La note de conjoncture économique au 30 septembre 2025, publiée par la Direction générale du Budget, fait état d’une détérioration de la Position nette du Trésor (PNT) de 139 milliards FCFA. La PNT mesure la position globale de l’État vis-à-vis du système bancaire — banques commerciales, Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et institutions comme le FMI. Lorsqu’elle se dégrade, cela signifie que le Trésor accroît son endettement auprès de ces acteurs.
Dans le détail, l’évolution observée à fin septembre 2025, d’après la DGB du ministère des Finances, résulte de trois mouvements simultanés. Le Trésor a d’abord nettement accru ses emprunts auprès des banques commerciales, pour un montant supplémentaire de 333,7 milliards FCFA. Dans le même temps, l’encours dû au FMI a progressé de 13,1 milliards FCFA. À l’inverse, l’État a réduit son recours au financement direct auprès de la BEAC, son exposition envers la banque centrale reculant de 207,8 milliards FCFA.
D’après la note de conjoncture susmentionnée, le solde de ces évolutions aboutit à une hausse nette de 139 milliards FCFA de la dette du Trésor vis-à-vis du système bancaire. D’un point de vue macroéconomique, la baisse de l’exposition envers la BEAC est généralement perçue comme plus orthodoxe, mais elle est compensée par un recours accru aux banques commerciales, dont les financements sont en principe plus coûteux.
Cette tendance haussière est également observée sur le segment des créances. Le rapport du Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC, publié le 14 octobre 2025, révèle que les créances nettes du secteur bancaire sur l’État du Cameroun se sont établies à 2 147,6 milliards FCFA en mai 2025 puis à 2 087,8 milliards FCFA en juin 2025, ce qui correspond à des hausses respectives de 4,1 % et 5,3 % en glissement annuel.
Selon la BEAC, cette remontée s’explique par « la persistance des besoins de financement public et le succès des émissions de titres publics sur le marché sous-régional ». Autrement dit, le Trésor continue de mobiliser le système bancaire local, notamment à travers des émissions de titres publics, pour couvrir ses besoins de trésorerie. Cette dynamique met fin à une tendance baissière amorcée depuis juin 2024, qui n’avait été interrompue que par un léger rebond de 3,4 % en juillet 2024, toujours d’après les données du CPM de la BEAC. Les perspectives budgétaires pour l’année en cours, militent pour le renforcement de l’exposition de l’Etat auprès des banques.
En effet, d’après les données du projet de loi de finances, le gouvernement prévoit de mobiliser 3 104,2 milliards FCFA par endettement, contre 2 326,5 milliards FCFA précédemment, soit une hausse de 777,7 milliards FCFA. La structure de financement annoncée confirme le rôle central du système bancaire dans cette stratégie. Les tirages sur prêts projets devraient représenter 826,7 milliards FCFA, tandis que les emprunts extérieurs atteindraient 1 000 milliards FCFA. Dans le même temps, les banques locales devraient être sollicitées à hauteur de 589,7 milliards FCFA.







