Parmi les autres produits qui ont connu des baisses de leurs importations au second trimestre 2025, l’on note les véhicules automobiles et tracteurs (-7,0 milliards) ; les butanes liquéfiés (-6,8 milliards) ; les machines et appareils mécaniques (- 6,3 milliards) et les machines et appareils électriques (-6,0 milliards). Mais, la hausse des importations reste principalement portée par les poissons de mer congelés (+37,9 milliards) ; les autres articles textiles confectionnés (+19,9 milliards) ; l’aluminium et ouvrages en aluminium (+18,0 milliards) ; les engrais (+17,8 milliards) et les carburants et lubrifiants (+12,8 milliards).
Dans l’ensemble, les principaux produits importés au deuxième trimestre 2025 sont les carburants et lubrifiants (12,5% du total des importations) ; les machines et appareils mécaniques (7,1%) ; les machines et appareils électriques (6,3%) ; les poissons de mer congelés (5,9%) ; les véhicules automobiles ; tracteurs (5,3%) ; le riz (5,0%) ; le froment (blé) et méteil (3,9%) ; les produits pharmaceutiques (3,5%) ; les matières plastiques (3,4%) et l’aluminium et ouvrages en aluminium (3,2%).
BAISSE DES EXPORTATIONS
Selon la Note de conjoncture économique, au deuxième trimestre 2025, la valeur des exportations de biens est de 587,1 milliards de FCFA, en baisse de 531,2 milliards par rapport au trimestre précédent. Cette baisse, fait-on savoir, est consécutive à la réduction des volumes (-45,6%) des principaux produits vendus et des prix (-7,8%). La réduction des exportations en valeur s’observe essentiellement sur le cacao brut en fèves (-429,5 milliards) ; les huiles brutes de pétrole (-61,2 milliards) ; le gaz naturel liquéfié (-52,4 milliards) ; le coton brut (-11,3 milliards) et l’aluminium brut (-4,9 milliards).
A l’inverse, relève-t-on, il y a une hausse est enregistrée sur les ventes de bois scié (+9,5 milliards) ; de savons de ménage en morceaux (+6,3 milliards) ; de café (+4,6 milliards) ; de bananes (y compris plantains) (+4,4 milliards) et de beurre de cacao (+2,2 milliards). Les principaux produits exportés au deuxième trimestre 2025 sont les huiles brutes de pétrole (25,7% du total des exportations) ; le cacao brut en fèves (12,0%) ; le gaz naturel liquéfié (11,9%) ; la pâte de cacao (9,2%) et les bois sciés (6,9%).
Au terme des six premiers mois de l’année et en glissement annuel, les exportations progressent de 215,2 milliards de FCFA pour se situer à 1 705,4 milliards. Cette évolution, explique-t-on est consécutive à l’augmentation des volumes exportés de certaines matières premières. L’accroissement des exportations est principalement tiré par la hausse des ventes de cacao brut en fèves (+334,4 milliards) ; de pâte de cacao (+34,5 milliards) ; de bananes (y compris plantain) (+16,8 milliards), de beurre de cacao (+8,3 milliards) et de café (+4,7 milliards).
Cet accroissement est freiné par la baisse des ventes des huiles brutes de pétrole (-154,6 milliards), de gaz naturel liquéfié (-65,4 milliards), de coton brut (-19,1 milliards), des bois sciés (-13,6 milliards) et de bois brut (-5,3 milliards).







