mercredi, mars 4, 2026
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Filière cacao : appel à plus de soutien aux femmes

 Sécuriser l’accès au foncier, faciliter l’accès aux crédits et aux intrants, renforcer le mouvement coopératif sont entre autres recommandations formulées à l’issue d’une étude qui montre les difficultés des femmes dans cette filière, malgré leur rôle central.

Au Cameroun, les femmes sont le moteur de la filière cacaoyère d’après des données collectées par une quinzaine de jeunes chercheurs dans trois régions du pays. Ces données du  Sud (Djoum, Mintom), du  Centre (Lékié et Mbam-et-Kim) et de l’ Est (Boumba-et-Ngoko) mettent en évidence le rôle de la gente féminine dans la chaîne de valeur cacao. Elles assurent les tâches clés de nettoyage, d’ entretien, de récolte, de cabossage, de fermentation et de séchage. Ceci, sans compter le leadership féminin au sein des coopératives et des GIC. « Sans leur contribution, la filière ne fonctionnerait pas efficacement », reconnait. Samuel Nguiffo, secrétaire général du Centre pour l’Environnement et le Développement ( CED), l’ONG qui a initié l’étude.

L’étude relève la présence d’une catégorie particulière des femmes migrantes qui partent de loin pour s’installer dans les zones de production du cacao, preuve de la dynamisation des communautés rurales.  Elles sont pour la plupart issues des peuples autochtones.  Mais malgré ce dynamisme, ces femmes font face à diverses difficultés. Le rapport liste notamment l’accès au foncier, l’insécurité foncière. Car, peu d’entre elles ont des titres officiels de propriété.  Ce qui complexifie leurs chances pour obtenir des aides publiques ou encore des crédits et des projets agropastoraux.  De même que pour le financement, les femmes éprouvent du mal à accéder aux intrants et équipements (pulvérisateurs, tronçonneuses et plants de bonne qualité).  Cette situation est citée comme une difficulté majeure. Ce, malgré qu’elles parviennent à atténuer ce risque grâce à des chaînes de solidarité et d’entraide. A Biakoa dans le département du Mbam-et-Kim, une retenue de 10% est opérée sur les revenus des communautés l’achat des intrants ou pour la scolarité des enfants. Des cas de violences physiques et psychologiques des maris et de ceux qui veulent contrôler leurs champs et leurs gains ont également été rapportés.  

Les recommandations formulées au terme de l’étude et sur la base des attentes énoncées par les femmes sont diverses. Il faut sécuriser l’accès et l’usage du foncier et faciliter l’accès des femmes aux crédits et aux intrants, renforcer le mouvement coopératif avec une plus grande inclusion des femmes. Le CED propose aussi de soutenir les trajectoires d’autonomisation des veuves, célibataires, migrantes et femmes issues des peuples autochtones. Il est par ailleurs envisagé d’engager des échanges avec les décideurs politiques pour des actions adaptées.

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