L’heure est donc au bilan. Même si, pour le directeur général d’Eneo Cameroon, Amine Homman Ludiye, si Actis a cédé ses parts à l’Etat, rien ne change dans la réalité des opérations, ni dans les missions d’Eneo qui poursuivra sa transformation. Néanmoins, le DG d’Eneo a dressé, le 3 janvier 2026, dans un message à ses équipes, en guise de vœux de Nouvel an 2026, les grandes lignes de l’action du fonds britannique Actis dans le secteur de l’électricité au Cameroun., « Depuis qu’Actis a pris la direction stratégique de l’entreprise, beaucoup a été fait.
Au moment où il cède ses parts à l’Etat, nous pouvons être fiers de ce que l’entreprise a accompli durant ces années symbolisées par des performances concrètes : +20 points de taux d’accès à l’électricité (56% en 2014 – 76% en 2025) ; 432 milliards de F CFA d’investissements pour sécuriser, moderniser et diversifier le service électrique ; 520 milliards de F d’impôts et taxes divers versés à l’Etat ; plus de 2000 jeunes recrutés ; 1000 milliards en commandes auprès d’entreprises camerounaises », a listé Amine Homman Ludiye.
Pour ce qui est de la production, le DG d’Eneo a indiqué que les capacités ont été renforcées. Avec pour preuve, le lancement de la phase 2 des parcs solaires de Maroua et Guider avec pour objectif d’en doubler la capacité. « C’est notre engagement envers les énergies renouvelables et l’amélioration de l’offre dans le Septentrion », a souligné Amine Homman Ludiye, tout en faisant le point sur la contribution de l’entreprise à la production nationale. « Avec 50% des capacités installées du pays, Eneo a produit 60% des 7,3 Gigawattheures d’électricité consommée au Cameroun entre janvier et fin novembre 2025. La centrale de Songloulou seule a généré 31,35% de l’offre nationale et 34% de la couverture du Réseau Interconnecté Sud », a-t-il précisé.
UNE DISTRIBUTION ENCORE PERTURBÉE
Au niveau de la distribution, Eneo indique que des améliorations, bien que pas encore satisfaisantes pour les consommateurs, ont été enregistrées, notamment pour ce qui du réseau Moyenne tension (MT) avec 19% moins d’accidents sur les grandes lignes, 24% de réduction de la durée des coupures et 23% de baisse de leur fréquence. Selon, le DG, ces progrès sont le résultat d’investissements poursuivis avec la contribution du gouvernement, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. On parle de l’injection de poteaux en béton ou bois neufs, de l’élagage mécanisé des lignes, de la protection des postes, etc.
Mais ceci ne fait pas oublier les perturbations, durant les mois d’octobre et de novembre, du fait moyens limités et un accroissement de la demande qui pousse les infrastructures au-delà de leurs limites physiques et augmentent les pertes. S’agissant des projections, le DG d’Eneo annonce « l’hybridation des parcs solaires aux centrales thermiques dans des centrales isolées, notamment à Banyo, Touboro et Yokadouma, dont les travaux ont été accélérés en 2025 et qui devraient apporter 3700 kilowatts crêtes de plus dans ces localités en 2026 ».
Autre challenge pour cette année 2026, c’est la lutte contre la fraude endémique qui entrave également lourdement la progression du rendement de distribution. « Nous continuerons à livrer en 2026 une lutte sans merci contre ce fléau », a martelé Homman Ludiye. Pour le DG d’Eneo, « Le gouvernement, conscient de la problématique, a engagé des réformes. Eneo y participe activement. C’est une opportunité de redresser ensemble le secteur de l’électricité. Nous devons y investir toute notre ingéniosité », souligne-t-il, non sans évoquer la transition au sein de l’entreprise.







