Le Comité national économique et financier (CNEF) du Cameroun va mettre en circulation de nouveaux outils d’éducation financière destinés au grand public. Réunis le 12 mars 2026 au siège du Conseil économique et social, responsables publics, représentants du secteur financier et journalistes ont assisté à la présentation officielle d’une série de fiches pédagogiques consacrées aux principaux services bancaires.
UNE RÉPONSE À UN DÉFICIT DE CULTURE FINANCIÈRE
Ces supports visent à améliorer l’accès à l’information des clients des banques et des établissements de microfinance. L’initiative entend réduire l’écart d’information qui persiste entre les institutions financières et les usagers des services bancaires, en mettant à la disposition du public des fiches pédagogiques présentant de manière claire les conditions applicables à certains produits et services financiers. L’objectif est de permettre aux consommateurs de mieux comprendre ces produits et leurs implications, afin de favoriser une utilisation plus éclairée des services financiers. Les documents portent sur trois offres jugées particulièrement sensibles pour les usagers.
Il s’agit de l’épargne sur livret, de la tarification des incidents de paiement et des obligations d’information que les banques doivent respecter à l’égard de leurs clients concernant les tarifs et les conditions de crédit. Cette initiative trouve son origine dans les constats dressés par les enquêtes annuelles du CNEF sur la tarification des services financiers.
Les résultats cités par l’institution indiquent que les choix des clients bancaires au Cameroun reposent d’abord sur des informations transmises oralement par les employés de banque. Cette source d’information influence 84,4 % des décisions. Les conseils d’amis ou de proches travaillant dans la finance arrivent ensuite avec 62,3 %, tandis que l’expérience personnelle intervient dans 54,1 % des cas.
Dans ce contexte, une grande partie des usagers déclare mal connaître les règles de fonctionnement des produits financiers. Selon les données du CNEF, plus de 60 % des clients ouvrent un compte d’épargne sans comprendre le mode de calcul des intérêts qui leur sont versés. Près de 68 % ignorent les services que les banques doivent offrir gratuitement. Une proportion importante continue par ailleurs à privilégier des formes d’épargne informelles, notamment les tontines ou la conservation de liquidités à domicile.
INTRODUIRE L’ÉDUCATION FINANCIÈRE DANS LES PARCOURS SCOLAIRES
Les fiches présentées à Yaoundé prennent la forme de supports variés. Selon les indications fournies par le CNEF, le dispositif comprend des bannières d’information, des affiches, des livrets pédagogiques, des jeux éducatifs, des quiz et des capsules vidéo disponibles en français et en anglais. L’ensemble du programme compte plus d’une centaine de contenus destinés à être diffusés auprès du public.
Les autorités estiment que près de 13 millions de clients des établissements de crédit pourraient être concernés directement. Les lycéens et étudiants figurent également parmi les publics visés. Les fiches doivent aussi servir de ressources pour les enseignants, les journalistes ainsi que les personnels des banques et des établissements de microfinance. « L’objectif est précisément de réduire l’asymétrie d’information à l’intention des consommateurs de produits de crédit.
Dans cette perspective, trois fiches d’information ont été élaborées. La première porte sur les conditions applicables au livret d’épargne. La seconde vise à sensibiliser et à éduquer le grand public sur les conséquences des incidents de paiement. Quant à la troisième, elle présente les conditions générales applicables au crédit », a déclaré Achille Bassilekin IIIl, ministre des Petites et moyennes entreprises, qui a présidé la cérémonie.
Le membre du gouvernement a également insisté sur la nécessité de rendre les règles du crédit plus accessibles aux citoyens. « Une grande partie du public ne connaît pas toujours précisément les conditions qui encadrent l’accès au crédit. L’ambition de cette initiative est donc d’instaurer une plus grande transparence autour de l’ensemble de ces règles et pratiques. Toute personne qui utilise un produit financier doit pouvoir savoir clairement à quoi s’en tenir. Dans le même temps, les établissements doivent disposer d’un cadre qui rappelle leurs obligations », a-t-il indiqué.
Pour les autorités, la diffusion de ces fiches pourrait contribuer à renforcer la confiance entre les usagers et les institutions financières. Achille Bassilekin III estime que l’enjeu dépasse le seul cadre de l’information des clients actuels. « L’éducation financière doit également trouver sa place dans les cursus de formation. Il serait judicieux que ces fiches pédagogiques puissent progressivement être intégrées dans les parcours éducatifs, aussi bien dans l’enseignement de base que dans l’enseignement supérieur. De nombreux acteurs qui auront demain recours au crédit doivent pouvoir se familiariser très tôt avec ces notions », a-t-il ajouté.







